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Titanic, la véritable histoire

Posté par Antoine le 10 avril 2012

Il y a comme une malédiction dans le monde des documentaires. Il y a ceux qui ne cherchent pas à trop se montrer, comme les deux que j’ai commentés hier, plaisants à regarder et fiables… Et il y a les bouses, les étrons, les horreurs. Ceux qui enchaînent les lieux communs, erreurs et bouffonneries. De façon intéressante, ceux-ci ont souvent des titres sensationnalistes, clamant détenir « la vérité », comme s’ils sentaient, au fond d’eux, qu’ils allaient dire une immense connerie. Lorsqu’un documentaire s’intitule Titanic, la véritable histoire, on peut sérieusement s’attendre à le placer dans la deuxième catégorie. Et ici, ça ne rate pas.

On peut aisément reconstituer la réflexion des réalisateurs : « Bon, on fait un documentaire sur le Titanic. Il nous faut une histoire d’amour, du suspense, de l’action, des trucs qui bougent. Respect de l’histoire ? On s’en fout. On prend les noms, et on leur fait faire des trucs qu’ils auraient pu faire, ça passera. » Le terme de docu-fiction n’a jamais été aussi malvenu. C’est de la fiction, tout court. Difficile ici de faire une liste des points positifs et négatifs : je n’ai pas trouvé de point digne d’entrer dans la première catégorie. Voici donc la liste (non exhaustive, je n’ai pas tout relevé, je ne suis pas une machine !) de toutes les horreurs proférées dans le documentaire.

  • On suit l’histoire d’une passagère, qui, lors du naufrage, retourne à sa cabine pour récupérer ses affaires, y est enfermée par un steward, sauvée par son amant après avoir vu de l’eau sortir par les lavabos et… Oui, bon, vous l’aurez compris, récit à l’authenticité douteuse (on me souffle dans l’oreillette que Berthe Mayné a envisagé de le faire retourner à sa cabine, mais en a été dissuadée et est partie dans un des premiers canots : on le voit donc, le documentaire est parti d’une supposition pour broder son histoire).
  • On a aussi le marin qui était parti inspecter les compartiments arrière, a vu les portes étanches se fermer, et s’est jeté dessous. Et hop, une jambe coincée. Ce n’est étayé par aucun témoignage (et pour cause, tout individu normal se serait rué vers l’échelle de service plutôt que de se jeter sur une porte jouant les guillotines), mais la scène revient pendant tout le documentaire. Notre marin essaie d’attraper une hache, d’atteindre la valve pour remonter la porte… Rien n’y fait. Répétitives, lassantes, inutiles et inexactes, ces scènes sont le grand moment du documentaire !
  • On a aussi la passagère de troisième classe qui prenait son bain à minuit pour éviter l’affluence (bien, sauf que je doute que les stewards chargés des baignoires, qu’on n’utilisait pas seul, aient travaillé de nuit). Mais ça permet de montrer un bout de sein, et ça, ça fait péter l’audimat. Le reste de son histoire permet de nous sortir le classique coup des troisième classes séquestrés dans les fonds du navire et ainsi de suite, le tout étalé sans recul…
  • On a aussi un inénarrable graisseur envoyé faire on ne sait trop quoi, et qui finit par monter dans la quatrième cheminée pour y… écrire un message dans une bouteille, qui parviendra sur les côtes irlandaises. Oui. Docu-fiction : si ceci c’est vraiment passé à bord, je me fais moine. Mais comme il n’y a pas de témoignages, on dira que c’est une liberté artistique. Dommage quand on clame raconter la véritable histoire…
  • On a aussi le coup du navire qui change brusquement d’inclinaison d’un côté à l’autre, renversant les passagers, la vaisselle, tout. Aucun témoin n’en a parlé, mais ça fait joli à l’écran. Oui, « véritable » histoire.
  • Et bien sur, on a les cloisons étanches. Enfin non : seules les portes sont étanches. Les cloisons autour pètent quand la pression devient trop forte. Comme ça, pouf.
  • Quant à l’électricité, bah pour parodier un chanteur à qui elle n’a pas porté chance, on dira qu’à bord du Titanic, « ça s’en va et ça revient » ! Non, le courant ne s’est pas coupé uniformément à la fin comme le disent tous les témoins. Il alternait. Un peu comme quand Jacquouille la Fripouille joue avec l’interrupteur.
  • Il y a aussi une superbe prise de bec entre le commandant Smith et Bruce Ismay. Je disais récemment qu’étonnamment, il souffrait peu dans les mauvais documentaires. Celui-ci a restauré l’équilibre : toutes les scènes où il est présent ont pour but de le faire passer pour le Diable en personne. Basées sur du rien ou, dans le meilleur des cas, s’inspirant de faits réels pour les modifier allègrement, je me suis surpris à trouver qu’à côté, le Titanic produit par les Nazis en 1943 était un trésor d’objectivité.
  • D’ailleurs, parlons en, du jeu d’acteurs ! Tous sont incroyablement mauvais. Tellement qu’ils auraient pu être recalés aux auditions d’Hélène et les garçons. Leur jeu est caricatural, exagéré, mauvais… Et franchement, Joseph Bell qui devient le sosie de M. Propre ! Rendez nous les acteurs des Héros du Titanic !
  • Les représentations 3D sont décentes. Les décors intérieurs pathétiques. Il n’y a aucune cohérence. Bruce Ismay descend des escaliers pour aller sur la passerelle de navigation… sur le pont le plus élevé. Le jeune Jack Thayer, fils d’un président de ligne de chemin de fer, sort de sa cabine pour errer en… troisième classe…
  • De plus, le documentaire s’attarde pendant près d’une heure (sur une heure et demie) à traiter des dix minutes suivant la collision : coulera ? Coulera pas ? Coulera ? Coulera pas ? Inutile de préciser que ce jeu sur le suspense prend mal. On voit les premiers canots vers la fin et, malgré les nombreuses scènes de panique vues auparavant, personne n’y monte.

Je pourrais continuer longtemps cette liste. Je préfère m’arrêter là. Ce documentaire ne mérite que l’oubli. On se demande comment la BBC a pu produire une telle horreur, et comment France 2 a pu la diffuser. Par pitié, la prochaine fois, demandez de l’aide aux connaisseurs…

Publié dans Documentaire, Pas une grosse perte | 6 Commentaires »

Rencontre avec Senan Molony

Posté par Antoine le 4 janvier 2012

Senan Molony est un auteur irlandais très prolifique dans le domaine du Titanic : avec des dizaines d’articles sur Encyclopedia Titanica et plusieurs ouvrages à son actif, c’est un des auteurs avec qui il faut compter. Suite à la lecture de son ouvrage consacré au Mount Temple, j’ai eu l’occasion de lui poser quelques questions sur le sujet, et plus généralement sur sa passion pour notre paquebot favori. Merci à lui pour la rapidité de ses réponses, qui complètent avantageusement son ouvrage et apportent plusieurs éléments nouveaux.

 

Biblio-Titanic : Pour la plupart des chercheurs dans le domaine du Titanic, le Carpathia et le Californian sont les deux navires les plus connus et étudiés. Comment en êtes-vous arrivés à étudier le Mount Temple ?

Senan Molony : Le Mount Temple est un navire intéressant. J’en avais entendu parler il y a de nombreuses années, même durant mon enfance. En 2004, j’ai écrit un tract préliminaire, de 44 pages grand format, à propos des contradictions dans son histoire – j’entends principalement par là les arguments ridicules donnés par le capitaine lors de l’enquête américaine – et j’exprimais l’espoir que d’autre pourraient vouloir pousser plus loin l’enquête. À cette époque, j’étais très occupé avec nos jeunes enfants.

Par la suite j’ai décidé de faire le travail moi même. C’est un scandale que les allégations à propos du Mount Temple n’ont jamais été proprement étudiées à l’époque, et le livre qui a émergé de mes recherches après nombre de soucis et de dépenses a fini par être appelé Titanic Scandal.

C’est le seul livre à propos du Mount Temple, qui était le premier navire à voir le Carpathia le matin suivant pendant que la récupération des canots du Titanic était encore en cours. Je suis très satisfait, je ne vais pas dire fier, mais aussi heureux d’avoir écrit la première grande étude de cet important acteur du drame.

 

B.-T. : Combien de temps ont pris vos recherches sur le sujet ?

S.M. : Trois ou quatre ans une fois que j’ai sérieusement décidé de m’y lancer. Bien entendu, je savais déjà beaucoup de choses à propos du Mount Temple et j’avais un certain nombre de cartes postales de lui et ainsi de suite. J’ai deux photos de lui échoué sur l’île d’Ironbound en décembre 1907, et j’ai la seule image de lui à cette époque prise depuis la mer.

La chose importante en faisant des recherches pour ce livre était de trouver qui étaient tous ces gens qui faisaient des déclarations à propos du Mount Temple dans la presse en 1912. Une déclaration sous serment est inclue dans l’enquête américaine, celle d’un certain Dr Quitzrau. J’ai trouvé qui était cet homme, découvert quelle a été sa carrière par la suite, comme chirurgien carcéral réputé, et ai obtenu les premières photographies de lui. Passager dont il est attesté qu’il était sur le Mount Temple, il aurait clairement dû être appelé à témoigner. Pas seulement des passagers – j’en ai trouvé de nombreux autres, et ai obtenu leurs photographies et biographies – mais aussi des membres d’équipage ont dit que le Mount Temple était proche du Titanic et avait regardé ses fusées alors qu’il coulait. Les Américains ont fui cette histoire car ils venaient d’être abusés par un homme nommé Luis Klein, qui disait avoir été à bord du Titanic, et le Sénateur avait peur de faire une nouvelle erreur en donnant du crédit à des histoires dans la presse. La tragédie est qu’il aurait du prendre au sérieux l’histoire du Mount Temple.

Maintenant, le capitaine Moore dit qu’il n’a vu aucune fusée, et qu’aucune autre personne n’en a vu sur son navire. Mais il dit aussi qu’il était à la position erronée du SOS à 4 heures, ce qui, comme nous le savons aujourd’hui, est à 13 miles nautiques de là où le navire a vraiment coulé. Mais voilà le souci : le Carpathia tirait aussi des fusées en venant à l’aide. Le Mount Temple aurait au moins dû voir celles-ci, selon les propres arguments du capitaine Moore. Son déni d’avoir vu des fusées n’est tout simplement pas crédible. Il y a de grandes parties de son autre témoignage qui ne sont pas dignes de confiance, mais malgré cela ces contradictions flagrantes et ces déclarations impossibles qu’il a faites ont été ignorées pendant un siècle. Il suggère qu’un navire proche du sien au début de la nuit pourrait être le navire fantôme vu par le Titanic. Mais alors le sien l’aurait pu aussi ! Mais il dit avoir été à près de 50 miles de là !

Pourquoi un capitaine tromperait-il une commission d’enquête, à part pour couvrir ce qu’il ne veut pas voir éclater au grand jour, c’est-à-dire la vérité ?

 

B-T : Quand le livre a été publié, restait-il des points que vous vouliez explorer plus en détail, des choses que vous n’avez pas réussi à trouver ? Avez-vous découvert de nouvelles choses depuis ?

S. M. : J’ai dépeint un tableau complet du Mount Temple, de son capitaine, de ses officiers, de son équipage et de ses passagers, et les photographies du navire et des personnes impliquées sont là pour le prouver.

Il y a une chose importante qui est ressortie après que j’ai écrit mon livre. L’enregistrement d’une interview donnée par le capitaine Lord du Californian en 1961, sur lequel j’avais travaillé, était amputé de deux minutes. J’ai finalement trouvé l’enregistrement en entier, mais après la publication de Titanic Scandal, et il se trouve que ces minutes manquantes contenaient une information très importante à propos du Mount Temple.

Ce que l’on savait est que le capitaine Lord s’était fait dire en 1912 par un certain Willliam Baker – qui a remporté une médaille pour bravoure l’année suivante dans l’incendie du Volturno – qu’il avait été recruté pour le voyage du retour du Mount Temple depuis le Canada (où il allait durant son voyage « Titanic« ). Il était embauché en remplacement car un officier nommé Arthur Notley avait quitté le navire subitement. Des coupures de presse de 1912 disent que Notley avait attiré l’attention du capitaine du Mount Temple sur des « signaux » de détresse, entendant par là des fusées, la nuit où le Titanic a coulé. Baker déclarait que durant le voyage de retour, les officiers du Mount Temple lui avaient dit que leur navire était le « navire fantôme » vu par le Titanic. Ils se sont par la suite désolés que le capitaine Lord ait été blâmé à tort.

L’officier de remplacement, Baker, a contacté le capitaine Lord et lui a donné ces informations. L’officier Notley a ensuite rencontré le capitaine Lord à Liverpool suite à cela, et – quand on y pense – Notley n’aurait fait cela que s’il avait des informations importantes à apporter. Il a demandé à ce que ce qu’il rapportait reste secret, car il était toujours employé par la compagnie qui possédait le Mount Temple.

Maintenant, le capitaine Lord a respecté cette demande de secret, à tel point qu’il n’a pas révélé ce que lui a dit Notley lors de cette rencontre en tête à tête. De mon point de vue, Lord aurait dû obtenir de Notley la permission de faire établir un compte-rendu écrit de tout cela, qui n’aurait pu être ouvert qu’après la mort de Notley. Cela n’a pas été fait, et il n’y a donc aucune information sur ce qu’a dit Notley. Je ne pouvais rien faire d’autre dans mon livre que de demander à mes lecteurs de réfléchir à ce qui a le plus probablement pu se dire entre eux. Pourquoi demander le secret si vous dites que votre navire n’a rien vu, comme le déclare le capitaine Moore ?

Quoi qu’il en soit, pour revenir au segment manquant de la bande de 1961. Il contenait une toute petite référence à cette rencontre avec Notley ! C’est longtemps après la mort de Notley, et Lord déclare sur la cassette : « Il [Notley] a vu – ils ont vu les feux verts de leur navire, m’a t-il dit. Et son avis est que nous n’étions pas ce navire. »

L’interviewer demande alors au capitaine Lord : “Que savait-il ?” et il répond : “Il a vu ce navire là. Et il savait tout ce que faisait le Mount Temple.”

Quand Lord dit que Notley « avait vu ce navire là », il ne peut faire référence qu’au Titanic. Le paquebot de la White Star Line était toujours à flot. Cela indique vraiment que le Mount Temple était le navire fantôme… bien entendu, nous n’avons que les paroles du capitaine Lord pour l’étayer, mais il est également apparu par la suite que le seul fils de Lord a déclaré suite à la mort du capitaine Lord, un an après cet enregistrement, que son père avait cru toute sa vie que le Mount Temple était le navire fantôme du Titanic. Il savait que le sien ne l’était pas !

 

B-T : Pouvez-vous rapidement expliquer votre point de vue au sujet du « navire fantôme », et comment a t-il évolué depuis la publication de votre livre ?

S. M. : Quiconque s’intéresse au « navire fantôme » (au lieu de se précipiter sur le Californian) devrait lire le témoignage de l’officier du Titanic Joseph Boxhall, tant à Washington qu’à Londres. On lui a demandé d’entrer en contact avec lui par lampe Morse, et il l’a observé avec des jumelles. C’est le témoin numéro un. Le capitaine Smith l’a également étudié avec des jumelles, mais le capitaine du Titanic est mort.

Le Californian était arrêté cette nuit-là, mais Boxhall mentionne à plusieurs reprises un navire mystérieux en approche, en mouvement, qui s’est étonnamment arrêté, puis est parti. S’il vous plait, lisez son témoignage !

Le Californian a vu des fusées à basse altitude en direction d’un petit ou moyen navire qui était arrêté, comme lui, au bord du champ de glaces. Les officiers du Californian Stone et Groves ont tous les deux dit que le navire était « stoppé dans les glaces ». Nous savons tous que le Titanic a heurté un iceberg isolé et n’a jamais atteint le champ de glaces.

Nous parlons donc de deux paires de navires. Il y avait une paire au nord, qui est composée du Californian et de ce navire proche de lui, tous les deux près du champ de glaces. Et il y avait une autre paire 20 miles au sud – le Titanic, immobile après la collision, et un navire mystérieux qui s’approche, stoppe, et s’en va finalement. Le Californian n’a jamais bougé, de dix heures vingt à six heures du matin. Il a vu des fusées à basse altitude, mais celles du Titanic montaient haut. Donc ils étaient très distants l’un de l’autre.

Les preuves suggèrent que le navire mystère venait de l’ouest, à l’inverse de la direction vers laquelle le Titanic se dirigeait, et répondait peut-être au CQD/SOS, ce qui indique qu’il avait la radio. Le Mount Temple a entendu les appels de détresse du Titanic. Pourquoi n’a t-il pas envoyé de messages lui-même durant la nuit alors qu’il tentait de porter assistance ? Pensez à cette énigme : il a atteint la position du SOS, et n’a pourtant rien dit.

Les officiers Boxhall et Pitman suggèrent tous deux que le Titanic a stoppé en direction de l’ouest. Si c’est le cas, alors le navire mystère a très vraisemblablement stoppé car il était bloqué par le champ de glace qui s’étendait du nord au sud. Le « navire fantôme » aurait ainsi été à l’ouest du champ de glaces, tandis que le Titanic était à l’est. Le matin suivant, le Mount Temple était à l’ouest de celui-ci et le Carpathia à l’est.

 

B-T : D’un point de vue plus personnel, quand et comment avez-vous commencé à vous intéresser au Titanic ? Outre la controverse du « navire fantôme », quels sont les aspects que vous aimez le plus dans cette histoire ?

S. M. : Je m’intéresse au Titanic depuis que je suis petit garçon. Quand l’épave a été découverte en 1985, mon intérêt s’est à nouveau embrasé. J’ai alors découvert que les noms officiels des passagers irlandais qui ont embarqué à Queenstown (Cobh) pendant sa dernière escale le 11 avril 1912 étaient tous faux. J’ai publié un livre en 1999 intitulé The Irish Aboard Titanic (Les Irlandais à bord du Titanic) qui corrigeait ces noms, donnait les véritables identités et leurs histoires, et publiait de nombreuses photographies d’eux pour la première fois. Le même livre ressort pour le centenaire avec de nouvelles photographies et informations, car la première édition est maintenant très rare et extrêmement chère. Ce livre était la première de mes recherches approfondies sur l’histoire du Titanic.

Je pense que les fous du Titanic peuvent se diviser entre les « techies » et les « non-techies« . Vous connaissez les « techies« , les gens intéressés par les  dispositifs de rejet des cendres, les machines alternatives, les questions structurelles, ingénierie et les mathématiques du navire. Je serais plutôt un « non-techie« , plus une personne intéressée par les gens. Et je suis peut-être inhabituel en cela que je suis très, très intéressé par les navires qui étaient dans les environs cette nuit-là. Il est très probable, de mon point de vue, que d’autres navires ont vu les fusées du Titanic ; le Times de Londres a calculé en 1912 qu’elles auraient pu être vues dans un rayon de plus de 20 miles.

 

B-T : Avez-vous de nouveaux projets en rapport avec le Titanic ?

S. M. : Je pars toujours en même temps dans différentes directions. J’ai écrit plus de 60 articles de recherche qui sont disponibles gratuitement sur le site Encyclopedia Titanica. J’aime collecter des photographies et objets authentiques liés au Titanic.  J’ai une médaille du Carpathia, une carte Marconi de l’Atlantique nord en 1912 originale (je pense que c’est la seule hors des archives de la Marconi), des douzaines de photographies originales, une carte postale envoyée par un couple de troisième classe qui a disparu dans le naufrage, envoyée de Southampton le jour du départ, une feuille de paie pour le Titanic d’un chauffeur rescapé, et beaucoup d’autres choses. J’aime ajouter des choses à ma collection et j’espère le faire pour des dizaines d’années encore.

En ce qui concerne un quelconque projet d’écriture qui pourrait m’intéresser dans le futur, je préfère garder ça pour moi pour le moment ! Mais j’attends avec impatience la croisière du centenaire en avril 2012, durant laquelle je vais donner quelques conférences à bord. Je pense que quiconque a de l’intérêt pour le Titanic peut s’attendre à une vie de fascination. J’ai de nombreux amis français qui sont passionnés par le sujet et font des choses intéressantes. Nous ajoutons tous à une mosaïque d’informations à notre propre manière. Les gens doivent penser à partir de zéro, et ne pas avoir peur de se trouver du mauvais côté de la « sagesse conventionnelle ». Car je vous promets une chose : une grande part de ce que nous pensons « savoir » sur le Titanic est très probablement complètement faux. Après tout, jusqu’à 1985, le monde pensait qu’il avait coulé intact dans un endroit à 13 miles de là où a été trouvée l’épave. De nouvelles découvertes sont possibles. J’aimerais trouver les dépositions données par les membres d’équipage à leur retour. Très peu ont été appelés ; quelles vérités cachées résident dans ces autres dépositions ?

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The Other Side of the Night

Posté par Antoine le 27 juin 2011

The Other Side of the Night, de Daniel Allen Butler, est un de ces ouvrages dont on ne sait pas s’il est bon ou mauvais. L’avis sur le sujet varie d’ailleurs maintes fois en cours de lecture. Il est certain, dans tous les cas, que le postulat de départ de l’ouvrage est intéressant : voir ce qui s’est passé « de l’autre côté de la nuit », à bord du Carpathia et du Californian.

 

The Other Side of the Night dans In english please ! Other-Side-of-the-Night

 

Vaste sujet, que Daniel Allen Butler traite en détail, et c’est l’un des points forts de son livre. Les informations abondent sur les carrières tant des navires que des hommes qui les ont dirigé, qu’ils s’agisse des commandants, ou des officiers. Le contexte est également bien décrit et les détails et anecdotes abondent. Toujours en ce qui concerne les points positifs, le style est assez fluide et simple à lire, même pour quelqu’un qui ne lit pas bien l’anglais. Sur la forme, le livre est d’ailleurs assez joli, le texte est écrit gros, et les pages centrales proposent des illustrations. De bons points donc.

Mais l’ouvrage a aussi un gros problème de méthode historique. La polémique du Californian est ancienne, et n’en a pas fini de faire couler de l’encre. Et Daniel Allen Butler annonce dès le départ la couleur : ce sera Saint Arthur Rostron opposé à Stanley « Satan » Lord. Ce dernier est littéralement lynché par l’auteur qui tire une conclusion »psychologique » : Lord était un sociopathe. Tout juste reconnaît-il que le Californian n’aurait pu sauver personne. Cette absence d’objectivité, annoncée dès le début (combien de fois insiste t-il sur le fait que le Titanic attendait « des secours, de n’importe qui dans les environs »de façon surexagérée!), est d’autant plus visible que Butler est étonnamment objectif avec tout le monde, et en particulier J.B. Ismay, le bouc émissaire officiel de la catastrophe. En perdant en objectivité, Butler fait perdre à son livre beaucoup de sa qualité.

Une précieuse source d’informations, donc, à condition de la lire avec beaucoup de recul.

Daniel Allen Butler, The Other Side of the Night, Casemate Publishers, 2009, ISBN 1935149024

Les plus

  • Un sujet original et traité en détail
  • Facile et agréable à lire
  • Le livre en lui même est bien fait

Les moins

 

  • Un manque total d’objectivité
  • Le récit est parfois décousu, puisque le naufrage du Titanic est revécu plusieurs fois selon les chapitres et points de vue

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