Titanic, la monographie

Posté par Antoine le 7 novembre 2013

Quand on parle de marine, on pense tôt ou tard à une espèce fort répandue dans le monde des passionnés : le modéliste ! J’avais déjà eu l’occasion de parler, il y a fort longtemps, du projet de modélisation virtuelle de Clément d’Esparbès, malheureusement au point mort depuis. Cette fois-ci, il convient de rendre hommage aux maquettistes en « dur » qui peuplent le monde des passionnés du Titanic, vers qui l’Association Française du Titanic et sa revue Latitude 41 portent régulièrement leur attention. C’est pour eux qu’est publié par la revue Bateau-modèle le petit livre Titanic, la monographie, avec un texte de Gérard Piouffre, des illustrations infographiques de Cyril et Lionel Codus, et les photographies des maquettes de Christophe Martinez.

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Soyons d’ores et déjà clairs, Titanic, la monographie s’adresse avant tout aux maquettistes avides de mieux connaître la structure du paquebot, pour mieux la reconstituer. C’est à eux que sont destinés les deux derniers tiers du livre, regorgeant de schémas techniques à l’échelle, qu’il s’agisse des superstructures, des équipements de pont, des canots de sauvetage, mais aussi des schémas de rivetage… Ces pages satisferont certainement les « techies« , pour reprendre la définition donnée par Senan Molony, mais risquent d’effrayer ceux qui ne sont pas fanatiques du comptage de rivets. Plus accessibles sont en revanche les impressionnants schémas de face, profil et dessus du Titanic et de l’Olympic tels qu’ils se tenaient dans leurs cales de construction.

Le premier tiers du livre est pour sa part plus accessible : il revient sur l’histoire du paquebot, contée par la plume de Gérard Piouffre. Certes, le récit n’est pas aussi détaillé que dans Le Titanic ne répond plus ou même Nous étions à bord du Titanic. Ici, le parti est pris de se centrer sur la construction du paquebot : douze pages lui sont consacrées, contre moins de deux à la traversée et au naufrage. Ce qui est paradoxalement satisfaisant : au vu du petit gabarit du livre, un recentrage sur le sujet de la construction lui permet de se créer un intérêt qu’il n’aurait pas eu en essayant d’embrasser la totalité de l’histoire. Le tout est illustré par les très belles reconstitutions des extérieurs du navire par les frères Codus.

C’est en effet l’iconographie qui fait le principal intérêt du livre : les photographies des maquettes de Christophe Martinez, qui occupent quelques pages de l’ouvrage, en témoignent. Ces reconstitutions des trois géants de classe Olympic sont très fidèles, et magnifiques. On prend par exemple conscience de la place qu’occupaient les canots de sauvetage de l’Olympic après le naufrage de son jumeau.On appréciera également de voir nombre de photographies récentes du transbordeur Nomadic, fraîchement restauré à Belfast.

C’est donc un livre à recommander à tous ceux que la construction du Titanic intéresse, et qui cherchent une contrepartie française au Beveridge (bien que Titanic, la monographie reste moins détaillé). Ceux, en revanche, qui ne s’intéressent que peu au navire lui-même seront certainement déçus : il ne leur est pas destiné. Les autres n’ont plus qu’à empoigner colle et pinceaux : ils ont désormais tout pour reconstruire le Titanic !

Gérard Piouffre, Cyril et Lionel Codus, avec la participation de Christophe Martinez, Titanic, la monographie, J2P Editions, 2013

 

Les plus

  • Enfin un éclairage en français sur la construction du Titanic !
  • Les illustrations sont superbes et inédites.
  • Les modélistes trouveront ici une très bonne base de travail.

Les moins

  • Le livre aurait mérité plus de textes explicatifs : il risque de déboussoler ceux qui n’ont pas de connaissances minimales en architecture navale
  • Il est malheureusement assez cher…

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Titanic Valour, The Life of Fifth Officer Harold Lowe

Posté par Antoine le 10 juillet 2013

Le naufrage du Titanic suscite chez chacun des réactions personnelles. Chez certains, un protagoniste particulier attire l’attention, entraînant des travaux et recherches biographiques. Des travaux de ce genre ont ainsi pu être menés sur les musiciens de l’orchestre, Thomas Andrews, certains passagers fortunés… Parmi eux, les officiers jouissent d’un certain succès, et plusieurs se sont déjà vus consacrer des biographies, notamment William Murdoch et Charles Lightoller. Un personnage de premier plan manquait jusqu’à il y a peu de documentation, l’officier Harold Lowe, souvent considéré comme le héros du naufrage. Grâce à Inger Sheil, ce vide est désormais comblé avec Titanic Valour.

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Harold Lowe est-il le héros du naufrage ? Probablement pas autant qu’on pourrait le penser car, s’il est effectivement revenu chercher d’éventuels survivants, il a attendu que les cris s’amenuisent pour assurer sa sécurité (décision pleine de bon sens, par ailleurs). En cela, plusieurs autres canots ont aussi su récupérer des gens tombés à l’eau. D’autres hommes ont sauvé des vies, aidé bien des gens, et mériteraient le titre (souvent galvaudé et généralement malvenu) de « héros ». Il n’en reste pas moins qu’Harold Lowe est l’un des acteurs de premier plan de cette nuit là. On peut donc être un peu gêné par la quatrième de couverture et au prologue, qui semblent faire de Lowe le héros absolu, « l’homme qui est revenu » : doit on craindre des failles de neutralité ?

Fort heureusement, le travail d’Inger Sheil se révèle irréprochable de ce point de vue. Lowe est abordé avec recul, y compris certains aspects qui « fâchent » comme le racisme dont il aurait fait preuve durant le naufrage, selon certains témoins. Loin du panégyrique, l’ouvrage aborde l’homme sous tous les angles. Le livre peut sembler assez court (150 pages environ), il est pourtant plus que complet, et passionnant. La partie consacrée au Titanic n’occupe qu’une quarantaine de ces pages sans pour autant ignorer les aspects importants de cette aventure. On redécouvre notamment les relations de celui qui était un « étranger à bord » (il n’avait jamais servi sur l’Atlantique nord) avec ses collègues ; en quoi consistait son travail d’officier, quelles furent ses actions ce soir là.

Mais le livre d’Inger Sheil se révèle surtout précieux sur l’avant et l’après Titanic. La connaissance de la vie de Lowe se limitait généralement à sa naissance, son départ de la maison pour rejoindre la marine, une carrière peu connue, une entrée à la White Star sur les lignes australiennes, une absence d’avancement après le naufrage, un service dans la Navy et une retraite après guerre. Ce sont ces zones de vide qui sont désormais comblées. On découvre ainsi la famille Lowe, qui paya fort malheureusement un lourd tribut aux eaux. On apprend aussi quelle fut l’évolution de la carrière de Lowe, d’abord sur des voiliers, puis dans des cargos de moins en moins miteux. La Première Guerre mondiale est également détaillée, avec un épisode dont on est surpris qu’il soit passé inaperçu : Harold Lowe a en effet été envoyé avec son navire à Vladivostok pour lutter contre les Bolchéviques, et y a passé plus d’un an dans des conditions difficiles. Plus encore, on découvre que, loin d’avoir pris sa retraite après-guerre, il a continué à servir la White Star pendant dix ans, sans vraiment être récompensé pour sa fidélité. Enfin, on découvre un homme impliqué dans la vie de sa communauté, en dépit d’une fin de vie laborieuse.

Ces découvertes ont été permises par la proximité de l’auteur avec la famille d’Harold Lowe, ce qui lui a permis d’accéder aux souvenirs et archives familiales, notamment à de nombreuses photos.  Seize pages d’images complètent d’ailleurs le livre, et on découvre avec joie qu’aucune des photos de l’officier présentées ici ne sont connues. Au final, c’est un livre très agréable, qui se lit vite, qui nous est offert. Sorti en 2011, il est encore trouvable à très bon prix. Une occasion à saisir, tant on sait que les biographies d’officiers, une fois épuisées, peuvent atteindre des prix astronomiques.

Inger Sheil, Titanic Valour, The Life of Fifth Officer Harold Lowe, The History Press, 2011, 159 p.

 

Les plus

  • Un livre clair et bien écrit, qui se lit facilement et rapidement.
  • Des recherches totalement inédites et passionnantes, qui nous montrent à quel point Harold Lowe est un homme méconnu.
  • Les illustrations inédites ajoutent beaucoup au cachet du livre.
  • Un prix encore très accessible.

 

Les moins

  • Le résumé et la préface sombrent un peu trop dans l’éloge du héros, sans, heureusement, que le contenu du livre soit atteint.

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Gilded Lives, Fatal Voyage

Posté par Antoine le 20 mai 2013

Parmi les livres sortis à l’occasion du centenaire, beaucoup ne valaient pas grand chose, et nous avons été, si l’on peut dire, submergés par quelques ouvrages de basse qualité tels que Les Secrets du Titanic, de sinistre mémoire. Ce fait est d’autant plus triste que l’argent utilisé pour acheter ces horreurs n’a pas servi a acheter des livres de bien meilleure qualité, tels que Gilded Lives, Fatal Voyage, d’Hugh Brewster. Jusqu’à il y a peu, je ne pensais pas que Brewster était un auteur particulièrement impliqué dans l’histoire du Titanic ; je ne lui connaissais que le très bon Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic, qui restait très général. Ce n’est que récemment que j’ai découvert que, loin d’être un amateur, il était bien intégré dans les cercles de chercheurs titanicophiles, et qu’il avait plus d’une corde à son arc. Cet ouvrage en témoigne.

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Gilded Lives est un de ces ouvrages qui, à l’instar des Français du Titanic, tente de raconter l’histoire du paquebot sous un angle bien précis. Aussi, si la trame est familière, le contenu se révèle bien vite instructif, en nous emmenant sur des chemins inattendus. Dans le cas de cet ouvrage, l’angle choisi est celui du faste de la première classe, d’où ces vies artificiellement « dorées ». Nous sommes donc invités à embarquer à Cherbourg aux côtés de riches passagers comme Francis Davis Millet, Margaret Brown et le couple Astor. À chaque fois, le livre, qui se dévore comme un roman, s’étend sur des vastes parenthèses sur la vie de ces individus, leurs carrières. C’est un petit monde qui s’anime sous nos yeux, où tout le monde ou presque se connaît, s’est croisé, et Brewster recrée à la perfection ce sentiment.

Dans ces jeux d’apparence, le lecteur découvre donc l’émergence de Lucy Duff Gordon comme créatrice de mode, ou la passionnante carrière d’Archibald Butt aux côtés des plus grands. Les aspects moins reluisants sont également évoqués, les médisances sur certains passagers moins populaires, les ragots rapportés par la presse… De la salle à manger aux bains turcs, on suit les aventures de ces gens pour qui le voyage du Titanic n’était qu’une traversée anodine. Tous les aspects sont évoqués, même l’épineuse question de l’homosexualité à bord, décryptée avec beaucoup de talent (et de conditionnel !) à l’aide de lettres de Millet.

Ces lettres, justement, sont au cœur de l’ouvrage, de même que les ouvrages, enquêtes, autobiographies. Le but est donner à chacun de ces protagonistes la parole, car, après tout, qui est mieux placé qu’eux pour parler de cette expérience ? En découle un ouvrage à la fois dense et passionnant, que l’on dévore sans état d’âme.

On notera cependant que j’ai parlé ici de Gilded Lives, Fatal Voyage, et non de sa traduction (Des Vies dorées) parue en France. Ceci pour une raison simple : la traduction est mal faite et bourrée d’erreurs et de contresens, à tel point que la qualité du travail de l’auteur est dépréciée. Comme bien souvent, donc, mieux vaut passer par la V.O.. Le lecteur de la version française ne perdra probablement pas le sens global du livre, mais risque d’apprendre des choses fausses sur des points précis.

Hugh Brewster, Gilded Lives, Fatal Voyage, Broadway Paperbacks, 2012, 338 p.

 

Les plus

  • Une plongée dans le monde finalement peu connu de la première classe ; passionnant.
  • Des illustrations de qualité, souvent rares, et beaucoup de références à des textes originaux.
  • Hugh Brewster a eu la très bonne idée de faire appel à de nombreux autres auteurs, tels que Don Lynch et George Behe. Loin d’être un aveu de faiblesse, cela permet d’assurer la qualité du livre, ce que tous les auteurs ne font malheureusement pas.

 

Les moins

  • La traduction française est, visiblement, assez moyenne. Qui plus est, la différence de prix est très clairement en faveur de la version originale.

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Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy

Posté par Antoine le 24 décembre 2012

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer George Behe, un des prolifiques auteurs sur le Titanic, que j’avais interviewé il y a quelques temps. J’ai déjà, notamment, eu l’occasion de commenter son site passionnant. J’ai récemment pu acquérir un de ses premiers ouvrages à ma connaissance, datant de 1988, Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy. Le choix du sujet fera certainement sourire certains de mes amis qui me considèrent comme un grand sceptique, et est pour le moins épineux. En effet, Behe cherche à replonger dans les origines d’une part du mythe Titanic : des gens avaient-ils prédit le naufrage avant qu’il ne survienne ? Avec un tel sujet, on peut s’attendre au pire. Heureusement, comme à son habitude, George Behe nous fournit un travail solide et neutre, qui ne cherche à imposer aucun point de vue.

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C’est en effet sous l’angle du « scepticisme intelligent » que l’auteur aborde cette question. Il résume ainsi sa pensée : il faut aborder les faits sans le moindre à priori pour, ou contre, une explication psychique. Se limiter aux faits, aux seuls faits, et voir ce que donnent les pièces du puzzle sans chercher d’explication supplémentaire autre que les faits avérés. Et sa méthode marche, et évite de donner le champ libre aux complotistes comme aux sceptiques profonds. L’ouvrage se répartit donc en cinq parties. La première rassemble les coïncidences (certes troublantes) qui ne vont probablement pas plus loin… qu’une coïncidence. La seconde rapporte les impostures avérées. La troisième se penche sur le cas très particulier de William Thomas Stead et des nombreuses expériences psychiques qui l’ont entouré. La quatrième évoque de « possibles » expériences psychiques, c’est-à-dire des faits étonnants dont on a connaissances, mais qui relèvent probablement de l’imposture ou de la coïncidence, sans qu’on ne puisse le prouver. Enfin, la dernière parle des expériences « probables » qui ont pu survenir : lorsque vraiment, la coïncidence est trop étonnante et que, qui plus est, l’imposture semble impossible à mettre en place.

Pour chaque fait, Behe nous donne une source en fin d’ouvrage (généralement une coupure de presse), explique les faits, et donne généralement un commentaire critique pour éclairer certaines zones d’ombres. Il ne se montre en revanche jamais péremptoires et privilégie l’usage prudent du conditionnel : le sujet est manipulé avec les pincettes nécessaires. Le livre évite par ailleurs de tomber dans les lieux communs. Le cas du Naufrage du Titan est, en particulier, expédié rondement, Behe expliquant que dans les faits, le livre n’a pas grand chose en commun avec son « modèle ». Ces anecdotes se dévorent donc rapidement, et on découvre une époque différente, où les séances de spiritisme étaient monnaie courante et, bien souvent, prétextes à de belles entourloupes.

Dans une partie conclusive, George Behe nous propose quelques arguments « sceptiques » d’ordre général, sur la qualité des sources. Cette partie est un peu plus légère que les autres, mais le fait est qu’on ne peut pas aller beaucoup plus loin : les faits sont rapportés par la presse, mais aucun élément ne pourra jamais prouver ou infirmer que la presse, ou le témoin, a menti. Dont acte, et une conclusion au conditionnel. Un livre agréable et qui, s’il n’est pas essentiel, a le mérite d’offrir un regard neutre sur un sujet controversé.

 

George Behe, Titanic : Psychic Forewarnings of a Tragedy, Harper Collins, 1988, 176 p.

 

Les plus

  • Facile à lire, avec quelques illustrations. La répartition par parties thématiques et petits paragraphes au fil des anecdotes facilite l’étude.
  • Chaque fait est fourni avec des références et sources, primordial dans ce genre de sujet.
  • George Behe réussit à rester neutre sur un sujet glissant, et ne tire jamais de conclusions hâtives.

 

Les moins

  • Peut-être un peu léger dans la conclusion, au sujet des lacunes des sources.
  • Le livre date de 1988 : en 25 ans, la recherche permettrait peut-être d’éclaircir certains de ces faits.

 

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Dernier dîner sur le Titanic

Posté par Antoine le 20 juillet 2012

Ceux qui me connaissent savent que la gastronomie n’est pas mon fort : ils pourront donc légitimement se demander pourquoi, après avoir parlé de La Table du Titanic, je récidive avec un ouvrage plus ancien mais consacré au même sujet : Dernier dîner sur le Titanic, par Rick Archbold et Dana McCauley. Je l’avoue, si le sujet ne m’aurait pas poussé à l’achat au premier abord, je me suis rué sur l’ouvrage en le trouvant dans le catalogue de ma bibliothèque : après tout, tout ce qu’on y trouve sur le Titanic est bon à prendre ! (enfin, presque…)

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Rick Archbold est un auteur relativement connu de la sphère Titanicophile. Il a notamment écrit l’ouvrage présentant l’œuvre du peintre Ken Marschall (fort bel ouvrage que je m’empresserai de présenter ici à l’occasion) et a participé à la rédaction d’un ouvrage de Robert Ballard. Dana McCauley l’est moins, et il y a fort à parier qu’elle soit derrière la partie plus « culinaire » du livre, sur laquelle nous reviendrons également. Enfin, force est d’avouer qu’à la vue des remerciements mentionnant Don Lynch et le reste de la Titanic Historical Society, on comprend que toutes les fées se sont penchées sur ce berceau. Cerise sur cet appétissant gâteau : Walter Lord, le « père » spirituel de tous les historiens du Titanic, signe ici la préface en nous offrant une des anecdotes dont il a le secret. Les ingrédients sont de premier choix, les cuisiniers sont prêts : voyons si la recette tient ses promesses.

Comparé à son homologue français sorti cet année, le Dernier dîner a, il faut bien le dire, une longueur d’avance lorsque l’on regarde sa couverture. Exit le motif sobre sur un livre petit format ; place à l’exubérance, aux images colorée et grand format…  De façon générale, voila ce qui différencie le Dernier dîner de La Table du Titanic : une forme plus travaillée. J’avais, dans ma critique de ce dernier, remarqué que l’absence d’images était problématique. Quand on lit des recettes, même si l’on n’est pas gourmet, on aime bien savoir à quoi ressemble le mets ! D’autant plus que, n’est pas un grand cuisinier qui veut, c’est peut-être la seule occasion de voir la recette terminée de la bonne façon !

Le livre entre plus directement dans le vif du sujet que son homologue français : l’exposé du contexte dressé par Xavier Manente dans son ouvrage n’aurait pas dépareillé ici pour se faire une idée de ce qui a mené à un tel niveau de raffinement flottant. Pour le reste, en revanche, le livre d’Archbold et McCauley a largement l’avantage pour une simple raison : les auteurs ont fait parler leurs relations dans le « milieu », ce qui est toujours garantie de succès. Le livre est coloré, illustré, avec des encadrés, des citations : bref, il est agréable à vivre. Quand au contenu, il n’a qu’un seul objectif, vous ramener en 1912. Les auteurs vous présentent ainsi le repas tel qu’on le vivait dans les trois classes en ce soir de 14 avril, à partir des menus et témoignages, avec aussi quelques suppositions, certes, mais en restant rigoureux. On peut cependant regretter que les sources précises ne soient pas mentionnées.

L’autre objectif du livre est de vous faire remonter vous même le temps pour revivre ce dernier repas. Attention : pas question ici de mettre les pieds sous la table en T-shirt baskets. Quitte à faire les choses, on les fait bien. Le livre vous apprendra à préparer les mets, certes, mais aussi à préparer un parfait repas de l’ère edwardienne, avec la mise en scène qui va avec : musique, disposition de la table, étiquette (eh oui, messieurs, apprenez que votre principal rôle à table est de faire la conversation à la dame à votre droite !), service, et bien sûr, habits de soirée ! Les recettes sont expliquées clairement, parfois illustrées, et le livre vous propose même un planning sur plusieurs jours si vous désirez préparer le dîner complet (oui : pour manger comme sur le Titanic, il faut commencer la tambouille trois jours à l’avance !).  Bien entendu, un tel repas n’est pas léger, comme le précise l’auteur : « organisez-le la veille d’un jour où vous pourrez faire la grasse-matinée » ! Nous ne nous étendrons pas sur le prix d’un tel repas…

Le livre lui même, traduit en français en 1999, n’est pas aisé à trouver (la version originale de 1997, peut-être commandée pour un pris légèrement inférieur). Par ailleurs, la traduction pêche par moments. Certes, on est loin des hérésies des Secrets du Titanic, mais le « Rôt de la vieille Angleterre » remplaçant The Roast Beef of Old England, est la salle de réception devenue une simple « antichambre », ça piquera les yeux des passionnés acharnés comme votre serviteur. Malgré cela, vous pouvez vous procurer ce livre sans hésiter (si vous le trouvez) : il se déguste comme… un bon dîner.

Rick Archbold et Diana McCauley, Dernier dîner sur le Titanic, 1999, Madison Press/Jean-Claude Lattès

 

Les plus

  • Une iconographie somptueuse
  • Ce livre nous propose un véritable retour dans le temps : loin de se limiter à l’art culinaire, il fait remonter un art de vivre disparu.
  • Une description fouillée et précise des repas à bord, dans les trois classes

 

Les moins

  • Quelques erreurs de traduction
  • Assez difficile à trouver désormais

 

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Titanic, le guide du passager

Posté par Antoine le 16 mai 2012

Parmi les ouvrages publiés pour commémorer le centenaire du naufrage du Titanic, celui-ci ne paye pas de mine. Petit, à la couverture assez neutre, il passe inaperçu au milieu des couvertures massives et colorées d’ouvrages de qualité plus ou moins avérée publiés ces derniers temps. Plus gênant encore, il est souvent sous plastique, empêchant l’acheteur curieux d’en savoir plus sur son contenu. L’achat devient donc un pari sur la qualité, pari qui, vu le prix actuel des livres, peut s’avérer coûteux. Autant dire que pour beaucoup, dont moi d’ailleurs au premier abord, ce livre ne semblait pas être un achat prioritaire. Pourtant, j’ai finalement pu l’obtenir, et je m’en vais ici vous dire ce qu’il vaut.

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Mais au fait, qu’est-ce que le guide du passager ? C’est un fascicule que recevaient les passagers de première classe en début de traversée. Une présentation des espaces communs du navire, des dispositions à prendre durant le voyage, à laquelle s’ajoutent une liste des passagers en vue et des informations sur la vie à bord. Bref, une somme d’information importante dont Le Site du Titanic nous donne un aperçu. Il n’en reste pas moins que ce guide, du moins dans sa version distribuée sur le Titanic, n’a jamais été retrouvé. Ce guide qui nous est proposé est donc un travail d’imagination, rédigé à partir de documents d’époque.

Car de tels documents, on en dispose : l’Olympic, jumeau du Titanic, a eu une carrière suffisamment longue pour que de nombreux passagers puissent conserver leur brochure, dont des photographies avaient été publiées dans Titanic, the Ship Magnificent, de l’équipe de Bruce Beveridge. Les photos y apparaissent, de même que de nombreux clichés publicitaires d’époque. Enfin, ces documents connaissent une traduction française que beaucoup apprécieront. Les documents retranscrits sont rares et intéressants. On pourra reprocher quelques erreurs de traductions, et autres approximations dans la préface, mais l’ensemble reste fiable et intéressant.

Plus encore, le parti pris est intéressant : présenter le Titanic non plus comme le paquebot condamné qui a coulé durant sa traversée inaugurale, mais comme un navire à bord duquel nous sommes sur le point d’amorcer une traversée. Nul mot sur le naufrage donc, juste une présentation du Titanic et de la vie à bord comme si vous y étiez. Et ça, ça vaut le coup.

Titanic, le guide du passager, Arthaud, 2012

 

Les plus

  • Un sujet original pour une présentation intéressante
  • Une iconographie travaillée et rare
  • Malgré la petite taille du livre, le texte est dense et regorge d’informations

 

Les moins

  • Quelques erreurs de traductions, et approximations dans les textes qui ne sont pas d’époque. Rien de bien méchant cependant.

 

 

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Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal

Posté par Antoine le 22 avril 2012

Il y a des livres qui font école dans leur domaine, et qui restent longtemps une référence. Des livres qui font état de l’étendue des connaissances sur un sujet à un instant T. Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal est de ceux-ci. Véritable Bible du Titanic, le livre compte pas moins de onze auteurs, le gratin des chercheurs spécialistes du sujet, sous la houlette de Samuel Halpern. Mark Chirnside, George Behe, Bruce Beveridge, Steve Hall, Tad Fitch, Bill Wormstedt, Dave Gittins, Cathy Akers-Jordan, Lester J. Mitcham et le capitaine Charles Weeks ont ainsi contribué à cet ouvrage à l’objectif simple : faire le bilan des connaissances sur le naufrage 100 ans après le drame. Et le résultat est réussi.

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Comme en témoigne le site créé pour l’occasion, le livre est exhaustif. On nous présente les enquêtes, sommairement, avec un but avoué : refaire l’enquête 100 ans après en cherchant à répondre à un certain nombre de questions. Depuis les commissions de l’époque, notre connaissance s’est étoffée avec notamment la découverte de l’épave, et cette mise à jour est nécessaire. On le comprend vite, ce livre ne vous donnera pas d’information sur les passagers. Astor, Hays, Guggenheim et autres ne sont que les figurants du drame raconté ici, le livre se centrant sur le pourquoi et le comment plus que sur le qui. Tous les aspects nécessaires à la compréhension des circonstances du drame sont évoqués : structure du navire (avec un chapitre condensé du superbe Titanic, the Ship Magnificent par ses auteurs), route suivie durant la traversée, mesures prises pour éviter les glaces, étendue des dégâts suite à la collision… On en découvre également plus sur la probable propagation de l’eau, sur le chargement des canots et ainsi de suite. De même, les polémiques du Californian et du Mount Temple sont évoquées, et les conclusions sont particulièrement mesurées.

Dans l’ensemble, la grande qualité de ce livre réside dans le nombre d’auteurs. Le but avoué de la méthode est de permettre aux uns et aux autres de corriger mutuellement leurs lacunes, de fournir un ensemble moins partial que s’il était le fruit d’un seul. La synthèse est ainsi claire, précise, et innovante. Les conclusions auxquelles parvient l’ouvrage sont assez claires et ont l’avantage de ne pas sombrer dans le réquisitoire partial que tiennent certains auteurs. Les annexes sont également une mine d’informations inépuisable avec des listes de passagers et de l’équipage, mais aussi une clarification des chronologies en détaillant les questions de changements d’heure. Enfin, une annexe est particulièrement intéressante, celle qui concerne la « question des grilles verrouillées » dont les conclusions déstabiliseront les tenants du manichéisme Cameronien. Par ailleurs, l’ouvrage fait un gros travail de référencement de l’information avec un grand nombre de notes renvoyant aux témoignages originaux.

Le tout n’est pas exempt de défauts, cependant. Assez technique, l’ouvrage est parfois difficile à aborder pour le lecteur lambda qui sautera facilement certains passages. Ce n’est clairement pas le genre d’ouvrage que l’on peut lire dans un état de fatigue avancée ! Plus encore, les schémas de Sam Halpern sont assez effrayants, manquent de clareté et tendent presque à complexifier les choses. Ce serait le point à reprendre en cas de réédition. A Centennial Reappraisal reste un ouvrage de référence pour tous les amateurs du Titanic, et une pièce nécessaire dans toute bibliothèque.

Samuel Halpern (dir.), Report Into The Loss of SS Titanic, A Centennial Reappraisal, The History Press, 2011

 

Les plus

  • Une somme d’information inégalée sur l’histoire du navire et son naufrage. Une véritable Bible d’un point de vue historique.
  • Rédigé par l’élite des chercheurs anglophones sur le sujet
  • De nombreuses explications sur multiples points et des annexes passionnantes

 

Les moins

  • Parfois complexe à lire. Ce livre n’est pas destiné au grand public.
  • Les schémas de Sam Halpern sont assez décevants.

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La Table du Titanic

Posté par Antoine le 16 février 2012

Parmi les sujets qui entourent le Titanic, les repas servis à bord sont un des sujets pour lequel j’ai généralement eu le moins d’affinités. Il faut dire que mon palais de fin gourmet ne tolère que des plats sophistiqués de type steak – frites qui n’étaient malheureusement pas servis à bord. C’est pour cela que le livre de Rick Archbold et Dana McCauley Dernier Dîner sur le Titanic n’a jamais atterri dans ma bibliothèque. Le fait qu’un auteur, français de surcroît (il est assez rare que les francophones écrivent sur le Titanic, encore sur des sujets très isolés), tente l’aventure de parler des repas à bord était toutefois plutôt encourageant. Voyons donc ce que renferme La Table du Titanic, par Xavier Manente.

La Table du Titanic dans Livre spécialisé La%20Table%20duTitanic

On peut d’ores et déjà dire que l’auteur, qui se dit amateur de cuisine et d’histoire, maîtrise bien ses deux sujets (du moins, pour le premier, je ne peux que supposer sa compétence, n’y connaissant pas grand chose pour ma part). Son ouvrage est bien contextualisé, et on cerne bien le contexte social et culinaire de l’époque. Très bon point. De même, sa présentation, assez rapide mais exhaustive, des cuisines et restaurants du Titanic, est claire et louable. Enfin, les recettes étalées ici sont précises et détaillées. Un glossaire, retranscrit sur un marque page, est un plus non négligeable pour ceux qui fréquentent peu leurs fourneaux.

On peut cependant regretter que les recettes ne soient pas illustrées. J’aurais personnellement aimé savoir à quoi peut bien ressembler le fameux « consommé Olga » et autres mets d’époque. On peut aussi regretter que l’auteur n’ait pas demandé à un spécialiste du Titanic  de relire son ouvrage, qui contient du coup quelques erreurs assez grossières comme la présence de la momie de John Jacob Astor, en réalité légende assez souvent démentie. Malgré tout, la globalité de l’ouvrage est une somme de recherche très appréciable, et le contenu est intéressant. Sans être le livre de l’année sur le Titanic, c’est une agréable trouvaille, plus sympathique que sa sobre couverture ne le laisserait penser.

Xavier Manente, La Table du Titanic, Alma Editeur, 2012, ISBN 978-2-36279-015-7

 

Les plus

  • Un sujet très original, qui plus est en français.
  • Bien contextualisé, bien écrit, clair
  • Le glossaire, salutaire quand on sait déjà à peine différencier un couteau d’une fourchette

 

Les moins

  • Quelques erreurs qui touchent à l’histoire même du Titanic, heureusement assez rares, mais frappantes (la momie). Dans l’ensemble, ça reste un bon travail de recherche.
  • Quelques illustrations n’auraient pas manqué ; bien au contraire.

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Titanic Scandal, the Trial of the Mount Temple

Posté par Antoine le 31 décembre 2011

Comme tous les sujets historiques populaires, le naufrage du Titanic n’a pas échappé à son lot de controverses et de théories plus ou moins sérieuses. Plusieurs fois, des auteurs ont tenté de nous expliquer dans leurs livres que le Titanic avait coulé parce que le quartier-maître ne connaissait pas sa gauche et sa droite, ou même qu’il n’a jamais coulé. De fait, un ouvrage au titre aussi sensationnaliste que « Titanic scandal », « Le scandale du Titanic« , pouvait pousser à douter. Le fait qu’il soit écrit par Senan Molony, auteur prolifique sur Encyclopedia Titanica et chercheur émérite était certainement la seule chose qui le séparait de la pile des livres conspirationnistes à jeter. Pourtant, force est d’avouer que Molony nous présente ici des faits pour le moins intéressants, et de façon plutôt bienvenue.

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Petit rappel historique, tout d’abord. Lorsque le Titanic sombre, un certain nombre de passagers et membres d’équipage aperçoivent au loin les feux d’un navire qui demeure immobile et ne répond pas. Le suspect le plus souvent retenu est le Californian, bien que les preuves actuelles tendent à dire qu’il était trop loin. Le paquebot canadien Mount Temple était également proche du lieu du drame, mais à l’ouest d’un gigantesque champ de glace qui l’a empêché d’atteindre le navire à temps. Pour Molony, le Mount Temple est ce navire « fantôme », et de nombreuses preuves ignorées par les commissions d’enquête, peuvent le démontrer. Il entend donc, près de cent ans après, dresser le procès du Mount Temple, et plus précisément celui de son capitaine, Moore.

Procès n’est ici pas une image puisque le livre est présenté sous cette forme, avec exposé des faits, intervention des témoins (par le biais de leurs déclarations originales), réfutation des arguments de l’auteur par l’avocat du capitaine, conclusion… La forme rend ainsi le tout assez ludique. Autre avantage ? En choisissant cette forme, Molony accepte la contradiction, et relève même le défi de critiquer ses propres arguments. Un chapitre entier, en guise d’avant-conclusion, donne la parole à la défense de Moore, et la conclusion donne la part belle à ceux qui ne seraient pas d’accord avec cette théorie. D’ailleurs, Molony le dit dès le début de son ouvrage : « je ne fait qu’exposer des faits, à vous de voir s’ils vous conviennent ou pas ». Bref, c’est une façon de penser que je juge honnête, et qui, en cela, donne au livre une meilleure honnêteté historique que celui de Daniel Allen Butler, qui ne tolérait aucun argument pouvant contredire son raisonnement.

Le livre de Molony nous donne un grand nombre d’arguments de taille : incohérences dans les témoignages, désertions étranges, questionnements sur les positions des navires, sur les vides dans le livre de bord du Mount Temple qui, pourtant bien rempli les autres jours, ne dit rien entre le 14 et le 19 avril… Un travail de recherche énorme a été fait, et tous les événements sont racontés en détail, dans près de 250 pages. Le tout est accompagné de très belles illustrations et de documents. Les annexes contiennent entre autres les retranscriptions des listes d’équipage et de passagers du navire. Bref, le travail n’a pas été fait à moitié.

C’est peut-être, en fait, le problème de cet ouvrage. Le sujet est complexe, très complexe, et Molony a ici créé un véritable travail d’historien, en essayant d’en mettre le maximum. Chaque intervenant est ainsi présenté en détail : presque tout ce que l’on en sait est exposé pour donner au lecteur un maximum de clés. De fait, Molony a sacrifié l’aspect commercial et accessible de son livre au profit de son exhaustivité et de sa précision. On ne va pas s’en plaindre, c’est certain, mais le livre est à réserver à un public bien entrainé, qui connait l’histoire du Titanic, et qui maîtrise convenablement l’anglais.

Senan Molony, Titanic Scandal, the Trial of the Mount Temple, Amberley Publishing, 2009, 256 p.

 

Les plus

  • Une étude unique sur un acteur du drame qui n’en avait jamais bénéficié : le Mount Temple
  • De nombreux arguments et illustrations posant une théorie bien pensée et étayée
  • L’auteur garde une certaine ouverture d’esprit en donnant également les arguments allant à l’encontre de sa théorie et en laissant au lecteur le choix d’établir sa propre opinion sur le sujet.

 

Les moins

  • Parfois très complexe : des schémas sur les positions des navires estimées par l’auteur pour détailler son idée auraient été les bienvenus.
  • Les recherches ont été très approfondies, et tout est dit dans le livre. Ce n’est pas à proprement parler un point négatif, mais cela complexifie fortement la lecture.
  • On peut être déçu que la carrière du Mount Temple avant et après l’épisode du Titanic ne soit que très peu évoquée. Un chapitre explicatif aurait été bienvenu, puisque c’est ici, finalement, le seul protagoniste à ne pas faire l’objet d’une biographie détaillée. La traversée d’avril 1912 est en revanche remarquablement détaillée.

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Les Français du Titanic

Posté par Antoine le 6 août 2011

Les ouvrages scientifiques (comprendre par là des travaux qui apportent des connaissances nouvelles, au delà d’une simple synthèse des faits), sont très rares en français quand il s’agit du Titanic. Pourtant, en 2011, quatre courageux membres de l’Association Française du Titanic (AFT) ont décidé de réparer ce manque avec l’ouvrage Les Français du Titanic, publié chez Marines éditions. Du très beau travail, que je vais détailler de plus près.

Les Français du Titanic dans Coup de coeur zoom_30655_titanic-z

Contrairement à ce que le titre laisse entendre, Les Français du Titanic ne traite pas, et de loin, que des Français à bord du Titanic. Il va plus loin en élargissant à un grand nombre de personnes à bord ayant eu un rapport avec la France, même si le thème central reste cette cinquantaine de Français qui ont voyagé, passagers ou équipage, à bord du paquebot. De façon générale, le livre est très vaste et permet d’avoir une vision d’ensemble du sujet, tout en « zoomant » sur certains points et certaines personnes avec une précision plus que satisfaisante. Je m’attendais à trouver dans ses pages de quoi satisfaire ma curiosité sur des passagers français comme Paul Chevré ou Louise Laroche, et je n’ai pas été déçu, mais au delà de tout ça, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir des précisions très détaillées sur Bruce Ismay ou John Jacob Astor ! Plus étonnant encore, le livre va jusqu’à traiter du problème de concordance des heures entre le Titanic et le Californian, ce que ne faisait pas The Oter Side of the Night, pourtant consacré à ce dernier navire.

On pourrait de fait craindre que le livre soit inaccessible au néophyte. Ce n’est que partiellement le cas. Il est certain qu’il est probablement trop dense pour quelqu’un qui veut avant tout connaître l’histoire du Titanic. À cette fin, je persiste à considérer Le Titanic ne répond plus comme plus adapté. Cependant, il n’est pas nécessaire de maîtriser totalement le sujet pour comprendre Les Français du Titanic, ce qui le rend accessible et intéressant pour tous. Par ailleurs, bien qu’écrit par quatre personnes, il conserve un style uniforme et fluide.

À cela s’ajoutent des illustrations, certes assez rares, mais de qualité et souvent peu diffusées ailleurs ; ainsi que de larges extraits de témoignages. Le seul véritable reproche que l’on pourrait faire au livre est de ne pas être allé au total bout de la démarche scientifique, en ne donnant pas de notes et références précises de ses sources comme le font souvent les britanniques, ou avec un index qui aurait été bien pratique vu la masse d’information disponible. Mais il faut également comprendre que les éditions françaises étant très réticentes à publier des ouvrages précis à ce point, ces détails de formes ne sont qu’un maigre prix à payer pour un ouvrage de grande qualité.

François Codet, Alain Dufief, Franck Gavard-Perret, Olivier Mendez, Les Français du Titanic, Marines Editions, 2011. Une interview de deux des auteurs est également disponible sur le blog.

 

Les plus

  • Enfin un livre scientifique sur le Titanic publié en Français !
  • Une mine d’information très bien fournie.
  • Agréable à lire, accessible et illustré.

Les moins

  • Le manque d’index n’aide pas à retrouver facilement une information. Dans un ouvrage si bien fourni, la table des matières est rarement suffisante.

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