• Accueil
  • > Recherche : titanic cameron

Résultats de votre recherche

Tempest

Posté par Antoine le 18 septembre 2012

Un article à part à l’occasion de la rentrée de Biblio-Titanic. Ce n’est pas d’une source d’information ou d’une adaptation de l’histoire du Titanic qu’il sera question, mais d’un hommage, et pas des moindres. C’est le chanteur, musicien et compositeur Bob Dylan, en effet, qui a présenté sur son dernier album, Tempest, la chanson du même nom consacrée au naufrage du Titanic. Ce n’est pas la première fois que Bob Dylan s’inspire fortement d’un événement pour composer une chanson ; mais il s’agissait généralement de faits récents, et politiquement forts. Ainsi, The Lonesome Death of Hattie Carroll, froid récit d’un meurtre raciste enregistré en 1963, avait pour but de dénoncer le tueur, qui n’avait écopé que de six mois de prison. Il avait défendu plusieurs autres causes au court de sa carrière, et fait quelques émules dans le domaine de la chanson d’actualité.

Pour ce qui concerne le Titanic, on s’en doute, la portée politique est quasi nulle ; et pour l’actualité, on ne pourra que supposer que Dylan a été inspiré par l’effet centenaire (notez cependant que la chanson a été enregistrée entre janvier et mars dernier : il est probable que le musicien ait préparé son coup avant même les premières célébrations). Un clin d’oeil flagrant laisse penser à une influence de James Cameron : un des personnages mentionnés rapidement dans la chanson est un certain Leo. Pour le reste, Dylan tire avant tout son inspiration dans la musique folk et surtout dans les sonorités irlandaises. C’est donc une longue ballade classique mais efficace qu’offre le compositeur.

Longue, elle l’est, probablement la plus longue qu’il ait écrite, même si de façon générale, la plupart des morceaux de l’album sont longs, et que Bob Dylan avait déjà fait dans la chanson de plus de 10 minutes. Côté texte, c’est un récit très romancé du naufrage. L’auteur le reconnait d’ailleurs sans honte : il est poète, pas historiens, et a parfois modifié les faits pour enjoliver la forme. Tour à tour, la chanson se fige sur des scènes ponctuelles : la lumière des candélabres sur les balustrades, l’eau envahissant les coursives, la vapeur fuyant les chaudières, les passagers qui choisissent d’attendre la fin, Astor disant adieu à son épouse (c’est d’ailleurs le seul personnage réel clairement nommé), jusqu’à l’arrivée sur terre de la nouvelle du drame… On y retrouvera les tons et thèmes de chansons de l’époque notamment It Was Sad When That Great Ship Went Down. Cela n’est pas anodin : cette chanson assez connue aux États-Unis (c’est notamment un classique chez les jeunes scouts) a notamment été interprétée par Woody Gunthrie (qui, pour la petite histoire, était né en 1912), idole de jeunesse de Bob. Le monde est parfois petit !

Concernant le reste de l’album, il vaut également le détour et est un des plus gros succès critiques de son auteur. Sorti la semaine dernière, le disque est d’ores et déjà en troisième place des charts britanniques. Vous pouvez toujours l’écouter sur Deezer.

Publié dans In english please ! | Pas de Commentaires »

Conversation à bord du Titanic lors de son naufrage entre Sir John Jacob Astor et son coiffeur

Posté par Antoine le 26 juin 2012

Ce titre à rallonge, je l’avais déjà entrevu dans une bibliographie il y a plusieurs années et il m’avait intrigué. À n’en point douter, il devait s’agir d’un récit romancé : peu probable qu’un rescapé ait pris note de la dernière conversation de J.J. Astor, quel qu’ait pu être son prestige. En réalité, il s’agit d’une nouvelle d’une dizaine de pages écrite par l’Allemand Gert Hofmann. Et pour tout dire, je suis bien content de l’avoir emprunté à la bibliothèque la plus proche et non acheté, tant ce fut pour moi une déception !

Conversation à bord du Titanic lors de son naufrage entre Sir John Jacob Astor et son coiffeur dans Pas une grosse perte 1504240_4624055

Il n’y a pas à dire, le récit commençait bien. Je ne sais pas si c’est le fait de dire que J.J. Astor était propriétaire du Titanic, ou encore celui de le faire courir partout dans le navire pour dire que tout va bien qui m’a le plus atterré à la lecture du premier paragraphe. Dans tous les cas, le choc fut suffisant pour que la trame du récit elle-même ne me choque pas. Le Titanic coule, et donc Astor, fort logiquement, se rend au salon de coiffure du bord (tenu par son coiffeur personnel, bien entendu) pour… se faire raser, les pieds dans l’eau. Seule bonne surprise du récit, le coiffeur porte le nom authentique d’un des coiffeurs du bord, Weikman, mais comme, au final, rien ne correspond à la réalité, il eut tout aussi bien pu s’appeler Dupont. Ou alors le véritable August Weikman servait J.J. Astor depuis 21 ans, mais sans avoir quitté le Royaume-Uni (eh oui, puisqu’il dit dans le récit qu’il n’a jamais pris la mer). Comment pouvait-il donc raser un client américain depuis la Grande Bretagne, nous ne le saurons jamais ; mais le fait que l’auteur se trompe également lourdement en donnant à Astor un titre de noblesse britannique est peut-être un indice satisfaisant.

On l’aura donc compris, le récit lui même n’a a peu près rien à voir avec la véritable histoire du Titanic. En cela, il fera bien rire le passionné. D’autant plus qu’on sent que Hofmann a fait des recherches : il est fort probable qu’il ait en effet eu sous les yeux une liste de passagers dont il aura pris les noms au hasard. Pas beaucoup plus non plus, car, ne rigolez pas, l’auteur conclut son récit sur « M. Gatti, le chef de cuisine du Maxim (sic) qui le vit, alors qu’il se trouvait lui-même à bord d’un canot ». La prochaine fois que vous mettez en scène un rescapé du Titanic, M. Hofmann : assurez vous qu’il a survécu au naufrage ; autrement, ça fait tache. Mais, du fond de sa tombe de la section « Titanic » d’un cimetière de Halifax, Luigi Gatti appréciera l’attention.

D’un point de vue historique, donc, la nouvelle est à peu près aussi fiable qu’un article de Voici. Mais qu’en est-il du point de vue littéraire ? Mes quelques années d’apprentissages de l’Allemand ne m’ont laissé que de maigres souvenirs, mais il me semble bien que nos voisins d’Outre-Rhin utilisent aussi des guillemets pour signaler qu’un personnage parle. Pas le récit. Erreur de l’auteur, facétie du traducteur ? Toujours est-il que quand un dialogue se retrouve rédigé sans tirets et sans guillemets, et que les phrases des deux protagonistes se mélangent aux descriptions, cela engendre un beau magma incompréhensible. Allez savoir quand l’auteur vous fait une remarque de son propre cru, fait parler Weikman ou Astor… Du point de vue typographique, le récit égale à peu près une – mauvaise – rédaction d’élève de CP. Et je vous passe les fautes de Français. C’est bien la première fois qu’un traducteur considère qu’une moitié, c’est masculin.

Si malgré cela vous arrivez à lire, le style est lourd, lourd… L’auteur se perd dans des considérations psychologiquo-sociales avec des insinuations aux ficelles encore plus grosses que le film de Cameron. Par excès de vanité, le propriétaire du Titanic (Astor, donc…) a voulu cacher les hublots par des plantes pour oublier qu’on est en mer, et, bien entendu, même quand le salon de coiffure a les pieds dans l’eau, il reste persuadé que le navire est insubmersible (il me semble que même le film tourné par les Nazis sur le sujet était moins caricatural). On a également le côté conte social : aux portes de la mort (oui, dans les faits, Weikman a survécu, mais pas dans le récit. On a du confondre son corps avec celui de Gatti, voilà), les deux hommes se rendent compte qu’ils sont nés le même mois (bon, en fait ils avaient facilement quatre ans d’écart, mais on n’est plus à ça près), Astor, ce vil patron, s’intéresse enfin aux conditions de travail de son employé, et à la fin, ils se serrent même la main.

On pourra penser que j’ai la critique facile, mais je vous assure que, pour ma part, je n’ai pas caricaturé à un seul moment de ce compte rendu. Décidément, ce livre n’a pas grand intérêt. Pas sûr qu’il soit même à la bonne taille pour caler un meuble. Et si vous me croyez pas, vous pouvez même lire les premiers paragraphes ici.

Gert Hofmann, Conversation à bord du Titanic lors de son naufrage entre Sir John Jacob Astor et son coiffeur, Actes Sud, 1993.

Les plus

  • L’auteur a au moins eu le mérite de donner au coiffeur d’Astor le nom d’un des coiffeurs du Titanic. C’est léger, mais c’est le seul point positif que j’aie trouvé à ce récit…

 

Les moins

  • Tout simplement illisible. Style lourd, fautes d’orthographe… L’absence de signes typographiques dans les dialogues achève le tout : on est plus proches de l’épigraphie latine que de la nouvelle… Peut-être les dix pages les plus longues de ma vie…
  • D’un point de vue purement historique, le récit n’a aucune qualité et multiplie les erreurs. La première phrase parle d’elle-même : J.J. Astor propriétaire du Titanic ? Vraiment ?
  • Le fond du dialogue est téléphoné et classique. L’éternel thème du Titanic issu de l’orgueil humain surpassant la nature ; il a parfois été traité avec élégance… Ici, la subtilité n’est pas au rendez-vous. Quant au message sur les classes sociales… ce ne sont plus de grosses ficelles qui sont utilisées ici, mais des cordages !

 

Publié dans Pas une grosse perte, Roman | 1 Commentaire »

Au coeur du Titanic

Posté par Antoine le 13 juin 2012

Ken Marschall est un des grands artistes du Titanic. Peintre depuis de longues années, il s’est spécialisé dans les paquebots, et principalement dans le Titanic, son amour premier. Cela lui a ainsi permis d’être consultant auprès de James Cameron pour la réalisation de son film, et de devenir, progressivement l’un des historiens réputés du navire. Au cœur du Titanic est un des ouvrages qu’il signe, bien que le texte soit en réalité d’Hugh Brewster (Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic). Détaillons un peu plus cet ouvrage.

 

Au coeur du Titanic

Marschall s’attribuerait-il des mérites injustifiés en faisant figurer son nom seul en couverture ? Pas vraiment, puisque le livre est assurément un livre de Ken Marschall. Comprenez par là que ses magnifiques peintures occupent la plus grande partie de l’ouvrage (ouvrage très grand format et qui ne rentrera pas dans toutes les bibliothèques, c’est certain !), le texte étant assez mineur. Rédigé avant tout pour les enfants, il se centre sur l’histoire de deux enfants aux vies radicalement opposées, Billy Carter, jeune passager de première classe, et Franck Goldsmith, passager de troisième classe. Le lecteur suit leur traversée de l’embarquement au sauvetage par le Carpathia et le texte, limpide, aide à mieux connaître ces passagers et leurs familles.

Mais l’histoire n’est, somme toute, qu’un prétexte pour montrer les magnifiques peintures de Ken Marschall. Le navire y est représenté sous tous les angles, souvent en vue écorchée permettant au lecteur de situer les lieux les uns par rapport aux autres. Le summum de l’ouvrage est la double page centrale, dépliante, qui cache une gigantesque vue du paquebot fendant les flots, son flanc ouvert pour que l’on puisse en observer les intérieurs. Les vues du naufrage sont également spectaculaires. Il faut le dire, Ken Marschall est un grand peintre aux tableaux particulièrement réalistes.

Au cœur du Titanic et sa trentaine de pages ne vous apprendront pas grand chose sur le Titanic. Vous découvrirez, si vous ne la connaissiez pas déjà, l’histoire émouvante des Goldsmith et des Carter, mais cela s’arrête à peu près là sur le fond. Sur la forme, en revanche, c’est un vrai régal pour les yeux, regorgeant de peintures magnifiques.

 

Ken Marschall, Au cœur du Titanic, Casterman, 1997

 

Les plus

  • Des peintures magnifiques
  • La découverte de l’histoire de deux jeunes passagers

 

Les moins

  • Assez court : vite lu, vite admiré, vite rangé

Publié dans Ouvrage généraliste | 1 Commentaire »

Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal

Posté par Antoine le 22 avril 2012

Il y a des livres qui font école dans leur domaine, et qui restent longtemps une référence. Des livres qui font état de l’étendue des connaissances sur un sujet à un instant T. Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal est de ceux-ci. Véritable Bible du Titanic, le livre compte pas moins de onze auteurs, le gratin des chercheurs spécialistes du sujet, sous la houlette de Samuel Halpern. Mark Chirnside, George Behe, Bruce Beveridge, Steve Hall, Tad Fitch, Bill Wormstedt, Dave Gittins, Cathy Akers-Jordan, Lester J. Mitcham et le capitaine Charles Weeks ont ainsi contribué à cet ouvrage à l’objectif simple : faire le bilan des connaissances sur le naufrage 100 ans après le drame. Et le résultat est réussi.

Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal dans Coup de coeur Report_Into_the__4f60d0055a0a6

Comme en témoigne le site créé pour l’occasion, le livre est exhaustif. On nous présente les enquêtes, sommairement, avec un but avoué : refaire l’enquête 100 ans après en cherchant à répondre à un certain nombre de questions. Depuis les commissions de l’époque, notre connaissance s’est étoffée avec notamment la découverte de l’épave, et cette mise à jour est nécessaire. On le comprend vite, ce livre ne vous donnera pas d’information sur les passagers. Astor, Hays, Guggenheim et autres ne sont que les figurants du drame raconté ici, le livre se centrant sur le pourquoi et le comment plus que sur le qui. Tous les aspects nécessaires à la compréhension des circonstances du drame sont évoqués : structure du navire (avec un chapitre condensé du superbe Titanic, the Ship Magnificent par ses auteurs), route suivie durant la traversée, mesures prises pour éviter les glaces, étendue des dégâts suite à la collision… On en découvre également plus sur la probable propagation de l’eau, sur le chargement des canots et ainsi de suite. De même, les polémiques du Californian et du Mount Temple sont évoquées, et les conclusions sont particulièrement mesurées.

Dans l’ensemble, la grande qualité de ce livre réside dans le nombre d’auteurs. Le but avoué de la méthode est de permettre aux uns et aux autres de corriger mutuellement leurs lacunes, de fournir un ensemble moins partial que s’il était le fruit d’un seul. La synthèse est ainsi claire, précise, et innovante. Les conclusions auxquelles parvient l’ouvrage sont assez claires et ont l’avantage de ne pas sombrer dans le réquisitoire partial que tiennent certains auteurs. Les annexes sont également une mine d’informations inépuisable avec des listes de passagers et de l’équipage, mais aussi une clarification des chronologies en détaillant les questions de changements d’heure. Enfin, une annexe est particulièrement intéressante, celle qui concerne la « question des grilles verrouillées » dont les conclusions déstabiliseront les tenants du manichéisme Cameronien. Par ailleurs, l’ouvrage fait un gros travail de référencement de l’information avec un grand nombre de notes renvoyant aux témoignages originaux.

Le tout n’est pas exempt de défauts, cependant. Assez technique, l’ouvrage est parfois difficile à aborder pour le lecteur lambda qui sautera facilement certains passages. Ce n’est clairement pas le genre d’ouvrage que l’on peut lire dans un état de fatigue avancée ! Plus encore, les schémas de Sam Halpern sont assez effrayants, manquent de clareté et tendent presque à complexifier les choses. Ce serait le point à reprendre en cas de réédition. A Centennial Reappraisal reste un ouvrage de référence pour tous les amateurs du Titanic, et une pièce nécessaire dans toute bibliothèque.

Samuel Halpern (dir.), Report Into The Loss of SS Titanic, A Centennial Reappraisal, The History Press, 2011

 

Les plus

  • Une somme d’information inégalée sur l’histoire du navire et son naufrage. Une véritable Bible d’un point de vue historique.
  • Rédigé par l’élite des chercheurs anglophones sur le sujet
  • De nombreuses explications sur multiples points et des annexes passionnantes

 

Les moins

  • Parfois complexe à lire. Ce livre n’est pas destiné au grand public.
  • Les schémas de Sam Halpern sont assez décevants.

Publié dans Coup de coeur, In english please !, Livre spécialisé | Pas de Commentaires »

Les Enfants du Titanic (édition 2012)

Posté par Antoine le 7 avril 2012

Il y a quinze ans maintenant, Elisabeth Navratil, fille du rescapé du Titanic Michel Navratil, écrivait Les Enfants du Titanic, roman retraçant l’histoire de sa famille lors du naufrage, qui a profondément modifié le destin de ceux que la presse appelait alors « les orphelins de l’abîme ». J’avais il y a quelques mois produit une critique assez négative de ce livre, portant sur un certain nombre d’erreurs et précisant que tout ce qui y était dit ne devait pas être pris pour argent comptant. À l’occasion du centenaire du Titanic, Elisabeth Navratil publie une version remaniée de son ouvrage. Les changements effectués font qu’il s’agit ici d’un livre à la fois proche et différent du précédent, ce qui lui vaut une nouvelle analyse par Biblio-Titanic.

Les Enfants du Titanic (édition 2012) 9782012023482

C’est donc sous un nouvel habillage qu’apparaît ce roman. Habillage d’ailleurs franchement réussi : l’ancienne couverture, assez terne dessin du naufrage, cède désormais la place à une photo originale des deux enfants au centre du roman. Du point de vue des photographies, d’ailleurs, le lecteur est servi avec un bon nombre de photographies des membres de la famille Navratil au début du siècle, ainsi qu’une reproduction d’une lettre de la main de Michel Navratil sur son vécu du naufrage. À cela s’ajoutent quelques photographies du Titanic (ainsi qu’une photo du capitaine Smith assez rare, datant de 1895). Enfin, pour conclure ce tour sur la forme, il est à noter que s’il est assez épais (dans les 350 pages), le livre est écrit gros. Je ne m’attarderai pas ici sur le style, que j’avais déjà pu apprécier dans ma critique précédente : le livre est bien écrit, donne envie d’être lu, et on parcourt l’intrigue de façon agréable.

J’ai personnellement commencé ma lecture par la fin, et par la postface. C’est en effet dans cette partie que l’auteure explique ses choix, en premier lieu desquels le choix de réécrire son récit quinze ans après la version précédente. On saisit immédiatement la volonté de réécrire cette histoire d’une meilleure façon, en mettant fin à un certain nombre de légendes créées par le récit précédent lui-même. La postface précise ainsi, par exemple, que jamais Michel Navratil père n’avait écrit de lettre à son ex-femme lui proposant de le rejoindre à New York comme le disait la version de 1997. L’ancienne postface, pourtant assez longue, m’avait laissé une impression brouillonne, et un sentiment de ne plus vraiment savoir à quoi s’en tenir (bien que, en la relisant, elle se révèle également assez brève). La nouvelle, nettement plus courte, est pourtant aussi bien plus claire. Elisabeth Navratil y énumère notamment les quelques souvenirs de son père au sujet de la traversée. Devant cette matière brute assez restreinte, on le comprend, il aurait été difficile de consacrer un roman entier aux Navratil sur le Titanic sans romancer.

L’histoire est donc toujours romancée, mais de façon nettement plus cohérente. Certes, la famille Navratil voyage de classe en classe comme elle n’aurait pas pu le faire à l’époque ; certes, le petit Michel Navratil visite le Titanic avec Thomas Andrews ; mais ces éléments sont clairement expliqués comme « inventés » dans la postface, de même qu’un certain nombre de rencontres. Mais le roman n’est, somme toute, pas plus abhérent que l’histoire d’un jeune couple que tout oppose, qui avait connu un léger succès au cinéma il y a quelques années.

Du point de vue de la « grande » Histoire, le lecteur ne trouvera pas forcément son bonheur : le connaisseur relèvera un certain nombre d’erreurs historiques et d’approximations qui, heureusement, sont bien plus anodines que celle qui, dans la version précédente, avait transformé les résèrves du Titanic en galerie marchande ! Par ailleurs, un certain nombre de notes de bas de page émaillent le récit. Si celles sur le Titanic même comportent parfois de légères approximations et confusions, celles sur la famille Navratil elle-même apportent de précieuses informations sur l’histoire des deux « orphelins de l’abîme » et de leur famille. Par certaines allusions, également, Elisabeth Navratil réussit à faire ressentir la façon dont ce naufrage a par la suite été vécu dans sa famille ; la façon dont la mort subite et dramatique de ce père a été apréhendée, et apprivoisée, par les générations suivantes.

Les Enfants du Titanic n’est donc pas un ouvrage historique que l’on lirait si l’on veut en savoir plus sur le Titanic lui-même et sur son histoire. Ce blog a apporté des critiques de nombreux ouvrages et sites aptes à étancher votre soif de ce point de vue. C’est en revanche un roman agréable ayant pour décor notre paquebot favori, et qui permet de saisir quel fut l’histoire de cette famille qui, déjà déchirée avant le naufrage, a vu son destin basculer le 15 avril 1912. Plus encore, c’est la somme définitive d’information sur la famille Navratil avant et après ce naufrage.

Les plus

  • Un roman vivant et bien écrit : c’est, en soi, un livre agréable à lire de ce point de vue.
  • Avec Les Français du Titanic, il s’agit certainement du livre le plus précis et le plus à jour pour aborder la famille Navratil. A travers, notamment, les notes de bas de page et la postface, Elisabeth Navratil tord le cou à certaines idées reçues qui avaient la vie dure depuis des années, en soulignant notamment la citation apocryphe de son père : « Je n’ai vécu que jusqu’à quatre ans. Depuis, je suis un resquilleur de vie, un grappilleur de temps et je me laisse aller sur cet océan » (en réalité inventée par les auteurs du roman Navratil)
  • L’illustration du livre est de qualité, avec plusieurs photos de famille : il est émouvant de mettre un visage sur des noms jusque là abstraits.

 

Les moins

  • Encore quelques erreurs factuelles sur le Titanic, mais globalement assez bénignes. Aucune erreur aussi voyante que la dernière fois, ni même de partis pris « à la Cameron ».
  • Le livre n’est, extérieurement, peut-être pas assez présenté comme un roman. Ayant déjà lu la version précédente, je savais à quoi m’en tenir et ne peux vraiment juger : le point de vue d’un néophyte serait ici intéressant.

 

Publié dans Non classé | 2 Commentaires »

Titanic, témoignages de survivants

Posté par Antoine le 26 janvier 2012

Jeux vidéos, films, bande dessinée, le Titanic, on a déjà eu l’occasion de le voir, s’exporte sur tous les formats. Mais, le disque est peut-être le plus improbable de tous. En 2000 pourtant, surfant avec un peu de retard sur la vague cameronnienne, est sorti le double CD Titanic, témoignages de survivants. Un titre qui pouvait cacher beaucoup de choses : témoignages oraux ? Lecture par des acteurs de témoignages ? Combien d’entre-eux ? Longs ou courts ? Les questions au sujet de cet objet peuvent être nombreuses… Répondons-y donc.

 Titanic, témoignages de survivants dans Témoignage FA195

L’implication de l’INA dans ce travail, mais aussi de bases sonores britanniques, est clairement un bon point. On se retrouve ainsi avec une collection d’extraits originaux d’interventions d’acteurs de l’histoire du Titanic, de chansons composées au sujet du naufrage, d’extraits de films, et même du son, authentique, d’un des sifflets de cheminée repêchés sur l’épave du paquebot. Le tout est entrecoupé de brèves interventions d’un narrateur relatant de façon très (trop) succincte l’histoire du navire. Ce survol ne donnera clairement pas une vision globale de ce qu’a été le naufrage du Titanic et est assez bâclé (d’autant qu’il contient, avec le recul, des erreurs), mais soit. Le premier disque contient la narration en français et des témoignages majoritairement dans cette langue, le second est en anglais. Deux contenus différents, mais accessibles à condition de parler les deux langues. Faute de traduction, le livret ne contient que de vague résumés des interventions. Fort heureusement, les interventions en Suédois d’Agnes Sändstrom sont, pour leur part, traduites sur ce même livret. C’est déjà ça.

Mais qui parle, justement ? Quelques acteurs importants du drame : Charles Lightoller, Joseph Boxhall, Stanley Lord… Quelques passagers connus interviennent également : Michel Navratil (ainsi que sa petite fille Elizabeth, qui avait commis Les Enfants du Titanic mais apporte ici des informations intéressantes), Edwina Troutt, Eva Hart, Berthe Leroy… Le monde d’aujourd’hui est également à l’honneur avec Paul-Henri Nargeolet, qui intervient sur l’épave. Alléchante sélection, mais qui cache un contenu bien faible. Chacun n’intervient que très peu, moins de 2 minutes par prise de parole, parfois que quelques secondes. Dommage quand on sait que les témoignages de Boxhall et Lightoller peuvent être trouvés en version intégrale (vingt minutes chacun au moins) sur le site de la BBC, gratuitement. Le disque nous fait miroiter des plats délicieux, mais ne nous permet pas de les apprécier vraiment. Dommage.

À cela s’ajoute le fait que l’information n’est pas triée. On recense pas moins de trois témoignages d’imposteurs, dont celui, très savoureux, d’un suisse, monsieur Philipona, qui explique avoir été le secrétaire de Bruce Ismay et du capitaine Smith et les avoir entendu décider d’augmenter la vitesse en pleine zone de glaces. Crédible. Les producteurs du disque n’ont pas pris le temps de préciser qu’il s’agissait d’un faux témoignage : encore aurait-il fallu qu’ils le vérifient. Tous ces défauts laissent bien peu de crédit à ce disque, que je ne vous recommanderais pas d’acheter. Toutefois, entendre Paul-Henri Nargeolet parler de la découverte d’objets à bord, entendre « Lolo » Navratil nous raconter son expérience, ce n’est pas désagréable. Si vous avez l’occasion de tomber dessus sans trop débourser, c’est une jolie pièce pour une collection, sans pouvoir parler de référence, loin de là.

 

Les plus

  • Entendre la voix de Lightoller, Boxhall, Lord, Navratil, ou même Nargeolet, ça fait indéniablement quelque chose. Tous, d’une façon ou d’une autre ont été le Titanic, et ça, tout « fan » frémira en l’entendant.
  • Des témoignages assez divers et assez significatifs.

 

Les moins

  • Les extraits sont tristement courts, surtout quand on sait ce qui est disponible gratuitement et légalement sur Internet.
  • La narration n’apporte pas grand chose, et le livret est mal fait.
  • Non, M. Philipona, John Butler et Arthur Hay n’ont pas existé, et leurs témoignages ne sont qu’un mensonge. Comme quoi les imposteurs sont légion dans l’histoire du Titanic. Un article du n°42 de la revue Latitude 41 de l’Association Française du Titanic traite de différentes impostures de ce type.

Publié dans Témoignage | 1 Commentaire »

Index

Posté par Antoine le 25 janvier 2012

Cette page recense toutes les critiques faites sur Biblio-Titanic, pour vous permettre de retrouver un ouvrage particulier.

Livres

 

Sites internet

 

Films

 

Documentaires

 

CD-ROM/Jeux-vidéo/disques

Publié dans | 2 Commentaires »

Britannic

Posté par Antoine le 28 décembre 2011

Lorsque j’étais encore un innocent écolier de primaire, mais déjà fiché « Titanicophile », un ami connaissant ma passion m’avait un jour dit : « Mon père a trouvé un film un peu copié de Titanic, ça s’appelle Britannic ». Il ne s’agissait pas d’un plagiat, mais d’un téléfilm consacré au sort du jumeau du Titanic, le Britannic, coulé en 1916 suite à une explosion dont l’origine prête encore aujourd’hui à polémique. Pourtant, il est clair que ce téléfilm de Brian Trenchard-Smith sorti en 1999 a clairement surfé sur la vague du Titanic de James Cameron. Que vaut-il ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

Affiche du film

L’action prend donc place en 1916, lors de la dernière traversée du paquebot transformé en navire-hôpital. Une épouse de diplomate, ses deux enfants, et leur gouvernante embarquent à bord du Britannic pour rejoindre leur proche. La famille ignore que la gouvernante, engagée sur le tard, est une espionne au service du Royaume-Uni, chargée de protéger le navire d’agents secrets travaillant pour l’ennemi. Et elle va avoir du travail, puisqu’un vil teuton a assassiné l’aumônier du navire et pris sa place. Sur fond de romance entre les deux agents, qui ignorent bien entendu leurs affiliations respectives, les Allemands tentent de couler le navire (qui transporte des armes au Caire), tout d’abord en organisant une mutinerie au sein des chauffeurs et soutiers irlandais, puis en demandant à un sous-marin de torpiller le paquebot. Notre espionne parvient cependant à contrecarrer ces plans, sans jamais trouver leur instigateur. Lorsqu’elle le démasque enfin, il déclenche sous ses yeux une explosion fatale au navire. Mais, héros au grand cœur, il fait tout pour l’aider à sauver les enfants dont elle a la charge. Elle même redescend le sauver lorsqu’il se trouve en difficulté (oui, on fait dans l’originalité), et tous deux s’échappent finalement du navire. Arrivés dans un canot vide aspiré par les hélices, ils doivent faire face à une mort certaine. L’agent du Kaiser fait alors preuve d’un formidable héroïsme en se sacrifiant pour permettre à sa douce de se mettre en lieu sûr. Sur fond de musique qui fait pleurer, on assiste à la triste fin du navire, puis à d’authentiques vues de son épave avec textes pour nous indiquer qu’il a existé pour de vrai. Fin.

D’un point de vue historique, que vaut cette histoire ? Pas grand chose, il faut bien le dire. Le Britannic n’aurait en aucun cas transporté de tels passagers, puisqu’il était navire-hôpital. Il est par ailleurs avéré depuis la découverte de l’épave en 1975 qu’il ne transportait pas d’armes. La théorie du téléfilm tombe donc à l’eau, d’autant que la même découverte de l’épave indique clairement que le navire a été coulé par une explosion venue de l’extérieur, et non par l’intérieur comme montré ici. À cela s’ajoutent un certain nombre d’invraisemblances : il est probable que si une mutinerie organisée par l’IRA avait pris place à bord et s’était finie par un bain de sang, on en trouverait quelques traces dans les récits des rescapés. De même pour une attaque à la torpille, d’autant que dans le film, un navire de guerre secourt le Britannic.

Les héros de Britannic
Même les acteurs principaux sont désespérés de jouer aussi mal.

Avec tant d’erreurs historiques, le téléfilm perd donc une part de son crédit. Mais reste t-il pour autant un bon divertissement ? Pas vraiment. Il se permet en effet des longueurs qui ont tôt fait s’insupporter le spectateur. Les acteurs principaux, Edward Atterton et Amanda Ryan, sont tout bonnement insupportables, la palme revenant à cette dernière, dont le jeu rappelle globalement le niveau de séries comme Hélène et les garçons. Et encore. Quelques acteurs de prestige sont présents pour remonter le niveau ; Jacqueline Bisset et surtout John Rys-Davies (alias Gimli, dans le Seigneur des Anneaux et Salah dans Indiana Jones) dans le rôle du capitaine Barrett (le vrai s’appelait Bartlett, mais on n’est plus à ça près). Mais leurs rôles sombrent parfois dans la caricature, avec un capitaine bonhomme et macho, et une riche femme un peu simplette ; après tout, ils doivent mettre en valeur les (trop fades) personnages principaux, mais n’y parviennent pas. Au final, on en arrive à se demander si le Britannic était un navire hôpital, ou un asile pour imbéciles. À noter que la version française est particulièrement savoureuse, puisque totalement horrible : les enfants ont les voix les plus insupportables imaginables, façon série américaine ; l’actrice principale donne l’impression d’avoir été doublée par Amanda Lear, et tous semblent lire un texte dans un dynamisme qui ferait passer un épisode de Derrick pour un film d’action. Ajoutez à cela une musique digne d’un documentaire animalier, et des vues en 3D qui ont très très mal vieilli… Et le tableau est complet.

Remarquez qu’au moins, il est drôle à voir, pris au second degré, et si ses longueurs ne vous envoient pas dans les bras de Morphée.

 

Les plus

  • Comme à un devoir d’élève audacieux mais totalement raté, on aurait envie de dire « De bonnes idées, mais a du mal à les réaliser » : le sujet était intéressant, et le réalisateur a du mérite d’avoir essayé de le traiter. Mais c’est malheureusement son seul mérite.
  • Pris au second degré et regardé entre amis, c’est toujours drôle à voir.

 

Les moins

  • Jeu d’acteurs souvent lamentable.
  • Visuellement, le Britannic est assez laid ; et ses intérieurs sont très peu fidèles à la réalité.
  • Musique que l’on pourrait, au mieux, qualifier de somnifère. Mais au moins, ils nous ont épargné Céline Dion.
  • Respect de l’histoire proche de zéro.

Publié dans Film, Pas une grosse perte | 8 Commentaires »

Rencontre avec Andrew Nelson

Posté par Antoine le 4 novembre 2011

Andrew Nelson est un nom qui ne dira probablement rien à bon nombre de Titanicophiles. Pourtant, ce nom m’avait marqué dans mon enfance, tant il semblait prédestiné. Car, tout comme Thomas Andrews, cet Andrew là a (re)conçu le Titanic et l’a fait naviguer à nouveau. Andrew Nelson est en effet le concepteur du jeu vidéo Titanic, une Aventure hors du temps, qu’il a écrit et réalisé. Alors que le jeu fête aujourd’hui ses 15 ans sans avoir pris une ride, j’ai eu la chance d’interviewer l’homme qui en est à l’origine. Vous pouvez en savoir plus sur ses activités actuelles via son blog.

 

Biblio-Titanic : Avant d’écrire et de réaliser Titanic, vous avez travaillé sur Dust, un jeu de western plutôt déjanté. Comment êtes-vous passé du Far West au Titanic  ? Comment est venue cette idée ? Étiez-vous intéressé par ce navire auparavant ?

Andrew Nelson : Comme beaucoup d’enfants, je me suis intéressé au Titanic, mais la véritable motivation pour faire ce jeu est venue de ma belle-soeur, Debi Lambert, qui m’a demandé : « J’aimerais vraiment jouer à un jeu sur ordinateur, mais ils durent des heures. Peux tu faire un jeu qui ne prenne que deux heures pour être fini ? » Pendant le vol du retour, j’ai lu un article qui m’a fait me rappeler que le Titanic avait justement sombré en deux heures. C’est de là qu’est partie l’idée pour la deuxième partie du jeu. Une foi que vous avez tous les objets en main, le navire heurte l’iceberg et le joueur a alors deux heures seulement pour réunir les éléments et quitter le navire.

 

B-T : J’ai entendu dire que le célèbre historien du Titanic Walter Lord avait donné quelques indications pour la réalisation du jeu. De façon plus générale, qui s’est occupé des recherches historiques et quelles ont été vos principales sources d’information ?

A. N. : J’ai passé un après-midi à parler à Walter Lord dans son appartement de New York. Il m’a montré de nombreux objets sur le Titanic. Ca a vraiment été un merveilleux après-midi avec lui. Les principales sources d’information viennent de son livre, des rapports des audiences du congrès et d’autres sources, notamment un magazine de construction navale présentant en avant première le navire, publié en 1911.

 

B-T : Au cours du jeu, les personnages mentionnent des anecdotes sur ce qui s’est vraiment passé à bord, parlent des véritables passagers du paquebot, mais aucun de ces personnages n’est représenté dans le jeu. Ce choix était-il délibéré, et pourquoi ?

A. N. : Nous pensions qu’il serait trop difficile de recréer ces gens, et qu’il serait plus facile pour nous d’insérer des personnages fictifs – donnant aux personnages réels la possibilité d’ »exister » autour de vous, le personnage.

 

B-T : Combien de temps cela prend-t-il pour écrire un jeu comme Titanic ? Quelles difficultés avez vous rencontré ? Y-a t-il des passages que vous avez particulièrement aimé écrire ?

A.N. : Il a fallu environ quatre mois pour écrire et mettre au point le script – il était très difficile de mettre au point tous les niveaux. J’ai aimé écrire tous les passages, mais j’ai apprécié certains des personnages les plus évidemment drôles.

 

B-T : Quand il a été publié il y a 15 ans, le jeu était l’un des plus beaux réalisés et a connu de très bonnes critiques. En 15 ans, les jeux vidéos ont évolué. Que changeriez vous si vous deviez refaire Titanic aujourd’hui.

A.N. : Ce serait génial d’utiliser la puissance des processeurs et des cartes graphiques actuelles pour placer plus de gens dans les décors et créer un environnement plus largement recréé, avec encore plus de détail et de réalisme. Les personnages n’auraient pas à changer.

 

B-T : À ce sujet, de nombreuses personnes veulent voir un remake de ce jeu (il y a même une pétition !), car aucun jeu sur le Titanic produit depuis n’a su être meilleur qu’Une Aventure hors du temps. Y-a t-il une chance de voir un jour un remake de Titanic, une Aventure hors du temps ?

A.N. : Merci pour vos compliments. Je suis très surpris et heureux d’entendre qu’il y a une pétition pour le refaire. Y-a t-il un lien où jeu peux la voir ? [ici, NdR] Il n’y a pas actuellement de plan pour le refaire, mais on ne sait jamais… il pourrait peut-être y avoir un nouveau jeu sur le Titanic. C’est une des idées les plus séduisantes au sujet de ce navire, il peut être tout ce que vous voulez. C’est l’Histoire, et en tant qu’Histoire, il appartient au monde entier.

 

B-T : Sur une note plus personnelle, vous intéressez vous au Titanic ? Lisez-vous toujours des choses à son sujet depuis la réalisation du jeu ?

Oui. En écriant ces lignes, je regarde mon mur, et il y a une ancienne peinture du navire en train de couler. C’est un artiste candide qui l’a peint sur du verre. Et quand le film de James Cameron est sorti, je suis allé le voir à deux reprises. J’étais tellement heureux de voir un film sur le navire et de ne pas avoir travaillé dessus ! [Titanic de James Cameron est sorti un an après le jeu, NdR]

 

B-T : Y-a t-il un livre sur le sujet que vous recommanderiez ?

A. N. : Je commencerais, et terminerais, par La Nuit du Titanic. C’est le meilleur livre sur le sujet et il a été écrit quand des survivants étaient encore en vie et pouvaient toujours se souvenir du naufrage.

 

B-T : Quels ont été vos projets depuis Titanic ?

A. N. :  J’ai travaillé comme producteur pour Britannica.com et je suis auteur pour la National Geographic Society. Je suis actuellement professeur à l’Université de Loyola à la Nouvelle-Orléans. Concernant les jeux-vidéo, je pense qu’ils avaient besoin de s’améliorer techniquement, mais j’espère qu’ils seront capables de créer des personnages plus complètement développés et travaillés. Il est peut-être temps pour un nouveau navire de quitter le port.

Publié dans Rencontre avec... | 1 Commentaire »

La Tragédie du Titanic

Posté par Antoine le 2 novembre 2011

La Tragédie du Titanic, par Simon Adams est le type même du livre sorti en 1998/1999 au sujet du Titanic. Classique, il fait le tour du sujet de façon relativement exhaustive et concise (60 pages), mais ne sort pas de la masse de livres de ce type parus à l’époque, comme nous allons le voir. La sortie du Titanic de James Cameron avait en effet entraîné une vague de publication telle que l’on pouvait aisément trouver ce genre de livre : pour tout dire, j’avais acheté ce livre au supermarché du coin. L’émerveillement du petit garçon que j’étais à l’époque face à ce livre doit donc être remis dans son contexte,et s’est depuis clairement tempéré.

La Tragédie du Titanic dans Ouvrage généraliste livre_t_024

Publié dans la collection de Gallimard « Les yeux de la découverte », le livre prend un format judicieux : pour chaque double page, un thème est traité. Un court texte mis en exergue le résume, puis des images légendées servent de prétexte à expliquer brièvement certains points de l’histoire du Titanic. Enfin, le tout est complété par une citation en lien avec le sujet. Ce sont là les grands points forts du livre : l’iconographie est particulièrement recherchée : photos d’époque, affiches de films, photos d’objets remontés : les pages sont très agréables à parcourir, même si internet permet aujourd’hui de les voir bien plus facilement, notamment sur le très bon Site du Titanic.

Les textes sont en revanche plus problématiques. La forme du livre les empêche parfois d’aborder tous les points de vue. Si ce n’est généralement pas gênant (encore que l’on puisse relever quelques erreurs factuelles assez mineures), on voit aussi certaines simplifications problématiques. L’affaire du Californian ou le cas Bruce Ismay sont expédiés en quelques phrases, ce qui empêche fatalement de les aborder avec impartialité.  La page la plus gênante est certainement celle intitulée « Un mauvais sort sur le Titanic ? », qui rapporte certains faits, soit sans recul (Futility, de Morgan Robertson, serait le récit quasi exact du naufrage du Titanic rédigé 14 ans à l’avance ; le livre ne précise pas qu’en réalité un certain nombre de différences existaient), soit carrément erronés : le mythe du Titanian, pêché dans un journal légèrement mythomane, est ainsi une pure légende rapportée depuis tout ce temps.

Le bilan que l’on peut faire de ce livre est donc mitigé. Intéressant pour rentrer dans le sujet ou voir de jolies images, il ne satisfera en aucun cas le passionné et ne doit surtout pas être considéré comme une source de référence sur tous les sujets. Si certaines pages sont de très bonne qualité, d’autres n’ont que peu de valeur. Un livre sympathique, mais loin d’être nécessaire ou même utile.

Simon Adams, La tragédie du Titanic, Les Yeux de la découverte/Gallimard, 1999

 

Les plus

  • Le livre fait le tour du sujet de façon claire et concise. Le lecteur néophyte en tirera une vision globale du sujet, mais doit ensuite chercher à en savoir plus… et vérifier ce qu’il a vu.
  • De très jolies images et une mise en page agréable.

Les moins

  • La forme empêche de faire le tour de certains sujets épineux et entraîne plus ou moins volontairement les partis pris.
  • Pas mal de petites erreurs sur des points de détail.
  • Le livre se démarque peu de nombreux autres publiés à la même époque.

Publié dans Ouvrage généraliste | Pas de Commentaires »

12
 

Renaissance et Unification |
Sciences |
collège Adberrahim Bouabid ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DogPeople
| Géotechnique
| Le Scientifique