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Inspecteur Magnusson, Meurtre sur le Titanic

Posté par Antoine le 26 novembre 2012

Le monde du jeu vidéo se divise souvent en deux catégories de joueurs. Les connaisseurs, qui apprécient les jeux solides, avec un scénario et des graphismes travaillés, qui garantissent des heures de jeu ; et les amateurs, qui veulent un jeu vite fait, pas forcément très travaillé ni trop dur. Cette catégorie est particulièrement méprisée par les connaisseurs dont je fais partie. Et pour cause, c’est un peu comme si quelqu’un vous disait : « Ah oui, j’aime beaucoup la grande littérature, j’ai dévoré le dernier tome des aventures de Winnie L’ourson. » Oui, ça fait donc mal aux oreilles. Inutile de dire que ces joueurs amateurs (on dit « casual » dans le jargon), sont très appréciés des créateurs de jeux : en effet, ils ont la fâcheuse tendance à voir apparaître une étiquette indiquant « pigeon » sur le front de ces créatures maudites. Et quand à l’approche d’un tel individu, cumulée à un centenaire, vient aux oreilles d’un producteur de jeux… cela donne… Inspecteur Magnusson, Meurtre sur le Titanic. Inspectons donc les lieux du crime.

Inspecteur Magnusson, Meurtre sur le Titanic dans Jeu vidéo inspector-magnusson-murder-on-the-titanic_1

Car en matière de meurtre, c’est ici le bon goût de nombre de joueurs qui est assassiné avec cet étron vidéoludique. Pire, c’est également leur bon sens qui est littéralement lynché quand on découvre que cette chose se vend à plus de dix euros, qui peuvent très probablement être mieux utilisés. Le scénario est simple : un soutier du Titanic a été assassiné, à vous de découvrir ce qu’il en est. Le jeu met en lumière une relation de la victime avec une dame de première classe… Mais je n’avoue ne pas être allé bien loin, vous comprendrez vite pourquoi. Je ne peux donc juger du dénouement, mais une des rares critiques que j’ai lues sur le sujet dit que c’est le principal point positif du jeu. Donnons lui le bénéfice du doute.

Le scénario déjà bateau (pas de mauvais jeu de mot s’il vous plait) est, qui plus est, desservi par une mise en scène pathétique. Comprenez le : là où des jeux pour « vrais » joueurs iront chercher des doubleurs de qualité, vous présenteront des scènes cinématiques à couper le souffle… Ici, on a une vague animation sous forme de bande dessinée où les personnages ne bougent pas. La seule animation… les cases de la BD se déplacent progressivement, les bulles bougent parfois. Et bien entendu, aucune voix, de tout le jeu. Je sais que le « rétro » est à la mode, mais depuis le début des années 1990, les personnages de jeu vidéo parlent. Avec de vraies voix.

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Cette séance d’objets cachés n’est que la première d’une longue série…L’Inspecteur Magnusson emporte décidément des choses étranges en voyage…

 

Pouvons-nous vraiment juger la vérité historique ? Les décors ressemblent (très) vaguement au paquebot. Vraiment très vaguement. J’ai cru reconnaître le café parisien, et la cabine de troisième classe (où est logé le soutier victime, no comment), semble relativement fidèle. Mention spéciale, aussi, à la morgue du navire, superbement reconstituée… quand on sait qu’elle n’existait pas. Mais à vrai dire, tous les décors sont surchargés par des avalanches d’objets divers. Car ont tombe dans le gros travers, la grosse mode du jeu « casual » à 10€ : les objets cachés. Le jeu est une alternance d’énigme simplissimes et de « saura tu trouver tous les objets demandés dans cette image ? » À vous, alors, de retrouver les écharpes, pièces de monnaie, cordes et bien entendu, les saxophones planqués dans la salle des chaudières. Pour ce qui est des énigmes, il faudra notamment ouvrir le couvercle d’un piano pour libérer un chien. Voilà voilà.

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Encore le coup des objets cachés. Ce jeu nous apprend au moins que l’équipage du Titanic était des plus désordonnés.

C’est ici la grande faiblesse du jeu : il est simplissime. Le QI requis pour le réussir est estimé à celui de la moule (frite). Depuis quelques années, certes, les jeux vidéos, même pour les connaisseurs, ont tendance à se simplifier… Mais il y a des limites ! En 1993, on découvrait le monde du jeu vidéo en se cassant la tête des heures durant sur les énigmes de Myst. Ici, on passe 10 secondes à chercher la cinquième vis manquante pour remettre en place une poignée de porte. Et si cela s’avère trop difficile, il est toujours possible de cliquer sur un bouton d’aide bien visible pour voir un indice apparaître, ou faire clignoter l’objet tant convoité. Et dans le cadre des énigmes… si elles s’avèrent trop compliquées, un bouton bien en évidence permet de, tout simplement, les sauter. Bref, le jeu est très facile… mais il est probable qu’il vous lassera trop vite pour que vous le finissiez.

Malheureusement, la malédiction du casual gaming a massacré tous les jeux touchant au Titanic, et aucun jeu décent ne nous a été offert depuis le magnifique Titanic, une aventure hors du temps… il y a 16 ans déjà. Messieurs les producteurs, laissez tomber les étrons, donnez nous de la qualité !

 

Les plus

  • Que dire ? Il semblerait que le scénario soit pas mal.
  • Les graphismes n’ont que 10 ans de retard. En tapant large. Mais l’esthétique « dessin animé » ne rend pas trop mal : sur une console DS ou un iPhone, ça serait très bien.

 

Les moins

  • Aucun intérêt ludique à moins d’être une huitre. Ressortez les classiques.
  • Aurait-il été trop dur d’enregistrer quelques voix ? Même, je sais pas, le programmeur et sa femme, faisant des voix différentes. Ça aurait été mieux que les bulles façon BD qui rappellent les jeux Game boy de mon enfance : la Game Boy avait l’excuse de ne pas pouvoir, techniquement, recréer la voix. Les PC le font depuis vingt ans.
  • Un coup d’objets cachés à l’occasion, c’est distrayant, et ça permet au concepteur de bâcler un passage en cas de manque d’inspiration. Mais quand tout le jeu ou presque est constitué de ça…
  • Vendu pour plus de 10€ : ce n’est plus de l’arnaque mais du grand banditisme.

 

 

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Les Secrets du Titanic

Posté par Antoine le 26 mars 2012

Avec le centenaire du Titanic arrivent inévitablement dans les rayons de nos librairies quelques livres francophones sur le Titanic. Bien sûr, nous n’aurons jamais la chance de lire dans notre langue des études aussi précises et poussées que ce que nous offrent nos amis anglophones, et le vrai chercheur Titanicophile a tout intérêt à s’attaquer à la VO ; mais cette année est celle où l’on trouvera du livre français sur notre paquebot fétiche et, dirons certains, ça se fête. Oui et non, car, pour quelques livres de vulgarisation bien écrits, pour quelques ouvrages complotistes drôles à lire et démonter, on trouvera également une catégorie maudite. Celle des livres dont l’auteur a essayé d’écrire quelque chose de décent sur le Titanic, mais n’a pas vraiment réussi.

Les Secrets du Titanic aurait pu être un très bon livre. Il aurait pu devenir, à l’image de Le Titanic ne répond plus, un de ces ouvrages de vulgarisation que l’on conseille pour aborder l’histoire du navire. Mais il a échoué sur certains points rédhibitoires qui font qu’il ne sera d’intérêt ni pour le passionné, ni pour le néophyte. Voyons ensemble pourquoi.

Les Secrets du Titanic dans Ouvrage généraliste 9782361640873

Avec un titre pareil, à vrai dire, le livre ne part pas gagnant. Souvent, quand on nous propose de découvrir « les secrets sur… », on peut s’attendre au meilleur du pire ; aux thèses complotistes, à « ce qu’on nous cache depuis longtemps » mais que tout le monde connaissait en fait déjà. Lecteurs de Biblio-Titanic, je vous avais déjà présenté quelques documentaires souffrant de cette tare. À la décharge du livre, ce n’est pas son titre original : Titanic, the Tragic Story of the Ill-fates Ocean Liner, certes redondant, mais déjà moins sensationnaliste. Mais que voulez-vous, il faut croire que le Français aime le sensationnel, et c’est comme ça que le très bon documentaire Birth of a Legend s’était retrouvé affublé du titre le plus bateau au monde : Titanic, la légende.

Si l’on passe donc sur ce titre d’une triste banalité, le reste du livre est déjà plus appréciable sur la forme. Il est bien illustré, on y trouve des photocopies de documents rares (les cartes d’identité de certains membre d’équipage, notamment) ; mais dans la mesure où ces documents doivent se trouver ailleurs, ce n’est clairement pas une raison suffisante justifiant la dépense.

Passons au contenu. L’auteur, Rupert Matthews, est un sombre inconnu dans le milieu du Titanic. C’est un auteur assez éclectique et prolifique si l’on en croit la liste de ses publications fournies par son site : de la Première Guerre mondiale aux aliens en passant par les animaux préhistoriques, les chasses aux fantômes et les gladiateurs, on comprendra qu’il n’ait eu que peu de temps à consacrer au Titanic. De ce point de vue, force est d’avouer qu’il a tout de même fait des recherches et lu un certain nombre de témoignages, qu’il s’agisse des commissions d’enquête, des récits d’Archibald Gracie, Charles Lightoller, Harold Bride et de quelques autres. Il déclare également avoir lu La Nuit du Titanic, de Walter Lord. Bref, le plus gros des sources primaires. Malheureusement, il s’est peu penché sur l’historiographie récente qui lui aurait apporté une nécessaire mise en perspective des faits. On sent que le Titanic n’est pas son milieu, et qu’il se perd parfois.

Tentant d’être assez précis, Matthews débute par un rapide historique de la White Star Line, mais s’embrouille dans les navires, se perd dans les dates, et, comme une mauvaise démonstration de maths d’un lycéen, donne un résultat un peu brouillon en espérant que ça ne se verra pas trop. Cela passe certainement inaperçu pour quelqu’un qui ne connait pas le sujet et apprend des choses erronnées ; mais aux yeux du passionné, cela ne pardonne pas. De même, il s’emmêle lorsqu’il parle de la protection du Titanic contre les incendies. Comprenant mal le récit de Charles Lightoller, qui consacre une parenthèse à la protection anti-incendie des navires des années 1930, il imagine celle du Titanic de façon erronnée et explique qu’elle avait été conçue en tenant compte de l’incendie de L’Atlantique… qui a coulé vingt ans après. Plus drôle encore, et toujours par erreur d’interprétation, il imagine un temps que Lightoller s’est hissé non pas sur le canot B retourné… mais sur la quille du Titanic lui-même ! (il est cependant possible que ce soit là une erreur de la traduction, comme on le verra ensuite)

Le livre donne ainsi un certain nombre de témoignages et essaie de dresser un récit assez détaillé du naufrage. Mais les erreurs flagrantes que l’on relève parfois ont tôt fait de décrédibiliser tout le reste : on se sent obligé de vérifier pour chaque information si l’auteur ne rapporte pas un savant bidonnage monté par la presse. Et comme il ne donne pas ses sources, la tâche n’est pas aisée. Par ailleurs, s’il est objectif sur à peu près tout le monde, s’il traite assez objectivement la question du Californian en évoquant toutes les pistes… on ne peut pas en dire autant de son évocation de Bruce Ismay, qui hériterait presque d’un cache oeil et d’un couteau entre les dents. Il n’est, bonne nouvelle, pas accusé d’avoir fait accélérer le navire. Son comportement durant le naufrage est en revanche dressé de façon caricaturale. Lorsqu’il presse Lowe de faire descendre les canots et se fait rabrouer, c’est une preuve qu’il est en train de perdre le contrôle de lui-même et fait n’importe quoi (logique). Lorsqu’il va chercher des hôtesses et leur sauve la vie en les forçant de monter dans un canot, il se mêle de ce qui ne le regarde pas (logique ?). Même quand il sauve des gens, Ismay se comporte mal. Comique, d’autant que l’auteur traitait Archibald Butt en héros quelques pages plus tôt pour s’être, lui aussi, « occupé de ce qui ne le regardait pas ».

La qualité du livre est donc, on l’aura compris, douteuse, et ne pas l’acheter est une économie sensée. Certains diront tout de même qu’il est rare que des ouvrages anglophones soient traduits sur le sujet, et qu’il ne faudrait pas s’en plaindre. Ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours eu une préférence pour la version originale dans les films ; ce livre est également un vibrant plaidoyer pour la lecture en langue originale tant la traduction est mauvaise. Outre certaines faute de français, heureusement rare, c’est surtout du point de vue du langage technique, que la traduction sonne un peu… « Google ». Tout au long du récit, les chauffeurs deviennent des « pompiers » (erreur assez répandue et contre laquelle je me dois de hurler : non, il n’y avait pas 200 pompiers à bord du Titanic, soyez logiques !), les gilets de sauvetage deviennent des « bouées », et les « membres d’équipage » deviennent des « équipiers ». Et je ne parle pas de l’erreur de typographie persistante qui fait que « Harland and Wolff » est constamment orthographié « Harlandand Wolff ». Une fois, ça va. Deux fois, bonjour les dégâts.

Editeurs à la recherche de publications, la prochaine fois que vous ferez traduire un ouvrage sur le Titanic, essayez de choisir un bon ouvrage, et un traducteur qui connaisse la marine un minimum. Cela évitera ce genre de désastre. Les Secrets du Titanic aurait pu être un très bon livre, tout comme le Titanic s’annonçait être un très bon bateau. Mais l’accumulation de nombreuses erreurs mineures a sur les deux le même effet : elle les entraîne inexorablement vers le fond. Bien essayé, pourtant.

 

 

Les plus

  • Globalement, le récit n’élude aucun aspect de l’histoire, de la construction du Titanic aux derniers films.
  • L’auteur a fait un bon travail de recherche dans les sources primaires.
  • Les illustrations sont souvent peu communes.

 

Les moins

  • Des erreurs trop nombreuses pour être pardonnables : l’auteur aurait dû faire relire par des connaisseurs qui les auraient repérées au premier coup d’oeil.
  • Un ouvrage très inégal : certaines pages sont très bonnes, d’autres sont un véritable massacre au vu du nombre d’erreurs et approximations. Impardonnable pour un ouvrage qui prétend devenir une référence historique.
  • La traduction est par endroits désastreuse. Cela entraîne au mieux des erreurs récurrentes, et peut-être aussi des confusions plus graves par endroits.

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Titanic, de James Cameron

Posté par Antoine le 9 octobre 2011

Attention, sujet sensible : quand on parle du film Titanic de James Cameron, difficile de satisfaire tous les Titanicophiles. Entre ceux qui vouent un culte au Maître, et ceux qui voudraient le crucifier, point de répit. J’avoue que ma position a son sujet a pas mal fluctué, même s’il ne doit être un secret pour personne qu’il y a bien longtemps que la version du film que j’avais sur cassette a succombé à l’usure. Car après tout, quoi que l’on pense de ce film, on ne peut dans tous les cas pas négliger le grand nombre de personnes qu’il a fait tomber dans la marmite. Car Titanic, c’est aussi ça : le souvenir du gosse émerveillé que j’étais quand j’ai découvert ce navire magnifique, personnage principal du film à mon avis.

Titanic, de James Cameron dans Film 220px-Titanic_poster

Pourtant, mon point de vue sur le film n’est pas totalement positif, ni négatif d’ailleurs. Commençons donc par ce qui, plus jeune, me faisait hurler, et aujourd’hui suscite relativement d’indifférence de ma part : l’histoire du film. Comme ont pu le remarquer certains Odieux Connards autoproclamés, il s’agit d’une trame relativement classique que l’on pourrait aisément retrouver dans pas mal de films de Cameron (et de films tout courts) : un homme et une femme que tout oppose mais qui finissent par se retrouver en dépit d’un contexte particulièrement troublé. Histoire relativement bateau, donc (oui, j’ai osé), mais ce n’est finalement pas plus mal, car elle ne noie pas trop (oui, j’ai encore osé) la grande Histoire en prenant trop de place.  Dans la même veine, je ne m’attarderai pas sur les acteurs principaux, même s’il est vrai qu’un jeune acteur nommé DiCaprio a excité plus d’une adolescentes tandis que certaines scènes de Kate Winslet ont fait de même avec l’autre camp.

Passons maintenant à l’aspect le plus réussi de ce film, c’est indéniablement la reconstitution historique de ce navire, de cette époque. Cameron est un passionné, qui a fait des recherches, et cela se voit. Visuellement, il a rendu vie au Titanic, c’est un fait : les puristes trouveront toujours un quelque chose à reprocher, un bout de plan mal respecté ; mais esthétiquement, le navire est le plus proche de l’original jamais réalisé. Il en va de même pour les personnages historiques : Cameron a volontairement choisi des acteurs peu connus du grand public, mais très ressemblants par rapport aux personnages originaux.  Enfin, il a eu la bonne idée de rajouter, souvent dans le fond, comme des clins d’oeil, une multitude d’anecdotes piochées dans l’histoire véridique, que le spectateur ne pourra parfois comprendre que s’il est familier de l’histoire du navire.

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Y’a quand même un air de famille…

Pourtant, c’est aussi historiquement que le film commet ses plus grandes fautes. Cameron prend un certain nombre de partis pris qui font hurler beaucoup d’historiens du sujet. Je les avais détaillés dans un autre article sur un autre blog, les curieux s’y rendront. Je préfère ici déplorer les effets de ces partis pris malheureux : le succès du film de Cameron ne les rend que trop voyants. Combien de fois les passionnés dont je fais partie ont-ils dû rabâcher les mêmes arguments sur Bruce Ismay qui n’était pas si méchant que ça, ou sur le fait que l’officier Murdoch ne s’est probablement pas suicidé ? Ce genre de propos dans un documentaire de seconde zone a peu de retombées. Dans un film à onze oscars qui déchire le box-office, beaucoup plus.

On retiendra donc de ce film que c’est une fresque historique très agréable à regarder, avec des décors superbes et des seconds rôles souvent fidèles. Mais qu’il doit avant tout être considéré comme un roman, en gardant à l’esprit le fait que des libertés ont été prises, grande ou petites. Trop souvent, malheureusement, ce film est considéré comme une Bible, ou surtout, une référence historique ; ce qu’il n’est pas. C’est en revanche une illustration et une porte d’entrée de très grande classe, qui doit pousser à approfondir le sujet, et non à avoir des idées arrêtées à son sujet.

 

 Les plus

  • Un film distrayant et agréable à regarder (et parfait pour draguer, me soufflent dans l’oreillette ceux qui avaient la chance d’avoir 18/20 ans à l’époque de la sortie)
  • Des décors globalement très fidèles, et des personnages secondaires qui le sont presque autant (mentions spéciales pour Bernard Hill en commandant Smith, Eric Braeden en JJ Astor, Victor Gerber en Thomas Andrews et Kathy Bates en Molly Brown)
  • Un moyen idéal pour rentrer dans la « Titanicophilie »

Les moins

  • Une intrigue principale somme toute assez classique (ce qui n’est finalement pas plus mal puisqu’elle met la véritable histoire en valeur)
  • Quelques partis pris gênants, et personnages très mal représentés (Archibald Gracie et Joseph Bruce Ismay, totalement goujatisés)
  • Céline Dion

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Un film, une histoire : Titanic

Posté par Antoine le 21 août 2011

Diffusé hier sur France 5, l’épisode de la série de documentaires Un film, une histoire consacré au film Titanic de James Cameron pouvait faire saliver : beaucoup de choses pouvaient être détaillées dans une comparaison fiction/vérité, le documentaire aurait pu se pencher sur les inspirations de Cameron pour tel ou tel personnage fictif, sur ses prises de position, bonnes ou mauvaises et ainsi de suite. Malheureusement, il n’en est rien tant les points comparés sont anecdotiques. Au final, le film de Cameron sert de prétexte à un énième documentaire assez bateau sur le Titanic, et loin d’être exempt de reproches.

Un film, une histoire : Titanic dans Documentaire Titanic

Le documentaire part pourtant de bons sentiments et prend même la peine de se fonder sur le récit de Lawrence Beesley, The Loss of S.S. Titanic. Il est aussi fait appel à un « historien » du Titanic, qui se révèle cependant être inconnu dans le « milieu ». Sa présence est finalement un point négatif, puisque sous couvert d’expertise, le bonhomme déblatère un certain nombre d’énormités qu’aucun autre historien ne contre : un documentaire sérieux aurait cherché à recouper les points de vue. Pas celui-ci.

Des expériences sont également menées pour déterminer si plusieurs points du film correspondent à la réalité. La première cherche à évaluer le temps mis par le Titanic pour tourner, et éviter l’iceberg. Problème ? Le « navire virtuel » qui sert à l’expérience semble assez éloigné des proportions du navire original. Comment recréer une expérience qui se veut précise, si toutes les conditions ne sont pas remplies ? Et au passage, savent-il qu’en 1912, le test avait déjà été effectué sur l’Olympic pour déterminer ce même laps de temps ? Les conditions étaient, pour le coup, beaucoup plus proches, mais il faut dire que « le premier Titanic virtuel au monde » est beaucoup plus télégénique qu’une expérience centenaire. Au final, Un film, une histoire souffre de la même tare génétique que La Minute de vérité : il faut faire du vendeur quitte à biaiser les faits ou se moquer du téléspectateur. Au demeurant, les deux documentaires partagent le même hideux Titanic en 3D mal fichu.

E.J. Smith

« Tiens, cette fois c’est moi qui prends tout… »

 

Et puis il y a les jugements à l’emporte pièce de notre « historien » sur le commandant Smith ; particulièrement surprenants. Dans un documentaire sur le film de Cameron, on se serait attendu à ce que le cas d’Ismay soit évoqué, en bien ou en mal (vraisemblablement en mal pour l’audimat).  Eh bien son nom n’est pas cité une seule fois ; Smith lui sert de bouclier. Trop vieux, trop incompétent ; le commandant qui enchaînait les accidents… L’historien autoproclamé oublie de préciser que les accidents (ou plutôt, dans ce cas précis, incidents) de ce type étaient courants sur les gros navires, et oublie également de citer tous les marins qui encensent le capitaine du Titanic. Et puis on l’accuse aussi d’être allé trop vite : La Palisse revient en effet au galop pour nous expliquer que s’il était allé plus lentement, le Titanic n’aurait pas heurté l’iceberg mais serait arrivé en retard. Cela, tout le monde le sait depuis 1912 ; mais on sait aussi qu’aller vite dans ces circonstances revenait à appliquer la procédure habituelle, que le Titanic a justement fait changer. Enfin, il est également responsable de ne pas avoir essayé de surcharger les canots. La logique même : un bateau coule, risquons toutes les vies plutôt que de tout faire pour en sauver certaines. Tout ça part très mal.

 

Rose et Jack sur la planche

Y’a pas à dire, y’avait de la place pour deux sur cette foutue planche !

 

Il y a aussi du moins discutable : le film tente d’analyser l’origine du personnage de Rose. Si les créateurs avaient fait des recherches assez rapides, ils auraient pu constater que Cameron avait déclaré s’être inspiré de femmes de la haute société comme Emily Ryerson ou Helen Churchill Candee. Ils ont préféré se contenter de chercher le nom le plus proche dans la liste des passagers. Et donc de trouver une certaine Rosa Abott, dont Cameron n’a jamais dit mot, et qui n’a que le prénom vaguement en commun avec l’héroïne. Soit. Cela permet au moins de faire un portrait décent de cette personne. De même on tente par de grandes expériences scientifiques de tester la résistance à l’eau, dont on déduit que la femme résiste mieux au froid que l’homme grâce à sa graisse (cela explique d’ailleurs que les rescapés ayant longtemps séjourné dans l’eau soient… des hommes ; merci pour l’explication) et, plus intéressant, que nager accélérait la mort. Certes ; mais cette expérience devait à l’origine chercher à savoir pourquoi Jack était mort et non Rose. Au lieu d’invoquer les questions de graisse, ils auraient pu remarquer que ladite Rose état sur une planche, et pas Jack. Passons : l’expérience apporte au moins un résultat intéressant même si son point de départ est franchement tiré par les cheveux.

media--image-348649-article-ajust_300 dans Pas une grosse perte

Le point de vue du documentaire est parfois un peu tiré par les cheveux…

 

Il y a enfin ce qui est de l’ordre du pas mal, voir très bon. Tout d’abord, on ne nous sert pas l’éternel « pas assez de canots par pure audace », et les réalisateurs ont pris le soin d’expliquer qu’à l’époque, le public ne donnait pas aux canots le même rôle qu’aujourd’hui. De même, alors que l’on analyse le mystère du Californian, Stanley Lord n’est pas immédiatement accusé comme l’aurait fait un documentaire bateau : les auteurs expliquent même qu’il n’aurait de toute façon pas pu aider. Ils expliquent enfin que le navire semblait être plus près du Titanic à cause d’un phénomène de super-réfraction : ce dernier point est particulièrement surprenant et n’a jamais été évoqué : affaire à suivre pour voir si c’est potentiellement vrai, ou du pipeau.

Le documentaire souffre donc finalement de certains partis pris totalement grotesques, qui plombent d’autres parties nettement meilleures. L’historien auquel ils ont fait appel est un sombre incompétent qui se permet de nous expliquer que le Titanic a coulé sans emporter d’objets de valeurs avec lui comme le Coeur de l’Océan du film. C’est d’ailleurs pour cela que la liste des bijoux perdus que Charlotte Drake Cardeza a envoyé à sa compagnie d’assurance s’étalait sur trois pages. On le voit donc, quand le bon côtoie les énormités, il perd en crédibilité. C’est ici le problème de ce programme, que je ne conseillerais à personne à cause de cela : sans un minimum d’esprit critique, et donc de connaissance de sujet, on apprend autant de faux que de vrai ici.

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« Des objets de valeur sur le Titanic ? Non, jamais vu… »

 

J’attends donc venir les bonnes âmes me dire que « c’est facile de critiquer ; mais je ferais pas mieux » : essayer de faire mieux, je ne demande que ça si on me donnait les moyens. Quant à ceux qui diront que « au moins le Titanic a été mentionné sur une grande chaîne », je répondrai que si c’est pour apprendre aux gens des bêtises, c’est plutôt un mal. D’autant que de vrais documentaires de qualité ont été réalisés ces derniers temps, comme Birth of a Legend etc. Comme quoi c’est aussi possible de faire du bon sur le sujet.

 

Les plus

  • Des efforts de recherche ont été faits, comme le recours au livre de Beesley.
  • Certaines expériences apportent des faits intéressants.
  • Dans l’ensemble, le documentaire réussit à prendre des positions autres que les lieux-communs généralement balancés

Les moins

  • Gros problème d’organisation : le film ne sert que de prétexte vite oublié, et on saute d’une idée à une autre sans véritable fil conducteur.
  • Il y a tant d’historiens compétents sur le sujet… pourquoi avoir sorti ce sombre inconnu qui ne semble pas y connaître grand chose ?
  • Encore et toujours un documentaire réalisé avant tout pour l’audimat, quitte à passer par la trappe la vérité pour du plus « commercial ». Pourtant, certains ont bien réussi à faire du docu intéressant et véritable. Pourquoi pas eux ?

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Rencontre avec Mark Chirnside

Posté par Antoine le 31 juillet 2011

Dans la série des rencontres avec des auteurs titanicophiles, j’ai eu la chance d’obtenir de Mark Chirnside (The Olympic Class Ships) qu’il réponde à quelques questions au sujet de ses livres et de sa passion.Voici donc ses réponses. L’interview devrait prochainement être disponible en version anglaise originale sur son site, Mark Chirnside’s Reception Room.

 

Biblio-Titanic : J’ai lu l’édition 2006 de votre livre sur les paquebots de classe Olympic. Outre les nouvelles images et la section en couleur, quels sont les principaux changements ? Y a t-il eu de grandes découvertes entre la première édition et celle de 2011 ? Avez vous changé d’avis concernant certains points de l’histoire du paquebot ?

Mark Chirnside :  L’édition originale, publiée en 2004 et réimprimée en 2005 et 2006 comportait 352 pages. Cette nouvelle édition comporte 32 pages supplémentaires et une section en couleurs de 16 pages, pour un total de 400 pages. Elle est ainsi nettement plus grande.

Tout comme la nouvelle section en couleurs et le texte supplémentaire au sujet des expéditions récentes sur les deux épaves, le texte en général a été amélioré et un grand nombre d’erreurs mineures ont été corrigées. Quelques appendices ont été ajoutés, dont un examinant le Germanic/Homeric, dont on a dit qu’il devait remplacer le Titanic, mais qui devait en réalité servir sur la ligne de Liverpool, et un autre expliquant en détail comment les nouveaux navires ont été financés. Contrairement à une croyance répandue, la White Star Line a rassemblé le capital par elle même,sans assistance directe de J. P. Morgan. L’index a été amélioré, et il y a des ajouts comme une note explicative qui souligne les raisons derrière un certain nombre de changements spécifiques que j’ai faits.

En général, mon point de vue est resté le même, mais dans certains cas, j’ai mis à jour le livre pour refléter des faits dont je n’étais pas au courant quand le livre original a été écrit (2001-02).

 

Biblio-Titanic : Vous avez commencé à écrire des livres d’histoire vers vos 20 ans. Comment cela vous est-il venu ? Avez vous réussi à le relier à vos études et cela a t-il été difficile de le publier ?

Mark Chirnside : J’avais 19 ans lorsque la première édition a été publiée. Je pense que j’ai eu de la chance de trouver un éditeur qui a reconnu que mon travail contenait de nouveaux éléments et était une contribution originale au sujet. J’ai travaillé très dur, mais j’ai pu le combiner à mes études et à une vie sociale active.

 

Biblio-Titanic : L’Olympic, le Titanic et le Britannic sont en bien des points liés, mais ont des histoires très différentes. Et-ce que lune d’elles vous intéresse plus que les deux autres ?

Mark Chirnside : Je les trouve tous les trois intéressants, mais je me centre plus sur l’Olympic et le Britannic.

 

Biblio-Titanic : Y a t-il encore quelque chose à découvrir au sujet des paquebots de classe Olympic ? Quels points voudriez vous encore approfondir ?

Mark Chirnside : Il y a toujours quelque chose de plus à apprendre quel que soit le sujet. Quand on trouve une nouvelle information, cela peut mener à une découverte sur quelque chose d’autre qu’on n’avait jamais envisagé auparavant. De même, si une information inexacte est largement diffusée, il est important de continuer à la corriger, même si ça peut être un procédé lent et frustrant.

Pendant 95 ans, à partir du moment où l’Olympic a terminé son voyage inaugural jusqu’à l’été 2006, on considérait qu’il lui avait fallu 5 jours, 16 heures et 42 minutes,  à une moyenne de 21,17 noeuds, entre Daunt’s Rock (après avoir quitté Queenstown) et le bateau feu du chenal d’Ambrose (en arrivant à New York). Cependant, quand Sam Halpern et moi avons fouillé toutes les preuves disponibles concernant son départ, sa vitesse, et ses heures d’arrivée, il est devenu clair qu’une erreur de 100 minutes s’était glissée dans les calculs. Au lieu de ça, elle avait mis 5 jours, 15 heures et 2 minutes et avoisiné les 21,43 noeuds. Les gens pourront penser que le problème est mineur et ça l’est, peut-être :mais si nous voulons faire l’effort de consigner toutes les performances de l’Olympic pour des besoins historiques, alors nous devons le faire correctement. Même quatre ans après que nous avons publié notre recherche sous le titre Maiden Voyages Mysteries (les mystères du voyage inaugural [NdT]), dans le journal Voyage de la Titanic Historical Society et en ligne sur Encyclopedia Titanica (lisible ici [NdT]), le temps incorrect est encore largement utilisé. En utilisant la durée correcte, on sait que sa vitesse moyenne et sa consommation de charbon étaient légèrement supérieure, ce qui a une influence sur d’autres domaines de recherche, comme la performance du Titanic lors de son voyage inaugural comparée à l’Olympic, et la consommation de charbon du Titanic.

Dans les années passées, j’ai découvert des détails sur les voyages d’Arthur Conan Doyle à bord de l’Olympic et une description intéressante qu’il a faite du navire ; la même chose est vraie avec J. B. Priestley, qui a écrit la célèbre pièce Un inspecteur vous demande, qui se déroule en 1912 et faisant référence à l’insubmersible Titanic. J’espère continuer à trouver des récits de passagers qui ont voyagé à bord de l’Olympic durant sa carrière, tout comme ceux qui étaient à bord durant la guerre.

Nous avons une assez bonne idée de la façon dont la conception des trois navires a évolué, dont les expériences de arland & Wolff avec d’autres navires comme l’Oceanic et l’Adriatic, mais c’est quelque chose qui m’intéresse et je vais continuer à chercher dans ce secteur. Je suis intéressé par beaucoup d’aspects de leur histoire, et je vais essayer de tous les explorer.

 

Biblio-Titanic : Sur une note plus personnelle, comment et quand avez vous commencé à vous intéresser à l’histoire de la classe Olympic ?

Mark Chirnside : J’ai lu le livre pour enfants L’Exploration du Titanic quand j’avais neuf ans, puis j’ai vu A Night to Remember (1958) et Titanic (1997). Mon intérêt pour le Titanic a ensuite débordé sur l’Olympic et le Britannic, dont j’ai fait le centre de mes recherches.

 

Biblio-Titanic : Avez vous une idée du sujet de votre prochain livre ? Vous avez déjà écrit sur l’Aquitania et le Majestic : quelle autre paquebot aimeriez vous étudier ?

Mark Chirnside : Olympic Titanic Britannic: An Illustrated History (Olympic, Titanic, Britannic : une histoire illustrée [NdT]) doit sortir au tout début 2012, donc je vais être occupé cette fin d’année à travailler avec les maquettes du livre et à relire le résultat final. Ce serait aussi agréable d’y aller un peu plus lentement en ce qui concerne mon travail d’écrivain. Toutefois, je prévois des opportunités pour fouiller des navires comme les ‘Big Four’ (Celtic, Cedric, Baltic et Adriatic) et de continuer à examiner certains aspects en particulier des navires de classe Olympic et de leur histoire. Une édition révisée de mon livre sur l’Olympic serait aussi une bonne chose : il est maintenant épuisé et certaines copies d’occasion se sont déjà vendues à plus de 100£ !

 

Biblio-Titanic : Pour finir, la « question troll » : quelle est votre position concernant la polémique tristement célèbre du Californian ?

Mark Chirnside : J’allais dire « no comment », mais ce serait trop facile ! Je souscris aux positions exprimées dans le livre à venir Report into the Loss of the SS Titanic: A Centennial Reappraisal (History Press, 2011)(Rapport sur le naufrage du SS Titanic : une réouverture centenaire [NdT]). C’est une entreprise collaborative menée par Sam Halpern, impliquant un grand nombre de chercheurs, à laquelle j’ai apporté une petite contribution. Le livre devrait être disponible avant la fin de l’année.

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