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Titanic Valour, The Life of Fifth Officer Harold Lowe

Posté par Antoine le 10 juillet 2013

Le naufrage du Titanic suscite chez chacun des réactions personnelles. Chez certains, un protagoniste particulier attire l’attention, entraînant des travaux et recherches biographiques. Des travaux de ce genre ont ainsi pu être menés sur les musiciens de l’orchestre, Thomas Andrews, certains passagers fortunés… Parmi eux, les officiers jouissent d’un certain succès, et plusieurs se sont déjà vus consacrer des biographies, notamment William Murdoch et Charles Lightoller. Un personnage de premier plan manquait jusqu’à il y a peu de documentation, l’officier Harold Lowe, souvent considéré comme le héros du naufrage. Grâce à Inger Sheil, ce vide est désormais comblé avec Titanic Valour.

Titanic Valour, The Life of Fifth Officer Harold Lowe dans Coup de coeur titanic-valour-fcp1

Harold Lowe est-il le héros du naufrage ? Probablement pas autant qu’on pourrait le penser car, s’il est effectivement revenu chercher d’éventuels survivants, il a attendu que les cris s’amenuisent pour assurer sa sécurité (décision pleine de bon sens, par ailleurs). En cela, plusieurs autres canots ont aussi su récupérer des gens tombés à l’eau. D’autres hommes ont sauvé des vies, aidé bien des gens, et mériteraient le titre (souvent galvaudé et généralement malvenu) de « héros ». Il n’en reste pas moins qu’Harold Lowe est l’un des acteurs de premier plan de cette nuit là. On peut donc être un peu gêné par la quatrième de couverture et au prologue, qui semblent faire de Lowe le héros absolu, « l’homme qui est revenu » : doit on craindre des failles de neutralité ?

Fort heureusement, le travail d’Inger Sheil se révèle irréprochable de ce point de vue. Lowe est abordé avec recul, y compris certains aspects qui « fâchent » comme le racisme dont il aurait fait preuve durant le naufrage, selon certains témoins. Loin du panégyrique, l’ouvrage aborde l’homme sous tous les angles. Le livre peut sembler assez court (150 pages environ), il est pourtant plus que complet, et passionnant. La partie consacrée au Titanic n’occupe qu’une quarantaine de ces pages sans pour autant ignorer les aspects importants de cette aventure. On redécouvre notamment les relations de celui qui était un « étranger à bord » (il n’avait jamais servi sur l’Atlantique nord) avec ses collègues ; en quoi consistait son travail d’officier, quelles furent ses actions ce soir là.

Mais le livre d’Inger Sheil se révèle surtout précieux sur l’avant et l’après Titanic. La connaissance de la vie de Lowe se limitait généralement à sa naissance, son départ de la maison pour rejoindre la marine, une carrière peu connue, une entrée à la White Star sur les lignes australiennes, une absence d’avancement après le naufrage, un service dans la Navy et une retraite après guerre. Ce sont ces zones de vide qui sont désormais comblées. On découvre ainsi la famille Lowe, qui paya fort malheureusement un lourd tribut aux eaux. On apprend aussi quelle fut l’évolution de la carrière de Lowe, d’abord sur des voiliers, puis dans des cargos de moins en moins miteux. La Première Guerre mondiale est également détaillée, avec un épisode dont on est surpris qu’il soit passé inaperçu : Harold Lowe a en effet été envoyé avec son navire à Vladivostok pour lutter contre les Bolchéviques, et y a passé plus d’un an dans des conditions difficiles. Plus encore, on découvre que, loin d’avoir pris sa retraite après-guerre, il a continué à servir la White Star pendant dix ans, sans vraiment être récompensé pour sa fidélité. Enfin, on découvre un homme impliqué dans la vie de sa communauté, en dépit d’une fin de vie laborieuse.

Ces découvertes ont été permises par la proximité de l’auteur avec la famille d’Harold Lowe, ce qui lui a permis d’accéder aux souvenirs et archives familiales, notamment à de nombreuses photos.  Seize pages d’images complètent d’ailleurs le livre, et on découvre avec joie qu’aucune des photos de l’officier présentées ici ne sont connues. Au final, c’est un livre très agréable, qui se lit vite, qui nous est offert. Sorti en 2011, il est encore trouvable à très bon prix. Une occasion à saisir, tant on sait que les biographies d’officiers, une fois épuisées, peuvent atteindre des prix astronomiques.

Inger Sheil, Titanic Valour, The Life of Fifth Officer Harold Lowe, The History Press, 2011, 159 p.

 

Les plus

  • Un livre clair et bien écrit, qui se lit facilement et rapidement.
  • Des recherches totalement inédites et passionnantes, qui nous montrent à quel point Harold Lowe est un homme méconnu.
  • Les illustrations inédites ajoutent beaucoup au cachet du livre.
  • Un prix encore très accessible.

 

Les moins

  • Le résumé et la préface sombrent un peu trop dans l’éloge du héros, sans, heureusement, que le contenu du livre soit atteint.

Publié dans Coup de coeur, Livre spécialisé | Pas de Commentaires »

La Minute de vérité

Posté par Antoine le 31 mai 2011

Les documentaires sur le Titanic sont souvent inégaux. On en trouve des très précis et de bonne qualité, des intéressants malgré leurs partis pris parfois gênants… et des tout pourris. L’épisode de la série La Minute de vérité consacré au Titanic entre clairement dans cette dernière catégorie, et y occupe vraisemblablement la première place. Voyons plutôt. Les plus fous d’entre vous peuvent dores et déjà aller s’abimer les yeux ici.

 

La Minute de vérité dans Documentaire 39851.ThumbL

 Il est beau, hein ? Non, je rigole.

La Minute de vérité est une série documentaire américaine produite par National Geographic, mais qui se révèle ici bien en dessous de la bonne réputation de ses auteurs. Prenons la forme tout d’abord. Il s’agit d’un documentaire tantôt fiction tantôt investigation, mais rassurez vous, aucune partie ne vient rattraper l’autre. En ce qui concerne la fiction, on nous gratifie donc pour la forme d’un Titanic virtuel fort laid et plus large que haut (voir ci-dessus), alors que dix ans plus tôt, Cybeflix était déjà capable d’en réaliser un plus convainquant. Nous avons également droit à un jeu d’acteurs digne d’un épisode d’Hélène et les garçons, la palme allant au pauvre capitaine Smith, qui, comme son navire, a gagné en largeur ce qu’il a perdu en hauteur, y compris au visage. Passons. On a également, bien entendu droit à la voix off rauque qui nous gratifie d’une phrase d’introduction fort originale : « On le croyait insubmersible… c’était une erreur ». Et tant qu’on y est, histoire de faire croire qu’on est dans 24h Chrono, on a aussi le décompte des heures, minutes, secondes, à la minute près (oui, Smith a inspecté le fond du navire à 23 h 48 pile), et tant pis si dans les faits, les historiens se cassent la tête sur les heures trop vagues depuis des lustres…

Côté investigation, c’est encore mieux : on nous sort ici le capitaine de frégate des gardes côtes américains, chargé de « trouver le responsable » et d’expliquer ce drame « dont personne n’a jamais vraiment compris les causes ». Vous l’avez bien compris, personne. Marrant quand même : j’avais quelques papiers sans prétention sur le sujet avant 2007, date de réalisation du documentaire. Passons. Notre capitaine, que nous appellerons capitaine La Palisse, nous sort des propos d’une originalité formidable. Le brave homme a une théorie qu’il juge être un regard nouveau sur le drame : le Titanic n’a pas coulé à cause d’un élément, mais du cumul de plusieurs petits problèmes. Pour ne pas choquer sa sensibilité, nous ne lui dirons pas que l’historien Walter Lord en parlait déjà en 1955, et qu’il n’était probablement pas le premier. Notre amie la voix rauque nous explique également que le capitaine est « chargé de rouvrir l’enquête ». Je ne savais pas que le dossier avait été rouvert de façon officielle, mais ça fait plus classe dit comme ça.  En parlant de classe, notre homme a d’ailleurs dans un premier temps l’idée fixe de trouver le responsable du drame, et, passant en revue plusieurs membre d’équipage, va jusqu’à parler du « principal suspect ». Après 24 heures, on est dans Les Experts. Les américains aiment la mise en scène.

les-experts dans Pas une grosse perte

La Minute de vérité : mieux que Les Experts !

Passons donc au fond. Eh bien, force est d’avouer que ce documentaire le touche, et continue à creuser jusqu’à trouver du pétrole. Les erreurs s’accumulent à une vitesse accablante : on nous parle de William Murdoch, commandant en second (il était pas premier officier ?) ; on zappe totalement les personnages, pourtant clés, de Thomas Andrews et Bruce Ismay ; le Titanic ne coule plus à 2h20 mais a 1h45, et en un seul morceau ; on nous explique qu’il était « une fois et demie plus grand que le Mauretania » (ce qui tape dans les 390 m… à 100 près, on va pas chipoter)… Bref, bravo la rigueur et les recherches précises : nos amis historiens ont eu leurs diplômes dans un Happy Meal de chez McDo. Et ce ne sont là que de petites erreurs sans conséquence : par moment, on nous raconte carrément n’importe quoi, comme lorsque la voix off nous explique que « les constructeurs étaient si confiants qu’ils ont mis à bord moins de canots que nécessaire », et que « la presse s’est emballée face à tant d’audace ». Rappelons juste que c’était la règle à l’époque : La Minute de vérité redéfinit le concept d’audace : être audacieux, c’est faire comme tout le monde. Le monde est rempli de gens audacieux. On nous explique aussi que le Californian serait arrivé sur les lieux en à peine une demi-heure, alors que les historiens s’étripent sur le sujet depuis 100 ans, mais on n’est plus à cela près.

Et que dire de la démarche de ce cher capitaine La Palisse lorsqu’il tente de découvrir le terrible et vil coupable ! Il s’attaque tour à tour à Phillips, l’opérateur radio qui n’a pas écouté le Californian, puis au commandant Smith, qui allait trop vite, ou encore l’inattention des vigies. Rechercher à tout prix un coupable : voila de la méthode historique ! Lui aussi aurait donc pris un Happy Meal ? À chaque fois, par chance, il a l’intelligence de faire appel à des experts, qui lui démontrent que ces braves gens n’ont rien de coupables et se conformaient aux pratiques de l’époque. On est assez étonné (et positivement, pour une fois), que Bruce Ismay, alias Mr. Bouc émissaire, n’apparaisse pas. J’avoue que je l’ai attendu jusqu’à la fin, m’attendant à le voir apparaître sous les traits du Diable détournant l’iceberg en direction du paquebot.

 

J. Bruce Ismay se demande encore par quel miracle il ne s’est pas fait démolir dans ce documentaire

Vient finalement la partie la plus intéressante et rigoureuse du documentaire. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. Elle est tout aussi mauvaise, mise en scène et ratée que le reste, mais au moins, on n’y voit pas (trop) d’absurdités, ce qui fait qu’au regard du reste du documentaire, c’est un chef d’oeuvre. Bien entendu, notre ami La Palisse enfonce plus de portes ouvertes qu’un policier un peu trop imbibé, et tente de mettre à l’épreuve la théorie de la longue brèche de plusieurs mètres qui aurait éventré le navire… Théorie déjà démontée et abandonnée depuis les années 1990. 15 ans après la guerre, on sent l’inédit. Il tente aussi de voir si l’incendie qui faisait rage avant le naufrage dans une soute a charbon a pu jouer un rôle, mais un spécialiste charitable lui suggère d’oublier cette hypothèse, avant qu’il ait eu le temps de se ridiculiser. Dommage. Finalement, il s’attaque à la dernière hypothèse, l’hypothèse en béton : les rivets trop fragiles. Et attention, avec des expériences scientifiques et tout à l’appui (d’une rigueur douteuse, mais on va faire comme si). Et La Palisse de nous expliquer que grâce à cette expérience… on a enfin résolu l’énigme du Titanic. Mouais. Sauf que c’est bien gentil, mais le coup des rivets, il est sorti bien avant lui. Rien de nouveau sous le soleil donc.

Et le documentaire finit en fanfare, la voix off nous expliquant ce qui s’est véritablement passé ce soir là. Grosso modo, on nous remet le docu-fiction du début avec une précision de plus sur les rivets, et bonne soirée à vous. Depuis une heure, on essaie de nous apporter « les causes du naufrage, cachées depuis longtemps », et au final, le documentaire nous résume ce qui était déjà connu… en s’attribuant les mérites de la découverte. Ces gens sont géniaux, ont une honnêteté à faire pâlir Patrick Balkany, et viennent de passer leur temps à démontrer ce que l’on savait déjà. La prochaine fois, ils découvriront que les crimes de Jack l’éventreur ont été commis par… Jack l’éventreur. J’ai hâte de voir le résultat.

Non, franchement, en fait, c’était pas la peine de cliquer sur le lien que j’ai donné au début.

 

Les plus

  • Difficile d’en trouver. Comme un mauvais travail d’écolier maladroit, on a envie de dire qu’ils ont essayé en y mettant de la bonne volonté, nous ont sorti deux ou trois images d’archives et un témoignage assez original qui nous change des classiques. Ils ont aussi la décence de faire invalider leurs hypothèses par des experts.
  • Au moins, J. Bruce Ismay n’est pas choisi comme coupable idéal comme le font d’habitude les Américains. En fait, il n’apparaît même pas.

Les moins

  • Un documentaire truffé d’erreurs qui montrent que les recherches ont été faites à la va-vite
  • Une manie quasi maladive de retrouver le coupable… mais pas l’iceberg, ce serait trop facile.
  • La mise en scène assez pathétique avec musiques d’ambiance, minutage à l’écran et plans « émotion ». Et encore, je vous ai pas parlé du naufrage avec la musique qui fait pleurer, les visages abattus, les flashbacks… et la mauvaise heure.
  • Un sentiment d’inachevé, de travail bâclé, qui fait qu’on n’accorde aucun crédit à ce documentaire, et par conséquent aux autres de la série. À éviter  tout prix, donc.

Publié dans Documentaire, Pas une grosse perte | 5 Commentaires »

 

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