• Accueil
  • > Archives pour octobre 2011

Rencontre avec Clément d’Esparbès

Posté par Antoine le 24 octobre 2011

Clément d’Esparbès est le créateur du superbe Titanic en 3D connu sous le nom de Titanic Walkthrough Project, travail de fort longue haleine et de très bonne qualité que je suis depuis plus d’un an. Son site et son travail feront bientôt l’objet d’une critique séparée. À l’occasion d’une grande mise à jour de son site hier soir, j’ai eu l’occasion de poser à Clément un certain nombre de questions sur son travail et sa relation avec le Titanic. Je le remercie ici encore de ses réponses.

Rencontre avec Clément d'Esparbès dans Rencontre avec... 22

Biblio-Titanic : Pour commencer, quelques questions sur ton travail. Comment t’es venue l’idée d’un Titanic en 3D ? Est-ce le fait de pratiquer la 3D avant qui t’a donné cette envie, ou au contraire l’envie de recréer le paquebot qui t’a poussé à apprendre la technique ?

Clément d’Esparbès : J’ai toujours rêvé de pouvoir parcourir les ponts du Titanic, de pouvoir aller ou bon me semble sur le paquebot, mais c’est hélas impossible à faire dans la réalité. La 3D permet de pouvoir réaliser en partie ce rêve, même si, qu’on le veuille ou non, on sera toujours très loin du ressenti que pouvait procurer le vrai paquebot.

L’idée d’une reproduction en 3D m’est d’abord venue en voyant des plans du paquebot. Je me suis demandé ; pourquoi ne pas donner une troisième dimension à ces plans ? De là est venu un premier modèle assez grossier du Grand escalier de première classe qui s’est étoffé au fil du temps. Tout s’est ensuite construit autour petit à petit.

J’avais déjà quelques bases en 3D à cette époque puisque j’avais fabriqué quelques objets pour un programme de type MMORPG en « beta-test ». Programme qui ne s’est jamais concrétisé finalement. Ensuite, le Titanic m’a permis de progresser petit à petit, même s’il me reste encore beaucoup à apprendre aujourd’hui.

 

B-T :  L’étendue de ce que tu as déjà accompli est assez énorme. Quand as tu commencé ton travail, et globalement, combien de temps te faut il pour créer une pièce ? Dans le cas des cabines, réutilises tu les mêmes ou changes-tu des choses mêmes lorsqu’elles sont « standard » ?

C. d’E. : Mon premier modèle pour le Titanic remonte à Novembre 2008, c’était la première volée du grand escalier au pont A.

Au niveau du temps, des pièces comme le fumoir de première classe ou le salon prennent une quarantaine d’heures de travail en accumulé, avec les diverses modifications qui s’en suivent au fur et à mesures de nouvelles découvertes ou des apports d’informations.

Certaines cabines se ressemblent beaucoup, même si elles ne sont pas toujours homogènes au niveau des dimensions, cela étant essentiellement dû à la forme du navire. Il y a par conséquent plusieurs dimensions de lit et de garde-robes, mais le style se répétant, le travail en est grandement accéléré sur un bloc de cabines donné. Concernant les suites de styles différents, c’est une toute autre histoire !

 

B-T :  Si tu devais citer une pièce emblématique du paquebot dont la modélisation t’a marquée (que ce soit pour sa difficulté ou pour toute autre raison), ce serait… ?

C. d’E. :  La salle froide des bains Turcs (appelée cooling room en Anglais), très axée sur le « texture working« , m’a particulièrement marqué. C’est a mon sens, la pièce qui a vraiment tout changé dans ma façon de reproduire le Titanic. J’y ai fait beaucoup de progrès dans la manipulation et la conception des textures en particulier, et appris de nouvelles techniques lors de sa réalisation. Ce fut très intéressant.

 

B-T :  Quelles sont tes principales sources d’information pour ce travail ? Des gens t’aident-ils ?

C. d’E :  Je me documente surtout à partir de livres récents (en particulier Titanic – The Ship Magnificent de Bruce Beveridge et son équipe), et également pas mal sur les forums comme TRMA (Titanic Research and Modeling Association [NdR]), Encyclopedia Titanica… etc. J’évite en revanche de me référer aux décors du film de James Cameron qui sont certes très beaux mais pas tant fidèles que ça à la réalité (la recherche à beaucoup évolué depuis 1997, donc ça ressort de plus en plus).

J’ai également reçu toutes sortes d’aides jusqu’ici… D’abord au niveau de la conception directement, Nicolas Murgia ayant par exemple réalisé la carte illuminée du Gymnase, la texture bleue des fauteuils du grand escalier et la tapisserie d’Aubusson de la suite C55. Un grand merci à lui pour son travail.
Au niveau du conseil technique, je suis rentré en relation avec Parks Stephenson lors de la réalisation des bains turcs. Depuis peu, Daniel Klistorner m’aide également concernant les suites.

Je reçois également beaucoup de conseils et de suggestions de la part des visiteurs, chacun ayant des connaissances qui leurs sont propres. Je dois donc rassembler toutes ces informations et en faire une synthèse en vue d’améliorations futures. Je souhaitais d’ailleurs dire un grand merci à toutes ces personnes pour les différents feedback, sachez que je suis toujours preneur de conseil ou de critiques, c’est toujours le meilleur moyen de progresser. Quand je passe plusieurs heures sur un modèle en 3D ou une texture, je peut aisément passer à côté de grosses erreurs que je n’aurait même pas remarqué.

 

B-T :  Y’a t-il des moments où tu dois « combler les blancs » avec ton imagination ? Des pièces peu connues, des tableaux… Et comment procèdes-tu dans ce cas là ?

C. d’E. : Hélas, oui, il y aura toujours une part d’incertitude, même si de plus en plus d’informations sont révélées au grand jour depuis quelques années.

Dans le cas où j’ai une incertitude, j’essaie de me mettre à la place du concepteur du navire : qu’est-ce que j’aurais mis à sa place, sachant qu’il faut respecter un style donné, ou telle ou telle contrainte ?

Il y a des choses qu’on ne saura jamais, hélas. Par exemple les tableaux qui ornaient le grand escalier étaient des pièces uniques qu’il n’y avait pas même sur le jumeau du Titanic, l’Olympic. Ces pièces ont été détruites à jamais dans l’océan, et on ne saura certainement jamais ce qu’elles représentaient.

 

B-T :  Quelle pièce as tu hâte de faire ? Et au contraire laquelle t’effraie (par défi technique, ou juste parce qu’elle ne t’intéresse vraiment pas) ?

C. d’E. :  J’ai hâte d’attaquer les salles publiques de seconde et troisième classe parce qu’elles n’ont été que très peu reproduites en 3D jusqu’ici. Naturellement, beaucoup de réalisations que l’on peut voir sur le web représentent des pièces de première classe, mais je suis persuadé que ces autres salles peuvent amener à un défi d’autant plus intéressant à relever qu’elles sont à mon gout trop souvent oubliées.

Plutôt assez effrayé par l’extérieur, non pas parce que cette partie ne m’intéresse pas, mais parce que je sais pertinemment que je vais vouloir m’entêter à vouloir placer le moindre rivet et que ça va me prendre un temps fou ^^ !

 

B-T :  Quelle est la prochaine pièce sur la liste ? Tiphaine, une habituée du blog, demande par ailleurs quand viendront les quartiers des officiers !

C. d’E. :  Actuellement on travaille sur la suite qu’occupaient Ida et Isidor Straus : C55, viendront ensuite les corridors du pont B, les célèbres suites de Joseph Bruce Ismay et Charlotte Drake Cardeza, avec leur promenade privée.
Ensuite, je ne sait pas encore, pourquoi pas le quartier des officiers, pour faire plaisir à Tiphaine ? ^^ Il y aura bien évidemment possibilité de se mettre à la place du quartier-maitre à la barre du navire, j’en fais la promesse ! ^^

 

B-T :  D’un point de vue plus centré sur le Titanic maintenant : comment as tu découvert ce paquebot ?

C. d’E. :  Quand j’étais petit, j’avais un CD-ROM interactif qui racontait l’histoire du Titanic, de la naissance de l’idée entre Ismay et Pirrie à la découverte de l’épave. J’adorais ce truc, j’y passait des heures dessus à revoir en boucle toute les séquences.
J’étais déjà passionné. Ensuite est venu l’incontournable film, évidemment, qui a ravivé la flamme, et un jeu magnifique aussi : Titanic : une aventure hors du temps, auquel je porte une mention spéciale. Pour un jeu de 1996, quelle prouesse technique ! Et une super intrigue en plus, comme quoi on peut très bien marier les plaisirs de visiter le Titanic et la résolution d’énigmes ! (Une critique de ce jeu a été faite sur ce blog [NdR])

 

B-T : T’intéresses tu aussi à son histoire, ou te centres tu totalement sur sa structure et son apparence elle même ?

C. d’E. :  Ce paquebot avait une prestance inégalable à n’en point douter, il était vraiment majestueux. Les paquebots de l’époque en général avaient, à mon sens, beaucoup plus de charisme que les paquebots actuels, aussi gros qu’ils soient.

Mais je pense que si le Titanic est si célèbre, c’est surtout grâce, ou plutôt à cause de son histoire! Je ne suis pas un grand connaisseur au point de connaitre par cœur le nom de tous les passagers, loin de là, mais je m’intéresse beaucoup à la vie qu’il pouvait bien y avoir à bord, la façon dont les gens pouvaient bien vivre durant leur voyage, leurs occupations.

Concernant le naufrage, j’ai lu les rapports des enquêtes U.S et Britanniques, c’est très intéressant de voir comment cet évènement tragique à bien pu être vécu selon que la personne était un soutier, un officier, ou un passager…

 

B-T :  Y’a-t-il un livre qui t’a particulièrement marqué ?

C. d’E. :  Le livre The loss of S.S Titanic m’a beaucoup marqué. Lawrence Beesley, l’auteur, était passager de seconde classe, il y qui raconte son expérience à bord du Titanic. C’est un livre qui est pas mal basé sur le ressenti, et est de ce fait extrêmement prenant et plein d’authenticité.

A ce propos, je n’ai toujours pas lu le livre de Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus. Il va falloir que je corrige cette bévue au plus vite… En plus on ne m’en a dit que du bien =)

 

B-T :  Et pour finir l’habituelle question troll : Murdoch s’est-il suicidé ? (Attention, la rédaction décline toute responsabilité vis à vis des réactions possibles de son fan club)

C. d’E. :  Personnellement, je ne pense pas, mais je vais éviter d’entrer dans les tentatives de justification, parce que j’en ai pas justement !

Alors là, pour le coup, je sais pas si je me suis fait plus d’amis que d’ennemis ^^
On le verra bien vite en même temps ^^

Publié dans Rencontre avec... | 3 Commentaires »

Titanic, de James Cameron

Posté par Antoine le 9 octobre 2011

Attention, sujet sensible : quand on parle du film Titanic de James Cameron, difficile de satisfaire tous les Titanicophiles. Entre ceux qui vouent un culte au Maître, et ceux qui voudraient le crucifier, point de répit. J’avoue que ma position a son sujet a pas mal fluctué, même s’il ne doit être un secret pour personne qu’il y a bien longtemps que la version du film que j’avais sur cassette a succombé à l’usure. Car après tout, quoi que l’on pense de ce film, on ne peut dans tous les cas pas négliger le grand nombre de personnes qu’il a fait tomber dans la marmite. Car Titanic, c’est aussi ça : le souvenir du gosse émerveillé que j’étais quand j’ai découvert ce navire magnifique, personnage principal du film à mon avis.

Titanic, de James Cameron dans Film 220px-Titanic_poster

Pourtant, mon point de vue sur le film n’est pas totalement positif, ni négatif d’ailleurs. Commençons donc par ce qui, plus jeune, me faisait hurler, et aujourd’hui suscite relativement d’indifférence de ma part : l’histoire du film. Comme ont pu le remarquer certains Odieux Connards autoproclamés, il s’agit d’une trame relativement classique que l’on pourrait aisément retrouver dans pas mal de films de Cameron (et de films tout courts) : un homme et une femme que tout oppose mais qui finissent par se retrouver en dépit d’un contexte particulièrement troublé. Histoire relativement bateau, donc (oui, j’ai osé), mais ce n’est finalement pas plus mal, car elle ne noie pas trop (oui, j’ai encore osé) la grande Histoire en prenant trop de place.  Dans la même veine, je ne m’attarderai pas sur les acteurs principaux, même s’il est vrai qu’un jeune acteur nommé DiCaprio a excité plus d’une adolescentes tandis que certaines scènes de Kate Winslet ont fait de même avec l’autre camp.

Passons maintenant à l’aspect le plus réussi de ce film, c’est indéniablement la reconstitution historique de ce navire, de cette époque. Cameron est un passionné, qui a fait des recherches, et cela se voit. Visuellement, il a rendu vie au Titanic, c’est un fait : les puristes trouveront toujours un quelque chose à reprocher, un bout de plan mal respecté ; mais esthétiquement, le navire est le plus proche de l’original jamais réalisé. Il en va de même pour les personnages historiques : Cameron a volontairement choisi des acteurs peu connus du grand public, mais très ressemblants par rapport aux personnages originaux.  Enfin, il a eu la bonne idée de rajouter, souvent dans le fond, comme des clins d’oeil, une multitude d’anecdotes piochées dans l’histoire véridique, que le spectateur ne pourra parfois comprendre que s’il est familier de l’histoire du navire.

Real_People_Behind_Movie_Characters_18 dans Film

Y’a quand même un air de famille…

Pourtant, c’est aussi historiquement que le film commet ses plus grandes fautes. Cameron prend un certain nombre de partis pris qui font hurler beaucoup d’historiens du sujet. Je les avais détaillés dans un autre article sur un autre blog, les curieux s’y rendront. Je préfère ici déplorer les effets de ces partis pris malheureux : le succès du film de Cameron ne les rend que trop voyants. Combien de fois les passionnés dont je fais partie ont-ils dû rabâcher les mêmes arguments sur Bruce Ismay qui n’était pas si méchant que ça, ou sur le fait que l’officier Murdoch ne s’est probablement pas suicidé ? Ce genre de propos dans un documentaire de seconde zone a peu de retombées. Dans un film à onze oscars qui déchire le box-office, beaucoup plus.

On retiendra donc de ce film que c’est une fresque historique très agréable à regarder, avec des décors superbes et des seconds rôles souvent fidèles. Mais qu’il doit avant tout être considéré comme un roman, en gardant à l’esprit le fait que des libertés ont été prises, grande ou petites. Trop souvent, malheureusement, ce film est considéré comme une Bible, ou surtout, une référence historique ; ce qu’il n’est pas. C’est en revanche une illustration et une porte d’entrée de très grande classe, qui doit pousser à approfondir le sujet, et non à avoir des idées arrêtées à son sujet.

 

 Les plus

  • Un film distrayant et agréable à regarder (et parfait pour draguer, me soufflent dans l’oreillette ceux qui avaient la chance d’avoir 18/20 ans à l’époque de la sortie)
  • Des décors globalement très fidèles, et des personnages secondaires qui le sont presque autant (mentions spéciales pour Bernard Hill en commandant Smith, Eric Braeden en JJ Astor, Victor Gerber en Thomas Andrews et Kathy Bates en Molly Brown)
  • Un moyen idéal pour rentrer dans la « Titanicophilie »

Les moins

  • Une intrigue principale somme toute assez classique (ce qui n’est finalement pas plus mal puisqu’elle met la véritable histoire en valeur)
  • Quelques partis pris gênants, et personnages très mal représentés (Archibald Gracie et Joseph Bruce Ismay, totalement goujatisés)
  • Céline Dion

Publié dans Film | 5 Commentaires »

 

Renaissance et Unification |
Sciences |
collège Adberrahim Bouabid ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DogPeople
| Géotechnique
| Le Scientifique