Nous étions à bord du Titanic

Posté par Antoine le 22 janvier 2012

L’année du centenaire voit le Titanic revenir à l’honneur dans les librairies francophones, et c’est tant mieux. Historien de marine auteur d’une trentaine d’ouvrages, Gérard Piouffre avait déjà publié en 2009 l’excellent livre Le Titanic ne répond plus qui, tout en restant simple d’accès, faisait rigoureusement le tour de la question. Il récidive cette année avec Nous étions à bord du Titanic, publié chez First Editions. Que se cache-t-il derrière la superbe couverture de l’ouvrage ? C’est ce que je vous propose de découvrir.

Nous étions à bord du Titanic dans Coup de coeur 9782754029773FS

Si Le Titanic ne répond plus avait pour but de relater l’histoire du Titanic comme un roman, mais de façon rigoureuse, Nous étions à bord du Titanic opte pour une forme beaucoup plus souple et ludique. Le parti pris est ici de raconter l’histoire du navire jour par jour, du 27 mars au 15 avril 1912 (l’accent étant bien entendu mis sur les derniers jours) en recoupant les points de vue de différents acteurs du drame. Ils sont venus, ils sont tous là : Edward Smith, Charles Lightoller, le commissaire McElroy, le chef mécanicien Bell, Violet Jessop, Harold Bride et Jack Philips pour citer l’équipage ; Madeleine Astor, Lawrence Beesley, William Thomas Stead et Helen Churchill Candee parmi les passagers. Et la liste n’est pas exhaustive. Chacun nous raconte, comme dans un journal intime, sa vision de la journée, des événements ; McElroy nous fait découvrir l’approvisionnement du navire ; les opérateurs radio nous racontent leur travail, et le lecteur éteint l’incendie de la soute à charbon aux côtés des mécaniciens et chauffeurs.

C’est là la grande qualité de Nous étions à bord du Titanic. Le style fluide de Gérard Piouffre aide à aborder de nombreux aspects, parfois techniques, sans forcément s’en rendre compte. La lecture est aisée, aidée par la présentation du livre écrit gros. Les pages défilent vite, et l’on découvre la vie à bord, comme si on y était. Car c’est finalement là le but de Nous étions à bord du Titanic : nous faire revivre la seule et unique traversée du géant, de ses préparatifs à sa fin prématurée. Le naufrage lui même n’occupe qu’une part assez réduite de l’ouvrage, et n’est pas racontée de la façon la plus détaillée qui soit (c’était au demeurant déjà le cas dans Le Titanic ne répond plus), mais on en sait suffisamment pour avoir une vision globale de l’événement. De même, la construction du navire et les suites de son naufrage sont rapidement expédiées en quelques pages d’introduction et de conclusion. L’objet du livre est véritablement de nous faire découvrir la vie à bord du Titanic, sous tous les points de vue possibles. Et cet objectif est atteint haut la main.

Que le lecteur ne cherche donc pas une synthèse scientifique des événements, d’autres livres sont nettement plus adaptés. Qu’il ne cherche pas non plus un livre où tout est certain : par moments, l’auteur a dû faire un travail d’imagination pour compléter certains « vides », mais sans jamais trahir l’esprit du Titanic. Rien n’est aberrant, rien n’est à proprement parler irréel, et les ajouts sont anecdotiques. De fait, Nous étions à bord du Titanic ne sera jamais un ouvrage de référence en « titanicologie » . Il sera en revanche un choix plus qu’appréciable pour ceux qui veulent redécouvrir une époque disparue, ou bien aborder l’histoire du Titanic en néophyte. Ce livre, destinés aux publics de connaisseurs comme aux nouveaux venus, sera certainement une bien belle porte d’entrée pour beaucoup de futurs Titanicophiles poussés par le centenaire.

 

Les plus

  • Facile à lire, style fluide, le texte est écrit gros et le livre est beau et bien fait
  • Les nombreux points de vue permettent d’aborder les choses sous tous les angles, de la passerelle à la salle des machines en passant par les salons du Titanic.
  • Une reconstitution très vivante de la vie à bord du paquebot

 

 

Les moins

  • Le naufrage est peut-être sous-évoqué par rapport à la traversée et à sa préparation.
  • Attention : ce n’est pas à proprement parler un ouvrage historique (dans le sens d’ouvrage de référence sur le sujet), mais plus une reconstitution très fidèle de la traversée, qui prend parfois quelques libertés avec la vérité pour reconstituer les vides.

 

 

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Du changement pour le centenaire !

Posté par Antoine le 22 janvier 2012

2012 est arrivée ; cette nouvelle année est, bien entendu, très chère aux Titanicophiles de tous horizons. Il faut dire que l’actualité nous a « gâtés » avec le naufrage du Costa Concordia, qui rappelle à la presse le naufrage du Titanic et le remet sous les projecteurs. En cette année, les nouveaux livres vont fleurir (ils fleurissent déjà, au demeurant), les anciens vont ressortir, et nous allons être abreuvés de bon, de très bon… et d’immonde. Plus que jamais, Biblio-Titanic sera là pour essayer de vous permettre de distinguer le bon grain de l’ivraie.

Nouvelle année signifie également nouvel habillage, pour rajeunir et donner un peu plus de classe à ce blog qui en avait bien besoin. Le contenu évolue également en essayant de mettre plus que jamais l’accent sur votre participation : une nouvelle page a vu le jour à cet effet. Cette année verra toujours plus de critiques, d’interviews et, je l’espère, quelques surprises !

Enfin, à l’aube de cette année de centenaire, pensez à renouveler (ou inaugurer) votre inscription à l’Association Française du Titanic, qui prépare bien des événements pour cette année de commémoration.

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Rencontre avec Senan Molony

Posté par Antoine le 4 janvier 2012

Senan Molony est un auteur irlandais très prolifique dans le domaine du Titanic : avec des dizaines d’articles sur Encyclopedia Titanica et plusieurs ouvrages à son actif, c’est un des auteurs avec qui il faut compter. Suite à la lecture de son ouvrage consacré au Mount Temple, j’ai eu l’occasion de lui poser quelques questions sur le sujet, et plus généralement sur sa passion pour notre paquebot favori. Merci à lui pour la rapidité de ses réponses, qui complètent avantageusement son ouvrage et apportent plusieurs éléments nouveaux.

 

Biblio-Titanic : Pour la plupart des chercheurs dans le domaine du Titanic, le Carpathia et le Californian sont les deux navires les plus connus et étudiés. Comment en êtes-vous arrivés à étudier le Mount Temple ?

Senan Molony : Le Mount Temple est un navire intéressant. J’en avais entendu parler il y a de nombreuses années, même durant mon enfance. En 2004, j’ai écrit un tract préliminaire, de 44 pages grand format, à propos des contradictions dans son histoire – j’entends principalement par là les arguments ridicules donnés par le capitaine lors de l’enquête américaine – et j’exprimais l’espoir que d’autre pourraient vouloir pousser plus loin l’enquête. À cette époque, j’étais très occupé avec nos jeunes enfants.

Par la suite j’ai décidé de faire le travail moi même. C’est un scandale que les allégations à propos du Mount Temple n’ont jamais été proprement étudiées à l’époque, et le livre qui a émergé de mes recherches après nombre de soucis et de dépenses a fini par être appelé Titanic Scandal.

C’est le seul livre à propos du Mount Temple, qui était le premier navire à voir le Carpathia le matin suivant pendant que la récupération des canots du Titanic était encore en cours. Je suis très satisfait, je ne vais pas dire fier, mais aussi heureux d’avoir écrit la première grande étude de cet important acteur du drame.

 

B.-T. : Combien de temps ont pris vos recherches sur le sujet ?

S.M. : Trois ou quatre ans une fois que j’ai sérieusement décidé de m’y lancer. Bien entendu, je savais déjà beaucoup de choses à propos du Mount Temple et j’avais un certain nombre de cartes postales de lui et ainsi de suite. J’ai deux photos de lui échoué sur l’île d’Ironbound en décembre 1907, et j’ai la seule image de lui à cette époque prise depuis la mer.

La chose importante en faisant des recherches pour ce livre était de trouver qui étaient tous ces gens qui faisaient des déclarations à propos du Mount Temple dans la presse en 1912. Une déclaration sous serment est inclue dans l’enquête américaine, celle d’un certain Dr Quitzrau. J’ai trouvé qui était cet homme, découvert quelle a été sa carrière par la suite, comme chirurgien carcéral réputé, et ai obtenu les premières photographies de lui. Passager dont il est attesté qu’il était sur le Mount Temple, il aurait clairement dû être appelé à témoigner. Pas seulement des passagers – j’en ai trouvé de nombreux autres, et ai obtenu leurs photographies et biographies – mais aussi des membres d’équipage ont dit que le Mount Temple était proche du Titanic et avait regardé ses fusées alors qu’il coulait. Les Américains ont fui cette histoire car ils venaient d’être abusés par un homme nommé Luis Klein, qui disait avoir été à bord du Titanic, et le Sénateur avait peur de faire une nouvelle erreur en donnant du crédit à des histoires dans la presse. La tragédie est qu’il aurait du prendre au sérieux l’histoire du Mount Temple.

Maintenant, le capitaine Moore dit qu’il n’a vu aucune fusée, et qu’aucune autre personne n’en a vu sur son navire. Mais il dit aussi qu’il était à la position erronée du SOS à 4 heures, ce qui, comme nous le savons aujourd’hui, est à 13 miles nautiques de là où le navire a vraiment coulé. Mais voilà le souci : le Carpathia tirait aussi des fusées en venant à l’aide. Le Mount Temple aurait au moins dû voir celles-ci, selon les propres arguments du capitaine Moore. Son déni d’avoir vu des fusées n’est tout simplement pas crédible. Il y a de grandes parties de son autre témoignage qui ne sont pas dignes de confiance, mais malgré cela ces contradictions flagrantes et ces déclarations impossibles qu’il a faites ont été ignorées pendant un siècle. Il suggère qu’un navire proche du sien au début de la nuit pourrait être le navire fantôme vu par le Titanic. Mais alors le sien l’aurait pu aussi ! Mais il dit avoir été à près de 50 miles de là !

Pourquoi un capitaine tromperait-il une commission d’enquête, à part pour couvrir ce qu’il ne veut pas voir éclater au grand jour, c’est-à-dire la vérité ?

 

B-T : Quand le livre a été publié, restait-il des points que vous vouliez explorer plus en détail, des choses que vous n’avez pas réussi à trouver ? Avez-vous découvert de nouvelles choses depuis ?

S. M. : J’ai dépeint un tableau complet du Mount Temple, de son capitaine, de ses officiers, de son équipage et de ses passagers, et les photographies du navire et des personnes impliquées sont là pour le prouver.

Il y a une chose importante qui est ressortie après que j’ai écrit mon livre. L’enregistrement d’une interview donnée par le capitaine Lord du Californian en 1961, sur lequel j’avais travaillé, était amputé de deux minutes. J’ai finalement trouvé l’enregistrement en entier, mais après la publication de Titanic Scandal, et il se trouve que ces minutes manquantes contenaient une information très importante à propos du Mount Temple.

Ce que l’on savait est que le capitaine Lord s’était fait dire en 1912 par un certain Willliam Baker – qui a remporté une médaille pour bravoure l’année suivante dans l’incendie du Volturno – qu’il avait été recruté pour le voyage du retour du Mount Temple depuis le Canada (où il allait durant son voyage « Titanic« ). Il était embauché en remplacement car un officier nommé Arthur Notley avait quitté le navire subitement. Des coupures de presse de 1912 disent que Notley avait attiré l’attention du capitaine du Mount Temple sur des « signaux » de détresse, entendant par là des fusées, la nuit où le Titanic a coulé. Baker déclarait que durant le voyage de retour, les officiers du Mount Temple lui avaient dit que leur navire était le « navire fantôme » vu par le Titanic. Ils se sont par la suite désolés que le capitaine Lord ait été blâmé à tort.

L’officier de remplacement, Baker, a contacté le capitaine Lord et lui a donné ces informations. L’officier Notley a ensuite rencontré le capitaine Lord à Liverpool suite à cela, et – quand on y pense – Notley n’aurait fait cela que s’il avait des informations importantes à apporter. Il a demandé à ce que ce qu’il rapportait reste secret, car il était toujours employé par la compagnie qui possédait le Mount Temple.

Maintenant, le capitaine Lord a respecté cette demande de secret, à tel point qu’il n’a pas révélé ce que lui a dit Notley lors de cette rencontre en tête à tête. De mon point de vue, Lord aurait dû obtenir de Notley la permission de faire établir un compte-rendu écrit de tout cela, qui n’aurait pu être ouvert qu’après la mort de Notley. Cela n’a pas été fait, et il n’y a donc aucune information sur ce qu’a dit Notley. Je ne pouvais rien faire d’autre dans mon livre que de demander à mes lecteurs de réfléchir à ce qui a le plus probablement pu se dire entre eux. Pourquoi demander le secret si vous dites que votre navire n’a rien vu, comme le déclare le capitaine Moore ?

Quoi qu’il en soit, pour revenir au segment manquant de la bande de 1961. Il contenait une toute petite référence à cette rencontre avec Notley ! C’est longtemps après la mort de Notley, et Lord déclare sur la cassette : « Il [Notley] a vu – ils ont vu les feux verts de leur navire, m’a t-il dit. Et son avis est que nous n’étions pas ce navire. »

L’interviewer demande alors au capitaine Lord : “Que savait-il ?” et il répond : “Il a vu ce navire là. Et il savait tout ce que faisait le Mount Temple.”

Quand Lord dit que Notley « avait vu ce navire là », il ne peut faire référence qu’au Titanic. Le paquebot de la White Star Line était toujours à flot. Cela indique vraiment que le Mount Temple était le navire fantôme… bien entendu, nous n’avons que les paroles du capitaine Lord pour l’étayer, mais il est également apparu par la suite que le seul fils de Lord a déclaré suite à la mort du capitaine Lord, un an après cet enregistrement, que son père avait cru toute sa vie que le Mount Temple était le navire fantôme du Titanic. Il savait que le sien ne l’était pas !

 

B-T : Pouvez-vous rapidement expliquer votre point de vue au sujet du « navire fantôme », et comment a t-il évolué depuis la publication de votre livre ?

S. M. : Quiconque s’intéresse au « navire fantôme » (au lieu de se précipiter sur le Californian) devrait lire le témoignage de l’officier du Titanic Joseph Boxhall, tant à Washington qu’à Londres. On lui a demandé d’entrer en contact avec lui par lampe Morse, et il l’a observé avec des jumelles. C’est le témoin numéro un. Le capitaine Smith l’a également étudié avec des jumelles, mais le capitaine du Titanic est mort.

Le Californian était arrêté cette nuit-là, mais Boxhall mentionne à plusieurs reprises un navire mystérieux en approche, en mouvement, qui s’est étonnamment arrêté, puis est parti. S’il vous plait, lisez son témoignage !

Le Californian a vu des fusées à basse altitude en direction d’un petit ou moyen navire qui était arrêté, comme lui, au bord du champ de glaces. Les officiers du Californian Stone et Groves ont tous les deux dit que le navire était « stoppé dans les glaces ». Nous savons tous que le Titanic a heurté un iceberg isolé et n’a jamais atteint le champ de glaces.

Nous parlons donc de deux paires de navires. Il y avait une paire au nord, qui est composée du Californian et de ce navire proche de lui, tous les deux près du champ de glaces. Et il y avait une autre paire 20 miles au sud – le Titanic, immobile après la collision, et un navire mystérieux qui s’approche, stoppe, et s’en va finalement. Le Californian n’a jamais bougé, de dix heures vingt à six heures du matin. Il a vu des fusées à basse altitude, mais celles du Titanic montaient haut. Donc ils étaient très distants l’un de l’autre.

Les preuves suggèrent que le navire mystère venait de l’ouest, à l’inverse de la direction vers laquelle le Titanic se dirigeait, et répondait peut-être au CQD/SOS, ce qui indique qu’il avait la radio. Le Mount Temple a entendu les appels de détresse du Titanic. Pourquoi n’a t-il pas envoyé de messages lui-même durant la nuit alors qu’il tentait de porter assistance ? Pensez à cette énigme : il a atteint la position du SOS, et n’a pourtant rien dit.

Les officiers Boxhall et Pitman suggèrent tous deux que le Titanic a stoppé en direction de l’ouest. Si c’est le cas, alors le navire mystère a très vraisemblablement stoppé car il était bloqué par le champ de glace qui s’étendait du nord au sud. Le « navire fantôme » aurait ainsi été à l’ouest du champ de glaces, tandis que le Titanic était à l’est. Le matin suivant, le Mount Temple était à l’ouest de celui-ci et le Carpathia à l’est.

 

B-T : D’un point de vue plus personnel, quand et comment avez-vous commencé à vous intéresser au Titanic ? Outre la controverse du « navire fantôme », quels sont les aspects que vous aimez le plus dans cette histoire ?

S. M. : Je m’intéresse au Titanic depuis que je suis petit garçon. Quand l’épave a été découverte en 1985, mon intérêt s’est à nouveau embrasé. J’ai alors découvert que les noms officiels des passagers irlandais qui ont embarqué à Queenstown (Cobh) pendant sa dernière escale le 11 avril 1912 étaient tous faux. J’ai publié un livre en 1999 intitulé The Irish Aboard Titanic (Les Irlandais à bord du Titanic) qui corrigeait ces noms, donnait les véritables identités et leurs histoires, et publiait de nombreuses photographies d’eux pour la première fois. Le même livre ressort pour le centenaire avec de nouvelles photographies et informations, car la première édition est maintenant très rare et extrêmement chère. Ce livre était la première de mes recherches approfondies sur l’histoire du Titanic.

Je pense que les fous du Titanic peuvent se diviser entre les « techies » et les « non-techies« . Vous connaissez les « techies« , les gens intéressés par les  dispositifs de rejet des cendres, les machines alternatives, les questions structurelles, ingénierie et les mathématiques du navire. Je serais plutôt un « non-techie« , plus une personne intéressée par les gens. Et je suis peut-être inhabituel en cela que je suis très, très intéressé par les navires qui étaient dans les environs cette nuit-là. Il est très probable, de mon point de vue, que d’autres navires ont vu les fusées du Titanic ; le Times de Londres a calculé en 1912 qu’elles auraient pu être vues dans un rayon de plus de 20 miles.

 

B-T : Avez-vous de nouveaux projets en rapport avec le Titanic ?

S. M. : Je pars toujours en même temps dans différentes directions. J’ai écrit plus de 60 articles de recherche qui sont disponibles gratuitement sur le site Encyclopedia Titanica. J’aime collecter des photographies et objets authentiques liés au Titanic.  J’ai une médaille du Carpathia, une carte Marconi de l’Atlantique nord en 1912 originale (je pense que c’est la seule hors des archives de la Marconi), des douzaines de photographies originales, une carte postale envoyée par un couple de troisième classe qui a disparu dans le naufrage, envoyée de Southampton le jour du départ, une feuille de paie pour le Titanic d’un chauffeur rescapé, et beaucoup d’autres choses. J’aime ajouter des choses à ma collection et j’espère le faire pour des dizaines d’années encore.

En ce qui concerne un quelconque projet d’écriture qui pourrait m’intéresser dans le futur, je préfère garder ça pour moi pour le moment ! Mais j’attends avec impatience la croisière du centenaire en avril 2012, durant laquelle je vais donner quelques conférences à bord. Je pense que quiconque a de l’intérêt pour le Titanic peut s’attendre à une vie de fascination. J’ai de nombreux amis français qui sont passionnés par le sujet et font des choses intéressantes. Nous ajoutons tous à une mosaïque d’informations à notre propre manière. Les gens doivent penser à partir de zéro, et ne pas avoir peur de se trouver du mauvais côté de la « sagesse conventionnelle ». Car je vous promets une chose : une grande part de ce que nous pensons « savoir » sur le Titanic est très probablement complètement faux. Après tout, jusqu’à 1985, le monde pensait qu’il avait coulé intact dans un endroit à 13 miles de là où a été trouvée l’épave. De nouvelles découvertes sont possibles. J’aimerais trouver les dépositions données par les membres d’équipage à leur retour. Très peu ont été appelés ; quelles vérités cachées résident dans ces autres dépositions ?

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Titanic Scandal, the Trial of the Mount Temple

Posté par Antoine le 31 décembre 2011

Comme tous les sujets historiques populaires, le naufrage du Titanic n’a pas échappé à son lot de controverses et de théories plus ou moins sérieuses. Plusieurs fois, des auteurs ont tenté de nous expliquer dans leurs livres que le Titanic avait coulé parce que le quartier-maître ne connaissait pas sa gauche et sa droite, ou même qu’il n’a jamais coulé. De fait, un ouvrage au titre aussi sensationnaliste que « Titanic scandal », « Le scandale du Titanic« , pouvait pousser à douter. Le fait qu’il soit écrit par Senan Molony, auteur prolifique sur Encyclopedia Titanica et chercheur émérite était certainement la seule chose qui le séparait de la pile des livres conspirationnistes à jeter. Pourtant, force est d’avouer que Molony nous présente ici des faits pour le moins intéressants, et de façon plutôt bienvenue.

 Titanic Scandal, the Trial of the Mount Temple dans In english please ! titanic-scandal-the-trial-of-the-mount-temple

Petit rappel historique, tout d’abord. Lorsque le Titanic sombre, un certain nombre de passagers et membres d’équipage aperçoivent au loin les feux d’un navire qui demeure immobile et ne répond pas. Le suspect le plus souvent retenu est le Californian, bien que les preuves actuelles tendent à dire qu’il était trop loin. Le paquebot canadien Mount Temple était également proche du lieu du drame, mais à l’ouest d’un gigantesque champ de glace qui l’a empêché d’atteindre le navire à temps. Pour Molony, le Mount Temple est ce navire « fantôme », et de nombreuses preuves ignorées par les commissions d’enquête, peuvent le démontrer. Il entend donc, près de cent ans après, dresser le procès du Mount Temple, et plus précisément celui de son capitaine, Moore.

Procès n’est ici pas une image puisque le livre est présenté sous cette forme, avec exposé des faits, intervention des témoins (par le biais de leurs déclarations originales), réfutation des arguments de l’auteur par l’avocat du capitaine, conclusion… La forme rend ainsi le tout assez ludique. Autre avantage ? En choisissant cette forme, Molony accepte la contradiction, et relève même le défi de critiquer ses propres arguments. Un chapitre entier, en guise d’avant-conclusion, donne la parole à la défense de Moore, et la conclusion donne la part belle à ceux qui ne seraient pas d’accord avec cette théorie. D’ailleurs, Molony le dit dès le début de son ouvrage : « je ne fait qu’exposer des faits, à vous de voir s’ils vous conviennent ou pas ». Bref, c’est une façon de penser que je juge honnête, et qui, en cela, donne au livre une meilleure honnêteté historique que celui de Daniel Allen Butler, qui ne tolérait aucun argument pouvant contredire son raisonnement.

Le livre de Molony nous donne un grand nombre d’arguments de taille : incohérences dans les témoignages, désertions étranges, questionnements sur les positions des navires, sur les vides dans le livre de bord du Mount Temple qui, pourtant bien rempli les autres jours, ne dit rien entre le 14 et le 19 avril… Un travail de recherche énorme a été fait, et tous les événements sont racontés en détail, dans près de 250 pages. Le tout est accompagné de très belles illustrations et de documents. Les annexes contiennent entre autres les retranscriptions des listes d’équipage et de passagers du navire. Bref, le travail n’a pas été fait à moitié.

C’est peut-être, en fait, le problème de cet ouvrage. Le sujet est complexe, très complexe, et Molony a ici créé un véritable travail d’historien, en essayant d’en mettre le maximum. Chaque intervenant est ainsi présenté en détail : presque tout ce que l’on en sait est exposé pour donner au lecteur un maximum de clés. De fait, Molony a sacrifié l’aspect commercial et accessible de son livre au profit de son exhaustivité et de sa précision. On ne va pas s’en plaindre, c’est certain, mais le livre est à réserver à un public bien entrainé, qui connait l’histoire du Titanic, et qui maîtrise convenablement l’anglais.

Senan Molony, Titanic Scandal, the Trial of the Mount Temple, Amberley Publishing, 2009, 256 p.

 

Les plus

  • Une étude unique sur un acteur du drame qui n’en avait jamais bénéficié : le Mount Temple
  • De nombreux arguments et illustrations posant une théorie bien pensée et étayée
  • L’auteur garde une certaine ouverture d’esprit en donnant également les arguments allant à l’encontre de sa théorie et en laissant au lecteur le choix d’établir sa propre opinion sur le sujet.

 

Les moins

  • Parfois très complexe : des schémas sur les positions des navires estimées par l’auteur pour détailler son idée auraient été les bienvenus.
  • Les recherches ont été très approfondies, et tout est dit dans le livre. Ce n’est pas à proprement parler un point négatif, mais cela complexifie fortement la lecture.
  • On peut être déçu que la carrière du Mount Temple avant et après l’épisode du Titanic ne soit que très peu évoquée. Un chapitre explicatif aurait été bienvenu, puisque c’est ici, finalement, le seul protagoniste à ne pas faire l’objet d’une biographie détaillée. La traversée d’avril 1912 est en revanche remarquablement détaillée.

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Britannic

Posté par Antoine le 28 décembre 2011

Lorsque j’étais encore un innocent écolier de primaire, mais déjà fiché « Titanicophile », un ami connaissant ma passion m’avait un jour dit : « Mon père a trouvé un film un peu copié de Titanic, ça s’appelle Britannic ». Il ne s’agissait pas d’un plagiat, mais d’un téléfilm consacré au sort du jumeau du Titanic, le Britannic, coulé en 1916 suite à une explosion dont l’origine prête encore aujourd’hui à polémique. Pourtant, il est clair que ce téléfilm de Brian Trenchard-Smith sorti en 1999 a clairement surfé sur la vague du Titanic de James Cameron. Que vaut-il ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

Affiche du film

L’action prend donc place en 1916, lors de la dernière traversée du paquebot transformé en navire-hôpital. Une épouse de diplomate, ses deux enfants, et leur gouvernante embarquent à bord du Britannic pour rejoindre leur proche. La famille ignore que la gouvernante, engagée sur le tard, est une espionne au service du Royaume-Uni, chargée de protéger le navire d’agents secrets travaillant pour l’ennemi. Et elle va avoir du travail, puisqu’un vil teuton a assassiné l’aumônier du navire et pris sa place. Sur fond de romance entre les deux agents, qui ignorent bien entendu leurs affiliations respectives, les Allemands tentent de couler le navire (qui transporte des armes au Caire), tout d’abord en organisant une mutinerie au sein des chauffeurs et soutiers irlandais, puis en demandant à un sous-marin de torpiller le paquebot. Notre espionne parvient cependant à contrecarrer ces plans, sans jamais trouver leur instigateur. Lorsqu’elle le démasque enfin, il déclenche sous ses yeux une explosion fatale au navire. Mais, héros au grand cœur, il fait tout pour l’aider à sauver les enfants dont elle a la charge. Elle même redescend le sauver lorsqu’il se trouve en difficulté (oui, on fait dans l’originalité), et tous deux s’échappent finalement du navire. Arrivés dans un canot vide aspiré par les hélices, ils doivent faire face à une mort certaine. L’agent du Kaiser fait alors preuve d’un formidable héroïsme en se sacrifiant pour permettre à sa douce de se mettre en lieu sûr. Sur fond de musique qui fait pleurer, on assiste à la triste fin du navire, puis à d’authentiques vues de son épave avec textes pour nous indiquer qu’il a existé pour de vrai. Fin.

D’un point de vue historique, que vaut cette histoire ? Pas grand chose, il faut bien le dire. Le Britannic n’aurait en aucun cas transporté de tels passagers, puisqu’il était navire-hôpital. Il est par ailleurs avéré depuis la découverte de l’épave en 1975 qu’il ne transportait pas d’armes. La théorie du téléfilm tombe donc à l’eau, d’autant que la même découverte de l’épave indique clairement que le navire a été coulé par une explosion venue de l’extérieur, et non par l’intérieur comme montré ici. À cela s’ajoutent un certain nombre d’invraisemblances : il est probable que si une mutinerie organisée par l’IRA avait pris place à bord et s’était finie par un bain de sang, on en trouverait quelques traces dans les récits des rescapés. De même pour une attaque à la torpille, d’autant que dans le film, un navire de guerre secourt le Britannic.

Les héros de Britannic
Même les acteurs principaux sont désespérés de jouer aussi mal.

Avec tant d’erreurs historiques, le téléfilm perd donc une part de son crédit. Mais reste t-il pour autant un bon divertissement ? Pas vraiment. Il se permet en effet des longueurs qui ont tôt fait s’insupporter le spectateur. Les acteurs principaux, Edward Atterton et Amanda Ryan, sont tout bonnement insupportables, la palme revenant à cette dernière, dont le jeu rappelle globalement le niveau de séries comme Hélène et les garçons. Et encore. Quelques acteurs de prestige sont présents pour remonter le niveau ; Jacqueline Bisset et surtout John Rys-Davies (alias Gimli, dans le Seigneur des Anneaux et Salah dans Indiana Jones) dans le rôle du capitaine Barrett (le vrai s’appelait Bartlett, mais on n’est plus à ça près). Mais leurs rôles sombrent parfois dans la caricature, avec un capitaine bonhomme et macho, et une riche femme un peu simplette ; après tout, ils doivent mettre en valeur les (trop fades) personnages principaux, mais n’y parviennent pas. Au final, on en arrive à se demander si le Britannic était un navire hôpital, ou un asile pour imbéciles. À noter que la version française est particulièrement savoureuse, puisque totalement horrible : les enfants ont les voix les plus insupportables imaginables, façon série américaine ; l’actrice principale donne l’impression d’avoir été doublée par Amanda Lear, et tous semblent lire un texte dans un dynamisme qui ferait passer un épisode de Derrick pour un film d’action. Ajoutez à cela une musique digne d’un documentaire animalier, et des vues en 3D qui ont très très mal vieilli… Et le tableau est complet.

Remarquez qu’au moins, il est drôle à voir, pris au second degré, et si ses longueurs ne vous envoient pas dans les bras de Morphée.

 

Les plus

  • Comme à un devoir d’élève audacieux mais totalement raté, on aurait envie de dire « De bonnes idées, mais a du mal à les réaliser » : le sujet était intéressant, et le réalisateur a du mérite d’avoir essayé de le traiter. Mais c’est malheureusement son seul mérite.
  • Pris au second degré et regardé entre amis, c’est toujours drôle à voir.

 

Les moins

  • Jeu d’acteurs souvent lamentable.
  • Visuellement, le Britannic est assez laid ; et ses intérieurs sont très peu fidèles à la réalité.
  • Musique que l’on pourrait, au mieux, qualifier de somnifère. Mais au moins, ils nous ont épargné Céline Dion.
  • Respect de l’histoire proche de zéro.

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Titanic, un voyage interactif

Posté par Antoine le 10 décembre 2011

En 1996, le CD-ROM était le support de l’avenir pour diffuser la connaissance, à une époque où Internet était encore peu répandu, et dans tous les cas très lent. C’était donc le média idéal pour présenter le Titanic de façon interactive, et c’est ainsi qu’est né le CD-ROM Titanic, un voyage interactif, publié par Havas Interactive.

Jacquette du CD ROM

Sous forme de vidéos, d’images et de textes, ce programme nous propose de découvrir l’histoire du Titanic en prenant plusieurs axes. Une chronologie détaillée et illustrée permet ainsi de découvrir l’histoire du navire de sa conception aux fouilles sur son épave ; tandis que les deux plus grandes parties du logiciel reviennent sur l’histoire du paquebot, et sur son épave. Dans les deux cas, le fonctionnement est le même : des scènes vidéos introduisent et concluent le sujet en montrant des photos d’époque et dessins. Entre les deux, une image figée permet au spectateur de déclencher des vidéos plus courtes sur des sujets précis. À chaque fois, le tout est commenté par la voix batracienne de Frédéric Mitterrand, ce qui peut rendre à beaucoup les choses désagréables. Heureusement, dans la plupart des cas, on peut le faire taire et le remplacer par des textes. Ouf ! Mais ce n’est pas toujours le cas.

En ce qui concerne la partie sur l’histoire du navire, les séquences s’axent autour de la semaine qui suit le naufrage, à partir du 15 avril. Le logiciel ne se concentre cependant pas sur l’enquête et les suites du naufrage comme on aurait pu s’y attendre (même si ces points sont fort bien expliqués), puisqu’il use de nombreux flashbacks pour raconter le naufrage et la traversée. Le tout est bien documenté et était, à l’époque, une source d’information non négligeable pour un novice, même si, bien entendu, il n’ajoutait rien aux classiques littéraires du genre.

La partie sur l’épave se démarque en revanche plus. Nous sommes encore à l’époque qui précède le putsch d’Arnie Geller à la RMS Titanic Inc., et George Tulloch et Paul-Henri Nargeolet sont donc les personnages les plus mis en avant. Une introduction particulièrement intéressante présente le cheminement qui, depuis 1912, a mené à la découverte de l’épave. D’autres séquences similaires à celles sur l’histoire du paquebot lui succèdent, mais les deux morceaux les plus passionnants sont ailleurs. Le logiciel nous propose en effet une « plongée » sur l’épave : à partir d’une vue globale sur laquelle on peut se déplacer (de façon assez rudimentaire toutefois), il est possible d’accéder à des vidéos et diaporamas de différents lieux de l’épave. Le tout est particulièrement intéressant. Mais une deuxième surprise vient à la « remontée », puisque l’on découvre une galerie de quelques centaines d’objets remontés, avec un commentaire. Les pièces en question sont magnifiques, et valent le coup d’oeil.

Ces deux derniers points justifient à eux seuls l’acquisition d’un CD-ROM par ailleurs assez banal, puisqu’il n’apprendra pas grand chose à un passionné de longue date. Plus gênant, ses 15 ans se ressentent, tout d’abord d’un point de vue historique : les choses ont évolué depuis… Mais aussi d’un point de vue technique : impossible de le faire fonctionner sous Windows 7.

 

Les plus

  • Le programme fait globalement le tour du sujet pour l’époque
  • Les séquences consacrées à l’épave sont particulièrement réussies
  • Le fonctionnement est intuitif et l’interface bien conçue

Les moins

  • Frédéric « Kermit the Frog » Mitterrand
  • À l’exception des parties sur l’épave, tout le contenu peut facilement trouver des équivalents gratuits sur le net, souvent plus approfondis… et actualisés
  • Ne fonctionne pas sous Windows 7

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Un forum Titanic particulièrement sympathique

Posté par Antoine le 11 novembre 2011

Petit hors sujet puisque ce dont je vais parler n’est pas à proprement une source d’information (quoique…), mais surtout un lieu de discussion particulièrement convivial : le forum Titanic fondé il y aura demain cinq ans par Sha’re. J’y ai personnellement posé mes valises il y a presque deux ans, et je ne regrette en aucun cas mon geste.

Contrairement à beaucoup, ce forum essaie de garder des sujets propres et sans trop de hors sujet ou de fautes d’orthographe, sans pour autant être servi par des gens trop à cheval sur les règles. Les discussions y sont donc agréables et souvent passionnantes. Facile de découvrir de bonnes adresses, des recherches originales, un bon livre… D’autant que plusieurs spécialistes de bon niveau, et même certains auteurs cités ici, y sont présents. Le forum est par ailleurs devenu cette année le forum officiel de l’Association Française du Titanic.

Côté convivialité, on est aussi servi. Membres sympathiques, chats réguliers et plusieurs rencontres dans la vraie vie qui se sont révélées très agréables : on ne peut est loin de l’austérité de certains lieux. D’ailleurs, cet un bel euphémisme de dire que je m’y suis fait quelques relations : j’y ai surtout gagné de véritables amis.

Bref, le seul souci de ce forum, c’est un relatif manque de visiteurs ces temps ci (très relatif tout de même). Donc si vous n’y êtes pas encore inscrit, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

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Rencontre avec Andrew Nelson

Posté par Antoine le 4 novembre 2011

Andrew Nelson est un nom qui ne dira probablement rien à bon nombre de Titanicophiles. Pourtant, ce nom m’avait marqué dans mon enfance, tant il semblait prédestiné. Car, tout comme Thomas Andrews, cet Andrew là a (re)conçu le Titanic et l’a fait naviguer à nouveau. Andrew Nelson est en effet le concepteur du jeu vidéo Titanic, une Aventure hors du temps, qu’il a écrit et réalisé. Alors que le jeu fête aujourd’hui ses 15 ans sans avoir pris une ride, j’ai eu la chance d’interviewer l’homme qui en est à l’origine. Vous pouvez en savoir plus sur ses activités actuelles via son blog.

 

Biblio-Titanic : Avant d’écrire et de réaliser Titanic, vous avez travaillé sur Dust, un jeu de western plutôt déjanté. Comment êtes-vous passé du Far West au Titanic  ? Comment est venue cette idée ? Étiez-vous intéressé par ce navire auparavant ?

Andrew Nelson : Comme beaucoup d’enfants, je me suis intéressé au Titanic, mais la véritable motivation pour faire ce jeu est venue de ma belle-soeur, Debi Lambert, qui m’a demandé : « J’aimerais vraiment jouer à un jeu sur ordinateur, mais ils durent des heures. Peux tu faire un jeu qui ne prenne que deux heures pour être fini ? » Pendant le vol du retour, j’ai lu un article qui m’a fait me rappeler que le Titanic avait justement sombré en deux heures. C’est de là qu’est partie l’idée pour la deuxième partie du jeu. Une foi que vous avez tous les objets en main, le navire heurte l’iceberg et le joueur a alors deux heures seulement pour réunir les éléments et quitter le navire.

 

B-T : J’ai entendu dire que le célèbre historien du Titanic Walter Lord avait donné quelques indications pour la réalisation du jeu. De façon plus générale, qui s’est occupé des recherches historiques et quelles ont été vos principales sources d’information ?

A. N. : J’ai passé un après-midi à parler à Walter Lord dans son appartement de New York. Il m’a montré de nombreux objets sur le Titanic. Ca a vraiment été un merveilleux après-midi avec lui. Les principales sources d’information viennent de son livre, des rapports des audiences du congrès et d’autres sources, notamment un magazine de construction navale présentant en avant première le navire, publié en 1911.

 

B-T : Au cours du jeu, les personnages mentionnent des anecdotes sur ce qui s’est vraiment passé à bord, parlent des véritables passagers du paquebot, mais aucun de ces personnages n’est représenté dans le jeu. Ce choix était-il délibéré, et pourquoi ?

A. N. : Nous pensions qu’il serait trop difficile de recréer ces gens, et qu’il serait plus facile pour nous d’insérer des personnages fictifs – donnant aux personnages réels la possibilité d’ »exister » autour de vous, le personnage.

 

B-T : Combien de temps cela prend-t-il pour écrire un jeu comme Titanic ? Quelles difficultés avez vous rencontré ? Y-a t-il des passages que vous avez particulièrement aimé écrire ?

A.N. : Il a fallu environ quatre mois pour écrire et mettre au point le script – il était très difficile de mettre au point tous les niveaux. J’ai aimé écrire tous les passages, mais j’ai apprécié certains des personnages les plus évidemment drôles.

 

B-T : Quand il a été publié il y a 15 ans, le jeu était l’un des plus beaux réalisés et a connu de très bonnes critiques. En 15 ans, les jeux vidéos ont évolué. Que changeriez vous si vous deviez refaire Titanic aujourd’hui.

A.N. : Ce serait génial d’utiliser la puissance des processeurs et des cartes graphiques actuelles pour placer plus de gens dans les décors et créer un environnement plus largement recréé, avec encore plus de détail et de réalisme. Les personnages n’auraient pas à changer.

 

B-T : À ce sujet, de nombreuses personnes veulent voir un remake de ce jeu (il y a même une pétition !), car aucun jeu sur le Titanic produit depuis n’a su être meilleur qu’Une Aventure hors du temps. Y-a t-il une chance de voir un jour un remake de Titanic, une Aventure hors du temps ?

A.N. : Merci pour vos compliments. Je suis très surpris et heureux d’entendre qu’il y a une pétition pour le refaire. Y-a t-il un lien où jeu peux la voir ? [ici, NdR] Il n’y a pas actuellement de plan pour le refaire, mais on ne sait jamais… il pourrait peut-être y avoir un nouveau jeu sur le Titanic. C’est une des idées les plus séduisantes au sujet de ce navire, il peut être tout ce que vous voulez. C’est l’Histoire, et en tant qu’Histoire, il appartient au monde entier.

 

B-T : Sur une note plus personnelle, vous intéressez vous au Titanic ? Lisez-vous toujours des choses à son sujet depuis la réalisation du jeu ?

Oui. En écriant ces lignes, je regarde mon mur, et il y a une ancienne peinture du navire en train de couler. C’est un artiste candide qui l’a peint sur du verre. Et quand le film de James Cameron est sorti, je suis allé le voir à deux reprises. J’étais tellement heureux de voir un film sur le navire et de ne pas avoir travaillé dessus ! [Titanic de James Cameron est sorti un an après le jeu, NdR]

 

B-T : Y-a t-il un livre sur le sujet que vous recommanderiez ?

A. N. : Je commencerais, et terminerais, par La Nuit du Titanic. C’est le meilleur livre sur le sujet et il a été écrit quand des survivants étaient encore en vie et pouvaient toujours se souvenir du naufrage.

 

B-T : Quels ont été vos projets depuis Titanic ?

A. N. :  J’ai travaillé comme producteur pour Britannica.com et je suis auteur pour la National Geographic Society. Je suis actuellement professeur à l’Université de Loyola à la Nouvelle-Orléans. Concernant les jeux-vidéo, je pense qu’ils avaient besoin de s’améliorer techniquement, mais j’espère qu’ils seront capables de créer des personnages plus complètement développés et travaillés. Il est peut-être temps pour un nouveau navire de quitter le port.

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La Tragédie du Titanic

Posté par Antoine le 2 novembre 2011

La Tragédie du Titanic, par Simon Adams est le type même du livre sorti en 1998/1999 au sujet du Titanic. Classique, il fait le tour du sujet de façon relativement exhaustive et concise (60 pages), mais ne sort pas de la masse de livres de ce type parus à l’époque, comme nous allons le voir. La sortie du Titanic de James Cameron avait en effet entraîné une vague de publication telle que l’on pouvait aisément trouver ce genre de livre : pour tout dire, j’avais acheté ce livre au supermarché du coin. L’émerveillement du petit garçon que j’étais à l’époque face à ce livre doit donc être remis dans son contexte,et s’est depuis clairement tempéré.

La Tragédie du Titanic dans Ouvrage généraliste livre_t_024

Publié dans la collection de Gallimard « Les yeux de la découverte », le livre prend un format judicieux : pour chaque double page, un thème est traité. Un court texte mis en exergue le résume, puis des images légendées servent de prétexte à expliquer brièvement certains points de l’histoire du Titanic. Enfin, le tout est complété par une citation en lien avec le sujet. Ce sont là les grands points forts du livre : l’iconographie est particulièrement recherchée : photos d’époque, affiches de films, photos d’objets remontés : les pages sont très agréables à parcourir, même si internet permet aujourd’hui de les voir bien plus facilement, notamment sur le très bon Site du Titanic.

Les textes sont en revanche plus problématiques. La forme du livre les empêche parfois d’aborder tous les points de vue. Si ce n’est généralement pas gênant (encore que l’on puisse relever quelques erreurs factuelles assez mineures), on voit aussi certaines simplifications problématiques. L’affaire du Californian ou le cas Bruce Ismay sont expédiés en quelques phrases, ce qui empêche fatalement de les aborder avec impartialité.  La page la plus gênante est certainement celle intitulée « Un mauvais sort sur le Titanic ? », qui rapporte certains faits, soit sans recul (Futility, de Morgan Robertson, serait le récit quasi exact du naufrage du Titanic rédigé 14 ans à l’avance ; le livre ne précise pas qu’en réalité un certain nombre de différences existaient), soit carrément erronés : le mythe du Titanian, pêché dans un journal légèrement mythomane, est ainsi une pure légende rapportée depuis tout ce temps.

Le bilan que l’on peut faire de ce livre est donc mitigé. Intéressant pour rentrer dans le sujet ou voir de jolies images, il ne satisfera en aucun cas le passionné et ne doit surtout pas être considéré comme une source de référence sur tous les sujets. Si certaines pages sont de très bonne qualité, d’autres n’ont que peu de valeur. Un livre sympathique, mais loin d’être nécessaire ou même utile.

Simon Adams, La tragédie du Titanic, Les Yeux de la découverte/Gallimard, 1999

 

Les plus

  • Le livre fait le tour du sujet de façon claire et concise. Le lecteur néophyte en tirera une vision globale du sujet, mais doit ensuite chercher à en savoir plus… et vérifier ce qu’il a vu.
  • De très jolies images et une mise en page agréable.

Les moins

  • La forme empêche de faire le tour de certains sujets épineux et entraîne plus ou moins volontairement les partis pris.
  • Pas mal de petites erreurs sur des points de détail.
  • Le livre se démarque peu de nombreux autres publiés à la même époque.

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Rencontre avec Clément d’Esparbès

Posté par Antoine le 24 octobre 2011

Clément d’Esparbès est le créateur du superbe Titanic en 3D connu sous le nom de Titanic Walkthrough Project, travail de fort longue haleine et de très bonne qualité que je suis depuis plus d’un an. Son site et son travail feront bientôt l’objet d’une critique séparée. À l’occasion d’une grande mise à jour de son site hier soir, j’ai eu l’occasion de poser à Clément un certain nombre de questions sur son travail et sa relation avec le Titanic. Je le remercie ici encore de ses réponses.

Rencontre avec Clément d'Esparbès dans Rencontre avec... 22

Biblio-Titanic : Pour commencer, quelques questions sur ton travail. Comment t’es venue l’idée d’un Titanic en 3D ? Est-ce le fait de pratiquer la 3D avant qui t’a donné cette envie, ou au contraire l’envie de recréer le paquebot qui t’a poussé à apprendre la technique ?

Clément d’Esparbès : J’ai toujours rêvé de pouvoir parcourir les ponts du Titanic, de pouvoir aller ou bon me semble sur le paquebot, mais c’est hélas impossible à faire dans la réalité. La 3D permet de pouvoir réaliser en partie ce rêve, même si, qu’on le veuille ou non, on sera toujours très loin du ressenti que pouvait procurer le vrai paquebot.

L’idée d’une reproduction en 3D m’est d’abord venue en voyant des plans du paquebot. Je me suis demandé ; pourquoi ne pas donner une troisième dimension à ces plans ? De là est venu un premier modèle assez grossier du Grand escalier de première classe qui s’est étoffé au fil du temps. Tout s’est ensuite construit autour petit à petit.

J’avais déjà quelques bases en 3D à cette époque puisque j’avais fabriqué quelques objets pour un programme de type MMORPG en « beta-test ». Programme qui ne s’est jamais concrétisé finalement. Ensuite, le Titanic m’a permis de progresser petit à petit, même s’il me reste encore beaucoup à apprendre aujourd’hui.

 

B-T :  L’étendue de ce que tu as déjà accompli est assez énorme. Quand as tu commencé ton travail, et globalement, combien de temps te faut il pour créer une pièce ? Dans le cas des cabines, réutilises tu les mêmes ou changes-tu des choses mêmes lorsqu’elles sont « standard » ?

C. d’E. : Mon premier modèle pour le Titanic remonte à Novembre 2008, c’était la première volée du grand escalier au pont A.

Au niveau du temps, des pièces comme le fumoir de première classe ou le salon prennent une quarantaine d’heures de travail en accumulé, avec les diverses modifications qui s’en suivent au fur et à mesures de nouvelles découvertes ou des apports d’informations.

Certaines cabines se ressemblent beaucoup, même si elles ne sont pas toujours homogènes au niveau des dimensions, cela étant essentiellement dû à la forme du navire. Il y a par conséquent plusieurs dimensions de lit et de garde-robes, mais le style se répétant, le travail en est grandement accéléré sur un bloc de cabines donné. Concernant les suites de styles différents, c’est une toute autre histoire !

 

B-T :  Si tu devais citer une pièce emblématique du paquebot dont la modélisation t’a marquée (que ce soit pour sa difficulté ou pour toute autre raison), ce serait… ?

C. d’E. :  La salle froide des bains Turcs (appelée cooling room en Anglais), très axée sur le « texture working« , m’a particulièrement marqué. C’est a mon sens, la pièce qui a vraiment tout changé dans ma façon de reproduire le Titanic. J’y ai fait beaucoup de progrès dans la manipulation et la conception des textures en particulier, et appris de nouvelles techniques lors de sa réalisation. Ce fut très intéressant.

 

B-T :  Quelles sont tes principales sources d’information pour ce travail ? Des gens t’aident-ils ?

C. d’E :  Je me documente surtout à partir de livres récents (en particulier Titanic – The Ship Magnificent de Bruce Beveridge et son équipe), et également pas mal sur les forums comme TRMA (Titanic Research and Modeling Association [NdR]), Encyclopedia Titanica… etc. J’évite en revanche de me référer aux décors du film de James Cameron qui sont certes très beaux mais pas tant fidèles que ça à la réalité (la recherche à beaucoup évolué depuis 1997, donc ça ressort de plus en plus).

J’ai également reçu toutes sortes d’aides jusqu’ici… D’abord au niveau de la conception directement, Nicolas Murgia ayant par exemple réalisé la carte illuminée du Gymnase, la texture bleue des fauteuils du grand escalier et la tapisserie d’Aubusson de la suite C55. Un grand merci à lui pour son travail.
Au niveau du conseil technique, je suis rentré en relation avec Parks Stephenson lors de la réalisation des bains turcs. Depuis peu, Daniel Klistorner m’aide également concernant les suites.

Je reçois également beaucoup de conseils et de suggestions de la part des visiteurs, chacun ayant des connaissances qui leurs sont propres. Je dois donc rassembler toutes ces informations et en faire une synthèse en vue d’améliorations futures. Je souhaitais d’ailleurs dire un grand merci à toutes ces personnes pour les différents feedback, sachez que je suis toujours preneur de conseil ou de critiques, c’est toujours le meilleur moyen de progresser. Quand je passe plusieurs heures sur un modèle en 3D ou une texture, je peut aisément passer à côté de grosses erreurs que je n’aurait même pas remarqué.

 

B-T :  Y’a t-il des moments où tu dois « combler les blancs » avec ton imagination ? Des pièces peu connues, des tableaux… Et comment procèdes-tu dans ce cas là ?

C. d’E. : Hélas, oui, il y aura toujours une part d’incertitude, même si de plus en plus d’informations sont révélées au grand jour depuis quelques années.

Dans le cas où j’ai une incertitude, j’essaie de me mettre à la place du concepteur du navire : qu’est-ce que j’aurais mis à sa place, sachant qu’il faut respecter un style donné, ou telle ou telle contrainte ?

Il y a des choses qu’on ne saura jamais, hélas. Par exemple les tableaux qui ornaient le grand escalier étaient des pièces uniques qu’il n’y avait pas même sur le jumeau du Titanic, l’Olympic. Ces pièces ont été détruites à jamais dans l’océan, et on ne saura certainement jamais ce qu’elles représentaient.

 

B-T :  Quelle pièce as tu hâte de faire ? Et au contraire laquelle t’effraie (par défi technique, ou juste parce qu’elle ne t’intéresse vraiment pas) ?

C. d’E. :  J’ai hâte d’attaquer les salles publiques de seconde et troisième classe parce qu’elles n’ont été que très peu reproduites en 3D jusqu’ici. Naturellement, beaucoup de réalisations que l’on peut voir sur le web représentent des pièces de première classe, mais je suis persuadé que ces autres salles peuvent amener à un défi d’autant plus intéressant à relever qu’elles sont à mon gout trop souvent oubliées.

Plutôt assez effrayé par l’extérieur, non pas parce que cette partie ne m’intéresse pas, mais parce que je sais pertinemment que je vais vouloir m’entêter à vouloir placer le moindre rivet et que ça va me prendre un temps fou ^^ !

 

B-T :  Quelle est la prochaine pièce sur la liste ? Tiphaine, une habituée du blog, demande par ailleurs quand viendront les quartiers des officiers !

C. d’E. :  Actuellement on travaille sur la suite qu’occupaient Ida et Isidor Straus : C55, viendront ensuite les corridors du pont B, les célèbres suites de Joseph Bruce Ismay et Charlotte Drake Cardeza, avec leur promenade privée.
Ensuite, je ne sait pas encore, pourquoi pas le quartier des officiers, pour faire plaisir à Tiphaine ? ^^ Il y aura bien évidemment possibilité de se mettre à la place du quartier-maitre à la barre du navire, j’en fais la promesse ! ^^

 

B-T :  D’un point de vue plus centré sur le Titanic maintenant : comment as tu découvert ce paquebot ?

C. d’E. :  Quand j’étais petit, j’avais un CD-ROM interactif qui racontait l’histoire du Titanic, de la naissance de l’idée entre Ismay et Pirrie à la découverte de l’épave. J’adorais ce truc, j’y passait des heures dessus à revoir en boucle toute les séquences.
J’étais déjà passionné. Ensuite est venu l’incontournable film, évidemment, qui a ravivé la flamme, et un jeu magnifique aussi : Titanic : une aventure hors du temps, auquel je porte une mention spéciale. Pour un jeu de 1996, quelle prouesse technique ! Et une super intrigue en plus, comme quoi on peut très bien marier les plaisirs de visiter le Titanic et la résolution d’énigmes ! (Une critique de ce jeu a été faite sur ce blog [NdR])

 

B-T : T’intéresses tu aussi à son histoire, ou te centres tu totalement sur sa structure et son apparence elle même ?

C. d’E. :  Ce paquebot avait une prestance inégalable à n’en point douter, il était vraiment majestueux. Les paquebots de l’époque en général avaient, à mon sens, beaucoup plus de charisme que les paquebots actuels, aussi gros qu’ils soient.

Mais je pense que si le Titanic est si célèbre, c’est surtout grâce, ou plutôt à cause de son histoire! Je ne suis pas un grand connaisseur au point de connaitre par cœur le nom de tous les passagers, loin de là, mais je m’intéresse beaucoup à la vie qu’il pouvait bien y avoir à bord, la façon dont les gens pouvaient bien vivre durant leur voyage, leurs occupations.

Concernant le naufrage, j’ai lu les rapports des enquêtes U.S et Britanniques, c’est très intéressant de voir comment cet évènement tragique à bien pu être vécu selon que la personne était un soutier, un officier, ou un passager…

 

B-T :  Y’a-t-il un livre qui t’a particulièrement marqué ?

C. d’E. :  Le livre The loss of S.S Titanic m’a beaucoup marqué. Lawrence Beesley, l’auteur, était passager de seconde classe, il y qui raconte son expérience à bord du Titanic. C’est un livre qui est pas mal basé sur le ressenti, et est de ce fait extrêmement prenant et plein d’authenticité.

A ce propos, je n’ai toujours pas lu le livre de Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus. Il va falloir que je corrige cette bévue au plus vite… En plus on ne m’en a dit que du bien =)

 

B-T :  Et pour finir l’habituelle question troll : Murdoch s’est-il suicidé ? (Attention, la rédaction décline toute responsabilité vis à vis des réactions possibles de son fan club)

C. d’E. :  Personnellement, je ne pense pas, mais je vais éviter d’entrer dans les tentatives de justification, parce que j’en ai pas justement !

Alors là, pour le coup, je sais pas si je me suis fait plus d’amis que d’ennemis ^^
On le verra bien vite en même temps ^^

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