Conversation à bord du Titanic lors de son naufrage entre Sir John Jacob Astor et son coiffeur

Posté par Antoine le 26 juin 2012

Ce titre à rallonge, je l’avais déjà entrevu dans une bibliographie il y a plusieurs années et il m’avait intrigué. À n’en point douter, il devait s’agir d’un récit romancé : peu probable qu’un rescapé ait pris note de la dernière conversation de J.J. Astor, quel qu’ait pu être son prestige. En réalité, il s’agit d’une nouvelle d’une dizaine de pages écrite par l’Allemand Gert Hofmann. Et pour tout dire, je suis bien content de l’avoir emprunté à la bibliothèque la plus proche et non acheté, tant ce fut pour moi une déception !

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Il n’y a pas à dire, le récit commençait bien. Je ne sais pas si c’est le fait de dire que J.J. Astor était propriétaire du Titanic, ou encore celui de le faire courir partout dans le navire pour dire que tout va bien qui m’a le plus atterré à la lecture du premier paragraphe. Dans tous les cas, le choc fut suffisant pour que la trame du récit elle-même ne me choque pas. Le Titanic coule, et donc Astor, fort logiquement, se rend au salon de coiffure du bord (tenu par son coiffeur personnel, bien entendu) pour… se faire raser, les pieds dans l’eau. Seule bonne surprise du récit, le coiffeur porte le nom authentique d’un des coiffeurs du bord, Weikman, mais comme, au final, rien ne correspond à la réalité, il eut tout aussi bien pu s’appeler Dupont. Ou alors le véritable August Weikman servait J.J. Astor depuis 21 ans, mais sans avoir quitté le Royaume-Uni (eh oui, puisqu’il dit dans le récit qu’il n’a jamais pris la mer). Comment pouvait-il donc raser un client américain depuis la Grande Bretagne, nous ne le saurons jamais ; mais le fait que l’auteur se trompe également lourdement en donnant à Astor un titre de noblesse britannique est peut-être un indice satisfaisant.

On l’aura donc compris, le récit lui même n’a a peu près rien à voir avec la véritable histoire du Titanic. En cela, il fera bien rire le passionné. D’autant plus qu’on sent que Hofmann a fait des recherches : il est fort probable qu’il ait en effet eu sous les yeux une liste de passagers dont il aura pris les noms au hasard. Pas beaucoup plus non plus, car, ne rigolez pas, l’auteur conclut son récit sur « M. Gatti, le chef de cuisine du Maxim (sic) qui le vit, alors qu’il se trouvait lui-même à bord d’un canot ». La prochaine fois que vous mettez en scène un rescapé du Titanic, M. Hofmann : assurez vous qu’il a survécu au naufrage ; autrement, ça fait tache. Mais, du fond de sa tombe de la section « Titanic » d’un cimetière de Halifax, Luigi Gatti appréciera l’attention.

D’un point de vue historique, donc, la nouvelle est à peu près aussi fiable qu’un article de Voici. Mais qu’en est-il du point de vue littéraire ? Mes quelques années d’apprentissages de l’Allemand ne m’ont laissé que de maigres souvenirs, mais il me semble bien que nos voisins d’Outre-Rhin utilisent aussi des guillemets pour signaler qu’un personnage parle. Pas le récit. Erreur de l’auteur, facétie du traducteur ? Toujours est-il que quand un dialogue se retrouve rédigé sans tirets et sans guillemets, et que les phrases des deux protagonistes se mélangent aux descriptions, cela engendre un beau magma incompréhensible. Allez savoir quand l’auteur vous fait une remarque de son propre cru, fait parler Weikman ou Astor… Du point de vue typographique, le récit égale à peu près une – mauvaise – rédaction d’élève de CP. Et je vous passe les fautes de Français. C’est bien la première fois qu’un traducteur considère qu’une moitié, c’est masculin.

Si malgré cela vous arrivez à lire, le style est lourd, lourd… L’auteur se perd dans des considérations psychologiquo-sociales avec des insinuations aux ficelles encore plus grosses que le film de Cameron. Par excès de vanité, le propriétaire du Titanic (Astor, donc…) a voulu cacher les hublots par des plantes pour oublier qu’on est en mer, et, bien entendu, même quand le salon de coiffure a les pieds dans l’eau, il reste persuadé que le navire est insubmersible (il me semble que même le film tourné par les Nazis sur le sujet était moins caricatural). On a également le côté conte social : aux portes de la mort (oui, dans les faits, Weikman a survécu, mais pas dans le récit. On a du confondre son corps avec celui de Gatti, voilà), les deux hommes se rendent compte qu’ils sont nés le même mois (bon, en fait ils avaient facilement quatre ans d’écart, mais on n’est plus à ça près), Astor, ce vil patron, s’intéresse enfin aux conditions de travail de son employé, et à la fin, ils se serrent même la main.

On pourra penser que j’ai la critique facile, mais je vous assure que, pour ma part, je n’ai pas caricaturé à un seul moment de ce compte rendu. Décidément, ce livre n’a pas grand intérêt. Pas sûr qu’il soit même à la bonne taille pour caler un meuble. Et si vous me croyez pas, vous pouvez même lire les premiers paragraphes ici.

Gert Hofmann, Conversation à bord du Titanic lors de son naufrage entre Sir John Jacob Astor et son coiffeur, Actes Sud, 1993.

Les plus

  • L’auteur a au moins eu le mérite de donner au coiffeur d’Astor le nom d’un des coiffeurs du Titanic. C’est léger, mais c’est le seul point positif que j’aie trouvé à ce récit…

 

Les moins

  • Tout simplement illisible. Style lourd, fautes d’orthographe… L’absence de signes typographiques dans les dialogues achève le tout : on est plus proches de l’épigraphie latine que de la nouvelle… Peut-être les dix pages les plus longues de ma vie…
  • D’un point de vue purement historique, le récit n’a aucune qualité et multiplie les erreurs. La première phrase parle d’elle-même : J.J. Astor propriétaire du Titanic ? Vraiment ?
  • Le fond du dialogue est téléphoné et classique. L’éternel thème du Titanic issu de l’orgueil humain surpassant la nature ; il a parfois été traité avec élégance… Ici, la subtilité n’est pas au rendez-vous. Quant au message sur les classes sociales… ce ne sont plus de grosses ficelles qui sont utilisées ici, mais des cordages !

 

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Nous étions à bord du Titanic

Posté par Antoine le 22 janvier 2012

L’année du centenaire voit le Titanic revenir à l’honneur dans les librairies francophones, et c’est tant mieux. Historien de marine auteur d’une trentaine d’ouvrages, Gérard Piouffre avait déjà publié en 2009 l’excellent livre Le Titanic ne répond plus qui, tout en restant simple d’accès, faisait rigoureusement le tour de la question. Il récidive cette année avec Nous étions à bord du Titanic, publié chez First Editions. Que se cache-t-il derrière la superbe couverture de l’ouvrage ? C’est ce que je vous propose de découvrir.

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Si Le Titanic ne répond plus avait pour but de relater l’histoire du Titanic comme un roman, mais de façon rigoureuse, Nous étions à bord du Titanic opte pour une forme beaucoup plus souple et ludique. Le parti pris est ici de raconter l’histoire du navire jour par jour, du 27 mars au 15 avril 1912 (l’accent étant bien entendu mis sur les derniers jours) en recoupant les points de vue de différents acteurs du drame. Ils sont venus, ils sont tous là : Edward Smith, Charles Lightoller, le commissaire McElroy, le chef mécanicien Bell, Violet Jessop, Harold Bride et Jack Philips pour citer l’équipage ; Madeleine Astor, Lawrence Beesley, William Thomas Stead et Helen Churchill Candee parmi les passagers. Et la liste n’est pas exhaustive. Chacun nous raconte, comme dans un journal intime, sa vision de la journée, des événements ; McElroy nous fait découvrir l’approvisionnement du navire ; les opérateurs radio nous racontent leur travail, et le lecteur éteint l’incendie de la soute à charbon aux côtés des mécaniciens et chauffeurs.

C’est là la grande qualité de Nous étions à bord du Titanic. Le style fluide de Gérard Piouffre aide à aborder de nombreux aspects, parfois techniques, sans forcément s’en rendre compte. La lecture est aisée, aidée par la présentation du livre écrit gros. Les pages défilent vite, et l’on découvre la vie à bord, comme si on y était. Car c’est finalement là le but de Nous étions à bord du Titanic : nous faire revivre la seule et unique traversée du géant, de ses préparatifs à sa fin prématurée. Le naufrage lui même n’occupe qu’une part assez réduite de l’ouvrage, et n’est pas racontée de la façon la plus détaillée qui soit (c’était au demeurant déjà le cas dans Le Titanic ne répond plus), mais on en sait suffisamment pour avoir une vision globale de l’événement. De même, la construction du navire et les suites de son naufrage sont rapidement expédiées en quelques pages d’introduction et de conclusion. L’objet du livre est véritablement de nous faire découvrir la vie à bord du Titanic, sous tous les points de vue possibles. Et cet objectif est atteint haut la main.

Que le lecteur ne cherche donc pas une synthèse scientifique des événements, d’autres livres sont nettement plus adaptés. Qu’il ne cherche pas non plus un livre où tout est certain : par moments, l’auteur a dû faire un travail d’imagination pour compléter certains « vides », mais sans jamais trahir l’esprit du Titanic. Rien n’est aberrant, rien n’est à proprement parler irréel, et les ajouts sont anecdotiques. De fait, Nous étions à bord du Titanic ne sera jamais un ouvrage de référence en « titanicologie » . Il sera en revanche un choix plus qu’appréciable pour ceux qui veulent redécouvrir une époque disparue, ou bien aborder l’histoire du Titanic en néophyte. Ce livre, destinés aux publics de connaisseurs comme aux nouveaux venus, sera certainement une bien belle porte d’entrée pour beaucoup de futurs Titanicophiles poussés par le centenaire.

 

Les plus

  • Facile à lire, style fluide, le texte est écrit gros et le livre est beau et bien fait
  • Les nombreux points de vue permettent d’aborder les choses sous tous les angles, de la passerelle à la salle des machines en passant par les salons du Titanic.
  • Une reconstitution très vivante de la vie à bord du paquebot

 

 

Les moins

  • Le naufrage est peut-être sous-évoqué par rapport à la traversée et à sa préparation.
  • Attention : ce n’est pas à proprement parler un ouvrage historique (dans le sens d’ouvrage de référence sur le sujet), mais plus une reconstitution très fidèle de la traversée, qui prend parfois quelques libertés avec la vérité pour reconstituer les vides.

 

 

Publié dans Coup de coeur, Roman | 4 Commentaires »

À la recherche de Sir Malcolm

Posté par Antoine le 15 juillet 2011

S’il est un format où on ne s’attendrait pas à trouver le Titanic, c’est bien la bande dessinée de fiction… et pourtant ! Alors que je venais de découvrir le Titanic et que je traquais tout ce qui se faisait sur le sujet, j’ai découvert au détour d’une exposition consacrée à la BD une étrange affiche. Derrière un homme assis dans un fauteuil, le paquebot était clairement visible. Quatre cheminées, une silhouette familière… Ce ne pouvait être que le Titanic. J’ai furtivement noté le titre, et commandé à ce cher Père Noël la BD en question. Que vaut elle ?

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Tout d’abord, un peu de contexte. Il s’agit là d’une fiction, se déroulant en partie à bord du Titanic. En 1952 à Londres, Francis Albany attend avec fébrilité l’ouverture du testament de sa tante qui doit apporter des révélations sur la mort de son père, Sir Malcolm, disparu dans le naufrage du paquebot en 1912. Plongé dans un album de souvenirs, il se remémore la traversée, alors qu’enfant avec son amie Olivia, ils faisaient tout pour percer une étrange affaire d’espions allemands et américains, et de messages codés. Avec force retours au présent et faux semblants, l’intrigue serpente jusqu’à un dénouement assez surprenant, dont je ne parlerai pas pour ne pas gâcher la surprise. Quoi qu’il en soit, le tout est particulièrement complexe, et l’enfant que j’étais n’a pas dû y saisir grand chose.

Et le Titanic, dans tout ça ? Est-il bien utilisé ? Il faut avouer que, pour une BD datant de 1984, les décors sont bien fichus, à partir de photos d’époque, même s’ils manquent parfois de couleur. L’histoire est en revanche assez mal utilisée, puisque le naufrage est expédié en deux ou trois pages, de façon confuse, sans même qu’on ne sache vraiment qui meurt ou survit. Quatre pages de texte (avec quelques illustrations reproduisant des documents d’époque) raconte succinctement les faits au début de la bande dessinée, une bonne initiative.

En conclusion, je dirais qu’À la recherche de Sir Malcolm satisfera plus l’amateur de bande dessinée adulte que le passionné du Titanic ; une pièce étonnante mais pas primordiale.

Floch et Rivière, À la recherche de Sir Malcolm, 1984, Dargaud

 

Les plus

  • Des décors bien reconstitués et utilisés qui démontrent un travail de recherche
  • Le dessin est joli et l’action assez prenante et entraînante
  • Les 4 pages présentant le sujet, même si elles ne sont plus d’actualité, sont bien faites

 

Les moins

  • Une histoire franchement complexe même si elle est facile à suivre : on l’a lit d’une traite… pour conclure qu’on n’a pas tout compris.
  • Le paquebot n’est pas franchement mis en valeur par l’histoire. Une BD qui se passe certes à bord du Titanic, mais n’exploite pas vraiment le lieu.

Publié dans Roman | Pas de Commentaire »

Les enfants du Titanic

Posté par Antoine le 30 mai 2011

Première critique assez négative du site, avec Les enfants du Titanic, écrit par Elisabeth Navratil en 1998.

 

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Elisabeth Navratil est la fille de Michel Navratil, rescapé du Titanic. Et pas n’importe lequel des rescapés, puisqu’il est le dernier survivant masculin (et le dernier français), à être mort, en 2001. Son histoire n’était pas anodine : lorsqu’il était monté à bord du Titanic avec son frère Edmond et son père Michel, à l’âge de 4 ans, il était tout simplement enlevé à sa mère suite à un divorce difficile. Navratil père espérait refaire sa vie aux États-Unis avec ses enfants et, peut-être, faire revenir son épouse à ses côtés. Le destin en a voulu autrement puisque seuls les enfants ont survécu : des enfants non identifiés, ne connaissant pas leur propre nom, dont la presse s’est éprise, et qui ont finalement retrouvé leur mère après moult péripéties.

Les enfants du Titanic entreprend de raconter leur histoire, et venant de la fille d’un des héros, on pourrait s’attendre à du fiable, à du solide. L’histoire est d’ailleurs particulièrement propice à un livre tant elle semble improbable.  La mettre ainsi en lumière est une bonne chose… mais pas de la façon dont le fait Navratil. Le roman se lit bien, et on se prend d’étonnement devant ce que vit Michel, le héros, qui plaisante avec les opérateurs radio pendant leur pause, visite les salles des machines avec Thomas Andrews, rencontre des amis de son père voyageant en première classe et joue avec les immigrants. On tremble durant le naufrage lorsqu’il se retrouve bloqué en troisième classe…

Puis vient la postface, ce moment où l’auteure tente de nous expliquer ce qui est vrai et ce qui est inventé dans son récit… et on se rend alors compte qu’on a lu plus de vent qu’autre chose. Personnages inventés, d’autres existants mais modifiés pour les besoins du récit… Le bas blesse d’autant plus que la postface reste vague : au final, les Navratil avaient il connu les riches Straus à Nice ? Avaient-ils vraiment croisé les Astor dans le train ? Et le fond de l’histoire est-il aussi romancé ? À cela se mêlent des erreurs de l’auteure, qui, probablement en examinant les plans du navire, a considéré que les stores (réserves) étaient… une galerie marchande.

On reste donc clairement déçu par ce récit bancal où se mêlent le vrai et le faux sans savoir qui est quoi. C’est d’autant plus dommage que le style d’Elisabeth Navratil est particulièrement clair et agréable ; et que, comme elle a pu le montrer au cours de diverses prestations publiques, elle a beaucoup de choses authentiques à dire sur le sujet. Un livre sympathique si on cherche un roman ; qui ravira notamment les enfants, mais en rien un récit de vie comme il se présente. On aurait préféré un récit réel et fouillé, tant l’histoire est surprenante et touchante sans fard.

 

Les plus

  • Le roman se lit bien et est bien écrit
  • L’histoire reste cohérente et intéressante
  • Le livre a le mérite de mettre en lumière une histoire vraie

Les moins

  • Dommage qu’on apprenne à la fin que tout est faux : on ne sait plus ce qui est authentique et ne l’est pas
  • La postface, qui est censée différencier le vrai du faux, ne réussit pas à remplir son rôle, à tel point que tous les faits sont remis en question au final

 

Note : Une nouvelle édition de ce livre a été publiée en 2012 et diffère assez profondément de celle détaillée ici. Une critique de ce nouveau jet peut-être lue ici.

Publié dans Pas une grosse perte, Roman | 3 Commentaires »

Le Titanic ne répond plus

Posté par Antoine le 29 mai 2011

Parmi les livres sur le Titanic, il en est un seul que je pouvais décemment choisir en premier : Le Titanic ne répond plus. L’honnêteté m’oblige à dire que je suis ami avec son auteur, Gérard Piouffre, mais cela n’entachera pas mon objectivité : j’avais apprécié le livre avant de le connaître.

Couverture

Le Titanic ne répond plus s’inscrit dans la collection des éditions Larousse « L’Histoire comme un roman » et prend le parti de raconter la naissance, la (courte) carrière et le naufrage du Titanic sous forme de roman. Le style est ainsi particulièrement agréable et le livre se lit facilement. Les amateurs d’ouvrages historiques pourront cependant craindre que cette facilité d’accès se fasse aux dépends de la rigueur et des apports du livre. Il n’en est heureusement rien.

Le récit commence par une ellipse à bord du Californian, le navire par la suite accusé d’être resté sur les lieux sans porter secours au Titanic. On y voit justement l’équipage assister au drame qui se joue sans vraiment le comprendre : dès le début, le ton de l’ouvrage est posé puisque les dialogues ne nuisent pas à la précision, et le travail de recherche sur les législations maritimes et règles concernant les signaux de détresse apparaît très clairement.

Après cette parenthèse, le livre reprend chronologiquement la vie du Titanic, du projet au mythe perpétué sur internet. C’est là qu’arrive la deuxième surprise. Là où beaucoup d’ouvrages (pour ne pas dire tous) se concentrent sur le naufrage et à moindre mesure la traversée, Gérard Piouffre prend les choses à contre-courant et se concentre sur la construction (allant jusqu’à décrire les conditions de vie des ouvriers des chantiers), la réaction de la presse recevant la nouvelle du naufrage, les enjeux et le déroulement des commissions d’enquête, et finalement l’héritage du navire, sur papier, à l’écran et sur le web.

Finalement, la partie la moins densément traitée est paradoxalement le naufrage, mais ce n’est pas un problème, dans la mesure où les moindres anecdotes sur le sujet ont déjà été publiées et republiées. Les faits sont par ailleurs présentés de façon assez objective, ce qui ne gâche rien. Le Titanic ne répond plus est devenu un des ouvrages francophones de référence sur le sujet. C’est pour moi un précieux outil de travail lorsque je rédige mes articles wikipédiens, mais son accessibilité fait également que je le conseillerais à quiconque veut découvrir le sujet.

Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus, 2009, Larousse, ISBN 978-2-03-584196-4

Les plus

  • La forme « roman » rend la lecture particulièrement fluide et facile.
  • Tout en restant facilement abordable, le livre n’hésite pas à être précis.
  • Des points rarement développés le sont ici, comme la construction et l’après naufrage.
  • Un travail de recherche rigoureux pour contextualiser le naufrage.

Les moins

  • Le lecteur qui s’attend à une description précise du naufrage et des anecdotes qui l’entourent restera sur sa faim, le chapitre sur le sujet étant des plus concis. À ce sujet, un ouvrage comme La Nuit du Titanic de Walter Lord sera plus utile.
  • On regrette presque que l’ouvrage soit destiné au grand public, tant les aspects « inédits » (en français) auraient pu être beaucoup plus longuement évoqués.

 

Publié dans Coup de coeur, Livre spécialisé, Roman | 3 Commentaires »

 

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