Le Drame du Titanic

Posté par Antoine le 1 juin 2011

Le Drame du Titanic, par Philippe Masson, occupe une place à part à mes yeux, non pas pour sa qualité, mais parce qu’il s’agit là du tout premier livre que j’ai eu sur le Titanic. J’avais alors huit ans… et j’ai du mal à comprendre comment j’avais pu, à l’époque, le comprendre.

 

Le Drame du Titanic dans Ouvrage généraliste 9782266085199FS

 

Difficile d’avoir un avis tranché sur ce livre, car il y a du bon… et du moins bon. Pour le bon, tout d’abord, Philippe Masson est historien de marine, et a la méthodologie qui va avec. Il fait donc ce que font peu les autres ouvrages sur le Titanic, à savoir contextualiser un peu son sujet. Si son premier chapitre (sur 6), raconte la traversée à partir de l’embarquement, de façon assez sommaire, il s’attarde également plus longuement sur les moyens de traverser l’Atlantique à l’époque, la concurrence entre les compagnies, la course à la taille. On sent également que Masson a fait des recherches : sa lecture de l’ouvrage autobiographique de Lawrence Beesley, par exemple, ne fait aucun doute. La vie du Titanic est traitée assez rapidement, sur les deux premiers chapitres. Les quatre suivants sont consacrés aux enquêtes, aux mesures qui ont suivi, à la découverte de l’épave, et à l’apparition du Titanic dans la culture populaire. De ce point de vue, le regard d’un historien non spécialisé est intéressant, car il évoque des aspects plus généraux et mieux contextualisé que d’autres ouvrages.

Cependant, cela va également de pair avec un défaut récurant : les erreurs. Celles-ci sont généralement sur des points de détail, et le lecteur lambda ressortira de sa lecture sans s’en être rendu compte. Il aura en ce sens retenu le principal : l’horreur du naufrage, le choc exercé sur les mentalités, et les mesures qui en ont découlé. Pour le chercheur qui veut des renseignements précis sur le Titanic en lui même, le problème est plus grand. Masson se trompe ainsi de façon récurrente sur l’emplacement de la salle à manger, se trompe sur le sort de Jack Phillips, parle d’une salle de bal à bord (ce qui relève de l’hérésie au sein de la communauté Titanicophile). Rien de choquant pour un néophyte, mais plus gênant lorsqu’on cherche des informations sur un fait en particulier. Par ailleurs, le livre est sorti en 1998, et me semble assez daté : certaines théories ont depuis été revues, et certains points de vue exposés ne sont plus forcément d’actualité. Enfin, il est dommage que le livre donne une impression de difficulté : le sujet à beau être passionnant, on est souvent tenté de décrocher.

Un livre de qualité, donc… Mais daté. Je conseillerais aujourd’hui plutôt Le Titanic ne répond plus, qui me semble plus accessible et contient moins d’erreurs. Revers de la médaille, le contexte et les parallèles avec d’autres cas sont moins fréquents.

Philippe Masson, Le Drame du Titanic, Tallendier, 1998, ISBN 9782235021760

Les plus

  • Le livre est complet et fait clairement le tour du sujet
  • L’information est contextualisée et le travail est celui d’un historien chevronné
  • L’impressionnante bibliographie montre que le travail de recherche a été fait

Les moins

  • Un style assez lourd par moment, le livre est en ce sens peu accessible au néophyte.
  • Un certain nombre d’erreurs et d’approximations, qui relèvent cependant du détail.
  • Le livre est assez daté : de meilleurs ouvrages francophones ont vu le jour depuis.

4 Réponses à “Le Drame du Titanic”

  1. Tiphaine dit :

    Ma lecture de ce livre remonte à il y a maintenant 3 ans (emprunté à la biblio, puis embarquer à bord du bateau de la SNCM avec celui de Lord ^^). Comme à l’époque j’étais encore relativement néophyte, je ne me rappelle pas si j’avais relevé ces erreurs. Il faudrait que je le relise, ne serais-ce que pour noter ce qu’il dit de Murdoch.

  2. Antoine dit :

    Bonne question : je ne crois pas qu’il parle de son suicide. Il me semble aussi qu’il y a une édition plus agréable que la Pocket que j’avais (qui était écrite en tout petit, ce qui m’a peut-être plus donné cette impression de lourdeur que le style lui même) : la grande édition présente aussi des photos et schémas à la fin. La poche se contente de deux ou trois cartes sommaires.

  3. Tiphaine dit :

    Oui, moi j’avais la grande édition et il y avait en effet des photos.
    Par contre c’est vrai que je ne me souviens pas de cette histoire de salle de bal, aujourd’hui ça me choquerais, à l’époque j’avais seulement dû trouver ça bizarre. ^^

  4. Chouette dit :

    Je possède l’Édition avec les photos quand on découvre le sujet tout le livre vous semble magique , je ne regrette pas d’avoir commencé avec ce livre là ^^

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