Paul Lee’s Titanic Pages

Posté par Antoine le 24 juin 2014

Pour l’amateur du Titanic, le web regorge de sites plus ou moins approfondis. Ceux qui renferment souvent le plus de potentiel sont les sites personnels de chercheurs qui y publient maints articles. J’ai déjà eu l’occasion de présenter ici le site de George Behe. Voici désormais celui d’une autre sommité, Paul Lee, qui propose un grand nombre de travaux sur plusieurs sujets, mais aussi les retranscriptions de documents originaux particulièrement intéressants. Une mine d’or qui ne pourra que plaire aux plus passionnés.

Lee

 

Dans la sphère du Titanic, Paul Lee est principalement connu pour ses travaux sur le Californian, notamment son livre très apprécié Titanic and the Indifferent Stranger qui tente de faire le point sur le cas du Californian en n’étudiant pas seulement les faits d’époque, mais aussi tous les débats qui se sont déroulés sur le sujet durant le siècle suivant. On retrouve sur le site plusieurs articles sur le sujet : deux pour faire le point (ici et ), mais aussi quelques articles sur Stanley Lord et l’un de ses officiers, Herbert Stone. Cette controverse du Californian est aussi, plus malheureusement, prétexte à deux articles démontant les idées de certains contradicteurs, en l’occurence Senan Molony (ici) et Daniel Allen Butler, auteur du contesté The Other Side of the Night (ici). Les critiques de Lee sont, sur le fond, toujours étayées solidement et intelligentes. C’est pourquoi il est d’autant plus dommage de le voir par moment s’abaisser à quelques piques personnelles. Cela n’altère en rien la qualité du site, mais je dois reconnaître que cela avait suffi à me rebuter et m’éloigner un temps de ces contenus de qualité.

Outre le Californian et au grand bonheur de ceux que cette polémique rebuterait, on trouve sur le site de Paul Lee bien d’autres choses. On pourra ainsi y trouver une synthèse des témoignages au sujet du départ d’Ismay dans un canot, la mort de Frederick Fleet, ou encore le nom original du Britannic. Lee n’hésite pas non plus à soulever certains lièvres concernant l’épave, remettant parfois en doute la version officielle, que cela concerne l’identité de ceux qui l’ont découverte, ou surtout la vitesse de détérioration du site. Parfois, de gros pavés sont lancés dans la mare, mais toujours avec de très bonnes explications. Enfin, là où Lee peut-être vraiment bon, c’est lorsqu’il propose des synthèses de témoignages pour donner une vue d’ensemble de la façon dont la collision a été perçue à bord, ou encore l’idée que l’on peut se faire de la progression de l’eau dans le Titanic durant le naufrage. La liste n’est bien entendu pas exhaustive, d’autant que le contenu est régulièrement renouvelé et mis à jour (la dernière mis à jour remonte à deux jours au moment où j’écris ces lignes).

Bien entendu, tout le monde ne sera pas familier avec ces sujets. Qu’à cela ne tienne, Lee propose d’autres sujets intéressants et plus accessibles, notamment des bêtisiers recensant les erreurs historiques des différents films, mais aussi une carte interactive des mémoriaux, épaves et attractions liés au Titanic. Enfin, Lee nous propose quelques archives personnelles, mais aussi une retranscription de la correspondance qu’avait entretenue Walter Lord avec de nombreux acteurs du drame. Tout cela est particulièrement appréciable. Le seul véritable reproche que l’on pourra faire au site de Paul Lee est son design, clairement daté et peu ergonomique, mais qui a au moins l’avantage de mettre en avant l’essentiel.

En dépit de ces quelques défauts, le site de Paul Lee est clairement un incontournable. Quiconque voudra vraiment aborder ces articles aura peut-être intérêt à les lire sur papier, tant ils sont denses !

 

Les plus

  • Beaucoup d’articles sur divers sujets.
  • Le fond est très solidement étayé et ouvre beaucoup de perspectives de réflexion : on apprend énormément de choses.
  • Les archives disponibles sont un plus non négligeable.
  • Les explications les plus techniques sont souvent accompagnées de schémas pour aider la compréhension.

 

Les moins

  • Malgré tout, ce site s’adresse avant tout au passionné déjà chevronné. Un nouveau risque de se perdre totalement ici.
  • La personnalisation de certains débats peut mettre mal à l’aise.
  • Le design du site n’est clairement pas attrayant.

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Gilded Lives, Fatal Voyage

Posté par Antoine le 20 mai 2013

Parmi les livres sortis à l’occasion du centenaire, beaucoup ne valaient pas grand chose, et nous avons été, si l’on peut dire, submergés par quelques ouvrages de basse qualité tels que Les Secrets du Titanic, de sinistre mémoire. Ce fait est d’autant plus triste que l’argent utilisé pour acheter ces horreurs n’a pas servi a acheter des livres de bien meilleure qualité, tels que Gilded Lives, Fatal Voyage, d’Hugh Brewster. Jusqu’à il y a peu, je ne pensais pas que Brewster était un auteur particulièrement impliqué dans l’histoire du Titanic ; je ne lui connaissais que le très bon Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic, qui restait très général. Ce n’est que récemment que j’ai découvert que, loin d’être un amateur, il était bien intégré dans les cercles de chercheurs titanicophiles, et qu’il avait plus d’une corde à son arc. Cet ouvrage en témoigne.

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Gilded Lives est un de ces ouvrages qui, à l’instar des Français du Titanic, tente de raconter l’histoire du paquebot sous un angle bien précis. Aussi, si la trame est familière, le contenu se révèle bien vite instructif, en nous emmenant sur des chemins inattendus. Dans le cas de cet ouvrage, l’angle choisi est celui du faste de la première classe, d’où ces vies artificiellement « dorées ». Nous sommes donc invités à embarquer à Cherbourg aux côtés de riches passagers comme Francis Davis Millet, Margaret Brown et le couple Astor. À chaque fois, le livre, qui se dévore comme un roman, s’étend sur des vastes parenthèses sur la vie de ces individus, leurs carrières. C’est un petit monde qui s’anime sous nos yeux, où tout le monde ou presque se connaît, s’est croisé, et Brewster recrée à la perfection ce sentiment.

Dans ces jeux d’apparence, le lecteur découvre donc l’émergence de Lucy Duff Gordon comme créatrice de mode, ou la passionnante carrière d’Archibald Butt aux côtés des plus grands. Les aspects moins reluisants sont également évoqués, les médisances sur certains passagers moins populaires, les ragots rapportés par la presse… De la salle à manger aux bains turcs, on suit les aventures de ces gens pour qui le voyage du Titanic n’était qu’une traversée anodine. Tous les aspects sont évoqués, même l’épineuse question de l’homosexualité à bord, décryptée avec beaucoup de talent (et de conditionnel !) à l’aide de lettres de Millet.

Ces lettres, justement, sont au cœur de l’ouvrage, de même que les ouvrages, enquêtes, autobiographies. Le but est donner à chacun de ces protagonistes la parole, car, après tout, qui est mieux placé qu’eux pour parler de cette expérience ? En découle un ouvrage à la fois dense et passionnant, que l’on dévore sans état d’âme.

On notera cependant que j’ai parlé ici de Gilded Lives, Fatal Voyage, et non de sa traduction (Des Vies dorées) parue en France. Ceci pour une raison simple : la traduction est mal faite et bourrée d’erreurs et de contresens, à tel point que la qualité du travail de l’auteur est dépréciée. Comme bien souvent, donc, mieux vaut passer par la V.O.. Le lecteur de la version française ne perdra probablement pas le sens global du livre, mais risque d’apprendre des choses fausses sur des points précis.

Hugh Brewster, Gilded Lives, Fatal Voyage, Broadway Paperbacks, 2012, 338 p.

 

Les plus

  • Une plongée dans le monde finalement peu connu de la première classe ; passionnant.
  • Des illustrations de qualité, souvent rares, et beaucoup de références à des textes originaux.
  • Hugh Brewster a eu la très bonne idée de faire appel à de nombreux autres auteurs, tels que Don Lynch et George Behe. Loin d’être un aveu de faiblesse, cela permet d’assurer la qualité du livre, ce que tous les auteurs ne font malheureusement pas.

 

Les moins

  • La traduction française est, visiblement, assez moyenne. Qui plus est, la différence de prix est très clairement en faveur de la version originale.

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Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy

Posté par Antoine le 24 décembre 2012

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer George Behe, un des prolifiques auteurs sur le Titanic, que j’avais interviewé il y a quelques temps. J’ai déjà, notamment, eu l’occasion de commenter son site passionnant. J’ai récemment pu acquérir un de ses premiers ouvrages à ma connaissance, datant de 1988, Titanic, Psychic Forewarnings of a Tragedy. Le choix du sujet fera certainement sourire certains de mes amis qui me considèrent comme un grand sceptique, et est pour le moins épineux. En effet, Behe cherche à replonger dans les origines d’une part du mythe Titanic : des gens avaient-ils prédit le naufrage avant qu’il ne survienne ? Avec un tel sujet, on peut s’attendre au pire. Heureusement, comme à son habitude, George Behe nous fournit un travail solide et neutre, qui ne cherche à imposer aucun point de vue.

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C’est en effet sous l’angle du « scepticisme intelligent » que l’auteur aborde cette question. Il résume ainsi sa pensée : il faut aborder les faits sans le moindre à priori pour, ou contre, une explication psychique. Se limiter aux faits, aux seuls faits, et voir ce que donnent les pièces du puzzle sans chercher d’explication supplémentaire autre que les faits avérés. Et sa méthode marche, et évite de donner le champ libre aux complotistes comme aux sceptiques profonds. L’ouvrage se répartit donc en cinq parties. La première rassemble les coïncidences (certes troublantes) qui ne vont probablement pas plus loin… qu’une coïncidence. La seconde rapporte les impostures avérées. La troisième se penche sur le cas très particulier de William Thomas Stead et des nombreuses expériences psychiques qui l’ont entouré. La quatrième évoque de « possibles » expériences psychiques, c’est-à-dire des faits étonnants dont on a connaissances, mais qui relèvent probablement de l’imposture ou de la coïncidence, sans qu’on ne puisse le prouver. Enfin, la dernière parle des expériences « probables » qui ont pu survenir : lorsque vraiment, la coïncidence est trop étonnante et que, qui plus est, l’imposture semble impossible à mettre en place.

Pour chaque fait, Behe nous donne une source en fin d’ouvrage (généralement une coupure de presse), explique les faits, et donne généralement un commentaire critique pour éclairer certaines zones d’ombres. Il ne se montre en revanche jamais péremptoires et privilégie l’usage prudent du conditionnel : le sujet est manipulé avec les pincettes nécessaires. Le livre évite par ailleurs de tomber dans les lieux communs. Le cas du Naufrage du Titan est, en particulier, expédié rondement, Behe expliquant que dans les faits, le livre n’a pas grand chose en commun avec son « modèle ». Ces anecdotes se dévorent donc rapidement, et on découvre une époque différente, où les séances de spiritisme étaient monnaie courante et, bien souvent, prétextes à de belles entourloupes.

Dans une partie conclusive, George Behe nous propose quelques arguments « sceptiques » d’ordre général, sur la qualité des sources. Cette partie est un peu plus légère que les autres, mais le fait est qu’on ne peut pas aller beaucoup plus loin : les faits sont rapportés par la presse, mais aucun élément ne pourra jamais prouver ou infirmer que la presse, ou le témoin, a menti. Dont acte, et une conclusion au conditionnel. Un livre agréable et qui, s’il n’est pas essentiel, a le mérite d’offrir un regard neutre sur un sujet controversé.

 

George Behe, Titanic : Psychic Forewarnings of a Tragedy, Harper Collins, 1988, 176 p.

 

Les plus

  • Facile à lire, avec quelques illustrations. La répartition par parties thématiques et petits paragraphes au fil des anecdotes facilite l’étude.
  • Chaque fait est fourni avec des références et sources, primordial dans ce genre de sujet.
  • George Behe réussit à rester neutre sur un sujet glissant, et ne tire jamais de conclusions hâtives.

 

Les moins

  • Peut-être un peu léger dans la conclusion, au sujet des lacunes des sources.
  • Le livre date de 1988 : en 25 ans, la recherche permettrait peut-être d’éclaircir certains de ces faits.

 

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Tempest

Posté par Antoine le 18 septembre 2012

Un article à part à l’occasion de la rentrée de Biblio-Titanic. Ce n’est pas d’une source d’information ou d’une adaptation de l’histoire du Titanic qu’il sera question, mais d’un hommage, et pas des moindres. C’est le chanteur, musicien et compositeur Bob Dylan, en effet, qui a présenté sur son dernier album, Tempest, la chanson du même nom consacrée au naufrage du Titanic. Ce n’est pas la première fois que Bob Dylan s’inspire fortement d’un événement pour composer une chanson ; mais il s’agissait généralement de faits récents, et politiquement forts. Ainsi, The Lonesome Death of Hattie Carroll, froid récit d’un meurtre raciste enregistré en 1963, avait pour but de dénoncer le tueur, qui n’avait écopé que de six mois de prison. Il avait défendu plusieurs autres causes au court de sa carrière, et fait quelques émules dans le domaine de la chanson d’actualité.

Pour ce qui concerne le Titanic, on s’en doute, la portée politique est quasi nulle ; et pour l’actualité, on ne pourra que supposer que Dylan a été inspiré par l’effet centenaire (notez cependant que la chanson a été enregistrée entre janvier et mars dernier : il est probable que le musicien ait préparé son coup avant même les premières célébrations). Un clin d’oeil flagrant laisse penser à une influence de James Cameron : un des personnages mentionnés rapidement dans la chanson est un certain Leo. Pour le reste, Dylan tire avant tout son inspiration dans la musique folk et surtout dans les sonorités irlandaises. C’est donc une longue ballade classique mais efficace qu’offre le compositeur.

Longue, elle l’est, probablement la plus longue qu’il ait écrite, même si de façon générale, la plupart des morceaux de l’album sont longs, et que Bob Dylan avait déjà fait dans la chanson de plus de 10 minutes. Côté texte, c’est un récit très romancé du naufrage. L’auteur le reconnait d’ailleurs sans honte : il est poète, pas historiens, et a parfois modifié les faits pour enjoliver la forme. Tour à tour, la chanson se fige sur des scènes ponctuelles : la lumière des candélabres sur les balustrades, l’eau envahissant les coursives, la vapeur fuyant les chaudières, les passagers qui choisissent d’attendre la fin, Astor disant adieu à son épouse (c’est d’ailleurs le seul personnage réel clairement nommé), jusqu’à l’arrivée sur terre de la nouvelle du drame… On y retrouvera les tons et thèmes de chansons de l’époque notamment It Was Sad When That Great Ship Went Down. Cela n’est pas anodin : cette chanson assez connue aux États-Unis (c’est notamment un classique chez les jeunes scouts) a notamment été interprétée par Woody Gunthrie (qui, pour la petite histoire, était né en 1912), idole de jeunesse de Bob. Le monde est parfois petit !

Concernant le reste de l’album, il vaut également le détour et est un des plus gros succès critiques de son auteur. Sorti la semaine dernière, le disque est d’ores et déjà en troisième place des charts britanniques. Vous pouvez toujours l’écouter sur Deezer.

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Titanic-Titanic.com

Posté par Antoine le 23 mai 2012

Les sites sur le Titanic sont légion. On pourrait les classer en trois catégories : les sites généralistes de qualité, souvent écrits par une communauté de passionnés (type Encyclopedia Titanica), les sites et blogs tenus par un passionné ou historien faisant part de ses recherches (comme celui de George Behe), et les mauvais sites, souvent limités à une ou deux pages bateau ou au fanclub de Jack et Rose. Ces derniers sont assez faciles à repérer, aussi n’en étudierai-je pas ici, à moins d’en trouver de particulièrement savoureux… C’est aujourd’hui un site de la première catégorie que je vous propose d’étudier ; une des références anglophones sur le sujet, le site Titanic-Titanic.com.

Titanic-Titanic.com

Ce site est un des sites de référence, certes, mais disons le clairement, il se situe à un niveau moindre par rapport à, par exemple, un site comme Encyclopedia Titanica. Leur principe est vaguement similaire, avec des articles écrits, souvent, par des membres de la communauté et un forum de prestige ; mais joue en défaveur de notre sujet du jour. Toute communauté connaît une sorte de « sélection naturelle » qui fait que plus ou moins de membres s’y joindront ; et en termes de nombre et de prestige, « ET » domine sans conteste. Reste que tout n’est pas à jeter sur Titanic-Titanic.com, loin de là.

La comparaison avec Encyclopedia Titanica passe avant tout par le point noir de ce dernier : la navigation et l’ergonomie. Titanic-Titanic.com marque indéniablement un point dans ce domaine. Certes, les publicités y sont nombreuses et encombrantes, mais le décor est légèrement moins spartiate. Et surtout, surtout, il y a cette page : un plan du site, avec liens vers toutes les pages. Fini les heures de galère pour trouver quelque chose, tout le contenu est ici exposé. Autant le dire tout de suite, ça fait du bien. Le site fait par ailleurs la part belle à l’illustration en en fournissant chaque fois que possible.

Du point de vue du contenu, la différence est là, également. Encyclopedia Titanica est très forte sur les biographies (chaque personne à bord en a une, généralement bien fournie) et les articles signés. Sur Titanic-Titanic.com, les biographies sont assez décevantes. On a souvent une simple fiche de signalement, et les fiches de certains passagers pourtant bien connus comme J.J. Astor sont ridiculement vides. Restent certaines de valeur, telles que les biographies des officiers. Du point de vue des articles signés, le site est déjà plus incontournable, avec un certain nombre de contributions de poids ; même si, du point de vue de la quantité, la concurrence domine.

Enfin, Titanic-Titanic.com tente de combler un vide de son concurrent : le manque d’articles sur l’histoire globale du navire. À aucun endroit Encyclopedia Titanica ne propose de découvrir l’histoire du Titanic dans une version synthétique. Titanic-Titanic.com tente d’y revenir, de façon souvent concise, mais ça a le mérite d’y être. On pourra sans trop de souci parcourir ces pages, mais là encore, on trouve mieux ailleurs (et en français !) notamment avec le Site du Titanic. Dernier point exclusif, qui peut toujours servir au généalogistes : le site comprend une jolie collection de certificats de décès grâce au travail de Phil Gowan. Bref, Titanic-Titanic.com est un site décent, qui gagne à être consulté, mais qui ne sera pas une référence aussi systématique que d’autres.

 

Les plus

  • Une mise en page moins sobre qu’Encyclopedia Titanica
  • Quelques aspects inédits (certificats de décès, quelques articles intéressants)
  • La volonté, honorable, de faire un site revenant globalement sur l’histoire du Titanic

 

Les moins

  • De la pub, de la pub, encore de la pub… Même les pages bibliographiques par auteur sont en fait des liens cachés vers Amazon !
  • Souvent moins complet qu’Encyclopedia Titanica
  • Dommage qu’il soit impossible d’en recopier le contenu pour ses archives personnelles ou pour faciliter l’impression…

 

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Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal

Posté par Antoine le 22 avril 2012

Il y a des livres qui font école dans leur domaine, et qui restent longtemps une référence. Des livres qui font état de l’étendue des connaissances sur un sujet à un instant T. Report Into The Loss of SS Titanic : A Centennial Reappraisal est de ceux-ci. Véritable Bible du Titanic, le livre compte pas moins de onze auteurs, le gratin des chercheurs spécialistes du sujet, sous la houlette de Samuel Halpern. Mark Chirnside, George Behe, Bruce Beveridge, Steve Hall, Tad Fitch, Bill Wormstedt, Dave Gittins, Cathy Akers-Jordan, Lester J. Mitcham et le capitaine Charles Weeks ont ainsi contribué à cet ouvrage à l’objectif simple : faire le bilan des connaissances sur le naufrage 100 ans après le drame. Et le résultat est réussi.

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Comme en témoigne le site créé pour l’occasion, le livre est exhaustif. On nous présente les enquêtes, sommairement, avec un but avoué : refaire l’enquête 100 ans après en cherchant à répondre à un certain nombre de questions. Depuis les commissions de l’époque, notre connaissance s’est étoffée avec notamment la découverte de l’épave, et cette mise à jour est nécessaire. On le comprend vite, ce livre ne vous donnera pas d’information sur les passagers. Astor, Hays, Guggenheim et autres ne sont que les figurants du drame raconté ici, le livre se centrant sur le pourquoi et le comment plus que sur le qui. Tous les aspects nécessaires à la compréhension des circonstances du drame sont évoqués : structure du navire (avec un chapitre condensé du superbe Titanic, the Ship Magnificent par ses auteurs), route suivie durant la traversée, mesures prises pour éviter les glaces, étendue des dégâts suite à la collision… On en découvre également plus sur la probable propagation de l’eau, sur le chargement des canots et ainsi de suite. De même, les polémiques du Californian et du Mount Temple sont évoquées, et les conclusions sont particulièrement mesurées.

Dans l’ensemble, la grande qualité de ce livre réside dans le nombre d’auteurs. Le but avoué de la méthode est de permettre aux uns et aux autres de corriger mutuellement leurs lacunes, de fournir un ensemble moins partial que s’il était le fruit d’un seul. La synthèse est ainsi claire, précise, et innovante. Les conclusions auxquelles parvient l’ouvrage sont assez claires et ont l’avantage de ne pas sombrer dans le réquisitoire partial que tiennent certains auteurs. Les annexes sont également une mine d’informations inépuisable avec des listes de passagers et de l’équipage, mais aussi une clarification des chronologies en détaillant les questions de changements d’heure. Enfin, une annexe est particulièrement intéressante, celle qui concerne la « question des grilles verrouillées » dont les conclusions déstabiliseront les tenants du manichéisme Cameronien. Par ailleurs, l’ouvrage fait un gros travail de référencement de l’information avec un grand nombre de notes renvoyant aux témoignages originaux.

Le tout n’est pas exempt de défauts, cependant. Assez technique, l’ouvrage est parfois difficile à aborder pour le lecteur lambda qui sautera facilement certains passages. Ce n’est clairement pas le genre d’ouvrage que l’on peut lire dans un état de fatigue avancée ! Plus encore, les schémas de Sam Halpern sont assez effrayants, manquent de clareté et tendent presque à complexifier les choses. Ce serait le point à reprendre en cas de réédition. A Centennial Reappraisal reste un ouvrage de référence pour tous les amateurs du Titanic, et une pièce nécessaire dans toute bibliothèque.

Samuel Halpern (dir.), Report Into The Loss of SS Titanic, A Centennial Reappraisal, The History Press, 2011

 

Les plus

  • Une somme d’information inégalée sur l’histoire du navire et son naufrage. Une véritable Bible d’un point de vue historique.
  • Rédigé par l’élite des chercheurs anglophones sur le sujet
  • De nombreuses explications sur multiples points et des annexes passionnantes

 

Les moins

  • Parfois complexe à lire. Ce livre n’est pas destiné au grand public.
  • Les schémas de Sam Halpern sont assez décevants.

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Titanic Scandal, the Trial of the Mount Temple

Posté par Antoine le 31 décembre 2011

Comme tous les sujets historiques populaires, le naufrage du Titanic n’a pas échappé à son lot de controverses et de théories plus ou moins sérieuses. Plusieurs fois, des auteurs ont tenté de nous expliquer dans leurs livres que le Titanic avait coulé parce que le quartier-maître ne connaissait pas sa gauche et sa droite, ou même qu’il n’a jamais coulé. De fait, un ouvrage au titre aussi sensationnaliste que « Titanic scandal », « Le scandale du Titanic« , pouvait pousser à douter. Le fait qu’il soit écrit par Senan Molony, auteur prolifique sur Encyclopedia Titanica et chercheur émérite était certainement la seule chose qui le séparait de la pile des livres conspirationnistes à jeter. Pourtant, force est d’avouer que Molony nous présente ici des faits pour le moins intéressants, et de façon plutôt bienvenue.

 Titanic Scandal, the Trial of the Mount Temple dans In english please ! titanic-scandal-the-trial-of-the-mount-temple

Petit rappel historique, tout d’abord. Lorsque le Titanic sombre, un certain nombre de passagers et membres d’équipage aperçoivent au loin les feux d’un navire qui demeure immobile et ne répond pas. Le suspect le plus souvent retenu est le Californian, bien que les preuves actuelles tendent à dire qu’il était trop loin. Le paquebot canadien Mount Temple était également proche du lieu du drame, mais à l’ouest d’un gigantesque champ de glace qui l’a empêché d’atteindre le navire à temps. Pour Molony, le Mount Temple est ce navire « fantôme », et de nombreuses preuves ignorées par les commissions d’enquête, peuvent le démontrer. Il entend donc, près de cent ans après, dresser le procès du Mount Temple, et plus précisément celui de son capitaine, Moore.

Procès n’est ici pas une image puisque le livre est présenté sous cette forme, avec exposé des faits, intervention des témoins (par le biais de leurs déclarations originales), réfutation des arguments de l’auteur par l’avocat du capitaine, conclusion… La forme rend ainsi le tout assez ludique. Autre avantage ? En choisissant cette forme, Molony accepte la contradiction, et relève même le défi de critiquer ses propres arguments. Un chapitre entier, en guise d’avant-conclusion, donne la parole à la défense de Moore, et la conclusion donne la part belle à ceux qui ne seraient pas d’accord avec cette théorie. D’ailleurs, Molony le dit dès le début de son ouvrage : « je ne fait qu’exposer des faits, à vous de voir s’ils vous conviennent ou pas ». Bref, c’est une façon de penser que je juge honnête, et qui, en cela, donne au livre une meilleure honnêteté historique que celui de Daniel Allen Butler, qui ne tolérait aucun argument pouvant contredire son raisonnement.

Le livre de Molony nous donne un grand nombre d’arguments de taille : incohérences dans les témoignages, désertions étranges, questionnements sur les positions des navires, sur les vides dans le livre de bord du Mount Temple qui, pourtant bien rempli les autres jours, ne dit rien entre le 14 et le 19 avril… Un travail de recherche énorme a été fait, et tous les événements sont racontés en détail, dans près de 250 pages. Le tout est accompagné de très belles illustrations et de documents. Les annexes contiennent entre autres les retranscriptions des listes d’équipage et de passagers du navire. Bref, le travail n’a pas été fait à moitié.

C’est peut-être, en fait, le problème de cet ouvrage. Le sujet est complexe, très complexe, et Molony a ici créé un véritable travail d’historien, en essayant d’en mettre le maximum. Chaque intervenant est ainsi présenté en détail : presque tout ce que l’on en sait est exposé pour donner au lecteur un maximum de clés. De fait, Molony a sacrifié l’aspect commercial et accessible de son livre au profit de son exhaustivité et de sa précision. On ne va pas s’en plaindre, c’est certain, mais le livre est à réserver à un public bien entrainé, qui connait l’histoire du Titanic, et qui maîtrise convenablement l’anglais.

Senan Molony, Titanic Scandal, the Trial of the Mount Temple, Amberley Publishing, 2009, 256 p.

 

Les plus

  • Une étude unique sur un acteur du drame qui n’en avait jamais bénéficié : le Mount Temple
  • De nombreux arguments et illustrations posant une théorie bien pensée et étayée
  • L’auteur garde une certaine ouverture d’esprit en donnant également les arguments allant à l’encontre de sa théorie et en laissant au lecteur le choix d’établir sa propre opinion sur le sujet.

 

Les moins

  • Parfois très complexe : des schémas sur les positions des navires estimées par l’auteur pour détailler son idée auraient été les bienvenus.
  • Les recherches ont été très approfondies, et tout est dit dans le livre. Ce n’est pas à proprement parler un point négatif, mais cela complexifie fortement la lecture.
  • On peut être déçu que la carrière du Mount Temple avant et après l’épisode du Titanic ne soit que très peu évoquée. Un chapitre explicatif aurait été bienvenu, puisque c’est ici, finalement, le seul protagoniste à ne pas faire l’objet d’une biographie détaillée. La traversée d’avril 1912 est en revanche remarquablement détaillée.

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The Loss of S.S. Titanic

Posté par Antoine le 4 septembre 2011

The Loss of S.S. Titanic est un ouvrage particulier, puisqu’il s’agit d’un de ceux qui ont été écrits par un des acteurs du drame. Impossible, donc, de le critiquer de la même façon qu’un ouvrage d’auteur en citant ses points forts et faibles. Il en a, bien entendu, mais en tant que source primaire, on ne peut pas le juger sur les mêmes points qu’un ouvrage écrit avec du recul. Ce genre d’ouvrage est un moyen incontestable de comprendre ce qu’on vécu les gens à bord du Titanic, même s’il faut garder à l’esprit que leurs souvenirs sont parfois erronés.

The Loss of S.S. Titanic dans Coup de coeur best+cover+loss+of+ss+titanic

The Loss of S.S. Titanic (que l’on pourrait traduire par Le naufrage du Titanic) a été écrit en 1912 par Lawrence Beesley. Son témoignage est particulièrement intéressant dans la mesure où il est l’un des rares hommes de 2e classe à avoir survécu au naufrage. Au départ réticent, il a finalement écrit son récit pour mettre fin aux rumeurs qui circulaient dans la presse sur le déroulement du naufrage. Dès le départ, son but est clair : écrire par devoir de mémoire. Ce thème est une constante du livre, Beesley appelant à de nombreuses reprises à ne jamais oublier l’horreur du Titanic pour qu’elle ne se reproduise plus. Ce mot d’ordre n’a, cent ans plus tard, rien perdu de son actualité.

Beesley, professeur de sciences, rapporte les événements avec une précision impressionnante, se souvenant d’idées qui lui sont venues, de tableaux précis qu’il dresse parfois d’après ses souvenirs. Il a en effet une forte tendance à partir dans des comparaisons très élaborées, ou de longues parenthèses qui, si elles rendent son raisonnement parfois dur à suivre, sont en revanche particulièrement intéressantes.

Il a également cherché à faire appel à d’autres témoins pour compléter ce qu’il n’a pas vu. Ceci donne un récit assez complet pour son époque. Bien entendu, il n’en faut pas moins le lire avec le recul d’aujourd’hui. Certains faits n’ont par exemple pu être établis qu’après la découverte de l’épave, comme la théorie de la cassure du navire. Mais de façon générale ; ce livre est une description de l’intérieur du naufrage, qui lui donne une valeur inestimable. Tout passionné du Titanic qui se respecte se devrait de le lire ; et ça tombe bien, il vous attend gratis ici !

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The Other Side of the Night

Posté par Antoine le 27 juin 2011

The Other Side of the Night, de Daniel Allen Butler, est un de ces ouvrages dont on ne sait pas s’il est bon ou mauvais. L’avis sur le sujet varie d’ailleurs maintes fois en cours de lecture. Il est certain, dans tous les cas, que le postulat de départ de l’ouvrage est intéressant : voir ce qui s’est passé « de l’autre côté de la nuit », à bord du Carpathia et du Californian.

 

The Other Side of the Night dans In english please ! Other-Side-of-the-Night

 

Vaste sujet, que Daniel Allen Butler traite en détail, et c’est l’un des points forts de son livre. Les informations abondent sur les carrières tant des navires que des hommes qui les ont dirigé, qu’ils s’agisse des commandants, ou des officiers. Le contexte est également bien décrit et les détails et anecdotes abondent. Toujours en ce qui concerne les points positifs, le style est assez fluide et simple à lire, même pour quelqu’un qui ne lit pas bien l’anglais. Sur la forme, le livre est d’ailleurs assez joli, le texte est écrit gros, et les pages centrales proposent des illustrations. De bons points donc.

Mais l’ouvrage a aussi un gros problème de méthode historique. La polémique du Californian est ancienne, et n’en a pas fini de faire couler de l’encre. Et Daniel Allen Butler annonce dès le départ la couleur : ce sera Saint Arthur Rostron opposé à Stanley « Satan » Lord. Ce dernier est littéralement lynché par l’auteur qui tire une conclusion »psychologique » : Lord était un sociopathe. Tout juste reconnaît-il que le Californian n’aurait pu sauver personne. Cette absence d’objectivité, annoncée dès le début (combien de fois insiste t-il sur le fait que le Titanic attendait « des secours, de n’importe qui dans les environs »de façon surexagérée!), est d’autant plus visible que Butler est étonnamment objectif avec tout le monde, et en particulier J.B. Ismay, le bouc émissaire officiel de la catastrophe. En perdant en objectivité, Butler fait perdre à son livre beaucoup de sa qualité.

Une précieuse source d’informations, donc, à condition de la lire avec beaucoup de recul.

Daniel Allen Butler, The Other Side of the Night, Casemate Publishers, 2009, ISBN 1935149024

Les plus

  • Un sujet original et traité en détail
  • Facile et agréable à lire
  • Le livre en lui même est bien fait

Les moins

 

  • Un manque total d’objectivité
  • Le récit est parfois décousu, puisque le naufrage du Titanic est revécu plusieurs fois selon les chapitres et points de vue

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The Band That Played On

Posté par Antoine le 16 juin 2011

Parmi les victimes du naufrage du Titanic, l’orchestre du navire a probablement connu la mort la plus légendaire. Mourir en accomplissant son (pourtant futile) devoir, à une époque où les anciens se plaignaient déjà de la jeunesse décadente, ça avait un bel impact. C’est l’histoire de ces huit héros que Steve Turner entreprend de raconter dans son ouvrage. Un auteur qui ne m’est pas inconnu puisqu’il a également écrit un ouvrage de référence sur mon autre sujet de prédilection, les Beatles, mais c’est une autre histoire.

 

The Band That Played On dans Coup de coeur The%2BBand%2BThat%2BPlayed%2BOn

 

À la vue de la taille du livre (plus de 200 pages), on se rend compte qu’il y a plus à dire sur l’orchestre du Titanic qu’on ne l’aurait cru. Turner a l’idée originale de commencer son récit par la fin, en se concentrant sur l’arrivée du Carpathia à New-York, les témoignages des rescapés dans la presse et la naissance de la légende de l’orchestre. Il présente ensuite dans un deuxième chapitre les employeurs de l’orchestre, et le contexte de l’époque. Puis viennent six chapitres biographiques : cinq des huit membres ont en effet droit à leur chapitre, les trois autres étant regroupé dans le sixième. Dans tous les cas, les recherches ont été vastes et précises et les biographies sont très denses et appréciables.

Viennent ensuite les chapitres plus discutables sur la traversée et le naufrage. Turner annonce dès le départ qu’il ne cherchera pas à entrer dans la grande histoire et se concentrera sur l’orchestre. Mais lorsqu’il explique, probablement plus par simplification que par erreur, que le Titanic heurte l’iceberg à 23h45, ça pique les yeux. Du reste, les chapitres ne sont pas mauvais, au contraire : Turner relève les témoignages et ne cherche pas à établir une version unique des faits. Il se contente du conditionnel, et de reconnaitre que rien n’est sûr.

Enfin, les derniers chapitres étudient les conséquences : qu’il s’agisse des hommages, de la naissance du « mythe de l’orchestre » et de la réaction des contemporains, ou de l’aspect moins reluisant du traitement offert aux proches. Tout le livre est argumenté de nombreuses photographies en noir et blanc, et le livre est pourvu d’une très bonne bibliographie qui témoigne du gros travail de recherche effectué. Un index est également présent, ce qui n’est pas inutile vu la masse d’informations.

Steve Turner, The Band That Played On, Thomas Nelson, 2011, ISBN 978-1-5955-5219-8

 

Les plus

  • Facile à lire, bien organisé, aéré et illustré
  • Des recherches biographiques très approfondies
  • Beaucoup d’anecdotes et d’informations intéressantes

 

Les moins

  • Quelques approximations sur le déroulement des faits, pas forcément involontaires

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