Les Grands naufrages

Posté par Antoine le 25 juin 2012

Une fois n’est pas coutume, ce livre ne concerne pas directement le Titanic. Et encore : son titre est tout de même Les Grands naufrages, du Titanic au Costa Concordia. Autant dire que notre paquebot fétiche y reste très présent. C’est une fois de plus Gérard Piouffre qui s’y attèle (troisième critique d’un de ses ouvrages sur Biblio-Titanic : on va commencer à penser que je touche un pourcentage !) : que cache donc cet ouvrage ?

 Les Grands naufrages dans Coup de coeur les_grands_naufrages

Le Titanic fait figure de naufrage d’exception. On pourrait épiloguer longtemps sur ce qui a fait son charme : le nombre de victimes ? L’aura romanesque du drame ? Les célébrités présentes à bord ? Certainement un peu de tout cela, mais une chose est certaine : ce n’est pas le seul grand naufrage dans l’histoire des paquebots. Il faut bien le dire, les catastrophes sont même nombreuses, et le livre de Gérard Piouffre n’a pas la prétention de tous les recenser. Chacun pourra regretter de ne pas y trouver son petit préféré, un naufrage sur lequel il aurait voulu plus d’informations (personnellement, mon coup de cœur aurait été pour le naufrage qualifiable de « naufrage du vous-inquiétez-pas-je-gère-tout », celui de l’Admiral Nakhimov en 1986), mais globalement la sélection est consensuelle et on ne relève aucun manque majeur à l’exception, peut-être, du Britannic.

Le classement est pertinent, puisque les naufrages ont été rangés par cause : le mauvais temps, le feu, les icebergs, les abordages, les échouements, les avaries et défauts de conception, puis les deux Guerres mondiales. Le classement est limpide, et permet de prendre conscience de l’influence de certains aléas les uns par rapport aux autres. On découvre notamment que les icebergs n’ont finalement fait que peu de mal aux paquebots. Outre le Titanic et l’Eplorer, Gérard Piouffre doit aller jusqu’à chercher un naufrage « manqué », le Royal Edward : preuve que, somme toute, la glace n’était qu’un danger peu commun.

De façon générale, chaque naufrage est raconté de façon vivante et précise, dans un style fluide : le livre se dévore en quelques heures. Certains naufrages sont intemporels. Même si elles sont déjà connues, les catastrophes de l’Andrea Doria ou de l’Empress of Ireland continuent à nous marquer. D’autres, peu connus, comme le Lamoricière, nous surprennent par leur horreur. Aucun ne laisse indifférent.

Raisons commerciales oblige, le Costa Concordia est également mis en avant. On pourrait aborder ce chapitre avec méfiance, tant il semble difficile d’écrire un chapitre sur un naufrage encore tout frais (le livre a été terminé fin janvier, une semaine ou deux après le naufrage). Il n’en est rien. Gérard Piouffre a réussi à nous offrir une synthèse claire et neutre des événements, au milieu du magma insipide et contradictoire que nous livrait la presse. Certes, ce chapitre ne restera pas longtemps une référence, tant il est évident que notre vision du naufrage est appelée à évoluer avec le temps.

Les Grands naufrages offre donc une précieuse synthèse sur les catastrophes maritimes ayant touché les paquebots. Une lecture agréable et indispensable pour les passionnés de marine !

Gérard Piouffre, Les Grands naufrages, du Titanic au Costa Concordia, First étidions, 2012

 

Les plus

  • Clair, concis et vivant : une façon parfaite pour découvrir nombre de naufrages peu connus
  • Les illustrations sont malheureusement rares, mais les dessins d’Alain Coz sont particulièrement jolis, ce qui compense et permet de visualiser les navires dont il est question
  • Le livre nous propose un bon nombre de naufrage, et donne un bon équilibre entre les grands classiques et les inconnus
  • Le chapitre sur le Costa Concordia offre une bonne synthèse plus pondérée que la plupart des écrits sur le sujet

 

Les moins

  • Chacun pourra regretter qu’il manque « son » naufrage préféré.
  • Comme dit plus haut, plus d’illustrations auraient été appréciables, le sujet s’y prêtant pas mal.

5 Réponses à “Les Grands naufrages”

  1. Lily dit :

    Belle critique mais trop succincte et pas assez explicative sur la réelle portée du livre. D’autant plus que je ne suis pas d’accord avec certains qualificatifs que tu donnes à certains naufrages comme le Lamoricière (292 victimes) qui n’a pas été le pire naufrage comparé à celui du Cap Arcona (5000 victimes et plus). J’avais fait une critique sur mon blog en mars dernier qui démontre bien les liens du Titanic et du Costa Concordia en plus de cela. Je pense que pour les lecteurs, un contexte et surtout un lien entre le Titanic et le Concordia est necessaire pour comprendre la démarche de l’auteur par rapport au naufrage du Concordia. Voici le lien sur mon blog consacrée aux épaves et aux naufrages ou de nombreux exemples sont mis en apparence et pris du livre de Gérard Piouffre: http://epavedepaquebots.wordpress.com/2012/03/12/la-compagnie-maritime-europeenne-costa-une-malchance/ . Au passage, je te remercie pour ce lien vers mon blog ou j’explicite d’autres naufrages mentionnés dans le livre (HMHS Britannic, Lusitania ou le Cap Arcona).

  2. Antoine dit :

    Merci pour le compliment, j’apprécie… Pour ce qui est de la longueur de cette critique, il faut bien comprendre que le but de ce blog est de donner un aperçu des ouvrages et de mon expérience de lecteur ; en aucun cas de faire une analyse détaillée. Sans cela, j’aurais été beaucoup plus long. Le but est avant tout de dire au lecteur si le livre vaut la peine ou non, et de lui donner quelques indications pour guider ses achats. Il semble que le blog remplisse sa fonction ; tant mieux.

    Concernant les qualificatifs… eh bien écoute, il se trouve que le naufrage du Lamoricière m’a marqué en lisant ce livre. Pas de motif particulier, rien, juste un feeling qui m’a donné envie de le mentionner lui particulièrement. C’est comme ça. La perception que l’on a des événements ne se résume pas aux chiffres, sans quoi nous serions aujourd’hui sur le Biblio-Wilhelm Gustloff, ce qui serait nettement moins sexy comme nom de blog. La vérité, c’est que la façon dont une histoire nous séduit ou non se fait de façon totalement irrationnelle et inexplicable. Un naufrage nous touche, un autre moins. C’est comme ça.

  3. Lily dit :

    Ayant lu le livre,il y a quelques mois et sans même avoir vu ta présentation et ta critique, je peux te dire qu’en tant que lectrice, je suis d’accord toi avec la facilité de lire ce livre mais si tu lisais des livres annexes propres aux naufrages du Lamoricière et au Cap Arcona, tu changerais vite d’avis entre les deux et pour tous les autres naufrages également évoqués dans le livre de Gérard Piouffre. Après ton blog à une bonne fonctionnalité mais tu n’expliques nullement la portée du livre dans ta brève présentation de l’ouvrage.Vendre un bouquin en le présentant et en donnant un brève critique, c’est bien mais ça ne suffit pas, il faut aussi que tu approfondisses tes critiques pour convaincre le lecteur que le livre a une réelle portée et non que c’est un bon bouquin à acheter parce qu’il est seulement bon. Tu n’abordes pas réellement les livres et ce qu’ils peuvent offrir aux lecteurs. Je te donne l’exemple des livres de Robert Ballard dont tu as fait une critique sur « La découverte du Titanic » mais il y a des rééditions encore plus complètes qui font de ta critique une critique dépassée. Il faut réellement regarder plus en profondeur la portée du livre que s’il est bon à acheter ou pas.
    Quand au Lamoricière,il t’as touché, tant mieux et je t’invites aussi à lire plus en détail mon article sur le Lamoricière si ce naufrage t’a plût. Tu auras un aperçu d’une lecture intéressante avec le livre de Maguy Courau.

  4. Antoine dit :

    Analyser la « portée » d’un ouvrage, ce n’est possible que quelques années après sa sortie, au moins. On va donc attendre un peu. ;)

  5. Lily dit :

    Sauf que tu peux quand même donner une idée de la portée du contenu du livre sans pour autant donner tout le contenu du livre au lecteur. Quand j’offre des critiques de livre sur les épaves, j’essaie de donner vie au livre et de rendre un aperçu de la motivation de l’auteur au lecteur, d’illustrer le livre que je présente dans un article pour montrer sa réelle efficacité et son rôle de référence dans un certain domaine. Et désolé pour les fautes plus haut dans mon précédent commentaire.

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