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Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy

Posté par Antoine le 24 décembre 2012

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer George Behe, un des prolifiques auteurs sur le Titanic, que j’avais interviewé il y a quelques temps. J’ai déjà, notamment, eu l’occasion de commenter son site passionnant. J’ai récemment pu acquérir un de ses premiers ouvrages à ma connaissance, datant de 1988, Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy. Le choix du sujet fera certainement sourire certains de mes amis qui me considèrent comme un grand sceptique, et est pour le moins épineux. En effet, Behe cherche à replonger dans les origines d’une part du mythe Titanic : des gens avaient-ils prédit le naufrage avant qu’il ne survienne ? Avec un tel sujet, on peut s’attendre au pire. Heureusement, comme à son habitude, George Behe nous fournit un travail solide et neutre, qui ne cherche à imposer aucun point de vue.

Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy dans Coup de coeur book1

C’est en effet sous l’angle du « scepticisme intelligent » que l’auteur aborde cette question. Il résume ainsi sa pensée : il faut aborder les faits sans le moindre à priori pour, ou contre, une explication psychique. Se limiter aux faits, aux seuls faits, et voir ce que donnent les pièces du puzzle sans chercher d’explication supplémentaire autre que les faits avérés. Et sa méthode marche, et évite de donner le champ libre aux complotistes comme aux sceptiques profonds. L’ouvrage se répartit donc en cinq parties. La première rassemble les coïncidences (certes troublantes) qui ne vont probablement pas plus loin… qu’une coïncidence. La seconde rapporte les impostures avérées. La troisième se penche sur le cas très particulier de William Thomas Stead et des nombreuses expériences psychiques qui l’ont entouré. La quatrième évoque de « possibles » expériences psychiques, c’est-à-dire des faits étonnants dont on a connaissances, mais qui relèvent probablement de l’imposture ou de la coïncidence, sans qu’on ne puisse le prouver. Enfin, la dernière parle des expériences « probables » qui ont pu survenir : lorsque vraiment, la coïncidence est trop étonnante et que, qui plus est, l’imposture semble impossible à mettre en place.

Pour chaque fait, Behe nous donne une source en fin d’ouvrage (généralement une coupure de presse), explique les faits, et donne généralement un commentaire critique pour éclairer certaines zones d’ombres. Il ne se montre en revanche jamais péremptoires et privilégie l’usage prudent du conditionnel : le sujet est manipulé avec les pincettes nécessaires. Le livre évite par ailleurs de tomber dans les lieux communs. Le cas du Naufrage du Titan est, en particulier, expédié rondement, Behe expliquant que dans les faits, le livre n’a pas grand chose en commun avec son « modèle ». Ces anecdotes se dévorent donc rapidement, et on découvre une époque différente, où les séances de spiritisme étaient monnaie courante et, bien souvent, prétextes à de belles entourloupes.

Dans une partie conclusive, George Behe nous propose quelques arguments « sceptiques » d’ordre général, sur la qualité des sources. Cette partie est un peu plus légère que les autres, mais le fait est qu’on ne peut pas aller beaucoup plus loin : les faits sont rapportés par la presse, mais aucun élément ne pourra jamais prouver ou infirmer que la presse, ou le témoin, a menti. Dont acte, et une conclusion au conditionnel. Un livre agréable et qui, s’il n’est pas essentiel, a le mérite d’offrir un regard neutre sur un sujet controversé.

 

George Behe, Titanic : Psychic Forewarnings of a Tragedy, Harper Collins, 1988, 176 p.

 

Les plus

  • Facile à lire, avec quelques illustrations. La répartition par parties thématiques et petits paragraphes au fil des anecdotes facilite l’étude.
  • Chaque fait est fourni avec des références et sources, primordial dans ce genre de sujet.
  • George Behe réussit à rester neutre sur un sujet glissant, et ne tire jamais de conclusions hâtives.

 

Les moins

  • Peut-être un peu léger dans la conclusion, au sujet des lacunes des sources.
  • Le livre date de 1988 : en 25 ans, la recherche permettrait peut-être d’éclaircir certains de ces faits.

 

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La Tragédie du Titanic

Posté par Antoine le 2 novembre 2011

La Tragédie du Titanic, par Simon Adams est le type même du livre sorti en 1998/1999 au sujet du Titanic. Classique, il fait le tour du sujet de façon relativement exhaustive et concise (60 pages), mais ne sort pas de la masse de livres de ce type parus à l’époque, comme nous allons le voir. La sortie du Titanic de James Cameron avait en effet entraîné une vague de publication telle que l’on pouvait aisément trouver ce genre de livre : pour tout dire, j’avais acheté ce livre au supermarché du coin. L’émerveillement du petit garçon que j’étais à l’époque face à ce livre doit donc être remis dans son contexte,et s’est depuis clairement tempéré.

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Publié dans la collection de Gallimard « Les yeux de la découverte », le livre prend un format judicieux : pour chaque double page, un thème est traité. Un court texte mis en exergue le résume, puis des images légendées servent de prétexte à expliquer brièvement certains points de l’histoire du Titanic. Enfin, le tout est complété par une citation en lien avec le sujet. Ce sont là les grands points forts du livre : l’iconographie est particulièrement recherchée : photos d’époque, affiches de films, photos d’objets remontés : les pages sont très agréables à parcourir, même si internet permet aujourd’hui de les voir bien plus facilement, notamment sur le très bon Site du Titanic.

Les textes sont en revanche plus problématiques. La forme du livre les empêche parfois d’aborder tous les points de vue. Si ce n’est généralement pas gênant (encore que l’on puisse relever quelques erreurs factuelles assez mineures), on voit aussi certaines simplifications problématiques. L’affaire du Californian ou le cas Bruce Ismay sont expédiés en quelques phrases, ce qui empêche fatalement de les aborder avec impartialité.  La page la plus gênante est certainement celle intitulée « Un mauvais sort sur le Titanic ? », qui rapporte certains faits, soit sans recul (Futility, de Morgan Robertson, serait le récit quasi exact du naufrage du Titanic rédigé 14 ans à l’avance ; le livre ne précise pas qu’en réalité un certain nombre de différences existaient), soit carrément erronés : le mythe du Titanian, pêché dans un journal légèrement mythomane, est ainsi une pure légende rapportée depuis tout ce temps.

Le bilan que l’on peut faire de ce livre est donc mitigé. Intéressant pour rentrer dans le sujet ou voir de jolies images, il ne satisfera en aucun cas le passionné et ne doit surtout pas être considéré comme une source de référence sur tous les sujets. Si certaines pages sont de très bonne qualité, d’autres n’ont que peu de valeur. Un livre sympathique, mais loin d’être nécessaire ou même utile.

Simon Adams, La tragédie du Titanic, Les Yeux de la découverte/Gallimard, 1999

 

Les plus

  • Le livre fait le tour du sujet de façon claire et concise. Le lecteur néophyte en tirera une vision globale du sujet, mais doit ensuite chercher à en savoir plus… et vérifier ce qu’il a vu.
  • De très jolies images et une mise en page agréable.

Les moins

  • La forme empêche de faire le tour de certains sujets épineux et entraîne plus ou moins volontairement les partis pris.
  • Pas mal de petites erreurs sur des points de détail.
  • Le livre se démarque peu de nombreux autres publiés à la même époque.

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The Band That Played On

Posté par Antoine le 16 juin 2011

Parmi les victimes du naufrage du Titanic, l’orchestre du navire a probablement connu la mort la plus légendaire. Mourir en accomplissant son (pourtant futile) devoir, à une époque où les anciens se plaignaient déjà de la jeunesse décadente, ça avait un bel impact. C’est l’histoire de ces huit héros que Steve Turner entreprend de raconter dans son ouvrage. Un auteur qui ne m’est pas inconnu puisqu’il a également écrit un ouvrage de référence sur mon autre sujet de prédilection, les Beatles, mais c’est une autre histoire.

 

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À la vue de la taille du livre (plus de 200 pages), on se rend compte qu’il y a plus à dire sur l’orchestre du Titanic qu’on ne l’aurait cru. Turner a l’idée originale de commencer son récit par la fin, en se concentrant sur l’arrivée du Carpathia à New-York, les témoignages des rescapés dans la presse et la naissance de la légende de l’orchestre. Il présente ensuite dans un deuxième chapitre les employeurs de l’orchestre, et le contexte de l’époque. Puis viennent six chapitres biographiques : cinq des huit membres ont en effet droit à leur chapitre, les trois autres étant regroupé dans le sixième. Dans tous les cas, les recherches ont été vastes et précises et les biographies sont très denses et appréciables.

Viennent ensuite les chapitres plus discutables sur la traversée et le naufrage. Turner annonce dès le départ qu’il ne cherchera pas à entrer dans la grande histoire et se concentrera sur l’orchestre. Mais lorsqu’il explique, probablement plus par simplification que par erreur, que le Titanic heurte l’iceberg à 23h45, ça pique les yeux. Du reste, les chapitres ne sont pas mauvais, au contraire : Turner relève les témoignages et ne cherche pas à établir une version unique des faits. Il se contente du conditionnel, et de reconnaitre que rien n’est sûr.

Enfin, les derniers chapitres étudient les conséquences : qu’il s’agisse des hommages, de la naissance du « mythe de l’orchestre » et de la réaction des contemporains, ou de l’aspect moins reluisant du traitement offert aux proches. Tout le livre est argumenté de nombreuses photographies en noir et blanc, et le livre est pourvu d’une très bonne bibliographie qui témoigne du gros travail de recherche effectué. Un index est également présent, ce qui n’est pas inutile vu la masse d’informations.

Steve Turner, The Band That Played On, Thomas Nelson, 2011, ISBN 978-1-5955-5219-8

 

Les plus

  • Facile à lire, bien organisé, aéré et illustré
  • Des recherches biographiques très approfondies
  • Beaucoup d’anecdotes et d’informations intéressantes

 

Les moins

  • Quelques approximations sur le déroulement des faits, pas forcément involontaires

Publié dans Coup de coeur, In english please !, Livre spécialisé | 4 Commentaires »

Le Titanic ne répond plus

Posté par Antoine le 29 mai 2011

Parmi les livres sur le Titanic, il en est un seul que je pouvais décemment choisir en premier : Le Titanic ne répond plus. L’honnêteté m’oblige à dire que je suis ami avec son auteur, Gérard Piouffre, mais cela n’entachera pas mon objectivité : j’avais apprécié le livre avant de le connaître.

Couverture

Le Titanic ne répond plus s’inscrit dans la collection des éditions Larousse « L’Histoire comme un roman » et prend le parti de raconter la naissance, la (courte) carrière et le naufrage du Titanic sous forme de roman. Le style est ainsi particulièrement agréable et le livre se lit facilement. Les amateurs d’ouvrages historiques pourront cependant craindre que cette facilité d’accès se fasse aux dépends de la rigueur et des apports du livre. Il n’en est heureusement rien.

Le récit commence par une ellipse à bord du Californian, le navire par la suite accusé d’être resté sur les lieux sans porter secours au Titanic. On y voit justement l’équipage assister au drame qui se joue sans vraiment le comprendre : dès le début, le ton de l’ouvrage est posé puisque les dialogues ne nuisent pas à la précision, et le travail de recherche sur les législations maritimes et règles concernant les signaux de détresse apparaît très clairement.

Après cette parenthèse, le livre reprend chronologiquement la vie du Titanic, du projet au mythe perpétué sur internet. C’est là qu’arrive la deuxième surprise. Là où beaucoup d’ouvrages (pour ne pas dire tous) se concentrent sur le naufrage et à moindre mesure la traversée, Gérard Piouffre prend les choses à contre-courant et se concentre sur la construction (allant jusqu’à décrire les conditions de vie des ouvriers des chantiers), la réaction de la presse recevant la nouvelle du naufrage, les enjeux et le déroulement des commissions d’enquête, et finalement l’héritage du navire, sur papier, à l’écran et sur le web.

Finalement, la partie la moins densément traitée est paradoxalement le naufrage, mais ce n’est pas un problème, dans la mesure où les moindres anecdotes sur le sujet ont déjà été publiées et republiées. Les faits sont par ailleurs présentés de façon assez objective, ce qui ne gâche rien. Le Titanic ne répond plus est devenu un des ouvrages francophones de référence sur le sujet. C’est pour moi un précieux outil de travail lorsque je rédige mes articles wikipédiens, mais son accessibilité fait également que je le conseillerais à quiconque veut découvrir le sujet.

Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus, 2009, Larousse, ISBN 978-2-03-584196-4

Les plus

  • La forme « roman » rend la lecture particulièrement fluide et facile.
  • Tout en restant facilement abordable, le livre n’hésite pas à être précis.
  • Des points rarement développés le sont ici, comme la construction et l’après naufrage.
  • Un travail de recherche rigoureux pour contextualiser le naufrage.

Les moins

  • Le lecteur qui s’attend à une description précise du naufrage et des anecdotes qui l’entourent restera sur sa faim, le chapitre sur le sujet étant des plus concis. À ce sujet, un ouvrage comme La Nuit du Titanic de Walter Lord sera plus utile.
  • On regrette presque que l’ouvrage soit destiné au grand public, tant les aspects « inédits » (en français) auraient pu être beaucoup plus longuement évoqués.

 

Publié dans Coup de coeur, Livre spécialisé, Roman | 3 Commentaires »

 

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