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Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal

Posté par Antoine le 22 avril 2012

Il y a des livres qui font école dans leur domaine, et qui restent longtemps une référence. Des livres qui font état de l’étendue des connaissances sur un sujet à un instant T. Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal est de ceux-ci. Véritable Bible du Titanic, le livre compte pas moins de onze auteurs, le gratin des chercheurs spécialistes du sujet, sous la houlette de Samuel Halpern. Mark Chirnside, George Behe, Bruce Beveridge, Steve Hall, Tad Fitch, Bill Wormstedt, Dave Gittins, Cathy Akers-Jordan, Lester J. Mitcham et le capitaine Charles Weeks ont ainsi contribué à cet ouvrage à l’objectif simple : faire le bilan des connaissances sur le naufrage 100 ans après le drame. Et le résultat est réussi.

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Comme en témoigne le site créé pour l’occasion, le livre est exhaustif. On nous présente les enquêtes, sommairement, avec un but avoué : refaire l’enquête 100 ans après en cherchant à répondre à un certain nombre de questions. Depuis les commissions de l’époque, notre connaissance s’est étoffée avec notamment la découverte de l’épave, et cette mise à jour est nécessaire. On le comprend vite, ce livre ne vous donnera pas d’information sur les passagers. Astor, Hays, Guggenheim et autres ne sont que les figurants du drame raconté ici, le livre se centrant sur le pourquoi et le comment plus que sur le qui. Tous les aspects nécessaires à la compréhension des circonstances du drame sont évoqués : structure du navire (avec un chapitre condensé du superbe Titanic, the Ship Magnificent par ses auteurs), route suivie durant la traversée, mesures prises pour éviter les glaces, étendue des dégâts suite à la collision… On en découvre également plus sur la probable propagation de l’eau, sur le chargement des canots et ainsi de suite. De même, les polémiques du Californian et du Mount Temple sont évoquées, et les conclusions sont particulièrement mesurées.

Dans l’ensemble, la grande qualité de ce livre réside dans le nombre d’auteurs. Le but avoué de la méthode est de permettre aux uns et aux autres de corriger mutuellement leurs lacunes, de fournir un ensemble moins partial que s’il était le fruit d’un seul. La synthèse est ainsi claire, précise, et innovante. Les conclusions auxquelles parvient l’ouvrage sont assez claires et ont l’avantage de ne pas sombrer dans le réquisitoire partial que tiennent certains auteurs. Les annexes sont également une mine d’informations inépuisable avec des listes de passagers et de l’équipage, mais aussi une clarification des chronologies en détaillant les questions de changements d’heure. Enfin, une annexe est particulièrement intéressante, celle qui concerne la « question des grilles verrouillées » dont les conclusions déstabiliseront les tenants du manichéisme Cameronien. Par ailleurs, l’ouvrage fait un gros travail de référencement de l’information avec un grand nombre de notes renvoyant aux témoignages originaux.

Le tout n’est pas exempt de défauts, cependant. Assez technique, l’ouvrage est parfois difficile à aborder pour le lecteur lambda qui sautera facilement certains passages. Ce n’est clairement pas le genre d’ouvrage que l’on peut lire dans un état de fatigue avancée ! Plus encore, les schémas de Sam Halpern sont assez effrayants, manquent de clareté et tendent presque à complexifier les choses. Ce serait le point à reprendre en cas de réédition. A Centennial Reappraisal reste un ouvrage de référence pour tous les amateurs du Titanic, et une pièce nécessaire dans toute bibliothèque.

Samuel Halpern (dir.), Report Into The Loss of SS Titanic, A Centennial Reappraisal, The History Press, 2011

 

Les plus

  • Une somme d’information inégalée sur l’histoire du navire et son naufrage. Une véritable Bible d’un point de vue historique.
  • Rédigé par l’élite des chercheurs anglophones sur le sujet
  • De nombreuses explications sur multiples points et des annexes passionnantes

 

Les moins

  • Parfois complexe à lire. Ce livre n’est pas destiné au grand public.
  • Les schémas de Sam Halpern sont assez décevants.

Publié dans Coup de coeur, In english please !, Livre spécialisé | Pas de Commentaires »

George Behe’s Titanic Tidbits

Posté par Antoine le 20 mars 2012

Beaucoup d’auteurs anglophones font le choix d’arborer un site à leur nom, ce qui se révèle souvent très utile. Certains, certes, se contentent de faire leur propre promotion sans offrir de véritable contenu, mais il s’agit de la grande minorité. La plupart, s’ils détaillent leur œuvre, nous offrent également quelques articles de recherche inédite et autres précieuses informations. Le site de George Behe est un de ceux-ci.

Site de George Behe

George Behe est un auteur américain très prolifique sur le Titanic, depuis de nombreuses années. Il est notamment au nombre des auteurs de Report into the loss of SS. Titanic, A Centennial Reappraisal dont il sera bientôt question dans ces pages, mais publie également une biographie en trois volumes d’Archibald Butt, aide de camp du président Taft mort dans le naufrage. Il publie également à l’occasion du centenaire deux autres ouvrages : On Board RMS Titanic et The Carpathia and the Titanic, deux livres consacrés au naufrage. Il publie également régulièrement dans la revue de la Titanic Historical Society, The Titanic Commutator.

On le comprend, c’est donc un auteur de qualité qui nous propose ici de goûter à des extraits de son travail. La thématique de son site est assez vaste puisque les 15 articles qu’il présente évoquent des sujets assez divers. Tous ont en commun d’être des points précis, et souvent méconnus (ou que l’histoire a retenu de façon erronée) de l’histoire. Plusieurs se penchent sur la controverse du Californian, essayant, comme de nombreux autres sites, d’ailleurs, de démêler cette histoire fort embrouillée. Il revient notamment sur les positons tenues par Leslie Harrison, un des grands défenseurs du capitaine Stanley Lord. Dans le même ordre d’idées, il reprend un certain nombre d’erreurs commises par le site de la ville natale de l’officier William Murdoch dans sa démonstration pour prouver que l’officier ne s’est pas suicidé.

Mais les points les plus intéressants sont ceux qui cassent un certain nombre d’idées reçues, en étudiant notamment la façon dont le Titanic a gagné sa réputation d’insubmersibilité, ou encore en se penchant sur la question de la mort de Jack Phillips. Le véritable « morceau de bravoure » de ce site est cependant l’article « The Two Deaths of John Jacob Astor » qui démolit méthodiquement et de façon indéniable l’idée, pourtant bien ancré, que le célèbre milliardaire serait mort écrasé par la chute d’une cheminée. Une véritable leçon de recherche historique, que tout passionné du Titanic devrait lire, ne serait-ce que pour retenir cette méthodologie : toujours chercher d’où viennent les faits.

Le seul reproche que l’on pourrait faire à ce site soit son habillage pour le moins sobre, qui n’appelle pas forcément à la lecture. Un peu plus d’images et de liens hypertextes pour dynamiser tout ça n’auraient pas été de trop. Mais cela n’entache en rien le contenu ; c’est le principal !

 

Les plus

  • Des articles originaux et fouillés.
  • Une rédaction claire et des arguments bien exposés ; parfois de véritables leçons d’historiographie.

 

Les moins

  • La mise en page assez sobre.
  • Assez peu de mises à jour malheureusement

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Index

Posté par Antoine le 25 janvier 2012

Cette page recense toutes les critiques faites sur Biblio-Titanic, pour vous permettre de retrouver un ouvrage particulier.

Livres

 

Sites internet

 

Films

 

Documentaires

 

CD-ROM/Jeux-vidéo/disques

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Rencontre avec Clément d’Esparbès

Posté par Antoine le 24 octobre 2011

Clément d’Esparbès est le créateur du superbe Titanic en 3D connu sous le nom de Titanic Walkthrough Project, travail de fort longue haleine et de très bonne qualité que je suis depuis plus d’un an. Son site et son travail feront bientôt l’objet d’une critique séparée. À l’occasion d’une grande mise à jour de son site hier soir, j’ai eu l’occasion de poser à Clément un certain nombre de questions sur son travail et sa relation avec le Titanic. Je le remercie ici encore de ses réponses.

Rencontre avec Clément d'Esparbès dans Rencontre avec... 22

Biblio-Titanic : Pour commencer, quelques questions sur ton travail. Comment t’es venue l’idée d’un Titanic en 3D ? Est-ce le fait de pratiquer la 3D avant qui t’a donné cette envie, ou au contraire l’envie de recréer le paquebot qui t’a poussé à apprendre la technique ?

Clément d’Esparbès : J’ai toujours rêvé de pouvoir parcourir les ponts du Titanic, de pouvoir aller ou bon me semble sur le paquebot, mais c’est hélas impossible à faire dans la réalité. La 3D permet de pouvoir réaliser en partie ce rêve, même si, qu’on le veuille ou non, on sera toujours très loin du ressenti que pouvait procurer le vrai paquebot.

L’idée d’une reproduction en 3D m’est d’abord venue en voyant des plans du paquebot. Je me suis demandé ; pourquoi ne pas donner une troisième dimension à ces plans ? De là est venu un premier modèle assez grossier du Grand escalier de première classe qui s’est étoffé au fil du temps. Tout s’est ensuite construit autour petit à petit.

J’avais déjà quelques bases en 3D à cette époque puisque j’avais fabriqué quelques objets pour un programme de type MMORPG en « beta-test ». Programme qui ne s’est jamais concrétisé finalement. Ensuite, le Titanic m’a permis de progresser petit à petit, même s’il me reste encore beaucoup à apprendre aujourd’hui.

 

B-T :  L’étendue de ce que tu as déjà accompli est assez énorme. Quand as tu commencé ton travail, et globalement, combien de temps te faut il pour créer une pièce ? Dans le cas des cabines, réutilises tu les mêmes ou changes-tu des choses mêmes lorsqu’elles sont « standard » ?

C. d’E. : Mon premier modèle pour le Titanic remonte à Novembre 2008, c’était la première volée du grand escalier au pont A.

Au niveau du temps, des pièces comme le fumoir de première classe ou le salon prennent une quarantaine d’heures de travail en accumulé, avec les diverses modifications qui s’en suivent au fur et à mesures de nouvelles découvertes ou des apports d’informations.

Certaines cabines se ressemblent beaucoup, même si elles ne sont pas toujours homogènes au niveau des dimensions, cela étant essentiellement dû à la forme du navire. Il y a par conséquent plusieurs dimensions de lit et de garde-robes, mais le style se répétant, le travail en est grandement accéléré sur un bloc de cabines donné. Concernant les suites de styles différents, c’est une toute autre histoire !

 

B-T :  Si tu devais citer une pièce emblématique du paquebot dont la modélisation t’a marquée (que ce soit pour sa difficulté ou pour toute autre raison), ce serait… ?

C. d’E. :  La salle froide des bains Turcs (appelée cooling room en Anglais), très axée sur le « texture working« , m’a particulièrement marqué. C’est a mon sens, la pièce qui a vraiment tout changé dans ma façon de reproduire le Titanic. J’y ai fait beaucoup de progrès dans la manipulation et la conception des textures en particulier, et appris de nouvelles techniques lors de sa réalisation. Ce fut très intéressant.

 

B-T :  Quelles sont tes principales sources d’information pour ce travail ? Des gens t’aident-ils ?

C. d’E :  Je me documente surtout à partir de livres récents (en particulier Titanic – The Ship Magnificent de Bruce Beveridge et son équipe), et également pas mal sur les forums comme TRMA (Titanic Research and Modeling Association [NdR]), Encyclopedia Titanica… etc. J’évite en revanche de me référer aux décors du film de James Cameron qui sont certes très beaux mais pas tant fidèles que ça à la réalité (la recherche à beaucoup évolué depuis 1997, donc ça ressort de plus en plus).

J’ai également reçu toutes sortes d’aides jusqu’ici… D’abord au niveau de la conception directement, Nicolas Murgia ayant par exemple réalisé la carte illuminée du Gymnase, la texture bleue des fauteuils du grand escalier et la tapisserie d’Aubusson de la suite C55. Un grand merci à lui pour son travail.
Au niveau du conseil technique, je suis rentré en relation avec Parks Stephenson lors de la réalisation des bains turcs. Depuis peu, Daniel Klistorner m’aide également concernant les suites.

Je reçois également beaucoup de conseils et de suggestions de la part des visiteurs, chacun ayant des connaissances qui leurs sont propres. Je dois donc rassembler toutes ces informations et en faire une synthèse en vue d’améliorations futures. Je souhaitais d’ailleurs dire un grand merci à toutes ces personnes pour les différents feedback, sachez que je suis toujours preneur de conseil ou de critiques, c’est toujours le meilleur moyen de progresser. Quand je passe plusieurs heures sur un modèle en 3D ou une texture, je peut aisément passer à côté de grosses erreurs que je n’aurait même pas remarqué.

 

B-T :  Y’a t-il des moments où tu dois « combler les blancs » avec ton imagination ? Des pièces peu connues, des tableaux… Et comment procèdes-tu dans ce cas là ?

C. d’E. : Hélas, oui, il y aura toujours une part d’incertitude, même si de plus en plus d’informations sont révélées au grand jour depuis quelques années.

Dans le cas où j’ai une incertitude, j’essaie de me mettre à la place du concepteur du navire : qu’est-ce que j’aurais mis à sa place, sachant qu’il faut respecter un style donné, ou telle ou telle contrainte ?

Il y a des choses qu’on ne saura jamais, hélas. Par exemple les tableaux qui ornaient le grand escalier étaient des pièces uniques qu’il n’y avait pas même sur le jumeau du Titanic, l’Olympic. Ces pièces ont été détruites à jamais dans l’océan, et on ne saura certainement jamais ce qu’elles représentaient.

 

B-T :  Quelle pièce as tu hâte de faire ? Et au contraire laquelle t’effraie (par défi technique, ou juste parce qu’elle ne t’intéresse vraiment pas) ?

C. d’E. :  J’ai hâte d’attaquer les salles publiques de seconde et troisième classe parce qu’elles n’ont été que très peu reproduites en 3D jusqu’ici. Naturellement, beaucoup de réalisations que l’on peut voir sur le web représentent des pièces de première classe, mais je suis persuadé que ces autres salles peuvent amener à un défi d’autant plus intéressant à relever qu’elles sont à mon gout trop souvent oubliées.

Plutôt assez effrayé par l’extérieur, non pas parce que cette partie ne m’intéresse pas, mais parce que je sais pertinemment que je vais vouloir m’entêter à vouloir placer le moindre rivet et que ça va me prendre un temps fou ^^ !

 

B-T :  Quelle est la prochaine pièce sur la liste ? Tiphaine, une habituée du blog, demande par ailleurs quand viendront les quartiers des officiers !

C. d’E. :  Actuellement on travaille sur la suite qu’occupaient Ida et Isidor Straus : C55, viendront ensuite les corridors du pont B, les célèbres suites de Joseph Bruce Ismay et Charlotte Drake Cardeza, avec leur promenade privée.
Ensuite, je ne sait pas encore, pourquoi pas le quartier des officiers, pour faire plaisir à Tiphaine ? ^^ Il y aura bien évidemment possibilité de se mettre à la place du quartier-maitre à la barre du navire, j’en fais la promesse ! ^^

 

B-T :  D’un point de vue plus centré sur le Titanic maintenant : comment as tu découvert ce paquebot ?

C. d’E. :  Quand j’étais petit, j’avais un CD-ROM interactif qui racontait l’histoire du Titanic, de la naissance de l’idée entre Ismay et Pirrie à la découverte de l’épave. J’adorais ce truc, j’y passait des heures dessus à revoir en boucle toute les séquences.
J’étais déjà passionné. Ensuite est venu l’incontournable film, évidemment, qui a ravivé la flamme, et un jeu magnifique aussi : Titanic : une aventure hors du temps, auquel je porte une mention spéciale. Pour un jeu de 1996, quelle prouesse technique ! Et une super intrigue en plus, comme quoi on peut très bien marier les plaisirs de visiter le Titanic et la résolution d’énigmes ! (Une critique de ce jeu a été faite sur ce blog [NdR])

 

B-T : T’intéresses tu aussi à son histoire, ou te centres tu totalement sur sa structure et son apparence elle même ?

C. d’E. :  Ce paquebot avait une prestance inégalable à n’en point douter, il était vraiment majestueux. Les paquebots de l’époque en général avaient, à mon sens, beaucoup plus de charisme que les paquebots actuels, aussi gros qu’ils soient.

Mais je pense que si le Titanic est si célèbre, c’est surtout grâce, ou plutôt à cause de son histoire! Je ne suis pas un grand connaisseur au point de connaitre par cœur le nom de tous les passagers, loin de là, mais je m’intéresse beaucoup à la vie qu’il pouvait bien y avoir à bord, la façon dont les gens pouvaient bien vivre durant leur voyage, leurs occupations.

Concernant le naufrage, j’ai lu les rapports des enquêtes U.S et Britanniques, c’est très intéressant de voir comment cet évènement tragique à bien pu être vécu selon que la personne était un soutier, un officier, ou un passager…

 

B-T :  Y’a-t-il un livre qui t’a particulièrement marqué ?

C. d’E. :  Le livre The loss of S.S Titanic m’a beaucoup marqué. Lawrence Beesley, l’auteur, était passager de seconde classe, il y qui raconte son expérience à bord du Titanic. C’est un livre qui est pas mal basé sur le ressenti, et est de ce fait extrêmement prenant et plein d’authenticité.

A ce propos, je n’ai toujours pas lu le livre de Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus. Il va falloir que je corrige cette bévue au plus vite… En plus on ne m’en a dit que du bien =)

 

B-T :  Et pour finir l’habituelle question troll : Murdoch s’est-il suicidé ? (Attention, la rédaction décline toute responsabilité vis à vis des réactions possibles de son fan club)

C. d’E. :  Personnellement, je ne pense pas, mais je vais éviter d’entrer dans les tentatives de justification, parce que j’en ai pas justement !

Alors là, pour le coup, je sais pas si je me suis fait plus d’amis que d’ennemis ^^
On le verra bien vite en même temps ^^

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The Loss of S.S. Titanic

Posté par Antoine le 4 septembre 2011

The Loss of S.S. Titanic est un ouvrage particulier, puisqu’il s’agit d’un de ceux qui ont été écrits par un des acteurs du drame. Impossible, donc, de le critiquer de la même façon qu’un ouvrage d’auteur en citant ses points forts et faibles. Il en a, bien entendu, mais en tant que source primaire, on ne peut pas le juger sur les mêmes points qu’un ouvrage écrit avec du recul. Ce genre d’ouvrage est un moyen incontestable de comprendre ce qu’on vécu les gens à bord du Titanic, même s’il faut garder à l’esprit que leurs souvenirs sont parfois erronés.

The Loss of S.S. Titanic dans Coup de coeur best+cover+loss+of+ss+titanic

The Loss of S.S. Titanic (que l’on pourrait traduire par Le naufrage du Titanic) a été écrit en 1912 par Lawrence Beesley. Son témoignage est particulièrement intéressant dans la mesure où il est l’un des rares hommes de 2e classe à avoir survécu au naufrage. Au départ réticent, il a finalement écrit son récit pour mettre fin aux rumeurs qui circulaient dans la presse sur le déroulement du naufrage. Dès le départ, son but est clair : écrire par devoir de mémoire. Ce thème est une constante du livre, Beesley appelant à de nombreuses reprises à ne jamais oublier l’horreur du Titanic pour qu’elle ne se reproduise plus. Ce mot d’ordre n’a, cent ans plus tard, rien perdu de son actualité.

Beesley, professeur de sciences, rapporte les événements avec une précision impressionnante, se souvenant d’idées qui lui sont venues, de tableaux précis qu’il dresse parfois d’après ses souvenirs. Il a en effet une forte tendance à partir dans des comparaisons très élaborées, ou de longues parenthèses qui, si elles rendent son raisonnement parfois dur à suivre, sont en revanche particulièrement intéressantes.

Il a également cherché à faire appel à d’autres témoins pour compléter ce qu’il n’a pas vu. Ceci donne un récit assez complet pour son époque. Bien entendu, il n’en faut pas moins le lire avec le recul d’aujourd’hui. Certains faits n’ont par exemple pu être établis qu’après la découverte de l’épave, comme la théorie de la cassure du navire. Mais de façon générale ; ce livre est une description de l’intérieur du naufrage, qui lui donne une valeur inestimable. Tout passionné du Titanic qui se respecte se devrait de le lire ; et ça tombe bien, il vous attend gratis ici !

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Un film, une histoire : Titanic

Posté par Antoine le 21 août 2011

Diffusé hier sur France 5, l’épisode de la série de documentaires Un film, une histoire consacré au film Titanic de James Cameron pouvait faire saliver : beaucoup de choses pouvaient être détaillées dans une comparaison fiction/vérité, le documentaire aurait pu se pencher sur les inspirations de Cameron pour tel ou tel personnage fictif, sur ses prises de position, bonnes ou mauvaises et ainsi de suite. Malheureusement, il n’en est rien tant les points comparés sont anecdotiques. Au final, le film de Cameron sert de prétexte à un énième documentaire assez bateau sur le Titanic, et loin d’être exempt de reproches.

Un film, une histoire : Titanic dans Documentaire Titanic

Le documentaire part pourtant de bons sentiments et prend même la peine de se fonder sur le récit de Lawrence Beesley, The Loss of S.S. Titanic. Il est aussi fait appel à un « historien » du Titanic, qui se révèle cependant être inconnu dans le « milieu ». Sa présence est finalement un point négatif, puisque sous couvert d’expertise, le bonhomme déblatère un certain nombre d’énormités qu’aucun autre historien ne contre : un documentaire sérieux aurait cherché à recouper les points de vue. Pas celui-ci.

Des expériences sont également menées pour déterminer si plusieurs points du film correspondent à la réalité. La première cherche à évaluer le temps mis par le Titanic pour tourner, et éviter l’iceberg. Problème ? Le « navire virtuel » qui sert à l’expérience semble assez éloigné des proportions du navire original. Comment recréer une expérience qui se veut précise, si toutes les conditions ne sont pas remplies ? Et au passage, savent-il qu’en 1912, le test avait déjà été effectué sur l’Olympic pour déterminer ce même laps de temps ? Les conditions étaient, pour le coup, beaucoup plus proches, mais il faut dire que « le premier Titanic virtuel au monde » est beaucoup plus télégénique qu’une expérience centenaire. Au final, Un film, une histoire souffre de la même tare génétique que La Minute de vérité : il faut faire du vendeur quitte à biaiser les faits ou se moquer du téléspectateur. Au demeurant, les deux documentaires partagent le même hideux Titanic en 3D mal fichu.

E.J. Smith

« Tiens, cette fois c’est moi qui prends tout… »

 

Et puis il y a les jugements à l’emporte pièce de notre « historien » sur le commandant Smith ; particulièrement surprenants. Dans un documentaire sur le film de Cameron, on se serait attendu à ce que le cas d’Ismay soit évoqué, en bien ou en mal (vraisemblablement en mal pour l’audimat).  Eh bien son nom n’est pas cité une seule fois ; Smith lui sert de bouclier. Trop vieux, trop incompétent ; le commandant qui enchaînait les accidents… L’historien autoproclamé oublie de préciser que les accidents (ou plutôt, dans ce cas précis, incidents) de ce type étaient courants sur les gros navires, et oublie également de citer tous les marins qui encensent le capitaine du Titanic. Et puis on l’accuse aussi d’être allé trop vite : La Palisse revient en effet au galop pour nous expliquer que s’il était allé plus lentement, le Titanic n’aurait pas heurté l’iceberg mais serait arrivé en retard. Cela, tout le monde le sait depuis 1912 ; mais on sait aussi qu’aller vite dans ces circonstances revenait à appliquer la procédure habituelle, que le Titanic a justement fait changer. Enfin, il est également responsable de ne pas avoir essayé de surcharger les canots. La logique même : un bateau coule, risquons toutes les vies plutôt que de tout faire pour en sauver certaines. Tout ça part très mal.

 

Rose et Jack sur la planche

Y’a pas à dire, y’avait de la place pour deux sur cette foutue planche !

 

Il y a aussi du moins discutable : le film tente d’analyser l’origine du personnage de Rose. Si les créateurs avaient fait des recherches assez rapides, ils auraient pu constater que Cameron avait déclaré s’être inspiré de femmes de la haute société comme Emily Ryerson ou Helen Churchill Candee. Ils ont préféré se contenter de chercher le nom le plus proche dans la liste des passagers. Et donc de trouver une certaine Rosa Abott, dont Cameron n’a jamais dit mot, et qui n’a que le prénom vaguement en commun avec l’héroïne. Soit. Cela permet au moins de faire un portrait décent de cette personne. De même on tente par de grandes expériences scientifiques de tester la résistance à l’eau, dont on déduit que la femme résiste mieux au froid que l’homme grâce à sa graisse (cela explique d’ailleurs que les rescapés ayant longtemps séjourné dans l’eau soient… des hommes ; merci pour l’explication) et, plus intéressant, que nager accélérait la mort. Certes ; mais cette expérience devait à l’origine chercher à savoir pourquoi Jack était mort et non Rose. Au lieu d’invoquer les questions de graisse, ils auraient pu remarquer que ladite Rose état sur une planche, et pas Jack. Passons : l’expérience apporte au moins un résultat intéressant même si son point de départ est franchement tiré par les cheveux.

media--image-348649-article-ajust_300 dans Pas une grosse perte

Le point de vue du documentaire est parfois un peu tiré par les cheveux…

 

Il y a enfin ce qui est de l’ordre du pas mal, voir très bon. Tout d’abord, on ne nous sert pas l’éternel « pas assez de canots par pure audace », et les réalisateurs ont pris le soin d’expliquer qu’à l’époque, le public ne donnait pas aux canots le même rôle qu’aujourd’hui. De même, alors que l’on analyse le mystère du Californian, Stanley Lord n’est pas immédiatement accusé comme l’aurait fait un documentaire bateau : les auteurs expliquent même qu’il n’aurait de toute façon pas pu aider. Ils expliquent enfin que le navire semblait être plus près du Titanic à cause d’un phénomène de super-réfraction : ce dernier point est particulièrement surprenant et n’a jamais été évoqué : affaire à suivre pour voir si c’est potentiellement vrai, ou du pipeau.

Le documentaire souffre donc finalement de certains partis pris totalement grotesques, qui plombent d’autres parties nettement meilleures. L’historien auquel ils ont fait appel est un sombre incompétent qui se permet de nous expliquer que le Titanic a coulé sans emporter d’objets de valeurs avec lui comme le Coeur de l’Océan du film. C’est d’ailleurs pour cela que la liste des bijoux perdus que Charlotte Drake Cardeza a envoyé à sa compagnie d’assurance s’étalait sur trois pages. On le voit donc, quand le bon côtoie les énormités, il perd en crédibilité. C’est ici le problème de ce programme, que je ne conseillerais à personne à cause de cela : sans un minimum d’esprit critique, et donc de connaissance de sujet, on apprend autant de faux que de vrai ici.

bijoux

« Des objets de valeur sur le Titanic ? Non, jamais vu… »

 

J’attends donc venir les bonnes âmes me dire que « c’est facile de critiquer ; mais je ferais pas mieux » : essayer de faire mieux, je ne demande que ça si on me donnait les moyens. Quant à ceux qui diront que « au moins le Titanic a été mentionné sur une grande chaîne », je répondrai que si c’est pour apprendre aux gens des bêtises, c’est plutôt un mal. D’autant que de vrais documentaires de qualité ont été réalisés ces derniers temps, comme Birth of a Legend etc. Comme quoi c’est aussi possible de faire du bon sur le sujet.

 

Les plus

  • Des efforts de recherche ont été faits, comme le recours au livre de Beesley.
  • Certaines expériences apportent des faits intéressants.
  • Dans l’ensemble, le documentaire réussit à prendre des positions autres que les lieux-communs généralement balancés

Les moins

  • Gros problème d’organisation : le film ne sert que de prétexte vite oublié, et on saute d’une idée à une autre sans véritable fil conducteur.
  • Il y a tant d’historiens compétents sur le sujet… pourquoi avoir sorti ce sombre inconnu qui ne semble pas y connaître grand chose ?
  • Encore et toujours un documentaire réalisé avant tout pour l’audimat, quitte à passer par la trappe la vérité pour du plus « commercial ». Pourtant, certains ont bien réussi à faire du docu intéressant et véritable. Pourquoi pas eux ?

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Rencontre avec Mark Chirnside

Posté par Antoine le 31 juillet 2011

Dans la série des rencontres avec des auteurs titanicophiles, j’ai eu la chance d’obtenir de Mark Chirnside (The Olympic Class Ships) qu’il réponde à quelques questions au sujet de ses livres et de sa passion.Voici donc ses réponses. L’interview devrait prochainement être disponible en version anglaise originale sur son site, Mark Chirnside’s Reception Room.

 

Biblio-Titanic : J’ai lu l’édition 2006 de votre livre sur les paquebots de classe Olympic. Outre les nouvelles images et la section en couleur, quels sont les principaux changements ? Y a t-il eu de grandes découvertes entre la première édition et celle de 2011 ? Avez vous changé d’avis concernant certains points de l’histoire du paquebot ?

Mark Chirnside :  L’édition originale, publiée en 2004 et réimprimée en 2005 et 2006 comportait 352 pages. Cette nouvelle édition comporte 32 pages supplémentaires et une section en couleurs de 16 pages, pour un total de 400 pages. Elle est ainsi nettement plus grande.

Tout comme la nouvelle section en couleurs et le texte supplémentaire au sujet des expéditions récentes sur les deux épaves, le texte en général a été amélioré et un grand nombre d’erreurs mineures ont été corrigées. Quelques appendices ont été ajoutés, dont un examinant le Germanic/Homeric, dont on a dit qu’il devait remplacer le Titanic, mais qui devait en réalité servir sur la ligne de Liverpool, et un autre expliquant en détail comment les nouveaux navires ont été financés. Contrairement à une croyance répandue, la White Star Line a rassemblé le capital par elle même,sans assistance directe de J. P. Morgan. L’index a été amélioré, et il y a des ajouts comme une note explicative qui souligne les raisons derrière un certain nombre de changements spécifiques que j’ai faits.

En général, mon point de vue est resté le même, mais dans certains cas, j’ai mis à jour le livre pour refléter des faits dont je n’étais pas au courant quand le livre original a été écrit (2001-02).

 

Biblio-Titanic : Vous avez commencé à écrire des livres d’histoire vers vos 20 ans. Comment cela vous est-il venu ? Avez vous réussi à le relier à vos études et cela a t-il été difficile de le publier ?

Mark Chirnside : J’avais 19 ans lorsque la première édition a été publiée. Je pense que j’ai eu de la chance de trouver un éditeur qui a reconnu que mon travail contenait de nouveaux éléments et était une contribution originale au sujet. J’ai travaillé très dur, mais j’ai pu le combiner à mes études et à une vie sociale active.

 

Biblio-Titanic : L’Olympic, le Titanic et le Britannic sont en bien des points liés, mais ont des histoires très différentes. Et-ce que lune d’elles vous intéresse plus que les deux autres ?

Mark Chirnside : Je les trouve tous les trois intéressants, mais je me centre plus sur l’Olympic et le Britannic.

 

Biblio-Titanic : Y a t-il encore quelque chose à découvrir au sujet des paquebots de classe Olympic ? Quels points voudriez vous encore approfondir ?

Mark Chirnside : Il y a toujours quelque chose de plus à apprendre quel que soit le sujet. Quand on trouve une nouvelle information, cela peut mener à une découverte sur quelque chose d’autre qu’on n’avait jamais envisagé auparavant. De même, si une information inexacte est largement diffusée, il est important de continuer à la corriger, même si ça peut être un procédé lent et frustrant.

Pendant 95 ans, à partir du moment où l’Olympic a terminé son voyage inaugural jusqu’à l’été 2006, on considérait qu’il lui avait fallu 5 jours, 16 heures et 42 minutes,  à une moyenne de 21,17 noeuds, entre Daunt’s Rock (après avoir quitté Queenstown) et le bateau feu du chenal d’Ambrose (en arrivant à New York). Cependant, quand Sam Halpern et moi avons fouillé toutes les preuves disponibles concernant son départ, sa vitesse, et ses heures d’arrivée, il est devenu clair qu’une erreur de 100 minutes s’était glissée dans les calculs. Au lieu de ça, elle avait mis 5 jours, 15 heures et 2 minutes et avoisiné les 21,43 noeuds. Les gens pourront penser que le problème est mineur et ça l’est, peut-être :mais si nous voulons faire l’effort de consigner toutes les performances de l’Olympic pour des besoins historiques, alors nous devons le faire correctement. Même quatre ans après que nous avons publié notre recherche sous le titre Maiden Voyages Mysteries (les mystères du voyage inaugural [NdT]), dans le journal Voyage de la Titanic Historical Society et en ligne sur Encyclopedia Titanica (lisible ici [NdT]), le temps incorrect est encore largement utilisé. En utilisant la durée correcte, on sait que sa vitesse moyenne et sa consommation de charbon étaient légèrement supérieure, ce qui a une influence sur d’autres domaines de recherche, comme la performance du Titanic lors de son voyage inaugural comparée à l’Olympic, et la consommation de charbon du Titanic.

Dans les années passées, j’ai découvert des détails sur les voyages d’Arthur Conan Doyle à bord de l’Olympic et une description intéressante qu’il a faite du navire ; la même chose est vraie avec J. B. Priestley, qui a écrit la célèbre pièce Un inspecteur vous demande, qui se déroule en 1912 et faisant référence à l’insubmersible Titanic. J’espère continuer à trouver des récits de passagers qui ont voyagé à bord de l’Olympic durant sa carrière, tout comme ceux qui étaient à bord durant la guerre.

Nous avons une assez bonne idée de la façon dont la conception des trois navires a évolué, dont les expériences de arland & Wolff avec d’autres navires comme l’Oceanic et l’Adriatic, mais c’est quelque chose qui m’intéresse et je vais continuer à chercher dans ce secteur. Je suis intéressé par beaucoup d’aspects de leur histoire, et je vais essayer de tous les explorer.

 

Biblio-Titanic : Sur une note plus personnelle, comment et quand avez vous commencé à vous intéresser à l’histoire de la classe Olympic ?

Mark Chirnside : J’ai lu le livre pour enfants L’Exploration du Titanic quand j’avais neuf ans, puis j’ai vu A Night to Remember (1958) et Titanic (1997). Mon intérêt pour le Titanic a ensuite débordé sur l’Olympic et le Britannic, dont j’ai fait le centre de mes recherches.

 

Biblio-Titanic : Avez vous une idée du sujet de votre prochain livre ? Vous avez déjà écrit sur l’Aquitania et le Majestic : quelle autre paquebot aimeriez vous étudier ?

Mark Chirnside : Olympic Titanic Britannic: An Illustrated History (Olympic, Titanic, Britannic : une histoire illustrée [NdT]) doit sortir au tout début 2012, donc je vais être occupé cette fin d’année à travailler avec les maquettes du livre et à relire le résultat final. Ce serait aussi agréable d’y aller un peu plus lentement en ce qui concerne mon travail d’écrivain. Toutefois, je prévois des opportunités pour fouiller des navires comme les ‘Big Four’ (Celtic, Cedric, Baltic et Adriatic) et de continuer à examiner certains aspects en particulier des navires de classe Olympic et de leur histoire. Une édition révisée de mon livre sur l’Olympic serait aussi une bonne chose : il est maintenant épuisé et certaines copies d’occasion se sont déjà vendues à plus de 100£ !

 

Biblio-Titanic : Pour finir, la « question troll » : quelle est votre position concernant la polémique tristement célèbre du Californian ?

Mark Chirnside : J’allais dire « no comment », mais ce serait trop facile ! Je souscris aux positions exprimées dans le livre à venir Report into the Loss of the SS Titanic: A Centennial Reappraisal (History Press, 2011)(Rapport sur le naufrage du SS Titanic : une réouverture centenaire [NdT]). C’est une entreprise collaborative menée par Sam Halpern, impliquant un grand nombre de chercheurs, à laquelle j’ai apporté une petite contribution. Le livre devrait être disponible avant la fin de l’année.

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