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Paul Lee’s Titanic Pages

Posté par Antoine le 24 juin 2014

Pour l’amateur du Titanic, le web regorge de sites plus ou moins approfondis. Ceux qui renferment souvent le plus de potentiel sont les sites personnels de chercheurs qui y publient maints articles. J’ai déjà eu l’occasion de présenter ici le site de George Behe. Voici désormais celui d’une autre sommité, Paul Lee, qui propose un grand nombre de travaux sur plusieurs sujets, mais aussi les retranscriptions de documents originaux particulièrement intéressants. Une mine d’or qui ne pourra que plaire aux plus passionnés.

Lee

 

Dans la sphère du Titanic, Paul Lee est principalement connu pour ses travaux sur le Californian, notamment son livre très apprécié Titanic and the Indifferent Stranger qui tente de faire le point sur le cas du Californian en n’étudiant pas seulement les faits d’époque, mais aussi tous les débats qui se sont déroulés sur le sujet durant le siècle suivant. On retrouve sur le site plusieurs articles sur le sujet : deux pour faire le point (ici et ), mais aussi quelques articles sur Stanley Lord et l’un de ses officiers, Herbert Stone. Cette controverse du Californian est aussi, plus malheureusement, prétexte à deux articles démontant les idées de certains contradicteurs, en l’occurence Senan Molony (ici) et Daniel Allen Butler, auteur du contesté The Other Side of the Night (ici). Les critiques de Lee sont, sur le fond, toujours étayées solidement et intelligentes. C’est pourquoi il est d’autant plus dommage de le voir par moment s’abaisser à quelques piques personnelles. Cela n’altère en rien la qualité du site, mais je dois reconnaître que cela avait suffi à me rebuter et m’éloigner un temps de ces contenus de qualité.

Outre le Californian et au grand bonheur de ceux que cette polémique rebuterait, on trouve sur le site de Paul Lee bien d’autres choses. On pourra ainsi y trouver une synthèse des témoignages au sujet du départ d’Ismay dans un canot, la mort de Frederick Fleet, ou encore le nom original du Britannic. Lee n’hésite pas non plus à soulever certains lièvres concernant l’épave, remettant parfois en doute la version officielle, que cela concerne l’identité de ceux qui l’ont découverte, ou surtout la vitesse de détérioration du site. Parfois, de gros pavés sont lancés dans la mare, mais toujours avec de très bonnes explications. Enfin, là où Lee peut-être vraiment bon, c’est lorsqu’il propose des synthèses de témoignages pour donner une vue d’ensemble de la façon dont la collision a été perçue à bord, ou encore l’idée que l’on peut se faire de la progression de l’eau dans le Titanic durant le naufrage. La liste n’est bien entendu pas exhaustive, d’autant que le contenu est régulièrement renouvelé et mis à jour (la dernière mis à jour remonte à deux jours au moment où j’écris ces lignes).

Bien entendu, tout le monde ne sera pas familier avec ces sujets. Qu’à cela ne tienne, Lee propose d’autres sujets intéressants et plus accessibles, notamment des bêtisiers recensant les erreurs historiques des différents films, mais aussi une carte interactive des mémoriaux, épaves et attractions liés au Titanic. Enfin, Lee nous propose quelques archives personnelles, mais aussi une retranscription de la correspondance qu’avait entretenue Walter Lord avec de nombreux acteurs du drame. Tout cela est particulièrement appréciable. Le seul véritable reproche que l’on pourra faire au site de Paul Lee est son design, clairement daté et peu ergonomique, mais qui a au moins l’avantage de mettre en avant l’essentiel.

En dépit de ces quelques défauts, le site de Paul Lee est clairement un incontournable. Quiconque voudra vraiment aborder ces articles aura peut-être intérêt à les lire sur papier, tant ils sont denses !

 

Les plus

  • Beaucoup d’articles sur divers sujets.
  • Le fond est très solidement étayé et ouvre beaucoup de perspectives de réflexion : on apprend énormément de choses.
  • Les archives disponibles sont un plus non négligeable.
  • Les explications les plus techniques sont souvent accompagnées de schémas pour aider la compréhension.

 

Les moins

  • Malgré tout, ce site s’adresse avant tout au passionné déjà chevronné. Un nouveau risque de se perdre totalement ici.
  • La personnalisation de certains débats peut mettre mal à l’aise.
  • Le design du site n’est clairement pas attrayant.

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Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy

Posté par Antoine le 24 décembre 2012

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer George Behe, un des prolifiques auteurs sur le Titanic, que j’avais interviewé il y a quelques temps. J’ai déjà, notamment, eu l’occasion de commenter son site passionnant. J’ai récemment pu acquérir un de ses premiers ouvrages à ma connaissance, datant de 1988, Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy. Le choix du sujet fera certainement sourire certains de mes amis qui me considèrent comme un grand sceptique, et est pour le moins épineux. En effet, Behe cherche à replonger dans les origines d’une part du mythe Titanic : des gens avaient-ils prédit le naufrage avant qu’il ne survienne ? Avec un tel sujet, on peut s’attendre au pire. Heureusement, comme à son habitude, George Behe nous fournit un travail solide et neutre, qui ne cherche à imposer aucun point de vue.

Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy dans Coup de coeur book1

C’est en effet sous l’angle du « scepticisme intelligent » que l’auteur aborde cette question. Il résume ainsi sa pensée : il faut aborder les faits sans le moindre à priori pour, ou contre, une explication psychique. Se limiter aux faits, aux seuls faits, et voir ce que donnent les pièces du puzzle sans chercher d’explication supplémentaire autre que les faits avérés. Et sa méthode marche, et évite de donner le champ libre aux complotistes comme aux sceptiques profonds. L’ouvrage se répartit donc en cinq parties. La première rassemble les coïncidences (certes troublantes) qui ne vont probablement pas plus loin… qu’une coïncidence. La seconde rapporte les impostures avérées. La troisième se penche sur le cas très particulier de William Thomas Stead et des nombreuses expériences psychiques qui l’ont entouré. La quatrième évoque de « possibles » expériences psychiques, c’est-à-dire des faits étonnants dont on a connaissances, mais qui relèvent probablement de l’imposture ou de la coïncidence, sans qu’on ne puisse le prouver. Enfin, la dernière parle des expériences « probables » qui ont pu survenir : lorsque vraiment, la coïncidence est trop étonnante et que, qui plus est, l’imposture semble impossible à mettre en place.

Pour chaque fait, Behe nous donne une source en fin d’ouvrage (généralement une coupure de presse), explique les faits, et donne généralement un commentaire critique pour éclairer certaines zones d’ombres. Il ne se montre en revanche jamais péremptoires et privilégie l’usage prudent du conditionnel : le sujet est manipulé avec les pincettes nécessaires. Le livre évite par ailleurs de tomber dans les lieux communs. Le cas du Naufrage du Titan est, en particulier, expédié rondement, Behe expliquant que dans les faits, le livre n’a pas grand chose en commun avec son « modèle ». Ces anecdotes se dévorent donc rapidement, et on découvre une époque différente, où les séances de spiritisme étaient monnaie courante et, bien souvent, prétextes à de belles entourloupes.

Dans une partie conclusive, George Behe nous propose quelques arguments « sceptiques » d’ordre général, sur la qualité des sources. Cette partie est un peu plus légère que les autres, mais le fait est qu’on ne peut pas aller beaucoup plus loin : les faits sont rapportés par la presse, mais aucun élément ne pourra jamais prouver ou infirmer que la presse, ou le témoin, a menti. Dont acte, et une conclusion au conditionnel. Un livre agréable et qui, s’il n’est pas essentiel, a le mérite d’offrir un regard neutre sur un sujet controversé.

 

George Behe, Titanic : Psychic Forewarnings of a Tragedy, Harper Collins, 1988, 176 p.

 

Les plus

  • Facile à lire, avec quelques illustrations. La répartition par parties thématiques et petits paragraphes au fil des anecdotes facilite l’étude.
  • Chaque fait est fourni avec des références et sources, primordial dans ce genre de sujet.
  • George Behe réussit à rester neutre sur un sujet glissant, et ne tire jamais de conclusions hâtives.

 

Les moins

  • Peut-être un peu léger dans la conclusion, au sujet des lacunes des sources.
  • Le livre date de 1988 : en 25 ans, la recherche permettrait peut-être d’éclaircir certains de ces faits.

 

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Tempest

Posté par Antoine le 18 septembre 2012

Un article à part à l’occasion de la rentrée de Biblio-Titanic. Ce n’est pas d’une source d’information ou d’une adaptation de l’histoire du Titanic qu’il sera question, mais d’un hommage, et pas des moindres. C’est le chanteur, musicien et compositeur Bob Dylan, en effet, qui a présenté sur son dernier album, Tempest, la chanson du même nom consacrée au naufrage du Titanic. Ce n’est pas la première fois que Bob Dylan s’inspire fortement d’un événement pour composer une chanson ; mais il s’agissait généralement de faits récents, et politiquement forts. Ainsi, The Lonesome Death of Hattie Carroll, froid récit d’un meurtre raciste enregistré en 1963, avait pour but de dénoncer le tueur, qui n’avait écopé que de six mois de prison. Il avait défendu plusieurs autres causes au court de sa carrière, et fait quelques émules dans le domaine de la chanson d’actualité.

Pour ce qui concerne le Titanic, on s’en doute, la portée politique est quasi nulle ; et pour l’actualité, on ne pourra que supposer que Dylan a été inspiré par l’effet centenaire (notez cependant que la chanson a été enregistrée entre janvier et mars dernier : il est probable que le musicien ait préparé son coup avant même les premières célébrations). Un clin d’oeil flagrant laisse penser à une influence de James Cameron : un des personnages mentionnés rapidement dans la chanson est un certain Leo. Pour le reste, Dylan tire avant tout son inspiration dans la musique folk et surtout dans les sonorités irlandaises. C’est donc une longue ballade classique mais efficace qu’offre le compositeur.

Longue, elle l’est, probablement la plus longue qu’il ait écrite, même si de façon générale, la plupart des morceaux de l’album sont longs, et que Bob Dylan avait déjà fait dans la chanson de plus de 10 minutes. Côté texte, c’est un récit très romancé du naufrage. L’auteur le reconnait d’ailleurs sans honte : il est poète, pas historiens, et a parfois modifié les faits pour enjoliver la forme. Tour à tour, la chanson se fige sur des scènes ponctuelles : la lumière des candélabres sur les balustrades, l’eau envahissant les coursives, la vapeur fuyant les chaudières, les passagers qui choisissent d’attendre la fin, Astor disant adieu à son épouse (c’est d’ailleurs le seul personnage réel clairement nommé), jusqu’à l’arrivée sur terre de la nouvelle du drame… On y retrouvera les tons et thèmes de chansons de l’époque notamment It Was Sad When That Great Ship Went Down. Cela n’est pas anodin : cette chanson assez connue aux États-Unis (c’est notamment un classique chez les jeunes scouts) a notamment été interprétée par Woody Gunthrie (qui, pour la petite histoire, était né en 1912), idole de jeunesse de Bob. Le monde est parfois petit !

Concernant le reste de l’album, il vaut également le détour et est un des plus gros succès critiques de son auteur. Sorti la semaine dernière, le disque est d’ores et déjà en troisième place des charts britanniques. Vous pouvez toujours l’écouter sur Deezer.

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Titanic, l’histoire, le mystère, la tragédie

Posté par Antoine le 23 août 2012

Le centenaire du naufrage du Titanic a vu affluer en librairie un grand nombre d’ouvrages de qualité très variable, mais dont plusieurs ont été assez médiatisés. C’est par exemple le cas de cet imposant livre (grand format, sur plus de 300 pages) dont l’auteur (en réalité coauteur, comme nous le verrons), Patrick Mahé, est apparu à plusieurs reprises dans les médias en avril. Il s’agit dans les faits d’un ouvrage édité il y a une dizaine d’année, écrit par Corrado Ferruli, réédité aujourd’hui avec en bonus une introduction consacré aux relations entre Cherbourg et le Titanic (écrite par Patrick Mahé, donc), histoire de marquer le coup pour l’ouverture de l’exposition permanente sur le sujet à la Cité de la Mer de Cherbourg.

Titanic, l'histoire, le mystère, la tragédie dans Ouvrage généraliste TitanicHistoireMystereTragedie

L’ouvrage est très visible et accrocheur, il faut bien le dire. Sa taille est assez alléchante. Un premier survol se révèle d’ailleurs assez plaisant. L’ouvrage est aéré, illustré, présente des encadrés… Bref, un ouvrage agréable comme les éditions du Chêne savent le faire. L’iconographie est particulièrement travaillée et on trouvera ici de belles images, parfois rares. Leur omniprésence rend d’ailleurs le texte peu fatiguant à lire. Il faut bien le dire, ces images sont la plus grande qualité de l’ouvrage. Il n’en reste pas moins que, bien malheureusement, les légendes qui les accompagnent sont parfois erronées, voir navrantes. Je n’ai, en particulier, pas digéré l’image montrant le poster publié pour rendre hommage à l’orchestre après le naufrage, ici présenté comme une publicité. Des détails, peut-être, mais des détails qui sautent à mes yeux.

Sur le fond, l’ouvrage est particulier. Outre le prologue consacré à Cherbourg, le livre même se fige sur la traversée. Le texte commence lorsque le Titanic quitte Cherbourg le 10 avril, et se termine sur l’arrivée du Carpathia à New-York le 18. C’est donc l’événement lui-même qui est évoqué, la partie « sexy » en quelque sorte, tandis que sa postérité, son ampleur, ses conséquences sont passées à la trappe, tout comme les origines du navire. Ce manque de contextualisation est fort dommageable d’un point de vue historique et fait que l’ouvrage n’est pas une bonne base de départ pour le néophyte. Un livre comme Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic, malgré une plus petite taille, se révèle finalement plus exhaustif.

L’ouvrage est donc centré sur l’événementiel. Est-ce, dans ce cas, bien fait ? Malheureusement, le souci est là. Corrado Ferruli nous offre ici un travail qu’on pourrait presque qualifier de Wikipédesque : on trouve du très bon, et du très mauvais. À la charge du lecteur de sélectionner. Et contrairement à Wikipédia, le livre ne cherche même pas à donner de sources ce qui complique le travail critique. On trouve ainsi des anecdotes intéressantes, le livre soulève parfois des thèmes qui auraient pu passer inaperçus… mais comme, à côté de cela, il lui arrive de parler du Mauretanie au lieu du Mauretania, on est bien obligé de partir vérifier ailleurs les points qui nous intéressent. Le livre est donc un bon point de départ, à condition de l’aborder avec une part d’esprit critique. Autant le dire, entre les mains d’un néophyte, il peut faire quelques dégâts. Quelques clichés ne sont notamment pas épargnés : Ismay est dépeint d’un bout à l’autre comme un mauvais homme : qui fait aller le navire au plus vite suite à une entrevue avec le chef mécanicien (il s’agissait en réalité de prévoir un court essai de vitesse pour plus tard dans la semaine), qui s’enferme mystérieusement avec un officier (je n’avais jamais trouvé trace de ce fait auparavant), et, bien entendu, qui fuit lâchement après avoir passé la soirée à gêner tout le monde. L’ouvrage se clôt sur sa citation à comparaître devant la commission américaine. L’action est laissée en suspens, le livre ne dit pas que la commission n’a rien retenu. Ainsi, le président de la White Star Line reste coupable dans l’idée du lecteur. Sombre mensonge par omission.

Cette édition 2012 apporte en revanche un outil intéressant, le témoignage de l’élève Jules Munsch. Cet étudiant à l’école normale de Rouen était en effet de passage à Cherbourg le 10 avril et a assisté, à bord du transbordeur Traffic, à l’escale du Titanic. Après le naufrage, il raconte son expérience dans le journal de l’école. Bien sûr, le texte mêle le vrai et le faux de façon délicieuse : le jeune homme a certainement voulu étoffer une histoire banale qui ne seyait pas au sensationnel de mise quand on parle du Titanic… Mais le texte vaut le détour, si on l’aborde avec le même esprit critique que le reste du livre !

Corrado Ferruli, Patrick Mahé, Titanic, l’histoire, le mystère, la tragédie, éditions du Chêne, 2012

 

Les plus

  • Belle mise en page, iconographie de qualité
  • Le témoignage de Jules Munsch, document inédit, est bienvenu, même si à prendre avec des pincettes
  • Le texte contient quelques passages intéressants, à condition de toujours vérifier les faits dans d’autres sources

 

Les moins

  • Souvent peu fiable : trop d’erreurs plus ou moins graves.
  • Manque de contextualisation : l’histoire du Titanic commencerait-elle le 10 avril pour finir le 18 ? Non.
  • Que de méchanceté sur Bruce Ismay ! Un peu de mesure aurait été bienvenue dans ces propos mal argumentés !

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Dernier dîner sur le Titanic

Posté par Antoine le 20 juillet 2012

Ceux qui me connaissent savent que la gastronomie n’est pas mon fort : ils pourront donc légitimement se demander pourquoi, après avoir parlé de La Table du Titanic, je récidive avec un ouvrage plus ancien mais consacré au même sujet : Dernier dîner sur le Titanic, par Rick Archbold et Dana McCauley. Je l’avoue, si le sujet ne m’aurait pas poussé à l’achat au premier abord, je me suis rué sur l’ouvrage en le trouvant dans le catalogue de ma bibliothèque : après tout, tout ce qu’on y trouve sur le Titanic est bon à prendre ! (enfin, presque…)

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Rick Archbold est un auteur relativement connu de la sphère Titanicophile. Il a notamment écrit l’ouvrage présentant l’œuvre du peintre Ken Marschall (fort bel ouvrage que je m’empresserai de présenter ici à l’occasion) et a participé à la rédaction d’un ouvrage de Robert Ballard. Dana McCauley l’est moins, et il y a fort à parier qu’elle soit derrière la partie plus « culinaire » du livre, sur laquelle nous reviendrons également. Enfin, force est d’avouer qu’à la vue des remerciements mentionnant Don Lynch et le reste de la Titanic Historical Society, on comprend que toutes les fées se sont penchées sur ce berceau. Cerise sur cet appétissant gâteau : Walter Lord, le « père » spirituel de tous les historiens du Titanic, signe ici la préface en nous offrant une des anecdotes dont il a le secret. Les ingrédients sont de premier choix, les cuisiniers sont prêts : voyons si la recette tient ses promesses.

Comparé à son homologue français sorti cet année, le Dernier dîner a, il faut bien le dire, une longueur d’avance lorsque l’on regarde sa couverture. Exit le motif sobre sur un livre petit format ; place à l’exubérance, aux images colorée et grand format…  De façon générale, voila ce qui différencie le Dernier dîner de La Table du Titanic : une forme plus travaillée. J’avais, dans ma critique de ce dernier, remarqué que l’absence d’images était problématique. Quand on lit des recettes, même si l’on n’est pas gourmet, on aime bien savoir à quoi ressemble le mets ! D’autant plus que, n’est pas un grand cuisinier qui veut, c’est peut-être la seule occasion de voir la recette terminée de la bonne façon !

Le livre entre plus directement dans le vif du sujet que son homologue français : l’exposé du contexte dressé par Xavier Manente dans son ouvrage n’aurait pas dépareillé ici pour se faire une idée de ce qui a mené à un tel niveau de raffinement flottant. Pour le reste, en revanche, le livre d’Archbold et McCauley a largement l’avantage pour une simple raison : les auteurs ont fait parler leurs relations dans le « milieu », ce qui est toujours garantie de succès. Le livre est coloré, illustré, avec des encadrés, des citations : bref, il est agréable à vivre. Quand au contenu, il n’a qu’un seul objectif, vous ramener en 1912. Les auteurs vous présentent ainsi le repas tel qu’on le vivait dans les trois classes en ce soir de 14 avril, à partir des menus et témoignages, avec aussi quelques suppositions, certes, mais en restant rigoureux. On peut cependant regretter que les sources précises ne soient pas mentionnées.

L’autre objectif du livre est de vous faire remonter vous même le temps pour revivre ce dernier repas. Attention : pas question ici de mettre les pieds sous la table en T-shirt baskets. Quitte à faire les choses, on les fait bien. Le livre vous apprendra à préparer les mets, certes, mais aussi à préparer un parfait repas de l’ère edwardienne, avec la mise en scène qui va avec : musique, disposition de la table, étiquette (eh oui, messieurs, apprenez que votre principal rôle à table est de faire la conversation à la dame à votre droite !), service, et bien sûr, habits de soirée ! Les recettes sont expliquées clairement, parfois illustrées, et le livre vous propose même un planning sur plusieurs jours si vous désirez préparer le dîner complet (oui : pour manger comme sur le Titanic, il faut commencer la tambouille trois jours à l’avance !).  Bien entendu, un tel repas n’est pas léger, comme le précise l’auteur : « organisez-le la veille d’un jour où vous pourrez faire la grasse-matinée » ! Nous ne nous étendrons pas sur le prix d’un tel repas…

Le livre lui même, traduit en français en 1999, n’est pas aisé à trouver (la version originale de 1997, peut-être commandée pour un pris légèrement inférieur). Par ailleurs, la traduction pêche par moments. Certes, on est loin des hérésies des Secrets du Titanic, mais le « Rôt de la vieille Angleterre » remplaçant The Roast Beef of Old England, est la salle de réception devenue une simple « antichambre », ça piquera les yeux des passionnés acharnés comme votre serviteur. Malgré cela, vous pouvez vous procurer ce livre sans hésiter (si vous le trouvez) : il se déguste comme… un bon dîner.

Rick Archbold et Diana McCauley, Dernier dîner sur le Titanic, 1999, Madison Press/Jean-Claude Lattès

 

Les plus

  • Une iconographie somptueuse
  • Ce livre nous propose un véritable retour dans le temps : loin de se limiter à l’art culinaire, il fait remonter un art de vivre disparu.
  • Une description fouillée et précise des repas à bord, dans les trois classes

 

Les moins

  • Quelques erreurs de traduction
  • Assez difficile à trouver désormais

 

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Les Grands naufrages

Posté par Antoine le 25 juin 2012

Une fois n’est pas coutume, ce livre ne concerne pas directement le Titanic. Et encore : son titre est tout de même Les Grands naufrages, du Titanic au Costa Concordia. Autant dire que notre paquebot fétiche y reste très présent. C’est une fois de plus Gérard Piouffre qui s’y attèle (troisième critique d’un de ses ouvrages sur Biblio-Titanic : on va commencer à penser que je touche un pourcentage !) : que cache donc cet ouvrage ?

 Les Grands naufrages dans Coup de coeur les_grands_naufrages

Le Titanic fait figure de naufrage d’exception. On pourrait épiloguer longtemps sur ce qui a fait son charme : le nombre de victimes ? L’aura romanesque du drame ? Les célébrités présentes à bord ? Certainement un peu de tout cela, mais une chose est certaine : ce n’est pas le seul grand naufrage dans l’histoire des paquebots. Il faut bien le dire, les catastrophes sont même nombreuses, et le livre de Gérard Piouffre n’a pas la prétention de tous les recenser. Chacun pourra regretter de ne pas y trouver son petit préféré, un naufrage sur lequel il aurait voulu plus d’informations (personnellement, mon coup de cœur aurait été pour le naufrage qualifiable de « naufrage du vous-inquiétez-pas-je-gère-tout », celui de l’Admiral Nakhimov en 1986), mais globalement la sélection est consensuelle et on ne relève aucun manque majeur à l’exception, peut-être, du Britannic.

Le classement est pertinent, puisque les naufrages ont été rangés par cause : le mauvais temps, le feu, les icebergs, les abordages, les échouements, les avaries et défauts de conception, puis les deux Guerres mondiales. Le classement est limpide, et permet de prendre conscience de l’influence de certains aléas les uns par rapport aux autres. On découvre notamment que les icebergs n’ont finalement fait que peu de mal aux paquebots. Outre le Titanic et l’Eplorer, Gérard Piouffre doit aller jusqu’à chercher un naufrage « manqué », le Royal Edward : preuve que, somme toute, la glace n’était qu’un danger peu commun.

De façon générale, chaque naufrage est raconté de façon vivante et précise, dans un style fluide : le livre se dévore en quelques heures. Certains naufrages sont intemporels. Même si elles sont déjà connues, les catastrophes de l’Andrea Doria ou de l’Empress of Ireland continuent à nous marquer. D’autres, peu connus, comme le Lamoricière, nous surprennent par leur horreur. Aucun ne laisse indifférent.

Raisons commerciales oblige, le Costa Concordia est également mis en avant. On pourrait aborder ce chapitre avec méfiance, tant il semble difficile d’écrire un chapitre sur un naufrage encore tout frais (le livre a été terminé fin janvier, une semaine ou deux après le naufrage). Il n’en est rien. Gérard Piouffre a réussi à nous offrir une synthèse claire et neutre des événements, au milieu du magma insipide et contradictoire que nous livrait la presse. Certes, ce chapitre ne restera pas longtemps une référence, tant il est évident que notre vision du naufrage est appelée à évoluer avec le temps.

Les Grands naufrages offre donc une précieuse synthèse sur les catastrophes maritimes ayant touché les paquebots. Une lecture agréable et indispensable pour les passionnés de marine !

Gérard Piouffre, Les Grands naufrages, du Titanic au Costa Concordia, First étidions, 2012

 

Les plus

  • Clair, concis et vivant : une façon parfaite pour découvrir nombre de naufrages peu connus
  • Les illustrations sont malheureusement rares, mais les dessins d’Alain Coz sont particulièrement jolis, ce qui compense et permet de visualiser les navires dont il est question
  • Le livre nous propose un bon nombre de naufrage, et donne un bon équilibre entre les grands classiques et les inconnus
  • Le chapitre sur le Costa Concordia offre une bonne synthèse plus pondérée que la plupart des écrits sur le sujet

 

Les moins

  • Chacun pourra regretter qu’il manque « son » naufrage préféré.
  • Comme dit plus haut, plus d’illustrations auraient été appréciables, le sujet s’y prêtant pas mal.

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Titanic-Titanic.com

Posté par Antoine le 23 mai 2012

Les sites sur le Titanic sont légion. On pourrait les classer en trois catégories : les sites généralistes de qualité, souvent écrits par une communauté de passionnés (type Encyclopedia Titanica), les sites et blogs tenus par un passionné ou historien faisant part de ses recherches (comme celui de George Behe), et les mauvais sites, souvent limités à une ou deux pages bateau ou au fanclub de Jack et Rose. Ces derniers sont assez faciles à repérer, aussi n’en étudierai-je pas ici, à moins d’en trouver de particulièrement savoureux… C’est aujourd’hui un site de la première catégorie que je vous propose d’étudier ; une des références anglophones sur le sujet, le site Titanic-Titanic.com.

Titanic-Titanic.com

Ce site est un des sites de référence, certes, mais disons le clairement, il se situe à un niveau moindre par rapport à, par exemple, un site comme Encyclopedia Titanica. Leur principe est vaguement similaire, avec des articles écrits, souvent, par des membres de la communauté et un forum de prestige ; mais joue en défaveur de notre sujet du jour. Toute communauté connaît une sorte de « sélection naturelle » qui fait que plus ou moins de membres s’y joindront ; et en termes de nombre et de prestige, « ET » domine sans conteste. Reste que tout n’est pas à jeter sur Titanic-Titanic.com, loin de là.

La comparaison avec Encyclopedia Titanica passe avant tout par le point noir de ce dernier : la navigation et l’ergonomie. Titanic-Titanic.com marque indéniablement un point dans ce domaine. Certes, les publicités y sont nombreuses et encombrantes, mais le décor est légèrement moins spartiate. Et surtout, surtout, il y a cette page : un plan du site, avec liens vers toutes les pages. Fini les heures de galère pour trouver quelque chose, tout le contenu est ici exposé. Autant le dire tout de suite, ça fait du bien. Le site fait par ailleurs la part belle à l’illustration en en fournissant chaque fois que possible.

Du point de vue du contenu, la différence est là, également. Encyclopedia Titanica est très forte sur les biographies (chaque personne à bord en a une, généralement bien fournie) et les articles signés. Sur Titanic-Titanic.com, les biographies sont assez décevantes. On a souvent une simple fiche de signalement, et les fiches de certains passagers pourtant bien connus comme J.J. Astor sont ridiculement vides. Restent certaines de valeur, telles que les biographies des officiers. Du point de vue des articles signés, le site est déjà plus incontournable, avec un certain nombre de contributions de poids ; même si, du point de vue de la quantité, la concurrence domine.

Enfin, Titanic-Titanic.com tente de combler un vide de son concurrent : le manque d’articles sur l’histoire globale du navire. À aucun endroit Encyclopedia Titanica ne propose de découvrir l’histoire du Titanic dans une version synthétique. Titanic-Titanic.com tente d’y revenir, de façon souvent concise, mais ça a le mérite d’y être. On pourra sans trop de souci parcourir ces pages, mais là encore, on trouve mieux ailleurs (et en français !) notamment avec le Site du Titanic. Dernier point exclusif, qui peut toujours servir au généalogistes : le site comprend une jolie collection de certificats de décès grâce au travail de Phil Gowan. Bref, Titanic-Titanic.com est un site décent, qui gagne à être consulté, mais qui ne sera pas une référence aussi systématique que d’autres.

 

Les plus

  • Une mise en page moins sobre qu’Encyclopedia Titanica
  • Quelques aspects inédits (certificats de décès, quelques articles intéressants)
  • La volonté, honorable, de faire un site revenant globalement sur l’histoire du Titanic

 

Les moins

  • De la pub, de la pub, encore de la pub… Même les pages bibliographiques par auteur sont en fait des liens cachés vers Amazon !
  • Souvent moins complet qu’Encyclopedia Titanica
  • Dommage qu’il soit impossible d’en recopier le contenu pour ses archives personnelles ou pour faciliter l’impression…

 

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Titanic, le guide du passager

Posté par Antoine le 16 mai 2012

Parmi les ouvrages publiés pour commémorer le centenaire du naufrage du Titanic, celui-ci ne paye pas de mine. Petit, à la couverture assez neutre, il passe inaperçu au milieu des couvertures massives et colorées d’ouvrages de qualité plus ou moins avérée publiés ces derniers temps. Plus gênant encore, il est souvent sous plastique, empêchant l’acheteur curieux d’en savoir plus sur son contenu. L’achat devient donc un pari sur la qualité, pari qui, vu le prix actuel des livres, peut s’avérer coûteux. Autant dire que pour beaucoup, dont moi d’ailleurs au premier abord, ce livre ne semblait pas être un achat prioritaire. Pourtant, j’ai finalement pu l’obtenir, et je m’en vais ici vous dire ce qu’il vaut.

Titanic, le guide du passager dans Coup de coeur 1279242-gf

Mais au fait, qu’est-ce que le guide du passager ? C’est un fascicule que recevaient les passagers de première classe en début de traversée. Une présentation des espaces communs du navire, des dispositions à prendre durant le voyage, à laquelle s’ajoutent une liste des passagers en vue et des informations sur la vie à bord. Bref, une somme d’information importante dont Le Site du Titanic nous donne un aperçu. Il n’en reste pas moins que ce guide, du moins dans sa version distribuée sur le Titanic, n’a jamais été retrouvé. Ce guide qui nous est proposé est donc un travail d’imagination, rédigé à partir de documents d’époque.

Car de tels documents, on en dispose : l’Olympic, jumeau du Titanic, a eu une carrière suffisamment longue pour que de nombreux passagers puissent conserver leur brochure, dont des photographies avaient été publiées dans Titanic, the Ship Magnificent, de l’équipe de Bruce Beveridge. Les photos y apparaissent, de même que de nombreux clichés publicitaires d’époque. Enfin, ces documents connaissent une traduction française que beaucoup apprécieront. Les documents retranscrits sont rares et intéressants. On pourra reprocher quelques erreurs de traductions, et autres approximations dans la préface, mais l’ensemble reste fiable et intéressant.

Plus encore, le parti pris est intéressant : présenter le Titanic non plus comme le paquebot condamné qui a coulé durant sa traversée inaugurale, mais comme un navire à bord duquel nous sommes sur le point d’amorcer une traversée. Nul mot sur le naufrage donc, juste une présentation du Titanic et de la vie à bord comme si vous y étiez. Et ça, ça vaut le coup.

Titanic, le guide du passager, Arthaud, 2012

 

Les plus

  • Un sujet original pour une présentation intéressante
  • Une iconographie travaillée et rare
  • Malgré la petite taille du livre, le texte est dense et regorge d’informations

 

Les moins

  • Quelques erreurs de traductions, et approximations dans les textes qui ne sont pas d’époque. Rien de bien méchant cependant.

 

 

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Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal

Posté par Antoine le 22 avril 2012

Il y a des livres qui font école dans leur domaine, et qui restent longtemps une référence. Des livres qui font état de l’étendue des connaissances sur un sujet à un instant T. Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal est de ceux-ci. Véritable Bible du Titanic, le livre compte pas moins de onze auteurs, le gratin des chercheurs spécialistes du sujet, sous la houlette de Samuel Halpern. Mark Chirnside, George Behe, Bruce Beveridge, Steve Hall, Tad Fitch, Bill Wormstedt, Dave Gittins, Cathy Akers-Jordan, Lester J. Mitcham et le capitaine Charles Weeks ont ainsi contribué à cet ouvrage à l’objectif simple : faire le bilan des connaissances sur le naufrage 100 ans après le drame. Et le résultat est réussi.

Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal dans Coup de coeur Report_Into_the__4f60d0055a0a6

Comme en témoigne le site créé pour l’occasion, le livre est exhaustif. On nous présente les enquêtes, sommairement, avec un but avoué : refaire l’enquête 100 ans après en cherchant à répondre à un certain nombre de questions. Depuis les commissions de l’époque, notre connaissance s’est étoffée avec notamment la découverte de l’épave, et cette mise à jour est nécessaire. On le comprend vite, ce livre ne vous donnera pas d’information sur les passagers. Astor, Hays, Guggenheim et autres ne sont que les figurants du drame raconté ici, le livre se centrant sur le pourquoi et le comment plus que sur le qui. Tous les aspects nécessaires à la compréhension des circonstances du drame sont évoqués : structure du navire (avec un chapitre condensé du superbe Titanic, the Ship Magnificent par ses auteurs), route suivie durant la traversée, mesures prises pour éviter les glaces, étendue des dégâts suite à la collision… On en découvre également plus sur la probable propagation de l’eau, sur le chargement des canots et ainsi de suite. De même, les polémiques du Californian et du Mount Temple sont évoquées, et les conclusions sont particulièrement mesurées.

Dans l’ensemble, la grande qualité de ce livre réside dans le nombre d’auteurs. Le but avoué de la méthode est de permettre aux uns et aux autres de corriger mutuellement leurs lacunes, de fournir un ensemble moins partial que s’il était le fruit d’un seul. La synthèse est ainsi claire, précise, et innovante. Les conclusions auxquelles parvient l’ouvrage sont assez claires et ont l’avantage de ne pas sombrer dans le réquisitoire partial que tiennent certains auteurs. Les annexes sont également une mine d’informations inépuisable avec des listes de passagers et de l’équipage, mais aussi une clarification des chronologies en détaillant les questions de changements d’heure. Enfin, une annexe est particulièrement intéressante, celle qui concerne la « question des grilles verrouillées » dont les conclusions déstabiliseront les tenants du manichéisme Cameronien. Par ailleurs, l’ouvrage fait un gros travail de référencement de l’information avec un grand nombre de notes renvoyant aux témoignages originaux.

Le tout n’est pas exempt de défauts, cependant. Assez technique, l’ouvrage est parfois difficile à aborder pour le lecteur lambda qui sautera facilement certains passages. Ce n’est clairement pas le genre d’ouvrage que l’on peut lire dans un état de fatigue avancée ! Plus encore, les schémas de Sam Halpern sont assez effrayants, manquent de clareté et tendent presque à complexifier les choses. Ce serait le point à reprendre en cas de réédition. A Centennial Reappraisal reste un ouvrage de référence pour tous les amateurs du Titanic, et une pièce nécessaire dans toute bibliothèque.

Samuel Halpern (dir.), Report Into The Loss of SS Titanic, A Centennial Reappraisal, The History Press, 2011

 

Les plus

  • Une somme d’information inégalée sur l’histoire du navire et son naufrage. Une véritable Bible d’un point de vue historique.
  • Rédigé par l’élite des chercheurs anglophones sur le sujet
  • De nombreuses explications sur multiples points et des annexes passionnantes

 

Les moins

  • Parfois complexe à lire. Ce livre n’est pas destiné au grand public.
  • Les schémas de Sam Halpern sont assez décevants.

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Soirée Titanic sur Planète Thalassa : « L’iceberg qui a coulé le Titanic » et « Les héros du Titanic »

Posté par Antoine le 9 avril 2012

Dimanche 8 avril, la chaîne Planète Thalassa nous a gratifiés d’une soirée de deux documentaires sur le Titanic pour célébrer le centenaire. On aurait pu s’attendre au pire, on a pourtant eu le meilleur. Les deux documentaires, L’iceberg qui a coulé le Titanic et Les héros du Titanic, sont de très grande qualité. Je m’en vais donc vous les présenter ici.

http://www.dailymotion.com/video/xpvl54

Le premier, L’iceberg qui a coulé le Titanic, concerne finalement plus l’iceberg que le Titanic… et ce n’est pas si mal, car original ! Le documentaire, très rigoureux, nous emmène dans les glaces du Groenland, nous détaille les lieux d’où partent les iceberg, comment ils le font, en suit plusieurs… Les images sont superbes, rares, impressionnantes. On a également droit à des expériences sur la fonte des icebergs, leur visibilité, la façon dont ils se retournent (bluffante)… Côté Titanic, les réalisateurs ont voulu illustrer par des images en mouvement. Souci, on n’en a que quelques secondes pour le Titanic. On se retrouve donc avec le lancement du Britannic, un passage de l’Aquitania au port, avant d’avoir, heureusement, des images tirées de films, déjà plus fidèles. Quelle est l’importance de cette erreur ? Minime dans la mesure où le propos reste clair et exact. Aucune phrase ne m’a fait hurler, moi qui suis si chatouilleux. Le documentaire permet aussi de rappeler une réalité trop souvent ignorée : entre la glace et les navires, la glace est toujours la plus forte.

Le second, Les Héros du Titanic, se penche sur le cas très méconnu des mécaniciens du Titanic. Plus fiction que documentaire, ce film essaie de faire revivre la traversée de ces gens, et le fait de façon fort convaincante.  La méconnaissance que l’on a des protagonistes et de ce qu’ils ont fait fait que très peu des éléments présentés dans ce documentaire sont certains. C’est cependant un bon travail de reconstitution de l’expérience de ces gens à partir de ce que l’on a, un peu comme a pu le faire Gérard Piouffre dans Nous étions à bord du Titanic. Si tout ne doit pas être pris pour argent comptant, s’il y a parfois des longueurs, le documentaire réussit à être crédible que ce soit dans le jeu des acteurs ou dans les décors assez fidèles au Titanic, surtout si on garde à l’esprit les moyens dont a dû disposer la production. Plus encore, il rappelle au monde l’existence de ces héros méconnus qu’on été Joseph Bell, Frederick Barrett, Johnatan Sheperd

Deux excellents documentaires qui prouvent que Planète Thalassa a su choisir avec goût ! On a échappé aux habituels nanards recueils d’idées reçus. Rappelons au passage pour les joueurs que la chaîne vous propose un jeu concours sur son site !

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