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Titanic, la monographie

Posté par Antoine le 7 novembre 2013

Quand on parle de marine, on pense tôt ou tard à une espèce fort répandue dans le monde des passionnés : le modéliste ! J’avais déjà eu l’occasion de parler, il y a fort longtemps, du projet de modélisation virtuelle de Clément d’Esparbès, malheureusement au point mort depuis. Cette fois-ci, il convient de rendre hommage aux maquettistes en « dur » qui peuplent le monde des passionnés du Titanic, vers qui l’Association Française du Titanic et sa revue Latitude 41 portent régulièrement leur attention. C’est pour eux qu’est publié par la revue Bateau-modèle le petit livre Titanic, la monographie, avec un texte de Gérard Piouffre, des illustrations infographiques de Cyril et Lionel Codus, et les photographies des maquettes de Christophe Martinez.

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Soyons d’ores et déjà clairs, Titanic, la monographie s’adresse avant tout aux maquettistes avides de mieux connaître la structure du paquebot, pour mieux la reconstituer. C’est à eux que sont destinés les deux derniers tiers du livre, regorgeant de schémas techniques à l’échelle, qu’il s’agisse des superstructures, des équipements de pont, des canots de sauvetage, mais aussi des schémas de rivetage… Ces pages satisferont certainement les « techies« , pour reprendre la définition donnée par Senan Molony, mais risquent d’effrayer ceux qui ne sont pas fanatiques du comptage de rivets. Plus accessibles sont en revanche les impressionnants schémas de face, profil et dessus du Titanic et de l’Olympic tels qu’ils se tenaient dans leurs cales de construction.

Le premier tiers du livre est pour sa part plus accessible : il revient sur l’histoire du paquebot, contée par la plume de Gérard Piouffre. Certes, le récit n’est pas aussi détaillé que dans Le Titanic ne répond plus ou même Nous étions à bord du Titanic. Ici, le parti est pris de se centrer sur la construction du paquebot : douze pages lui sont consacrées, contre moins de deux à la traversée et au naufrage. Ce qui est paradoxalement satisfaisant : au vu du petit gabarit du livre, un recentrage sur le sujet de la construction lui permet de se créer un intérêt qu’il n’aurait pas eu en essayant d’embrasser la totalité de l’histoire. Le tout est illustré par les très belles reconstitutions des extérieurs du navire par les frères Codus.

C’est en effet l’iconographie qui fait le principal intérêt du livre : les photographies des maquettes de Christophe Martinez, qui occupent quelques pages de l’ouvrage, en témoignent. Ces reconstitutions des trois géants de classe Olympic sont très fidèles, et magnifiques. On prend par exemple conscience de la place qu’occupaient les canots de sauvetage de l’Olympic après le naufrage de son jumeau.On appréciera également de voir nombre de photographies récentes du transbordeur Nomadic, fraîchement restauré à Belfast.

C’est donc un livre à recommander à tous ceux que la construction du Titanic intéresse, et qui cherchent une contrepartie française au Beveridge (bien que Titanic, la monographie reste moins détaillé). Ceux, en revanche, qui ne s’intéressent que peu au navire lui-même seront certainement déçus : il ne leur est pas destiné. Les autres n’ont plus qu’à empoigner colle et pinceaux : ils ont désormais tout pour reconstruire le Titanic !

Gérard Piouffre, Cyril et Lionel Codus, avec la participation de Christophe Martinez, Titanic, la monographie, J2P Editions, 2013

 

Les plus

  • Enfin un éclairage en français sur la construction du Titanic !
  • Les illustrations sont superbes et inédites.
  • Les modélistes trouveront ici une très bonne base de travail.

Les moins

  • Le livre aurait mérité plus de textes explicatifs : il risque de déboussoler ceux qui n’ont pas de connaissances minimales en architecture navale
  • Il est malheureusement assez cher…

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Rencontre avec Mark Chirnside

Posté par Antoine le 31 juillet 2011

Dans la série des rencontres avec des auteurs titanicophiles, j’ai eu la chance d’obtenir de Mark Chirnside (The Olympic Class Ships) qu’il réponde à quelques questions au sujet de ses livres et de sa passion.Voici donc ses réponses. L’interview devrait prochainement être disponible en version anglaise originale sur son site, Mark Chirnside’s Reception Room.

 

Biblio-Titanic : J’ai lu l’édition 2006 de votre livre sur les paquebots de classe Olympic. Outre les nouvelles images et la section en couleur, quels sont les principaux changements ? Y a t-il eu de grandes découvertes entre la première édition et celle de 2011 ? Avez vous changé d’avis concernant certains points de l’histoire du paquebot ?

Mark Chirnside :  L’édition originale, publiée en 2004 et réimprimée en 2005 et 2006 comportait 352 pages. Cette nouvelle édition comporte 32 pages supplémentaires et une section en couleurs de 16 pages, pour un total de 400 pages. Elle est ainsi nettement plus grande.

Tout comme la nouvelle section en couleurs et le texte supplémentaire au sujet des expéditions récentes sur les deux épaves, le texte en général a été amélioré et un grand nombre d’erreurs mineures ont été corrigées. Quelques appendices ont été ajoutés, dont un examinant le Germanic/Homeric, dont on a dit qu’il devait remplacer le Titanic, mais qui devait en réalité servir sur la ligne de Liverpool, et un autre expliquant en détail comment les nouveaux navires ont été financés. Contrairement à une croyance répandue, la White Star Line a rassemblé le capital par elle même,sans assistance directe de J. P. Morgan. L’index a été amélioré, et il y a des ajouts comme une note explicative qui souligne les raisons derrière un certain nombre de changements spécifiques que j’ai faits.

En général, mon point de vue est resté le même, mais dans certains cas, j’ai mis à jour le livre pour refléter des faits dont je n’étais pas au courant quand le livre original a été écrit (2001-02).

 

Biblio-Titanic : Vous avez commencé à écrire des livres d’histoire vers vos 20 ans. Comment cela vous est-il venu ? Avez vous réussi à le relier à vos études et cela a t-il été difficile de le publier ?

Mark Chirnside : J’avais 19 ans lorsque la première édition a été publiée. Je pense que j’ai eu de la chance de trouver un éditeur qui a reconnu que mon travail contenait de nouveaux éléments et était une contribution originale au sujet. J’ai travaillé très dur, mais j’ai pu le combiner à mes études et à une vie sociale active.

 

Biblio-Titanic : L’Olympic, le Titanic et le Britannic sont en bien des points liés, mais ont des histoires très différentes. Et-ce que lune d’elles vous intéresse plus que les deux autres ?

Mark Chirnside : Je les trouve tous les trois intéressants, mais je me centre plus sur l’Olympic et le Britannic.

 

Biblio-Titanic : Y a t-il encore quelque chose à découvrir au sujet des paquebots de classe Olympic ? Quels points voudriez vous encore approfondir ?

Mark Chirnside : Il y a toujours quelque chose de plus à apprendre quel que soit le sujet. Quand on trouve une nouvelle information, cela peut mener à une découverte sur quelque chose d’autre qu’on n’avait jamais envisagé auparavant. De même, si une information inexacte est largement diffusée, il est important de continuer à la corriger, même si ça peut être un procédé lent et frustrant.

Pendant 95 ans, à partir du moment où l’Olympic a terminé son voyage inaugural jusqu’à l’été 2006, on considérait qu’il lui avait fallu 5 jours, 16 heures et 42 minutes,  à une moyenne de 21,17 noeuds, entre Daunt’s Rock (après avoir quitté Queenstown) et le bateau feu du chenal d’Ambrose (en arrivant à New York). Cependant, quand Sam Halpern et moi avons fouillé toutes les preuves disponibles concernant son départ, sa vitesse, et ses heures d’arrivée, il est devenu clair qu’une erreur de 100 minutes s’était glissée dans les calculs. Au lieu de ça, elle avait mis 5 jours, 15 heures et 2 minutes et avoisiné les 21,43 noeuds. Les gens pourront penser que le problème est mineur et ça l’est, peut-être :mais si nous voulons faire l’effort de consigner toutes les performances de l’Olympic pour des besoins historiques, alors nous devons le faire correctement. Même quatre ans après que nous avons publié notre recherche sous le titre Maiden Voyages Mysteries (les mystères du voyage inaugural [NdT]), dans le journal Voyage de la Titanic Historical Society et en ligne sur Encyclopedia Titanica (lisible ici [NdT]), le temps incorrect est encore largement utilisé. En utilisant la durée correcte, on sait que sa vitesse moyenne et sa consommation de charbon étaient légèrement supérieure, ce qui a une influence sur d’autres domaines de recherche, comme la performance du Titanic lors de son voyage inaugural comparée à l’Olympic, et la consommation de charbon du Titanic.

Dans les années passées, j’ai découvert des détails sur les voyages d’Arthur Conan Doyle à bord de l’Olympic et une description intéressante qu’il a faite du navire ; la même chose est vraie avec J. B. Priestley, qui a écrit la célèbre pièce Un inspecteur vous demande, qui se déroule en 1912 et faisant référence à l’insubmersible Titanic. J’espère continuer à trouver des récits de passagers qui ont voyagé à bord de l’Olympic durant sa carrière, tout comme ceux qui étaient à bord durant la guerre.

Nous avons une assez bonne idée de la façon dont la conception des trois navires a évolué, dont les expériences de arland & Wolff avec d’autres navires comme l’Oceanic et l’Adriatic, mais c’est quelque chose qui m’intéresse et je vais continuer à chercher dans ce secteur. Je suis intéressé par beaucoup d’aspects de leur histoire, et je vais essayer de tous les explorer.

 

Biblio-Titanic : Sur une note plus personnelle, comment et quand avez vous commencé à vous intéresser à l’histoire de la classe Olympic ?

Mark Chirnside : J’ai lu le livre pour enfants L’Exploration du Titanic quand j’avais neuf ans, puis j’ai vu A Night to Remember (1958) et Titanic (1997). Mon intérêt pour le Titanic a ensuite débordé sur l’Olympic et le Britannic, dont j’ai fait le centre de mes recherches.

 

Biblio-Titanic : Avez vous une idée du sujet de votre prochain livre ? Vous avez déjà écrit sur l’Aquitania et le Majestic : quelle autre paquebot aimeriez vous étudier ?

Mark Chirnside : Olympic Titanic Britannic: An Illustrated History (Olympic, Titanic, Britannic : une histoire illustrée [NdT]) doit sortir au tout début 2012, donc je vais être occupé cette fin d’année à travailler avec les maquettes du livre et à relire le résultat final. Ce serait aussi agréable d’y aller un peu plus lentement en ce qui concerne mon travail d’écrivain. Toutefois, je prévois des opportunités pour fouiller des navires comme les ‘Big Four’ (Celtic, Cedric, Baltic et Adriatic) et de continuer à examiner certains aspects en particulier des navires de classe Olympic et de leur histoire. Une édition révisée de mon livre sur l’Olympic serait aussi une bonne chose : il est maintenant épuisé et certaines copies d’occasion se sont déjà vendues à plus de 100£ !

 

Biblio-Titanic : Pour finir, la « question troll » : quelle est votre position concernant la polémique tristement célèbre du Californian ?

Mark Chirnside : J’allais dire « no comment », mais ce serait trop facile ! Je souscris aux positions exprimées dans le livre à venir Report into the Loss of the SS Titanic: A Centennial Reappraisal (History Press, 2011)(Rapport sur le naufrage du SS Titanic : une réouverture centenaire [NdT]). C’est une entreprise collaborative menée par Sam Halpern, impliquant un grand nombre de chercheurs, à laquelle j’ai apporté une petite contribution. Le livre devrait être disponible avant la fin de l’année.

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A Night to Remember (Altantique, latitude 41°)

Posté par Antoine le 3 juin 2011

Je ne pensais pas pouvoir traiter ce film avant longtemps, ne l’ayant que sur une vieille cassette vidéo usée. A Night to Remember de Roy Ward Becker, sorti en 1958, est pourtant pour moi le meilleur film sur le naufrage du Titanic, nettement devant celui de James Cameron dont je parlerai plus tard. Le problème est qu’il est difficile d’accès, ce qui ajoute à sa qualité : en l’appréciant à sa juste valeur, on a l’impression de s’élever au dessus de la masse qui s’est contentée du film de Cameron, tout comme en bon fan des Beatles je préfère Strawberry Fields Forever au trop populaire Yesterday.

Il se trouve qu’après des années de recherche de ce film en DVD, dont je n’étais même pas sûr qu’il existât, j’ai aujourd’hui enfin pu l’acquérir. Et bien au dernier endroit où je l’aurais cru possible, puisqu’il se trouvait dans les DVDs en promo de mon supermarché classique, entre un nanard et un cours de gym tonique en vidéo. Aussitôt rentré, je me le suis donc repassé avec nostalgie (et un paquet de chips).

 

A Night to Remember (Altantique, latitude 41°) dans Coup de coeur 208e

 

Pourquoi s’agit-il du meilleur film sur le naufrage ? Un peu d’histoire pour commencer. A Night to Remember est à l’origine le livre culte de l’historien Walter Lord publié en 1955 et traduit en français sous le titre La Nuit du Titanic. Pour son ouvrage, Lord a interrogé nombre de rescapés, et son récit, s’il ne bénéficie pas des avancées technologiques et du recul actuel, garde cette authenticité car il est issu des souvenirs des acteurs du drame. Sa méthodologie peut cependant être par moments critiquée : ce sera l’objet d’un prochain post. Trois ans après sa sortie, le livre est adapté en film. Et pas par n’importe qui, puisque le quatrième officier du Titanic, Joseph Boxhall, en est le conseiller technique. Le rescapé Lawrence Beesley apparaît également sur le tournage, et malgré son grand âge, débarque sur le plateau pour couler avec le navire !

C’est donc un récit fort précis qui nous est ici dressé. Il ne s’encombre pas de personnages fictifs de premier plan comme Jack et Rose. Si l’on suit certains personnages, il s’agit plus de silhouettes anonymes : un petit groupe d’émigrants irlandais, un couple de jeunes mariés, une famille de première classe. À ceux-ci s’ajoutent des personnages historiques que le film suit, en particulier le deuxième officier Charles Lightoller, mais aussi le boulanger Charles Joughin, l’architecte Thomas Andrews… Cette multiplicité des points de vue donne une vue d’ensemble du drame, et le tragique n’en est que plus présent. Même ces anonymes, comme un vieillard qui, dans les derniers instants, prends sous son aile un enfant perdu qu’il sait être condamné comme lui, ont une personnalité qui ne laisse pas insensible le spectateur même lorsqu’il ne les voit que quelques minutes. Cette absence de héros, loin de pénaliser le film, lui donne sa force en décuplant son effet dramatique.

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Cette famille de 1e classe, que l’on ne voit pourtant pas plus de 5 minutes, donne lieu à une des scènes les plus poignantes du film.

 

Pourtant, le film ne cherche jamais à provoquer la tristesse chez le spectateur, il la laisse venir. La musique est très peu présente, même durant les scènes dramatiques. Lorsque le navire heurte l’iceberg, c’est le calme qui prévôt : calme sur la passerelle, où les officiers sont sous le choc, dans les salons ou nul ne comprend, opposé à l’agitation des salles de chaudières inondées brusquement. De même, lorsqu’un père dit adieu à ses enfants sans vouloir les paniquer et observe sa famille partir dans un canot, nul violons pour nous tirer les larmes : la tristesse de la situation transparaît par la seule action, sans fard.

Les scènes s’enchainent sans que l’on saisisse toujours ce qui les lie, on passe d’un navire à l’autre, des machines aux salons, pour nous rappeler le chaos de cette nuit là. La leçon de cinéma est d’ailleurs suffisamment convaincante pour que James Cameron ait repris mot pour mot certains dialogues dans son propre film, à l’image de la scène ou Thomas Andrews explique au capitaine Smith que son navire est condamné.

 

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« Il va couler, c’est une certitude mathématique »… James nous l’a aussi sortie celle là !

 

Historiquement, le film a les forces et faiblesses du livre de Lord. Si on touche ici de près le vécu des passagers, on est également témoin des faiblesses du récit et des souvenirs humains. L’exemple le plus flagrant est la scène où le navire coule d’un seul tenant, suivant ainsi les témoignages majoritaires parmi les rescapés. La découverte de l’épave a prouvé le contraire. Le passionné trouvera quand même de nombreuses allusions à maintes anecdotes sur ce qui s’est passé à bord, pour son plus grand plaisir.

D’un point de vue visuel, A Night to Remember se défend également bien malgré ses 50 ans passés : certes, les maquettes ne valent pas les effets spéciaux de James Cameron, mais l’artifice n’est pas non plus évident au point de choquer et de faire passer l’action au second plan. Les décors intérieurs sont pour leur part très fidèles, et montrent que le film a disposé de grands moyens. Les acteurs, enfin, sont convaincants, notamment Kenneth More, impressionnant en Lightoller.  On notera aussi l’apparition de David McCallum, plus connu des jeunes pour son rôle dans NCIS, ou Bernard Fox qui a diversifié ses sujets de film en tournant dans Titanic en 1997.
On l’aura compris, il s’agit là d’un grand film, et de la référence. Le rêve pour moi serait un re-make avec les moyens d’aujourd’hui… et les connaissances acquises. Mais en serai-on capable sans sombrer dans le pathos ou le sensationnalisme ?

Atlantique, latitude 41° (A Night to Remember), film de Roy Ward Baker sorti en 1958.

 

Les plus

  • De loin le film le plus fidèle à ce qu’ont vécu les passagers.
  • Un style sobre, sans fard, qui donne un plus émotionnel certain.
  • Une multiplicité des points de vue qu’on ne trouve dans aucun autre film.
  • De très bons acteurs et un rendu visuel fort convenable pour un film catastrophe des années 1950

Les moins

  • Désormais dépassé sur un certain nombre de points qui ont depuis été reconsidérés suite aux découvertes. Le film n’est pas à prendre comme un récit de ce qui s’est passé, mais plutôt comme un récit de ce que les gens se souviennent avoir vu. La différence n’est pas évidente au premier abord, mais est pourtant essentielle.

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