L’album Titanic du révérand père Browne

Posté par Antoine le 31 juillet 2011

Découvert au détour d’une librairie il y a quelques années, j’avais littéralement dévoré ce livre particulièrement beau. Destiné surtout aux amateurs de photographies, il ravira tous ceux qui veulent voir le Titanic et ces passagers dans des clichés souvent rares.

L'album Titanic du révérand père Browne dans Livre spécialisé titanic-browne

 

Mais tout d’abord un peu d’histoire : qui est le père Browne ? Francis Browne est un prêtre jésuite irlandais passionné de photographie, et amateur de paquebots et de voyages. En avril 1912, il réussit ainsi à obtenir un billet pour une traversée entre Southampton et Queenstown, en Irlande, à bord du Titanic : une journée et une nuit à bord du paquebot de rêve avant de regagner son île natale. Il s’y sent si bien que deux passagers proposent de lui payer le reste de la traversée jusqu’à New York ; mais Browne se voit refuser l’autorisation par ses supérieurs irlandais. Il débarque donc le 11 avril 1912, à quelques jours du naufrage, avec un appareil photo bien rempli. Il transporte avec lui les derniers clichés du Titanic, et de certains de ses passagers.

Outre une rapide biographie de Browne, l’album contient tout d’abord des fac simile des pages de l’album qu’a composé le photographe après le naufrage, ainsi que ses notes. Viennent ensuite des copies en plus grande taille desdites photographies accompagnées de commentaires de l’auteur. On y trouve ainsi les derniers clichés pris de Jacques Futrelle, auteur de romans policiers en pleine ascension ou encore d’Archibald Butt, aide de camp du président américain. On voit également certains intérieurs du navire, et des moment forts comme la collision avec le New York. S’ajoutent enfin des clichés plus rares, écartés par Browne pour leur mauvaise qualité (par exemple une photographie tachée de la salle à manger). Enfin, l’album contient également le récit de la traversée que fit Browne au cours d’une conférence, des années après.

E. E. O’Donnel, L’Album Titanic du Révérend Père Browne, MDV, 1998, 199 p.

 Les plus

  • De très belles photos, souvent difficiles à trouver ailleurs
  • Il est toujours intéressant d’avoir un témoignage de première main, même s’il s’agit ici de quelqu’un qui n’a pas vécu le naufrage.
  • Les photographies de personnes disparues sont particulièrement émouvantes.

Les moins

  • Quelques petites erreurs factuelles, souvent dues à Browne lui même cependant.
  • Assez peu de contextualisation de l’information : mieux vaut connaître l’histoire du Titanic, même si ce n’est pas nécessaire pur apprécier les photos.

Publié dans Livre spécialisé | 1 Commentaire »

The Other Side of the Night

Posté par Antoine le 27 juin 2011

The Other Side of the Night, de Daniel Allen Butler, est un de ces ouvrages dont on ne sait pas s’il est bon ou mauvais. L’avis sur le sujet varie d’ailleurs maintes fois en cours de lecture. Il est certain, dans tous les cas, que le postulat de départ de l’ouvrage est intéressant : voir ce qui s’est passé « de l’autre côté de la nuit », à bord du Carpathia et du Californian.

 

The Other Side of the Night dans In english please ! Other-Side-of-the-Night

 

Vaste sujet, que Daniel Allen Butler traite en détail, et c’est l’un des points forts de son livre. Les informations abondent sur les carrières tant des navires que des hommes qui les ont dirigé, qu’ils s’agisse des commandants, ou des officiers. Le contexte est également bien décrit et les détails et anecdotes abondent. Toujours en ce qui concerne les points positifs, le style est assez fluide et simple à lire, même pour quelqu’un qui ne lit pas bien l’anglais. Sur la forme, le livre est d’ailleurs assez joli, le texte est écrit gros, et les pages centrales proposent des illustrations. De bons points donc.

Mais l’ouvrage a aussi un gros problème de méthode historique. La polémique du Californian est ancienne, et n’en a pas fini de faire couler de l’encre. Et Daniel Allen Butler annonce dès le départ la couleur : ce sera Saint Arthur Rostron opposé à Stanley « Satan » Lord. Ce dernier est littéralement lynché par l’auteur qui tire une conclusion »psychologique » : Lord était un sociopathe. Tout juste reconnaît-il que le Californian n’aurait pu sauver personne. Cette absence d’objectivité, annoncée dès le début (combien de fois insiste t-il sur le fait que le Titanic attendait « des secours, de n’importe qui dans les environs »de façon surexagérée!), est d’autant plus visible que Butler est étonnamment objectif avec tout le monde, et en particulier J.B. Ismay, le bouc émissaire officiel de la catastrophe. En perdant en objectivité, Butler fait perdre à son livre beaucoup de sa qualité.

Une précieuse source d’informations, donc, à condition de la lire avec beaucoup de recul.

Daniel Allen Butler, The Other Side of the Night, Casemate Publishers, 2009, ISBN 1935149024

Les plus

  • Un sujet original et traité en détail
  • Facile et agréable à lire
  • Le livre en lui même est bien fait

Les moins

 

  • Un manque total d’objectivité
  • Le récit est parfois décousu, puisque le naufrage du Titanic est revécu plusieurs fois selon les chapitres et points de vue

Publié dans In english please !, Livre spécialisé | 2 Commentaires »

The Band That Played On

Posté par Antoine le 16 juin 2011

Parmi les victimes du naufrage du Titanic, l’orchestre du navire a probablement connu la mort la plus légendaire. Mourir en accomplissant son (pourtant futile) devoir, à une époque où les anciens se plaignaient déjà de la jeunesse décadente, ça avait un bel impact. C’est l’histoire de ces huit héros que Steve Turner entreprend de raconter dans son ouvrage. Un auteur qui ne m’est pas inconnu puisqu’il a également écrit un ouvrage de référence sur mon autre sujet de prédilection, les Beatles, mais c’est une autre histoire.

 

The Band That Played On dans Coup de coeur The%2BBand%2BThat%2BPlayed%2BOn

 

À la vue de la taille du livre (plus de 200 pages), on se rend compte qu’il y a plus à dire sur l’orchestre du Titanic qu’on ne l’aurait cru. Turner a l’idée originale de commencer son récit par la fin, en se concentrant sur l’arrivée du Carpathia à New-York, les témoignages des rescapés dans la presse et la naissance de la légende de l’orchestre. Il présente ensuite dans un deuxième chapitre les employeurs de l’orchestre, et le contexte de l’époque. Puis viennent six chapitres biographiques : cinq des huit membres ont en effet droit à leur chapitre, les trois autres étant regroupé dans le sixième. Dans tous les cas, les recherches ont été vastes et précises et les biographies sont très denses et appréciables.

Viennent ensuite les chapitres plus discutables sur la traversée et le naufrage. Turner annonce dès le départ qu’il ne cherchera pas à entrer dans la grande histoire et se concentrera sur l’orchestre. Mais lorsqu’il explique, probablement plus par simplification que par erreur, que le Titanic heurte l’iceberg à 23h45, ça pique les yeux. Du reste, les chapitres ne sont pas mauvais, au contraire : Turner relève les témoignages et ne cherche pas à établir une version unique des faits. Il se contente du conditionnel, et de reconnaitre que rien n’est sûr.

Enfin, les derniers chapitres étudient les conséquences : qu’il s’agisse des hommages, de la naissance du « mythe de l’orchestre » et de la réaction des contemporains, ou de l’aspect moins reluisant du traitement offert aux proches. Tout le livre est argumenté de nombreuses photographies en noir et blanc, et le livre est pourvu d’une très bonne bibliographie qui témoigne du gros travail de recherche effectué. Un index est également présent, ce qui n’est pas inutile vu la masse d’informations.

Steve Turner, The Band That Played On, Thomas Nelson, 2011, ISBN 978-1-5955-5219-8

 

Les plus

  • Facile à lire, bien organisé, aéré et illustré
  • Des recherches biographiques très approfondies
  • Beaucoup d’anecdotes et d’informations intéressantes

 

Les moins

  • Quelques approximations sur le déroulement des faits, pas forcément involontaires

Publié dans Coup de coeur, In english please !, Livre spécialisé | 4 Commentaires »

The Olympic Class Ships : Olympic, Titanic, Britannic

Posté par Antoine le 11 juin 2011

Dans la série des livres essentiels, celui-ci occupe à mon avis une bonne place. The Olympic Class Ships, par Mark Chirnside, tente de proposer une histoire précise des trois géants de classe Olympic. Il y parvient, et plus encore.

The Olympic Class Ships : Olympic, Titanic, Britannic dans Coup de coeur 162000_176469309038046_6251467_n

Des trois paquebots, le Titanic est inévitablement le plus connu.  L’histoire de ses deux jumeaux, l’Olympic et le Britannic, n’en est pas moins touffue et intéressante, comme le prouve Chirnside avec son ouvrage. Les trois chapitres centraux sont en effet consacrés à chacun des navires, en accordant en moyenne 80 pages à chacun.  Et ces pages sont bien remplies : le naufrage du Titanic et sa traversée sont racontés en détail, de même que les carrières des deux autres navires, sans parler des nombreuses descriptions. La quantité d’informations données est énorme. S’y ajoutent deux chapitres sur les épaves des deux paquebots disparus, mais pas seulement. Les quatre premiers chapitres, bien que nettement plus courts, introduisent rondement le sujet : présentation de la White Star Line, des chantiers Harland & Wolff, et même des rivaux des paquebots (Lusitania, Mauretania et Aquitania).

À cela s’ajoutent les annexes : plus de cinquante pages proposant des tableaux comparatifs de données sur les navires, une analyse des légendes et « prémonitions » sur le naufrage, une présentation rapide des transbordeurs Nomadic et Traffic, et une analyse de l’énigme du Californian. Le lecteur en a clairement pour son argent. Et le travail est sérieux, comme en témoignent l’avalanche de références en fin d’ouvrage (rigueur peu, ou pas présente dans les ouvrages français), une très dense bibliographie et un grand nombre de photographies et de dessins rares, en noir et blanc. Revers de la médaille, le livre, disponible uniquement en anglais, passe rapidement d’un point à l’autre, mais reste aisé à lire quand on a quelques rudiments de la langue.

La première édition date de 2004 et a été légèrement revue en 2006. C’est de celle-ci que je vous ai parlé. Mais ce n’est pas celle que je vous conseille. Mark Chirnside a en effet annoncé une nouvelle édition produite au printemps 2011 sur son site officiel. Celle-ci est plus dense, mieux illustrée, et contient quelques « mises à jour » dues à l’avancée des recherches de l’auteur. Un achat très chaudement recommandé.

Mark Chirnside, The Olympic Class Ships ; Olympic, Titanic, Britannic, Tempus Publishing, 2004, 2006, 2011. Mark Chirnside a répondu à une interview sur ce blog à lire ici.
 

Les plus

  • Très complet, non seulement sur l’histoire des deux jumeaux méconnus, mais aussi sur celle du Titanic.
  • Regorge d’anecdotes et pousse les recherches très loin.
  • Un travail très sérieux et une méthode d’historien.
  • Des illustrations rares et de qualité.

Les moins

 

  • Parfois difficile à suivre quand on parle mal anglais, mais rien d’insurmontable.
  • Un index très minimal par manque de place, au grand dam de l’auteur. Il est très difficile de retrouver une information dans le livre. (problème peut-être résolu sur l’édition de 2011)

Publié dans Coup de coeur, In english please !, Livre spécialisé | 2 Commentaires »

Titanic, The Ship Magnificent

Posté par Antoine le 2 juin 2011

Pour tous les modélistes et artistes titanicophiles, ou plus largement pour tous ceux qui sont intéressés par la structure et les interviews du Titanic, Titanic, The Ship Magnificent, de Bruce Beveridge, est la référence. Plus de 1100 pages divisées en deux tomes d’une précision énorme.

Titanic, The Ship Magnificent dans Coup de coeur 62523_476563373551_132966973551_6590306_3173419_n

Le premier tome est probablement le plus difficile d’accès. Il traite de la construction du navire, et de tous les aspects techniques. Tout est passé en revue : la forme de la coque, les compartiments étanches, les formes des superstructures, des portes et fenêtres, l’installation électrique, la propulsion, et même les équipements de sauvetage et les appareils radio. Si tout cela est passionnant, on peut regretter que le livre soit très technique, et donc difficile d’accès, d’autant plus lorsqu’on ne parle pas un anglais parfait.

Le deuxième tome est à mon avis les plus passionnant : on y trouve en effet toute la description des intérieurs du navire. Après quatre chapitres thématiques (un sur la vie à bord, un sur les styles décoratifs, un sur l’hygiène et un sur la cuisine), les chapitres suivants décrivent pont par pont toutes les installations du navire, photographies à l’appui. Dans la mesure où ces descriptions se rapprochent plus de la vie des passagers et d’aspects plus commun, le livre est bien plus accessible.

Dans les deux cas, ces livres, s’ils coûtent fort cher (envisager plus de 100€ les deux), sont un investissement pour le passionné. Les photographies (rares et superbes) suffisent, d’ailleurs à elles seules à justifier l’achat quand bien même l’anglais ne serait pas votre fort.

Bruce Beveridge, Titanic, The Ship Magnificent, 2 tomes, The History Press, 2009, ISBN 978-0-7524-4626-4

Les plus

  • Le sujet est passionnant et traité de la façon la plus détaillée possible. On serait presque tenté de dire que ce qui n’est pas dans le livre de Beveridge… n’existait pas.
  • Les photos sont magnifiques, et souvent inédites.

Les moins

 

  • Le prix : le livre n’est pas à la portée de toutes les bourses
  • Les parties les plus techniques ne sont pas accessibles à ceux qui ont des difficultés avec l’anglais. Elles ne représentent pas la majorité de l’ouvrage. Je conseille en priorité le tome 2.

Publié dans Coup de coeur, In english please !, Livre spécialisé | 5 Commentaires »

Le Titanic ne répond plus

Posté par Antoine le 29 mai 2011

Parmi les livres sur le Titanic, il en est un seul que je pouvais décemment choisir en premier : Le Titanic ne répond plus. L’honnêteté m’oblige à dire que je suis ami avec son auteur, Gérard Piouffre, mais cela n’entachera pas mon objectivité : j’avais apprécié le livre avant de le connaître.

Couverture

Le Titanic ne répond plus s’inscrit dans la collection des éditions Larousse « L’Histoire comme un roman » et prend le parti de raconter la naissance, la (courte) carrière et le naufrage du Titanic sous forme de roman. Le style est ainsi particulièrement agréable et le livre se lit facilement. Les amateurs d’ouvrages historiques pourront cependant craindre que cette facilité d’accès se fasse aux dépends de la rigueur et des apports du livre. Il n’en est heureusement rien.

Le récit commence par une ellipse à bord du Californian, le navire par la suite accusé d’être resté sur les lieux sans porter secours au Titanic. On y voit justement l’équipage assister au drame qui se joue sans vraiment le comprendre : dès le début, le ton de l’ouvrage est posé puisque les dialogues ne nuisent pas à la précision, et le travail de recherche sur les législations maritimes et règles concernant les signaux de détresse apparaît très clairement.

Après cette parenthèse, le livre reprend chronologiquement la vie du Titanic, du projet au mythe perpétué sur internet. C’est là qu’arrive la deuxième surprise. Là où beaucoup d’ouvrages (pour ne pas dire tous) se concentrent sur le naufrage et à moindre mesure la traversée, Gérard Piouffre prend les choses à contre-courant et se concentre sur la construction (allant jusqu’à décrire les conditions de vie des ouvriers des chantiers), la réaction de la presse recevant la nouvelle du naufrage, les enjeux et le déroulement des commissions d’enquête, et finalement l’héritage du navire, sur papier, à l’écran et sur le web.

Finalement, la partie la moins densément traitée est paradoxalement le naufrage, mais ce n’est pas un problème, dans la mesure où les moindres anecdotes sur le sujet ont déjà été publiées et republiées. Les faits sont par ailleurs présentés de façon assez objective, ce qui ne gâche rien. Le Titanic ne répond plus est devenu un des ouvrages francophones de référence sur le sujet. C’est pour moi un précieux outil de travail lorsque je rédige mes articles wikipédiens, mais son accessibilité fait également que je le conseillerais à quiconque veut découvrir le sujet.

Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus, 2009, Larousse, ISBN 978-2-03-584196-4

Les plus

  • La forme « roman » rend la lecture particulièrement fluide et facile.
  • Tout en restant facilement abordable, le livre n’hésite pas à être précis.
  • Des points rarement développés le sont ici, comme la construction et l’après naufrage.
  • Un travail de recherche rigoureux pour contextualiser le naufrage.

Les moins

  • Le lecteur qui s’attend à une description précise du naufrage et des anecdotes qui l’entourent restera sur sa faim, le chapitre sur le sujet étant des plus concis. À ce sujet, un ouvrage comme La Nuit du Titanic de Walter Lord sera plus utile.
  • On regrette presque que l’ouvrage soit destiné au grand public, tant les aspects « inédits » (en français) auraient pu être beaucoup plus longuement évoqués.

 

Publié dans Coup de coeur, Livre spécialisé, Roman | 3 Commentaires »

12
 

Renaissance et Unification |
Sciences |
collège Adberrahim Bouabid ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DogPeople
| Géotechnique
| Le Scientifique