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The Olympic Class Ships : Olympic, Titanic, Britannic

Posté par Antoine le 11 juin 2011

Dans la série des livres essentiels, celui-ci occupe à mon avis une bonne place. The Olympic Class Ships, par Mark Chirnside, tente de proposer une histoire précise des trois géants de classe Olympic. Il y parvient, et plus encore.

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Des trois paquebots, le Titanic est inévitablement le plus connu.  L’histoire de ses deux jumeaux, l’Olympic et le Britannic, n’en est pas moins touffue et intéressante, comme le prouve Chirnside avec son ouvrage. Les trois chapitres centraux sont en effet consacrés à chacun des navires, en accordant en moyenne 80 pages à chacun.  Et ces pages sont bien remplies : le naufrage du Titanic et sa traversée sont racontés en détail, de même que les carrières des deux autres navires, sans parler des nombreuses descriptions. La quantité d’informations données est énorme. S’y ajoutent deux chapitres sur les épaves des deux paquebots disparus, mais pas seulement. Les quatre premiers chapitres, bien que nettement plus courts, introduisent rondement le sujet : présentation de la White Star Line, des chantiers Harland & Wolff, et même des rivaux des paquebots (Lusitania, Mauretania et Aquitania).

À cela s’ajoutent les annexes : plus de cinquante pages proposant des tableaux comparatifs de données sur les navires, une analyse des légendes et « prémonitions » sur le naufrage, une présentation rapide des transbordeurs Nomadic et Traffic, et une analyse de l’énigme du Californian. Le lecteur en a clairement pour son argent. Et le travail est sérieux, comme en témoignent l’avalanche de références en fin d’ouvrage (rigueur peu, ou pas présente dans les ouvrages français), une très dense bibliographie et un grand nombre de photographies et de dessins rares, en noir et blanc. Revers de la médaille, le livre, disponible uniquement en anglais, passe rapidement d’un point à l’autre, mais reste aisé à lire quand on a quelques rudiments de la langue.

La première édition date de 2004 et a été légèrement revue en 2006. C’est de celle-ci que je vous ai parlé. Mais ce n’est pas celle que je vous conseille. Mark Chirnside a en effet annoncé une nouvelle édition produite au printemps 2011 sur son site officiel. Celle-ci est plus dense, mieux illustrée, et contient quelques « mises à jour » dues à l’avancée des recherches de l’auteur. Un achat très chaudement recommandé.

Mark Chirnside, The Olympic Class Ships ; Olympic, Titanic, Britannic, Tempus Publishing, 2004, 2006, 2011. Mark Chirnside a répondu à une interview sur ce blog à lire ici.
 

Les plus

  • Très complet, non seulement sur l’histoire des deux jumeaux méconnus, mais aussi sur celle du Titanic.
  • Regorge d’anecdotes et pousse les recherches très loin.
  • Un travail très sérieux et une méthode d’historien.
  • Des illustrations rares et de qualité.

Les moins

 

  • Parfois difficile à suivre quand on parle mal anglais, mais rien d’insurmontable.
  • Un index très minimal par manque de place, au grand dam de l’auteur. Il est très difficile de retrouver une information dans le livre. (problème peut-être résolu sur l’édition de 2011)

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Titanic, Birth of a Legend

Posté par Antoine le 8 juin 2011

Lorsque j’ai acheté la semaine dernière le DVD d’A Night to Remember, il était fourni avec un obscur documentaire intitulé Titanic, la légende. Face à ce titre d’une originalité folle, je sentais venir le documentaire épique… Il se trouve par chance que c’était là une traduction lamentable du titre original, Titanic, Birth of a Legend, documentaire dont j’avais entendu nombre d’éloges. Les méritait-il ? C’est ce que nous allons voir. Vous pouvez regarder le documentaire (amputé des premières minutes) ici.

 

Titanic, Birth of a Legend dans Coup de coeur 156_Titanic

 

Première bonne surprise : le sujet est original. Là où la plupart des documentaires se penchent sur le naufrage, quitte à chercher un coupable, ou sur la récupération des objets de l’épave, ou encore, parfois, sur les mystères (réels ou inventés) qui entourent le drame, ce documentaire se penche sur un aspect jamais traité. Birth of a Legend nous rappelle en effet qu’avant de couler, le Titanic a d’abord été imaginé, conçu et construit. Qui sont les hommes qui l’ont pensé ? Comment a t’on travaillé à l’élévation de la coque ? Quelle était la vie des ouvriers ? Telles sont les questions auxquelles essaie de répondre le documentaire.

Sur la forme, la réussite est totale. Visuellement, le rendu est superbe pour un documentaire, et là où le Titanic de La Minute de Vérité faisait pitié, celui-ci est très ressemblant et convainquant. De même, les vues du chantier de construction sont réaliste, et le spectateur croit à ce qu’il voit. Ce n’est plus un documentaire, c’est un film. Et dans cette même veine, le documentaire nous prouve qu’il est possible de faire du docu-fiction au jeu d’acteurs crédible. Bien souvent, les répliques sont artificielles, mal jouées, et les parties fictionnelles sont là pour ne pas ennuyer le spectateur et remplacent juste le commentaire. Ici, le commentaire apporte beaucoup, et le jeu le complète, sans que les deux ne se télescopent (c’est du moins l’impression rendue par la VO).

 

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Voyons le fond maintenant. Incontestablement, le documentaire a fait l’objet de recherches très fouillées. Il est évident, par exemple, que les créateurs du documentaire ont lu la biographie de Thomas Andrews publiée après sa mort, car des anecdotes présentes dans le documentaire y apparaissent. Plus encore, le documentaire fait ce que je n’ai jamais vu, même dans un livre : il replace la construction du navire dans le contexte politique troublé que connaît l’Irlande à l’époque. Et il y parvient parfaitement. Enfin, Birth of a Legend ne cherche pas à dépasser les limites qu’il s’est fixé : il se cantonne à la construction du navire, et le naufrage n’est traité qu’en guise de conclusion. Au sensationnel qui fait vendre, les réalisateurs ont préféré la qualité.

Restent quelques défauts. Un avertissement pose dès le début problème : « alors que la plupart des personnages de ce documentaire sont réels, certains faits ont été ajoutés pour les besoins du film ». Jamais on ne nous précise quels sont ces faits. Pour en savoir plus, on est donc obligé de vérifier dans les sources. Par ailleurs, le documentaire se permet un peu de manichéisme en opposant un temps le « gentil » Alexander Carlisle au « méchant » Lord Pirrie qui refuse de mettre plus de canots, Carlisle partant en claquant la porte : les faits sont vraisemblablement plus complexes, et le documentaire laisse penser que la seule raison au manque de canots était économique, ce qui est faux.

Titanic, Birth of a Legend, n’en reste pas moins un excellent documentaire qui peut susciter l’intérêt sur une partie peu connue de l’histoire du paquebot. Reste ensuite, cependant, au spectateur la responsabilité de vérifier et approfondir ce qu’il a vu.

 

Les plus

  • Un sujet particulièrement original et peu traité.
  • Visuellement superbe et bien réalisé
  • Le travail de recherche est bien visible

Les moins

 

  • Dommage que l’on nous dise que « des passages ont été inventés »… sans préciser lesquels.
  • Parfois un peu simplificateur.

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic

Posté par Antoine le 6 juin 2011

Lorsque le film Titanic de James Cameron est sorti en 1997, il a entraîné la naissance de nombreuses passions. Beaucoup d’auteurs ont ainsi flairé un filon intéressant, et les publications sur le sujet ont fleuri. Si on peut regretter que peu aient été des ouvrages scientifiques et rigoureux comme les anglais savent en faire, il n’en reste pas moins que certains de ces livres grand public sont parfois de très bonne qualité. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic en fait partie.

 

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Il faut en effet noter que ses auteurs, Hugh Brewster et Laurie Coulter ont reçu l’aide de l’historien Don Lynch, spécialiste du Titanic. Il est par ailleurs illustré des superbes peintures de Ken Marschall, sur lesquelles j’aurai l’occasion de revenir dans un autre article. Sa forme est toutefois particulière : le livre prend le parti de répondre à 882 questions 1/2 (correspondant aux 882,5 pieds que mesurait le navire) sur l’histoire du paquebot. Chaque double page traite donc d’un sujet différent, avec des questions souvent assez fouillées et des réponses approfondies.

Si le livre est écrit pour être compris et lu par les plus jeunes, il reste une bonne source d’informations pour tous les âges, et comprend parfois des illustrations rares. Ce n’est pas un livre qui apportera quelque chose si votre bibliothèque titanicophile est bien fournie, mais il peut être une bonne base pour un passionné débutant.

Hugh Brewster et Laurie Coulter, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic 1999, Glénat, ISBN 9782723428828

Les plus

  • Une forme agréable à lire, qui permet de retrouver facilement une information
  • Des illustrations souvent originales et les magnifiques peintures de Marschall
  • Le livre est complet et fait le tour du sujet en se permettant parfois d’entrer dans les détails.

Les moins

 

  • Ça reste un ouvrage de vulgarisation qui n’apportera pas grand chose dans une bibliothèque déjà bien fournie

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Encyclopedia Titanica

Posté par Antoine le 4 juin 2011

Lorsque l’on étudie un navire britannique, il est logique que les meilleurs sites soient anglophones. Parmi eux, Encyclopedia Titanica est unanimement reconnu comme le site de référence. C’est en effet le rendez vous des spécialistes, comme en témoignent les grands noms que l’on retrouve dans les articles et sur le forum associé.

 

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Que contient ce site ? À la fois énormément et peu. La plus grande partie concerne les biographies. Tout passager ou membre d’équipage dispose en effet d’une fiche plus ou moins exhaustive et synthétique, avec parfois des photographies, les informations de base, et des retranscriptions d’articles de presse liés à ces personnes. On y trouve également des travaux de recherche ; des articles très détaillés sur certains points précis comme la dernière partie de cartes à bord, la carrière du capitaine Smith ou les coups de feu tirés à bord. Des critiques de livres, une boutique et de nombreuses photos s’ajoutent au tout, pour un contenu impressionnant. Il est possible de s’inscrire pour rédiger des articles.

C’est là qu’Encyclopedia Titanica affiche l’un de ses défauts : le site est très inégal. Certaines biographies de personnages peu connus peuvent ainsi être très denses et rigoureuses, où à l’inverse, celles de certains personnages clés sur lesquels beaucoup a été écrit sont étonnamment courtes. L’ergonomie du site est également discutable : il y a beaucoup à trouver, mais aucun plan ou sommaire. Enfin, comme en témoigne la capture d’écran ci-dessus, les publicités sont très présentes.

Encyclopedia Titanica est donc un site au contenu dense et passionnant…  mais totalement désorganisé et assez déplaisant à parcourir. Dommage ! Il reste cependant une référence incontournable.

Encyclopedia Titanica : http://www.encyclopedia-titanica.org/index.php

 

Les plus

  • De nombreuses biographies et des articles passionnants écrits par des pointures du milieu titanicophile
  • Un forum fréquenté par pas mal d’auteurs, avec des sujets de recherche souvent détaillés
  • Beaucoup de photos

Les moins

 

  • Le site a été conçu avec les pieds : la navigation et l’esthétique sont très mauvaises
  • Beaucoup de pubs
  • Le contenu est assez inégal et contient parfois des erreurs

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A Night to Remember (Altantique, latitude 41°)

Posté par Antoine le 3 juin 2011

Je ne pensais pas pouvoir traiter ce film avant longtemps, ne l’ayant que sur une vieille cassette vidéo usée. A Night to Remember de Roy Ward Becker, sorti en 1958, est pourtant pour moi le meilleur film sur le naufrage du Titanic, nettement devant celui de James Cameron dont je parlerai plus tard. Le problème est qu’il est difficile d’accès, ce qui ajoute à sa qualité : en l’appréciant à sa juste valeur, on a l’impression de s’élever au dessus de la masse qui s’est contentée du film de Cameron, tout comme en bon fan des Beatles je préfère Strawberry Fields Forever au trop populaire Yesterday.

Il se trouve qu’après des années de recherche de ce film en DVD, dont je n’étais même pas sûr qu’il existât, j’ai aujourd’hui enfin pu l’acquérir. Et bien au dernier endroit où je l’aurais cru possible, puisqu’il se trouvait dans les DVDs en promo de mon supermarché classique, entre un nanard et un cours de gym tonique en vidéo. Aussitôt rentré, je me le suis donc repassé avec nostalgie (et un paquet de chips).

 

A Night to Remember (Altantique, latitude 41°) dans Coup de coeur 208e

 

Pourquoi s’agit-il du meilleur film sur le naufrage ? Un peu d’histoire pour commencer. A Night to Remember est à l’origine le livre culte de l’historien Walter Lord publié en 1955 et traduit en français sous le titre La Nuit du Titanic. Pour son ouvrage, Lord a interrogé nombre de rescapés, et son récit, s’il ne bénéficie pas des avancées technologiques et du recul actuel, garde cette authenticité car il est issu des souvenirs des acteurs du drame. Sa méthodologie peut cependant être par moments critiquée : ce sera l’objet d’un prochain post. Trois ans après sa sortie, le livre est adapté en film. Et pas par n’importe qui, puisque le quatrième officier du Titanic, Joseph Boxhall, en est le conseiller technique. Le rescapé Lawrence Beesley apparaît également sur le tournage, et malgré son grand âge, débarque sur le plateau pour couler avec le navire !

C’est donc un récit fort précis qui nous est ici dressé. Il ne s’encombre pas de personnages fictifs de premier plan comme Jack et Rose. Si l’on suit certains personnages, il s’agit plus de silhouettes anonymes : un petit groupe d’émigrants irlandais, un couple de jeunes mariés, une famille de première classe. À ceux-ci s’ajoutent des personnages historiques que le film suit, en particulier le deuxième officier Charles Lightoller, mais aussi le boulanger Charles Joughin, l’architecte Thomas Andrews… Cette multiplicité des points de vue donne une vue d’ensemble du drame, et le tragique n’en est que plus présent. Même ces anonymes, comme un vieillard qui, dans les derniers instants, prends sous son aile un enfant perdu qu’il sait être condamné comme lui, ont une personnalité qui ne laisse pas insensible le spectateur même lorsqu’il ne les voit que quelques minutes. Cette absence de héros, loin de pénaliser le film, lui donne sa force en décuplant son effet dramatique.

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Cette famille de 1e classe, que l’on ne voit pourtant pas plus de 5 minutes, donne lieu à une des scènes les plus poignantes du film.

 

Pourtant, le film ne cherche jamais à provoquer la tristesse chez le spectateur, il la laisse venir. La musique est très peu présente, même durant les scènes dramatiques. Lorsque le navire heurte l’iceberg, c’est le calme qui prévôt : calme sur la passerelle, où les officiers sont sous le choc, dans les salons ou nul ne comprend, opposé à l’agitation des salles de chaudières inondées brusquement. De même, lorsqu’un père dit adieu à ses enfants sans vouloir les paniquer et observe sa famille partir dans un canot, nul violons pour nous tirer les larmes : la tristesse de la situation transparaît par la seule action, sans fard.

Les scènes s’enchainent sans que l’on saisisse toujours ce qui les lie, on passe d’un navire à l’autre, des machines aux salons, pour nous rappeler le chaos de cette nuit là. La leçon de cinéma est d’ailleurs suffisamment convaincante pour que James Cameron ait repris mot pour mot certains dialogues dans son propre film, à l’image de la scène ou Thomas Andrews explique au capitaine Smith que son navire est condamné.

 

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« Il va couler, c’est une certitude mathématique »… James nous l’a aussi sortie celle là !

 

Historiquement, le film a les forces et faiblesses du livre de Lord. Si on touche ici de près le vécu des passagers, on est également témoin des faiblesses du récit et des souvenirs humains. L’exemple le plus flagrant est la scène où le navire coule d’un seul tenant, suivant ainsi les témoignages majoritaires parmi les rescapés. La découverte de l’épave a prouvé le contraire. Le passionné trouvera quand même de nombreuses allusions à maintes anecdotes sur ce qui s’est passé à bord, pour son plus grand plaisir.

D’un point de vue visuel, A Night to Remember se défend également bien malgré ses 50 ans passés : certes, les maquettes ne valent pas les effets spéciaux de James Cameron, mais l’artifice n’est pas non plus évident au point de choquer et de faire passer l’action au second plan. Les décors intérieurs sont pour leur part très fidèles, et montrent que le film a disposé de grands moyens. Les acteurs, enfin, sont convaincants, notamment Kenneth More, impressionnant en Lightoller.  On notera aussi l’apparition de David McCallum, plus connu des jeunes pour son rôle dans NCIS, ou Bernard Fox qui a diversifié ses sujets de film en tournant dans Titanic en 1997.
On l’aura compris, il s’agit là d’un grand film, et de la référence. Le rêve pour moi serait un re-make avec les moyens d’aujourd’hui… et les connaissances acquises. Mais en serai-on capable sans sombrer dans le pathos ou le sensationnalisme ?

Atlantique, latitude 41° (A Night to Remember), film de Roy Ward Baker sorti en 1958.

 

Les plus

  • De loin le film le plus fidèle à ce qu’ont vécu les passagers.
  • Un style sobre, sans fard, qui donne un plus émotionnel certain.
  • Une multiplicité des points de vue qu’on ne trouve dans aucun autre film.
  • De très bons acteurs et un rendu visuel fort convenable pour un film catastrophe des années 1950

Les moins

  • Désormais dépassé sur un certain nombre de points qui ont depuis été reconsidérés suite aux découvertes. Le film n’est pas à prendre comme un récit de ce qui s’est passé, mais plutôt comme un récit de ce que les gens se souviennent avoir vu. La différence n’est pas évidente au premier abord, mais est pourtant essentielle.

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Titanic, The Ship Magnificent

Posté par Antoine le 2 juin 2011

Pour tous les modélistes et artistes titanicophiles, ou plus largement pour tous ceux qui sont intéressés par la structure et les interviews du Titanic, Titanic, The Ship Magnificent, de Bruce Beveridge, est la référence. Plus de 1100 pages divisées en deux tomes d’une précision énorme.

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Le premier tome est probablement le plus difficile d’accès. Il traite de la construction du navire, et de tous les aspects techniques. Tout est passé en revue : la forme de la coque, les compartiments étanches, les formes des superstructures, des portes et fenêtres, l’installation électrique, la propulsion, et même les équipements de sauvetage et les appareils radio. Si tout cela est passionnant, on peut regretter que le livre soit très technique, et donc difficile d’accès, d’autant plus lorsqu’on ne parle pas un anglais parfait.

Le deuxième tome est à mon avis les plus passionnant : on y trouve en effet toute la description des intérieurs du navire. Après quatre chapitres thématiques (un sur la vie à bord, un sur les styles décoratifs, un sur l’hygiène et un sur la cuisine), les chapitres suivants décrivent pont par pont toutes les installations du navire, photographies à l’appui. Dans la mesure où ces descriptions se rapprochent plus de la vie des passagers et d’aspects plus commun, le livre est bien plus accessible.

Dans les deux cas, ces livres, s’ils coûtent fort cher (envisager plus de 100€ les deux), sont un investissement pour le passionné. Les photographies (rares et superbes) suffisent, d’ailleurs à elles seules à justifier l’achat quand bien même l’anglais ne serait pas votre fort.

Bruce Beveridge, Titanic, The Ship Magnificent, 2 tomes, The History Press, 2009, ISBN 978-0-7524-4626-4

Les plus

  • Le sujet est passionnant et traité de la façon la plus détaillée possible. On serait presque tenté de dire que ce qui n’est pas dans le livre de Beveridge… n’existait pas.
  • Les photos sont magnifiques, et souvent inédites.

Les moins

 

  • Le prix : le livre n’est pas à la portée de toutes les bourses
  • Les parties les plus techniques ne sont pas accessibles à ceux qui ont des difficultés avec l’anglais. Elles ne représentent pas la majorité de l’ouvrage. Je conseille en priorité le tome 2.

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Le Drame du Titanic

Posté par Antoine le 1 juin 2011

Le Drame du Titanic, par Philippe Masson, occupe une place à part à mes yeux, non pas pour sa qualité, mais parce qu’il s’agit là du tout premier livre que j’ai eu sur le Titanic. J’avais alors huit ans… et j’ai du mal à comprendre comment j’avais pu, à l’époque, le comprendre.

 

Le Drame du Titanic dans Ouvrage généraliste 9782266085199FS

 

Difficile d’avoir un avis tranché sur ce livre, car il y a du bon… et du moins bon. Pour le bon, tout d’abord, Philippe Masson est historien de marine, et a la méthodologie qui va avec. Il fait donc ce que font peu les autres ouvrages sur le Titanic, à savoir contextualiser un peu son sujet. Si son premier chapitre (sur 6), raconte la traversée à partir de l’embarquement, de façon assez sommaire, il s’attarde également plus longuement sur les moyens de traverser l’Atlantique à l’époque, la concurrence entre les compagnies, la course à la taille. On sent également que Masson a fait des recherches : sa lecture de l’ouvrage autobiographique de Lawrence Beesley, par exemple, ne fait aucun doute. La vie du Titanic est traitée assez rapidement, sur les deux premiers chapitres. Les quatre suivants sont consacrés aux enquêtes, aux mesures qui ont suivi, à la découverte de l’épave, et à l’apparition du Titanic dans la culture populaire. De ce point de vue, le regard d’un historien non spécialisé est intéressant, car il évoque des aspects plus généraux et mieux contextualisé que d’autres ouvrages.

Cependant, cela va également de pair avec un défaut récurant : les erreurs. Celles-ci sont généralement sur des points de détail, et le lecteur lambda ressortira de sa lecture sans s’en être rendu compte. Il aura en ce sens retenu le principal : l’horreur du naufrage, le choc exercé sur les mentalités, et les mesures qui en ont découlé. Pour le chercheur qui veut des renseignements précis sur le Titanic en lui même, le problème est plus grand. Masson se trompe ainsi de façon récurrente sur l’emplacement de la salle à manger, se trompe sur le sort de Jack Phillips, parle d’une salle de bal à bord (ce qui relève de l’hérésie au sein de la communauté Titanicophile). Rien de choquant pour un néophyte, mais plus gênant lorsqu’on cherche des informations sur un fait en particulier. Par ailleurs, le livre est sorti en 1998, et me semble assez daté : certaines théories ont depuis été revues, et certains points de vue exposés ne sont plus forcément d’actualité. Enfin, il est dommage que le livre donne une impression de difficulté : le sujet à beau être passionnant, on est souvent tenté de décrocher.

Un livre de qualité, donc… Mais daté. Je conseillerais aujourd’hui plutôt Le Titanic ne répond plus, qui me semble plus accessible et contient moins d’erreurs. Revers de la médaille, le contexte et les parallèles avec d’autres cas sont moins fréquents.

Philippe Masson, Le Drame du Titanic, Tallendier, 1998, ISBN 9782235021760

Les plus

  • Le livre est complet et fait clairement le tour du sujet
  • L’information est contextualisée et le travail est celui d’un historien chevronné
  • L’impressionnante bibliographie montre que le travail de recherche a été fait

Les moins

  • Un style assez lourd par moment, le livre est en ce sens peu accessible au néophyte.
  • Un certain nombre d’erreurs et d’approximations, qui relèvent cependant du détail.
  • Le livre est assez daté : de meilleurs ouvrages francophones ont vu le jour depuis.

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Titanic, une aventure hors du temps

Posté par Antoine le 31 mai 2011

Le Titanic s’exporte sous tous les formats, y compris le jeu vidéo. Et quel jeu ! S’il devait y avoir un coup de coeur sur ce site, ce serait celui-ci. Titanic, une aventure hors du temps est en effet celui qui m’a donné le virus lorsque je l’ai acheté du haut de mes huit ans.

 

Titanic, une aventure hors du temps dans Coup de coeur titanic

 

Le scénario ? Franck Carlson, agent secret de son état, se repent dans son appartement miteux de son échec au cours d’une mission secrète à bord du Titanic, 30 ans plus tôt. Nous sommes en effet à Londres, en avril 1942, et une bombe mal placée a tôt fait de renvoyer le pauvre homme ad patres. Enfin, pas exactement : le voila de retour le 14 avril 1912 dans sa cabine à bord du Titanic, en début de soirée. Il n’a que quelques heures pour accomplir sa mission : localiser un livre précieux, le Rubaiyat (qui se trouvait véritablement à bord), volé par un colonel allemand. Bien vite, l’affaire connait des rebondissement, et au fur et à mesure des rencontres, Carlson se rend compte que les enjeux sont très élevés. Une autre rencontre, avec un iceberg, accélère également les événements…

Graphiquement, le jeu était superbe. Mais plus encore, 15 ans après sa sortie, il reste très agréable à regarder. La reconstitution est assez fidèle au véritable Titanic. Certes, on n’a pas là un travail au détail près (pour cela, voyez plutôt ici), mais c’est clairement le Titanic le plus fidèle vu dans un jeu vidéo. La musique est sympathique et les dialogues agréables tant en français qu’en anglais. Les concepteurs ont pris le parti (plutôt judicieux d’ailleurs), de ne faire figurer aucun personnage réel dans le jeu, pour ne pas prêter atteinte à la mémoire des acteurs du drame. Cependant, la véritable histoire du Titanic n’est jamais loin, et il n’est pas rare qu’un personnage du jeu y aille d’une petite anecdote réelle sur le navire et ses occupants. Le travail de recherche des concepteurs a été poussé, très poussé, (l’historien Walter Lord a servi de conseiller) et mieux encore, les choses ne paraissent pas artificielles et n’empiètent jamais sur l’action.

 

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L’action, parlons en. Le scénario est bien ficelé, avec de nombreux personnages au caractère bien trempé. Plusieurs heures sont nécessaires pour arriver au bout lorsque l’on connaît la solution, d’autant que les chemins sont multiples. Comme dans les jeux d’enquête classiques, le joueur se promène (en vue subjective s’il vous plait !) dans les coursives du navire, aidant les passagers en espérant un retour d’ascenseur, et tentant de sauver le monde. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : à condition qu’il emporte avec lui différents objets clé dans le canot de sauvetage (en supposant qu’il y embarque), Carlson peut empêcher les deux Guerres mondiales et la révolution russe ! Un épilogue montrera en images le sort du monde en 1942 selon les actes de notre héros… Un échec, et on en revient au Blitz… ou pire !

Mais je m’emporte et ne voudrais pas vous gâcher la surprise. Le jeu est difficilement trouvable dans le commerce aujourd’hui. Et pour cause : il est sorti en 1996. Cependant, on peut le télécharger gratuitement et (quasi) légalement sur LTF Abandonwares, ici. Les anglophones trouveront également un blog très détaillé sur le jeu à cette adresse, avec captures d’écran, extraits audio, solution, anecdotes… Le site que j’aurais aimé faire, en somme !

Titanic, une aventure hors du temps, Cyberflix, 1996

Les plus

  • Un scénario béton, à rebondissements, et cohérent.
  • Une foule d’anecdotes authentiques, notamment dans le mode visite guidée.
  • Graphiquement très beau pour un jeu de cet âge.
  • Bonne durée de vie.

Les moins

 

  • Parfois quelques problèmes de compatibilité. Paradoxalement, j’ai eu moins de bugs avec lui sous Vista que sous les versions précédentes.
  • Dommage que les visites guidées téléchargeables ne soient que partiellement traduites, donnant un côté inachevé au tout.
  • Introuvable dans le commerce.

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Les enfants du Titanic

Posté par Antoine le 30 mai 2011

Première critique assez négative du site, avec Les enfants du Titanic, écrit par Elisabeth Navratil en 1998.

 

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Elisabeth Navratil est la fille de Michel Navratil, rescapé du Titanic. Et pas n’importe lequel des rescapés, puisqu’il est le dernier survivant masculin (et le dernier français), à être mort, en 2001. Son histoire n’était pas anodine : lorsqu’il était monté à bord du Titanic avec son frère Edmond et son père Michel, à l’âge de 4 ans, il était tout simplement enlevé à sa mère suite à un divorce difficile. Navratil père espérait refaire sa vie aux États-Unis avec ses enfants et, peut-être, faire revenir son épouse à ses côtés. Le destin en a voulu autrement puisque seuls les enfants ont survécu : des enfants non identifiés, ne connaissant pas leur propre nom, dont la presse s’est éprise, et qui ont finalement retrouvé leur mère après moult péripéties.

Les enfants du Titanic entreprend de raconter leur histoire, et venant de la fille d’un des héros, on pourrait s’attendre à du fiable, à du solide. L’histoire est d’ailleurs particulièrement propice à un livre tant elle semble improbable.  La mettre ainsi en lumière est une bonne chose… mais pas de la façon dont le fait Navratil. Le roman se lit bien, et on se prend d’étonnement devant ce que vit Michel, le héros, qui plaisante avec les opérateurs radio pendant leur pause, visite les salles des machines avec Thomas Andrews, rencontre des amis de son père voyageant en première classe et joue avec les immigrants. On tremble durant le naufrage lorsqu’il se retrouve bloqué en troisième classe…

Puis vient la postface, ce moment où l’auteure tente de nous expliquer ce qui est vrai et ce qui est inventé dans son récit… et on se rend alors compte qu’on a lu plus de vent qu’autre chose. Personnages inventés, d’autres existants mais modifiés pour les besoins du récit… Le bas blesse d’autant plus que la postface reste vague : au final, les Navratil avaient il connu les riches Straus à Nice ? Avaient-ils vraiment croisé les Astor dans le train ? Et le fond de l’histoire est-il aussi romancé ? À cela se mêlent des erreurs de l’auteure, qui, probablement en examinant les plans du navire, a considéré que les stores (réserves) étaient… une galerie marchande.

On reste donc clairement déçu par ce récit bancal où se mêlent le vrai et le faux sans savoir qui est quoi. C’est d’autant plus dommage que le style d’Elisabeth Navratil est particulièrement clair et agréable ; et que, comme elle a pu le montrer au cours de diverses prestations publiques, elle a beaucoup de choses authentiques à dire sur le sujet. Un livre sympathique si on cherche un roman ; qui ravira notamment les enfants, mais en rien un récit de vie comme il se présente. On aurait préféré un récit réel et fouillé, tant l’histoire est surprenante et touchante sans fard.

 

Les plus

  • Le roman se lit bien et est bien écrit
  • L’histoire reste cohérente et intéressante
  • Le livre a le mérite de mettre en lumière une histoire vraie

Les moins

  • Dommage qu’on apprenne à la fin que tout est faux : on ne sait plus ce qui est authentique et ne l’est pas
  • La postface, qui est censée différencier le vrai du faux, ne réussit pas à remplir son rôle, à tel point que tous les faits sont remis en question au final

 

Note : Une nouvelle édition de ce livre a été publiée en 2012 et diffère assez profondément de celle détaillée ici. Une critique de ce nouveau jet peut-être lue ici.

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Le Titanic ne répond plus

Posté par Antoine le 29 mai 2011

Parmi les livres sur le Titanic, il en est un seul que je pouvais décemment choisir en premier : Le Titanic ne répond plus. L’honnêteté m’oblige à dire que je suis ami avec son auteur, Gérard Piouffre, mais cela n’entachera pas mon objectivité : j’avais apprécié le livre avant de le connaître.

Couverture

Le Titanic ne répond plus s’inscrit dans la collection des éditions Larousse « L’Histoire comme un roman » et prend le parti de raconter la naissance, la (courte) carrière et le naufrage du Titanic sous forme de roman. Le style est ainsi particulièrement agréable et le livre se lit facilement. Les amateurs d’ouvrages historiques pourront cependant craindre que cette facilité d’accès se fasse aux dépends de la rigueur et des apports du livre. Il n’en est heureusement rien.

Le récit commence par une ellipse à bord du Californian, le navire par la suite accusé d’être resté sur les lieux sans porter secours au Titanic. On y voit justement l’équipage assister au drame qui se joue sans vraiment le comprendre : dès le début, le ton de l’ouvrage est posé puisque les dialogues ne nuisent pas à la précision, et le travail de recherche sur les législations maritimes et règles concernant les signaux de détresse apparaît très clairement.

Après cette parenthèse, le livre reprend chronologiquement la vie du Titanic, du projet au mythe perpétué sur internet. C’est là qu’arrive la deuxième surprise. Là où beaucoup d’ouvrages (pour ne pas dire tous) se concentrent sur le naufrage et à moindre mesure la traversée, Gérard Piouffre prend les choses à contre-courant et se concentre sur la construction (allant jusqu’à décrire les conditions de vie des ouvriers des chantiers), la réaction de la presse recevant la nouvelle du naufrage, les enjeux et le déroulement des commissions d’enquête, et finalement l’héritage du navire, sur papier, à l’écran et sur le web.

Finalement, la partie la moins densément traitée est paradoxalement le naufrage, mais ce n’est pas un problème, dans la mesure où les moindres anecdotes sur le sujet ont déjà été publiées et republiées. Les faits sont par ailleurs présentés de façon assez objective, ce qui ne gâche rien. Le Titanic ne répond plus est devenu un des ouvrages francophones de référence sur le sujet. C’est pour moi un précieux outil de travail lorsque je rédige mes articles wikipédiens, mais son accessibilité fait également que je le conseillerais à quiconque veut découvrir le sujet.

Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus, 2009, Larousse, ISBN 978-2-03-584196-4

Les plus

  • La forme « roman » rend la lecture particulièrement fluide et facile.
  • Tout en restant facilement abordable, le livre n’hésite pas à être précis.
  • Des points rarement développés le sont ici, comme la construction et l’après naufrage.
  • Un travail de recherche rigoureux pour contextualiser le naufrage.

Les moins

  • Le lecteur qui s’attend à une description précise du naufrage et des anecdotes qui l’entourent restera sur sa faim, le chapitre sur le sujet étant des plus concis. À ce sujet, un ouvrage comme La Nuit du Titanic de Walter Lord sera plus utile.
  • On regrette presque que l’ouvrage soit destiné au grand public, tant les aspects « inédits » (en français) auraient pu être beaucoup plus longuement évoqués.

 

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