Titanic, l’ultime scénario

Posté par Antoine le 31 mars 2012

À l’approche du centenaire, on sent venir un flot de documentaires. Comme vous le savez, ce média est souvent le plus touché par les horreurs et hérésies en tout genre en terme de Titanicologie : quand on bosse pour la télé, coco, on se fout de la vérité, on fait vendeur. Je vous l’avais montré avec la tristement célèbre Minute de Vérité, et il semble que les journalistes (ce terme peut-il servir dans ce cas ?) de 50 Minutes Inside aient poussé très loin les limites de la nullité dans le domaine cet après-midi. Heureusement, j’ai été épargné. C’est donc avec un fort émoi que j’ai pu voir, deux soirs de suite, de très bons documentaires. Hier, Thalassa nous a proposé un très bon sujet sur l’épave, sur lequel il n’y a strictement rien à redire : efficacité, simplicité, fidélité. Vous pouvez le voir ici. Ce soir, Arte nous proposait Titanic, l’ultime scénario. Titre sensationnaliste inquiétant donc, mais qui cache un documentaire de qualité décente : c’est donc de lui que je m’en vais vous parler. Pour ceux qui l’ont raté, séance de rattrapage dimanche 1er avril à 13h et quelques.

Officiers du Queen Mary 2 commémorant le Titanic

Pour faire un documentaire sur le Titanic, il y a deux écoles. Ceux qui prennent le premier bouquin venu (et souvent ils tombent sur du mauvais) et ceux qui ont la bonne idée de demander à un spécialiste. Les réalisateurs de l’ultime scénario sont de la deuxième et ont fait appel à un des « héros » de l’histoire du Titanic, Paul-Henri Nargeolet (Français de surcroit pour ceux qui se sentent de fibre patriotique), qui a plusieurs fois plongé sur l’épave et sert ici de fil conducteur. Bonne idée puisque le « P.H. » est un des historiens fiables du domaine. De même, le documentaire fait apparaître les historiens Eaton et Haas, auteurs d’un des ouvrages de référence sur le Titanic, aujourd’hui, certes, dépassé (Titanic, destination désastre).

Plus que ces cautions historiques, le documentaire nous montre également les sources qui ont fait le Titanic, mentionnant les rapports de l’enquête notamment. Il part également à la recherche des icebergs, nous prouvant ce dont beaucoup doutent : un iceberg face à un navire a le même impact qu’un char d’assaut face à une bicyclette. Le documentaire nous fait voyager, à Terre-Neuve, à Belfast, évoque, en à peine une heure, un grand nombre de thèmes importants, jusqu’au petit frère du Titanic, le transbordeur Nomadic, aujourd’hui en cours de rénovation. Et puis il y a l’iconographie, de grande qualité. Belles photos du photographe des chantiers Harland & Wolff, Robert Welsh, et extraits du film Atlantique, Latitude 41° : ça nous change de Rose et Jack !.

Et puis le documentaire ne se limite pas à une vision monolithique du drame : il nous explique l’évolution des points de vue, des connaissances, comment on a découvert que le navire s’était brisé en deux, n’avait pas été déchiré d’une longue et unique brèche… De façon générale, le documentaire évite de sombrer dans les clichés. Mais il le fait parfois. La fin du documentaire tombe dans ce qu’il avait jusque là évité et cherche à donner une explication définitive à un naufrage que l’on expliquera jamais définitivement. Dans le premier cas, on nous ressort la bonne vieille théorie des rivets trop fragiles, portée par la scientifique Jennifer Hooper McCarty. Certes, la théorie se tient et est exacte dans les faits, ou du moins vraisemblable. Mais pourquoi persister à laisser entendre que la compagnie avait bâclé le travail, alors qu’il y a des preuves que c’est faux (et que quelqu’un l’a réfuté de façon explicite dans le même documentaire) ? Il aurait été plus utile de rappeler que même des navires modernes comme l’Explorer ont montré qu’entre la glace et un navire, le gagnant est toujours le même. Plus gênant, le documentaire expose une récente théorie sur la cassure du Titanic, qui se serait faite par le bas, comme l’hypothèse définitive et incontestée. Pas de bol, elle a été réfutée depuis par d’autres. Il aurait été plus malin de la décrire comme ce que c’est : une hypothèse parmi d’autres. De façon générale, c’est là le grand défaut de ce documentaire : une trop grande mise en scène. Je sais qu’il faut tenir en haleine le spectateur, mais les mises en scène façon 24h chrono, c’est obligé ?

 

Les plus

  • Pour une fois, un documentaire qui ne tombe pas (trop) dans les idées reçues
  • De bonnes cautions historiques, merci Paul-Henri Nargeolet !
  • Assez bon travail de recherche en général, bonne iconographie

Les moins

  • Pourquoi tout gâcher en cherchant à tout prix à jouer les enquêteurs qui trouveront la vérité seule et unique ? Au moins, ils nous ont épargné la traque des coupables…
  • Un peu trop péremptoire sur la fin

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Rencontre avec George Behe

Posté par Antoine le 30 mars 2012

Ancien vice-président de la Titanic Historical Society, George Behe est également un très prolifique auteur sur le Titanic. J’ai récemment eu l’occasion de vous détailler son site et d’en vanter les mérites. Je le reçois aujourd’hui dans les pages de Biblio-Titanic afin d’en savoir plus sur son travail en général.

 

Biblio-Titanic : Pouvez-vous expliquer quels sont les sujets de vos ouvrages récents ? Pensez-vous qu’ils apportent de nouvelles choses sur certains points de l’histoire du Titanic ?

George Behe : Le premier de mes travaux récents est intitulé Archie: The Life of Major Archibald Butt from Georgie to the Titanic, et c’est une biographie de 2 400 pages, en trois volumes, sur cette importante victime du Titanic. Ce projet m’a pris huit années de recherche et d’écriture, et a impliqué un voyage en Géorgie afin de pouvoir consulter les documents personnels d’Archie aux archives d’Atlanta où ils sont entreposés. Pendant cette période de huit ans, j’ai « vécu » avec Archie Butt chaque jour et ai été fasciné par ses descriptions des personnes célèbres qu’il a rencontré et l’intéressante manière dont il a passé sa vie de conseiller militaire présidentiel. À la fin de ces huit ans de travail d’écriture, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir perdu un ami proche quand j’ai été forcé d’écrire sur la mort d’Archie sur le Titanic. Je n’ai jamais ressenti cela avec aucun des autres passagers du Titanic sur lesquels j’ai fait des recherches, et je suis certain qu’Archie continuera à avoir une influence majeure sur ma propre vie pour le restant de mes jours.

Le deuxième de mes plus récents livres est On Board RMS Titanic: Memories of the Maiden Voyage, qui est une compilation de lettres, cartes postales, extraits de journaux intimes et de mémoires écrits par des passagers et membres d’équipage avant, pendant et après le voyage inaugural (le livre contient aussi une brève biographie de chaque auteur de lettre). Je savais qu’aucun livre antérieur n’avait jamais raconté l’histoire du voyage inaugural du Titanic uniquement avec les propres mots des participants. Un certain nombre de personnes m’ont dit que mon livre leur avait procuré de grandes émotions comme aucun livre sur le Titanic ne l’avait jamais fait, et c’est exactement ce que j’espérais que le livre accomplirait quand je l’ai écrit. Après tout, le drame du Titanic est une tragédie humaine, et ce sont les récits des expériences d’êtres humains qui ont personnellement vécu une tragédie qui font la somme totale de notre connaissance d’un événement historique. Quel meilleur moyen pour nous d’apprendre des choses sur la tragédie que d’écouter les paroles de ceux qui étaient vraiment là ?

Le troisième de les plus récents livres est intitulé The Carpathia and the Titanic: Rescue at Sea. J’ai commencé à écrire ce livre avec dans l’idée de compiler autant de « lettres catastrophe » écrites par des passagers et membres d’équipage du Carpathia que je le pouvais. Cependant, j’ai vite réalisé qu’il était à ma portée de compiler et publier toute interview existante avec les passagers et membres d’équipage du Carpathia qui ait été publiée  dans les journaux de 1912, puisque le nombre de telles interviews est assez réduit pour rendre le projet réalisable par un chercheur seul. J’ai par conséquent modifié l’objectif de mon livre et ai essayé d’en faire la seule source d’information vers laquelle les autres chercheurs se tourneraient s’ils ont besoin de découvrir ce qu’un passager ou marin du Carpathia  a dit à propos du drame. Bien que j’aie presque certainement laissé de côté certaines sources obscures qui contiennent du contenu publié supplémentaire, je suis certain qu’aucun livre à venir ne contiendra de vue globale plus complète des interviews décrivant le rôle qu’a joué le Carpathia dans le naufrage du Titanic.

J’ai décidé d’auto-éditer tous les livres ci-dessus par le biais de Lulu.com de façon à pouvoir y inclure chaque pièce d’information historique qui me semblait importante, mais j’ai récemment retiré On Board RMS Titanic de la liste des ventes de Lulu.com puisque The History Press va publier une édition à l’automne 2012.

 

B.-T. : Avez-vous des projets d’écriture pour les temps à venir ? Sur quel aspect de l’histoire du Titanic aimeriez-vous écrire ?

G. B. : Il y a environ trente ans j’ai commencé à écrire un magnum opus qui racontait l’histoire du Titanic en utilisant les meilleurs témoignages de survivants que j’avais dans mes dossiers. Je n’ai cependant jamais terminé ce projet, et il a maintenant été surpassé par le très similaire On a Sea of Glass, qui vient juste d’être publié par Tad Fitch, Bill Wormstedt et Kent Layton.

Un jour futur, j’espère écrire une courte biographie de la victime du Titanic Harry Widener, mais je n’ai pas d’autre projet de publication spécifique lié au Titanic à l’instant présent.

 

B.-T. : Comment et quand avez-vous commencé à vous intéresser à l’histoire du Titanic ?

G. B. : Quand j’étais petit garçon j’ai trouvé le livre Sinking of the Titanic and Great Sea Disasters de Logan Marshall (1912) dans la bibliothèque de ma grand-mère.  Je feuilletais ce livre chaque fois que je lui rendais visite et étais fasciné par son contenu, et horrifié par une illustration du livre montrant un canot surchargé s’éloignant d’un nageur agonisant alors qu’il tendait sa main aux occupants du canot (je ne pouvais m’empêcher d’imaginer ma mère, mon petit frère et moi-même dans ce canot, et me demandais comment je me serais senti si l’homme dans l’eau avait été mon père). J’ai été happé par le Titanic à partir de ce moment, et ma fascination pour le navire et ses passagers ne m’a jamais quitté.

 

B.-T. : Quelle part de cette histoire vous intéresse plus que les autres ?

G. B. : Je m’intéresse aux vies et expériences des passagers et membres d’équipage du Titanic. Je n’ai presque aucun intérêt dans la construction et la disposition physique du Titanic puisque, selon moi, le drame du Titanic est une tragédie humaine, tandis que le Titanic lui-même n’est qu’une « scène » inanimé où une pièce tragique a été jouée.

 

B.-T. : Quel est, à votre avis, le meilleur livre sur le Titanic ?

G. B. : Je suis énormément impressionné par On a Sea of Glass (probablement parce que c’est le même genre de livre sur le Titanic que j’avais commencé à écrire dans les années 1970). Je pense que le livre de Bill, Tad et Kent est facilement un des cinq meilleurs livres sur le Titanic jamais publié.

 

B.-T. : Que pensez-vous qu’il reste à découvrir sur le Titanic ?

G. B. : J’espère qu’il y a encore quelques mémoires impubliées du Titanic quelque part qui ont été écrites par des survivants après le drame, puisque chaque « nouvelles » mémoires peut nous révéler de nouvelles choses sur ce qui s’est passé dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. En ce qui concerne l’examen des restes de l’épave du Titanic avec comme idée de découvrir ce qui est arrivé au navire après qu’il a coulé sous la surface, j’avoue que j’ai très peu d’intérêt pour le sujet. Puisque tout interaction humaine avec le Titanic a cessé après sa disparition sous la surface de la mer, ça ne m’intéresse pas vraiment de savoir comment cet immense tas de métal inanimé s’est comporté en descendant vers le sol océanique.

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Les Secrets du Titanic

Posté par Antoine le 26 mars 2012

Avec le centenaire du Titanic arrivent inévitablement dans les rayons de nos librairies quelques livres francophones sur le Titanic. Bien sûr, nous n’aurons jamais la chance de lire dans notre langue des études aussi précises et poussées que ce que nous offrent nos amis anglophones, et le vrai chercheur Titanicophile a tout intérêt à s’attaquer à la VO ; mais cette année est celle où l’on trouvera du livre français sur notre paquebot fétiche et, dirons certains, ça se fête. Oui et non, car, pour quelques livres de vulgarisation bien écrits, pour quelques ouvrages complotistes drôles à lire et démonter, on trouvera également une catégorie maudite. Celle des livres dont l’auteur a essayé d’écrire quelque chose de décent sur le Titanic, mais n’a pas vraiment réussi.

Les Secrets du Titanic aurait pu être un très bon livre. Il aurait pu devenir, à l’image de Le Titanic ne répond plus, un de ces ouvrages de vulgarisation que l’on conseille pour aborder l’histoire du navire. Mais il a échoué sur certains points rédhibitoires qui font qu’il ne sera d’intérêt ni pour le passionné, ni pour le néophyte. Voyons ensemble pourquoi.

Les Secrets du Titanic dans Ouvrage généraliste 9782361640873

Avec un titre pareil, à vrai dire, le livre ne part pas gagnant. Souvent, quand on nous propose de découvrir « les secrets sur… », on peut s’attendre au meilleur du pire ; aux thèses complotistes, à « ce qu’on nous cache depuis longtemps » mais que tout le monde connaissait en fait déjà. Lecteurs de Biblio-Titanic, je vous avais déjà présenté quelques documentaires souffrant de cette tare. À la décharge du livre, ce n’est pas son titre original : Titanic, the Tragic Story of the Ill-fates Ocean Liner, certes redondant, mais déjà moins sensationnaliste. Mais que voulez-vous, il faut croire que le Français aime le sensationnel, et c’est comme ça que le très bon documentaire Birth of a Legend s’était retrouvé affublé du titre le plus bateau au monde : Titanic, la légende.

Si l’on passe donc sur ce titre d’une triste banalité, le reste du livre est déjà plus appréciable sur la forme. Il est bien illustré, on y trouve des photocopies de documents rares (les cartes d’identité de certains membre d’équipage, notamment) ; mais dans la mesure où ces documents doivent se trouver ailleurs, ce n’est clairement pas une raison suffisante justifiant la dépense.

Passons au contenu. L’auteur, Rupert Matthews, est un sombre inconnu dans le milieu du Titanic. C’est un auteur assez éclectique et prolifique si l’on en croit la liste de ses publications fournies par son site : de la Première Guerre mondiale aux aliens en passant par les animaux préhistoriques, les chasses aux fantômes et les gladiateurs, on comprendra qu’il n’ait eu que peu de temps à consacrer au Titanic. De ce point de vue, force est d’avouer qu’il a tout de même fait des recherches et lu un certain nombre de témoignages, qu’il s’agisse des commissions d’enquête, des récits d’Archibald Gracie, Charles Lightoller, Harold Bride et de quelques autres. Il déclare également avoir lu La Nuit du Titanic, de Walter Lord. Bref, le plus gros des sources primaires. Malheureusement, il s’est peu penché sur l’historiographie récente qui lui aurait apporté une nécessaire mise en perspective des faits. On sent que le Titanic n’est pas son milieu, et qu’il se perd parfois.

Tentant d’être assez précis, Matthews débute par un rapide historique de la White Star Line, mais s’embrouille dans les navires, se perd dans les dates, et, comme une mauvaise démonstration de maths d’un lycéen, donne un résultat un peu brouillon en espérant que ça ne se verra pas trop. Cela passe certainement inaperçu pour quelqu’un qui ne connait pas le sujet et apprend des choses erronnées ; mais aux yeux du passionné, cela ne pardonne pas. De même, il s’emmêle lorsqu’il parle de la protection du Titanic contre les incendies. Comprenant mal le récit de Charles Lightoller, qui consacre une parenthèse à la protection anti-incendie des navires des années 1930, il imagine celle du Titanic de façon erronnée et explique qu’elle avait été conçue en tenant compte de l’incendie de L’Atlantique… qui a coulé vingt ans après. Plus drôle encore, et toujours par erreur d’interprétation, il imagine un temps que Lightoller s’est hissé non pas sur le canot B retourné… mais sur la quille du Titanic lui-même ! (il est cependant possible que ce soit là une erreur de la traduction, comme on le verra ensuite)

Le livre donne ainsi un certain nombre de témoignages et essaie de dresser un récit assez détaillé du naufrage. Mais les erreurs flagrantes que l’on relève parfois ont tôt fait de décrédibiliser tout le reste : on se sent obligé de vérifier pour chaque information si l’auteur ne rapporte pas un savant bidonnage monté par la presse. Et comme il ne donne pas ses sources, la tâche n’est pas aisée. Par ailleurs, s’il est objectif sur à peu près tout le monde, s’il traite assez objectivement la question du Californian en évoquant toutes les pistes… on ne peut pas en dire autant de son évocation de Bruce Ismay, qui hériterait presque d’un cache oeil et d’un couteau entre les dents. Il n’est, bonne nouvelle, pas accusé d’avoir fait accélérer le navire. Son comportement durant le naufrage est en revanche dressé de façon caricaturale. Lorsqu’il presse Lowe de faire descendre les canots et se fait rabrouer, c’est une preuve qu’il est en train de perdre le contrôle de lui-même et fait n’importe quoi (logique). Lorsqu’il va chercher des hôtesses et leur sauve la vie en les forçant de monter dans un canot, il se mêle de ce qui ne le regarde pas (logique ?). Même quand il sauve des gens, Ismay se comporte mal. Comique, d’autant que l’auteur traitait Archibald Butt en héros quelques pages plus tôt pour s’être, lui aussi, « occupé de ce qui ne le regardait pas ».

La qualité du livre est donc, on l’aura compris, douteuse, et ne pas l’acheter est une économie sensée. Certains diront tout de même qu’il est rare que des ouvrages anglophones soient traduits sur le sujet, et qu’il ne faudrait pas s’en plaindre. Ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours eu une préférence pour la version originale dans les films ; ce livre est également un vibrant plaidoyer pour la lecture en langue originale tant la traduction est mauvaise. Outre certaines faute de français, heureusement rare, c’est surtout du point de vue du langage technique, que la traduction sonne un peu… « Google ». Tout au long du récit, les chauffeurs deviennent des « pompiers » (erreur assez répandue et contre laquelle je me dois de hurler : non, il n’y avait pas 200 pompiers à bord du Titanic, soyez logiques !), les gilets de sauvetage deviennent des « bouées », et les « membres d’équipage » deviennent des « équipiers ». Et je ne parle pas de l’erreur de typographie persistante qui fait que « Harland and Wolff » est constamment orthographié « Harlandand Wolff ». Une fois, ça va. Deux fois, bonjour les dégâts.

Editeurs à la recherche de publications, la prochaine fois que vous ferez traduire un ouvrage sur le Titanic, essayez de choisir un bon ouvrage, et un traducteur qui connaisse la marine un minimum. Cela évitera ce genre de désastre. Les Secrets du Titanic aurait pu être un très bon livre, tout comme le Titanic s’annonçait être un très bon bateau. Mais l’accumulation de nombreuses erreurs mineures a sur les deux le même effet : elle les entraîne inexorablement vers le fond. Bien essayé, pourtant.

 

 

Les plus

  • Globalement, le récit n’élude aucun aspect de l’histoire, de la construction du Titanic aux derniers films.
  • L’auteur a fait un bon travail de recherche dans les sources primaires.
  • Les illustrations sont souvent peu communes.

 

Les moins

  • Des erreurs trop nombreuses pour être pardonnables : l’auteur aurait dû faire relire par des connaisseurs qui les auraient repérées au premier coup d’oeil.
  • Un ouvrage très inégal : certaines pages sont très bonnes, d’autres sont un véritable massacre au vu du nombre d’erreurs et approximations. Impardonnable pour un ouvrage qui prétend devenir une référence historique.
  • La traduction est par endroits désastreuse. Cela entraîne au mieux des erreurs récurrentes, et peut-être aussi des confusions plus graves par endroits.

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George Behe’s Titanic Tidbits

Posté par Antoine le 20 mars 2012

Beaucoup d’auteurs anglophones font le choix d’arborer un site à leur nom, ce qui se révèle souvent très utile. Certains, certes, se contentent de faire leur propre promotion sans offrir de véritable contenu, mais il s’agit de la grande minorité. La plupart, s’ils détaillent leur œuvre, nous offrent également quelques articles de recherche inédite et autres précieuses informations. Le site de George Behe est un de ceux-ci.

Site de George Behe

George Behe est un auteur américain très prolifique sur le Titanic, depuis de nombreuses années. Il est notamment au nombre des auteurs de Report into the loss of SS. Titanic, A Centennial Reappraisal dont il sera bientôt question dans ces pages, mais publie également une biographie en trois volumes d’Archibald Butt, aide de camp du président Taft mort dans le naufrage. Il publie également à l’occasion du centenaire deux autres ouvrages : On Board RMS Titanic et The Carpathia and the Titanic, deux livres consacrés au naufrage. Il publie également régulièrement dans la revue de la Titanic Historical Society, The Titanic Commutator.

On le comprend, c’est donc un auteur de qualité qui nous propose ici de goûter à des extraits de son travail. La thématique de son site est assez vaste puisque les 15 articles qu’il présente évoquent des sujets assez divers. Tous ont en commun d’être des points précis, et souvent méconnus (ou que l’histoire a retenu de façon erronée) de l’histoire. Plusieurs se penchent sur la controverse du Californian, essayant, comme de nombreux autres sites, d’ailleurs, de démêler cette histoire fort embrouillée. Il revient notamment sur les positons tenues par Leslie Harrison, un des grands défenseurs du capitaine Stanley Lord. Dans le même ordre d’idées, il reprend un certain nombre d’erreurs commises par le site de la ville natale de l’officier William Murdoch dans sa démonstration pour prouver que l’officier ne s’est pas suicidé.

Mais les points les plus intéressants sont ceux qui cassent un certain nombre d’idées reçues, en étudiant notamment la façon dont le Titanic a gagné sa réputation d’insubmersibilité, ou encore en se penchant sur la question de la mort de Jack Phillips. Le véritable « morceau de bravoure » de ce site est cependant l’article « The Two Deaths of John Jacob Astor » qui démolit méthodiquement et de façon indéniable l’idée, pourtant bien ancré, que le célèbre milliardaire serait mort écrasé par la chute d’une cheminée. Une véritable leçon de recherche historique, que tout passionné du Titanic devrait lire, ne serait-ce que pour retenir cette méthodologie : toujours chercher d’où viennent les faits.

Le seul reproche que l’on pourrait faire à ce site soit son habillage pour le moins sobre, qui n’appelle pas forcément à la lecture. Un peu plus d’images et de liens hypertextes pour dynamiser tout ça n’auraient pas été de trop. Mais cela n’entache en rien le contenu ; c’est le principal !

 

Les plus

  • Des articles originaux et fouillés.
  • Une rédaction claire et des arguments bien exposés ; parfois de véritables leçons d’historiographie.

 

Les moins

  • La mise en page assez sobre.
  • Assez peu de mises à jour malheureusement

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Biblio-Titanic récompensé !

Posté par Antoine le 6 mars 2012

Biblio-Titanic récompensé ! dans Vie du blog liebsterC’est avec joie que j’ai découvert la semaine dernière que Biblio-Titanic a reçu le prix Liebster Blog de la part d’un autre blog. J’en suis évidemment très content et touché.Il me vient donc du blog Avel Keltia, tenue par Tiphaine, habituée de ce blog. Bien qu’encore jeune, le blog se propose de faire découvrir les vies des officiers du Titanic. Et il faut dire que vu la compétence de son auteure en la matière, on ne peut qu’attendre du bon !

Je devrais, normalement, décerner le prix en retour à 5 blogs… mais j’avoue que Tiphaine m’a ôté le pain de la bouche en choisissant ceux qui me venaient à l’idée. Alors, plutôt que de chercher vainement, je m’en vais présenter mes compagnons de promotion. Le premier est donc le blog des épaves de paquebots, très documenté, qui présente un certain nombre de naufrages légendaires, et ce qui tourne autour des épaves qui en ont résulté. Explorations et fouilles au rendez-vous, pensez à la tenue de plongée ! Le second, Titanic Ladies malheureusement pas mis à jour depuis quelques temps, revient sur les femmes qui ont marqué le Titanic, et celles qui y sont liées ; ainsi que, parfois, certains acteurs du drame. Un autre très bon travail.

Le troisième élu est le blog Titanic 3D, d’un graphiste canadien qui a entrepris, avec brio, de recréer le Titanic virtuellement. Le dernier est en anglais ; il s’agit du blog d’Inger Sheil, On Watch. Sheil est une spécialiste des officiers, qui vient de publier une biographie du cinquième officier Harold Lowe, très attendue dans le « milieu ».

Cinq blogs à visiter, donc, qui vous garantissent de plaisantes lectures. Quant à Biblio-Titanic, il vous prépare de nouvelles surprises à l’occasion du centenaire. Nouveautés et critiques à venir !

 

 

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