Les enfants du Titanic

Posté par Antoine le 30 mai 2011

Première critique assez négative du site, avec Les enfants du Titanic, écrit par Elisabeth Navratil en 1998.

 

Les enfants du Titanic dans Pas une grosse perte 176841949_small

 

Elisabeth Navratil est la fille de Michel Navratil, rescapé du Titanic. Et pas n’importe lequel des rescapés, puisqu’il est le dernier survivant masculin (et le dernier français), à être mort, en 2001. Son histoire n’était pas anodine : lorsqu’il était monté à bord du Titanic avec son frère Edmond et son père Michel, à l’âge de 4 ans, il était tout simplement enlevé à sa mère suite à un divorce difficile. Navratil père espérait refaire sa vie aux États-Unis avec ses enfants et, peut-être, faire revenir son épouse à ses côtés. Le destin en a voulu autrement puisque seuls les enfants ont survécu : des enfants non identifiés, ne connaissant pas leur propre nom, dont la presse s’est éprise, et qui ont finalement retrouvé leur mère après moult péripéties.

Les enfants du Titanic entreprend de raconter leur histoire, et venant de la fille d’un des héros, on pourrait s’attendre à du fiable, à du solide. L’histoire est d’ailleurs particulièrement propice à un livre tant elle semble improbable.  La mettre ainsi en lumière est une bonne chose… mais pas de la façon dont le fait Navratil. Le roman se lit bien, et on se prend d’étonnement devant ce que vit Michel, le héros, qui plaisante avec les opérateurs radio pendant leur pause, visite les salles des machines avec Thomas Andrews, rencontre des amis de son père voyageant en première classe et joue avec les immigrants. On tremble durant le naufrage lorsqu’il se retrouve bloqué en troisième classe…

Puis vient la postface, ce moment où l’auteure tente de nous expliquer ce qui est vrai et ce qui est inventé dans son récit… et on se rend alors compte qu’on a lu plus de vent qu’autre chose. Personnages inventés, d’autres existants mais modifiés pour les besoins du récit… Le bas blesse d’autant plus que la postface reste vague : au final, les Navratil avaient il connu les riches Straus à Nice ? Avaient-ils vraiment croisé les Astor dans le train ? Et le fond de l’histoire est-il aussi romancé ? À cela se mêlent des erreurs de l’auteure, qui, probablement en examinant les plans du navire, a considéré que les stores (réserves) étaient… une galerie marchande.

On reste donc clairement déçu par ce récit bancal où se mêlent le vrai et le faux sans savoir qui est quoi. C’est d’autant plus dommage que le style d’Elisabeth Navratil est particulièrement clair et agréable ; et que, comme elle a pu le montrer au cours de diverses prestations publiques, elle a beaucoup de choses authentiques à dire sur le sujet. Un livre sympathique si on cherche un roman ; qui ravira notamment les enfants, mais en rien un récit de vie comme il se présente. On aurait préféré un récit réel et fouillé, tant l’histoire est surprenante et touchante sans fard.

 

Les plus

  • Le roman se lit bien et est bien écrit
  • L’histoire reste cohérente et intéressante
  • Le livre a le mérite de mettre en lumière une histoire vraie

Les moins

  • Dommage qu’on apprenne à la fin que tout est faux : on ne sait plus ce qui est authentique et ne l’est pas
  • La postface, qui est censée différencier le vrai du faux, ne réussit pas à remplir son rôle, à tel point que tous les faits sont remis en question au final

 

Note : Une nouvelle édition de ce livre a été publiée en 2012 et diffère assez profondément de celle détaillée ici. Une critique de ce nouveau jet peut-être lue ici.

3 Réponses à “Les enfants du Titanic”

  1. Elisabeth Navratil dit :

    Vous n’aviez pas tort,on pouvait s’emmêler les pédales. C’est que le genre roman historique n’a rien d’évident. Comme j’avais choisi de raconter l’Odyssée du Titanic vu par mon grand-père et mon père et que les souvenirs de ce dernier étaient peu nombreux, Je n’étais pas sur le Titanic et il a bien fallu que j’imagine ce que mes parents n’avaient pas pu me raconter. J’ai réécrit en partie ce livre et il vient de paraître. J’ai corrigé de nombreuses erreurs, ajouté deux chapitres et complété celui sur le Carpathia, sur des bases exclusivement historiques, ajouté de nombreuses notes et travaillé pour qu’il colle de plus près à la réalité historique. Si vous le lisez, écrivez-moi ce que vous en pensez.
    E.N.

  2. Antoine dit :

    Je suis particulièrement content que vous veniez donner votre propre point de vue sur ce roman ; il est toujours intéressant de savoir ce qu’en pense son auteur, surtout plus de dix ans après.

    Je trouve aussi intéressant que la ressortie des Enfants du Titanic ne soit pas une simple republication, et serai très intéressé de voir ce qui a changé entre temps. Je me le procurerai très prochainement, j’espère.

  3. Antoine dit :

    La nouvelle édition est en effet bien plus prometteuse que la précédente ; une critique mise à jour sera bientôt proposée.

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