La Minute de vérité

Posté par Antoine le 31 mai 2011

Les documentaires sur le Titanic sont souvent inégaux. On en trouve des très précis et de bonne qualité, des intéressants malgré leurs partis pris parfois gênants… et des tout pourris. L’épisode de la série La Minute de vérité consacré au Titanic entre clairement dans cette dernière catégorie, et y occupe vraisemblablement la première place. Voyons plutôt. Les plus fous d’entre vous peuvent dores et déjà aller s’abimer les yeux ici.

 

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 Il est beau, hein ? Non, je rigole.

La Minute de vérité est une série documentaire américaine produite par National Geographic, mais qui se révèle ici bien en dessous de la bonne réputation de ses auteurs. Prenons la forme tout d’abord. Il s’agit d’un documentaire tantôt fiction tantôt investigation, mais rassurez vous, aucune partie ne vient rattraper l’autre. En ce qui concerne la fiction, on nous gratifie donc pour la forme d’un Titanic virtuel fort laid et plus large que haut (voir ci-dessus), alors que dix ans plus tôt, Cybeflix était déjà capable d’en réaliser un plus convainquant. Nous avons également droit à un jeu d’acteurs digne d’un épisode d’Hélène et les garçons, la palme allant au pauvre capitaine Smith, qui, comme son navire, a gagné en largeur ce qu’il a perdu en hauteur, y compris au visage. Passons. On a également, bien entendu droit à la voix off rauque qui nous gratifie d’une phrase d’introduction fort originale : « On le croyait insubmersible… c’était une erreur ». Et tant qu’on y est, histoire de faire croire qu’on est dans 24h Chrono, on a aussi le décompte des heures, minutes, secondes, à la minute près (oui, Smith a inspecté le fond du navire à 23 h 48 pile), et tant pis si dans les faits, les historiens se cassent la tête sur les heures trop vagues depuis des lustres…

Côté investigation, c’est encore mieux : on nous sort ici le capitaine de frégate des gardes côtes américains, chargé de « trouver le responsable » et d’expliquer ce drame « dont personne n’a jamais vraiment compris les causes ». Vous l’avez bien compris, personne. Marrant quand même : j’avais quelques papiers sans prétention sur le sujet avant 2007, date de réalisation du documentaire. Passons. Notre capitaine, que nous appellerons capitaine La Palisse, nous sort des propos d’une originalité formidable. Le brave homme a une théorie qu’il juge être un regard nouveau sur le drame : le Titanic n’a pas coulé à cause d’un élément, mais du cumul de plusieurs petits problèmes. Pour ne pas choquer sa sensibilité, nous ne lui dirons pas que l’historien Walter Lord en parlait déjà en 1955, et qu’il n’était probablement pas le premier. Notre amie la voix rauque nous explique également que le capitaine est « chargé de rouvrir l’enquête ». Je ne savais pas que le dossier avait été rouvert de façon officielle, mais ça fait plus classe dit comme ça.  En parlant de classe, notre homme a d’ailleurs dans un premier temps l’idée fixe de trouver le responsable du drame, et, passant en revue plusieurs membre d’équipage, va jusqu’à parler du « principal suspect ». Après 24 heures, on est dans Les Experts. Les américains aiment la mise en scène.

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La Minute de vérité : mieux que Les Experts !

Passons donc au fond. Eh bien, force est d’avouer que ce documentaire le touche, et continue à creuser jusqu’à trouver du pétrole. Les erreurs s’accumulent à une vitesse accablante : on nous parle de William Murdoch, commandant en second (il était pas premier officier ?) ; on zappe totalement les personnages, pourtant clés, de Thomas Andrews et Bruce Ismay ; le Titanic ne coule plus à 2h20 mais a 1h45, et en un seul morceau ; on nous explique qu’il était « une fois et demie plus grand que le Mauretania » (ce qui tape dans les 390 m… à 100 près, on va pas chipoter)… Bref, bravo la rigueur et les recherches précises : nos amis historiens ont eu leurs diplômes dans un Happy Meal de chez McDo. Et ce ne sont là que de petites erreurs sans conséquence : par moment, on nous raconte carrément n’importe quoi, comme lorsque la voix off nous explique que « les constructeurs étaient si confiants qu’ils ont mis à bord moins de canots que nécessaire », et que « la presse s’est emballée face à tant d’audace ». Rappelons juste que c’était la règle à l’époque : La Minute de vérité redéfinit le concept d’audace : être audacieux, c’est faire comme tout le monde. Le monde est rempli de gens audacieux. On nous explique aussi que le Californian serait arrivé sur les lieux en à peine une demi-heure, alors que les historiens s’étripent sur le sujet depuis 100 ans, mais on n’est plus à cela près.

Et que dire de la démarche de ce cher capitaine La Palisse lorsqu’il tente de découvrir le terrible et vil coupable ! Il s’attaque tour à tour à Phillips, l’opérateur radio qui n’a pas écouté le Californian, puis au commandant Smith, qui allait trop vite, ou encore l’inattention des vigies. Rechercher à tout prix un coupable : voila de la méthode historique ! Lui aussi aurait donc pris un Happy Meal ? À chaque fois, par chance, il a l’intelligence de faire appel à des experts, qui lui démontrent que ces braves gens n’ont rien de coupables et se conformaient aux pratiques de l’époque. On est assez étonné (et positivement, pour une fois), que Bruce Ismay, alias Mr. Bouc émissaire, n’apparaisse pas. J’avoue que je l’ai attendu jusqu’à la fin, m’attendant à le voir apparaître sous les traits du Diable détournant l’iceberg en direction du paquebot.

 

J. Bruce Ismay se demande encore par quel miracle il ne s’est pas fait démolir dans ce documentaire

Vient finalement la partie la plus intéressante et rigoureuse du documentaire. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. Elle est tout aussi mauvaise, mise en scène et ratée que le reste, mais au moins, on n’y voit pas (trop) d’absurdités, ce qui fait qu’au regard du reste du documentaire, c’est un chef d’oeuvre. Bien entendu, notre ami La Palisse enfonce plus de portes ouvertes qu’un policier un peu trop imbibé, et tente de mettre à l’épreuve la théorie de la longue brèche de plusieurs mètres qui aurait éventré le navire… Théorie déjà démontée et abandonnée depuis les années 1990. 15 ans après la guerre, on sent l’inédit. Il tente aussi de voir si l’incendie qui faisait rage avant le naufrage dans une soute a charbon a pu jouer un rôle, mais un spécialiste charitable lui suggère d’oublier cette hypothèse, avant qu’il ait eu le temps de se ridiculiser. Dommage. Finalement, il s’attaque à la dernière hypothèse, l’hypothèse en béton : les rivets trop fragiles. Et attention, avec des expériences scientifiques et tout à l’appui (d’une rigueur douteuse, mais on va faire comme si). Et La Palisse de nous expliquer que grâce à cette expérience… on a enfin résolu l’énigme du Titanic. Mouais. Sauf que c’est bien gentil, mais le coup des rivets, il est sorti bien avant lui. Rien de nouveau sous le soleil donc.

Et le documentaire finit en fanfare, la voix off nous expliquant ce qui s’est véritablement passé ce soir là. Grosso modo, on nous remet le docu-fiction du début avec une précision de plus sur les rivets, et bonne soirée à vous. Depuis une heure, on essaie de nous apporter « les causes du naufrage, cachées depuis longtemps », et au final, le documentaire nous résume ce qui était déjà connu… en s’attribuant les mérites de la découverte. Ces gens sont géniaux, ont une honnêteté à faire pâlir Patrick Balkany, et viennent de passer leur temps à démontrer ce que l’on savait déjà. La prochaine fois, ils découvriront que les crimes de Jack l’éventreur ont été commis par… Jack l’éventreur. J’ai hâte de voir le résultat.

Non, franchement, en fait, c’était pas la peine de cliquer sur le lien que j’ai donné au début.

 

Les plus

  • Difficile d’en trouver. Comme un mauvais travail d’écolier maladroit, on a envie de dire qu’ils ont essayé en y mettant de la bonne volonté, nous ont sorti deux ou trois images d’archives et un témoignage assez original qui nous change des classiques. Ils ont aussi la décence de faire invalider leurs hypothèses par des experts.
  • Au moins, J. Bruce Ismay n’est pas choisi comme coupable idéal comme le font d’habitude les Américains. En fait, il n’apparaît même pas.

Les moins

  • Un documentaire truffé d’erreurs qui montrent que les recherches ont été faites à la va-vite
  • Une manie quasi maladive de retrouver le coupable… mais pas l’iceberg, ce serait trop facile.
  • La mise en scène assez pathétique avec musiques d’ambiance, minutage à l’écran et plans « émotion ». Et encore, je vous ai pas parlé du naufrage avec la musique qui fait pleurer, les visages abattus, les flashbacks… et la mauvaise heure.
  • Un sentiment d’inachevé, de travail bâclé, qui fait qu’on n’accorde aucun crédit à ce documentaire, et par conséquent aux autres de la série. À éviter  tout prix, donc.

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Titanic, une aventure hors du temps

Posté par Antoine le 31 mai 2011

Le Titanic s’exporte sous tous les formats, y compris le jeu vidéo. Et quel jeu ! S’il devait y avoir un coup de coeur sur ce site, ce serait celui-ci. Titanic, une aventure hors du temps est en effet celui qui m’a donné le virus lorsque je l’ai acheté du haut de mes huit ans.

 

Titanic, une aventure hors du temps dans Coup de coeur titanic

 

Le scénario ? Franck Carlson, agent secret de son état, se repent dans son appartement miteux de son échec au cours d’une mission secrète à bord du Titanic, 30 ans plus tôt. Nous sommes en effet à Londres, en avril 1942, et une bombe mal placée a tôt fait de renvoyer le pauvre homme ad patres. Enfin, pas exactement : le voila de retour le 14 avril 1912 dans sa cabine à bord du Titanic, en début de soirée. Il n’a que quelques heures pour accomplir sa mission : localiser un livre précieux, le Rubaiyat (qui se trouvait véritablement à bord), volé par un colonel allemand. Bien vite, l’affaire connait des rebondissement, et au fur et à mesure des rencontres, Carlson se rend compte que les enjeux sont très élevés. Une autre rencontre, avec un iceberg, accélère également les événements…

Graphiquement, le jeu était superbe. Mais plus encore, 15 ans après sa sortie, il reste très agréable à regarder. La reconstitution est assez fidèle au véritable Titanic. Certes, on n’a pas là un travail au détail près (pour cela, voyez plutôt ici), mais c’est clairement le Titanic le plus fidèle vu dans un jeu vidéo. La musique est sympathique et les dialogues agréables tant en français qu’en anglais. Les concepteurs ont pris le parti (plutôt judicieux d’ailleurs), de ne faire figurer aucun personnage réel dans le jeu, pour ne pas prêter atteinte à la mémoire des acteurs du drame. Cependant, la véritable histoire du Titanic n’est jamais loin, et il n’est pas rare qu’un personnage du jeu y aille d’une petite anecdote réelle sur le navire et ses occupants. Le travail de recherche des concepteurs a été poussé, très poussé, (l’historien Walter Lord a servi de conseiller) et mieux encore, les choses ne paraissent pas artificielles et n’empiètent jamais sur l’action.

 

Le jeuest graphiquement superbe

 

L’action, parlons en. Le scénario est bien ficelé, avec de nombreux personnages au caractère bien trempé. Plusieurs heures sont nécessaires pour arriver au bout lorsque l’on connaît la solution, d’autant que les chemins sont multiples. Comme dans les jeux d’enquête classiques, le joueur se promène (en vue subjective s’il vous plait !) dans les coursives du navire, aidant les passagers en espérant un retour d’ascenseur, et tentant de sauver le monde. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : à condition qu’il emporte avec lui différents objets clé dans le canot de sauvetage (en supposant qu’il y embarque), Carlson peut empêcher les deux Guerres mondiales et la révolution russe ! Un épilogue montrera en images le sort du monde en 1942 selon les actes de notre héros… Un échec, et on en revient au Blitz… ou pire !

Mais je m’emporte et ne voudrais pas vous gâcher la surprise. Le jeu est difficilement trouvable dans le commerce aujourd’hui. Et pour cause : il est sorti en 1996. Cependant, on peut le télécharger gratuitement et (quasi) légalement sur LTF Abandonwares, ici. Les anglophones trouveront également un blog très détaillé sur le jeu à cette adresse, avec captures d’écran, extraits audio, solution, anecdotes… Le site que j’aurais aimé faire, en somme !

Titanic, une aventure hors du temps, Cyberflix, 1996

Les plus

  • Un scénario béton, à rebondissements, et cohérent.
  • Une foule d’anecdotes authentiques, notamment dans le mode visite guidée.
  • Graphiquement très beau pour un jeu de cet âge.
  • Bonne durée de vie.

Les moins

 

  • Parfois quelques problèmes de compatibilité. Paradoxalement, j’ai eu moins de bugs avec lui sous Vista que sous les versions précédentes.
  • Dommage que les visites guidées téléchargeables ne soient que partiellement traduites, donnant un côté inachevé au tout.
  • Introuvable dans le commerce.

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Les enfants du Titanic

Posté par Antoine le 30 mai 2011

Première critique assez négative du site, avec Les enfants du Titanic, écrit par Elisabeth Navratil en 1998.

 

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Elisabeth Navratil est la fille de Michel Navratil, rescapé du Titanic. Et pas n’importe lequel des rescapés, puisqu’il est le dernier survivant masculin (et le dernier français), à être mort, en 2001. Son histoire n’était pas anodine : lorsqu’il était monté à bord du Titanic avec son frère Edmond et son père Michel, à l’âge de 4 ans, il était tout simplement enlevé à sa mère suite à un divorce difficile. Navratil père espérait refaire sa vie aux États-Unis avec ses enfants et, peut-être, faire revenir son épouse à ses côtés. Le destin en a voulu autrement puisque seuls les enfants ont survécu : des enfants non identifiés, ne connaissant pas leur propre nom, dont la presse s’est éprise, et qui ont finalement retrouvé leur mère après moult péripéties.

Les enfants du Titanic entreprend de raconter leur histoire, et venant de la fille d’un des héros, on pourrait s’attendre à du fiable, à du solide. L’histoire est d’ailleurs particulièrement propice à un livre tant elle semble improbable.  La mettre ainsi en lumière est une bonne chose… mais pas de la façon dont le fait Navratil. Le roman se lit bien, et on se prend d’étonnement devant ce que vit Michel, le héros, qui plaisante avec les opérateurs radio pendant leur pause, visite les salles des machines avec Thomas Andrews, rencontre des amis de son père voyageant en première classe et joue avec les immigrants. On tremble durant le naufrage lorsqu’il se retrouve bloqué en troisième classe…

Puis vient la postface, ce moment où l’auteure tente de nous expliquer ce qui est vrai et ce qui est inventé dans son récit… et on se rend alors compte qu’on a lu plus de vent qu’autre chose. Personnages inventés, d’autres existants mais modifiés pour les besoins du récit… Le bas blesse d’autant plus que la postface reste vague : au final, les Navratil avaient il connu les riches Straus à Nice ? Avaient-ils vraiment croisé les Astor dans le train ? Et le fond de l’histoire est-il aussi romancé ? À cela se mêlent des erreurs de l’auteure, qui, probablement en examinant les plans du navire, a considéré que les stores (réserves) étaient… une galerie marchande.

On reste donc clairement déçu par ce récit bancal où se mêlent le vrai et le faux sans savoir qui est quoi. C’est d’autant plus dommage que le style d’Elisabeth Navratil est particulièrement clair et agréable ; et que, comme elle a pu le montrer au cours de diverses prestations publiques, elle a beaucoup de choses authentiques à dire sur le sujet. Un livre sympathique si on cherche un roman ; qui ravira notamment les enfants, mais en rien un récit de vie comme il se présente. On aurait préféré un récit réel et fouillé, tant l’histoire est surprenante et touchante sans fard.

 

Les plus

  • Le roman se lit bien et est bien écrit
  • L’histoire reste cohérente et intéressante
  • Le livre a le mérite de mettre en lumière une histoire vraie

Les moins

  • Dommage qu’on apprenne à la fin que tout est faux : on ne sait plus ce qui est authentique et ne l’est pas
  • La postface, qui est censée différencier le vrai du faux, ne réussit pas à remplir son rôle, à tel point que tous les faits sont remis en question au final

 

Note : Une nouvelle édition de ce livre a été publiée en 2012 et diffère assez profondément de celle détaillée ici. Une critique de ce nouveau jet peut-être lue ici.

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Titanic Inquiry Project

Posté par Antoine le 29 mai 2011

Dans la série des projets audacieux, le Titanic Inquiry Project occupe une place de choix. Les deux commissions d’enquête qui se sont tenues  en avril/mai 1912 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne sont un élément clé pour comprendre les tenants et aboutissants du naufrage. On peut suivre les incohérences et faiblesses des enquêteurs, et surtout lire les témoignages des acteurs de la tragédie, qu’il s’agisse du récit méthodique du sauvetage que fait Arthur Rostron ou des complaintes déplacées et acides de Mme. Stuart J. White, véritable morceau d’anthologie. En tout plus de 2000 pages de notes étaient restées difficiles d’accès jusqu’au début du nouveau millénaire.

 

Titanic Inquiry Project dans Coup de coeur tip

 

En effet, une équipe d’une douzaine de passionnés américains, britanniques et canadiens se sont attelés à la lourde tâche de transcrire méthodiquement et fidèlement tous les témoignages et l’intégralité des notes prises durant les semaines d’enquête. Le résultat peut-être consulté en ligne audience par audience, ou être téléchargé sous forme de fichier texte (plus de 1000 pages par enquête, mais elles peuvent-être téléchargées par morceaux).

Bien entendu, le texte est en anglais, mais pour une pièce si importante de l’histoire du Titanic, cela vaut le coup de s’initier à la langue. On ne peut pas, à mon humble avis, se considérer comme véritable passionné si l’on ne cherche pas, un jour où l’autre, à se plonger dans ces textes à la fois passionnants et historiquement essentiels.

 

Les plus

  • Deux textes fondateurs de l’histoire du Titanic, essentiels pour remonter à la source
  • Une navigation aisée sur le site
  • La possibilité de télécharger les enquêtes pour les lire comme on le souhaite

Les moins

  • Très long et dense
  • En anglais, jamais traduit jusqu’à présent. Compréhensible cependant, avec un bon dictionnaire pour les plus récalcitrants

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Le Site du Titanic

Posté par Antoine le 29 mai 2011

S’il ne devait rester qu’un site francophone sur le Titanic, ce serait celui-ci : Le Site du Titanic. Créé en 1998 par Alain Dufief, le site est rapidement devenu la référence incontournable sur le sujet, et a également bien pris en volume. Il traite de tous les aspects de la vie du navire : techniques, historiques, sociaux, mais aussi des films, de l’épave et des explorations… Plus de 150 pages web ont en tout été créées, avec un niveau de détail impressionnant dans l’information.

 

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Lorsque j’ai découvert ce site pour la première fois, le 14 avril (ça ne s’invente pas) 2000, il était déjà dense et regorgeait d’infos. Avec les années, de nombreuses autres pages se sont ajoutées et mises à jour dans un véritable travail de titan. Il est d’ailleurs dommage que les mises à jour se soient faites plus rares ces dernières années, et toutes sont guettées avec impatience par les amateurs du navire. L’auteur a par ailleurs gagné ses lettres de noblesse en devenant récemment le co-auteur du très bon ouvrage Les Français du Titanic dont une critique suivra prochainement.

Quelques petits détails peuvent toutefois être reprochés à ce site par ailleurs excellent, en premier lieu desquels vient son problème de compatibilité avec Firefox : pour un geek comme moi, devoir repasser sous Internet Explorer relève de l’hérésie. Petit souci cumulé (ou peut-être dû) à la musique diffusée sur le site, ce qui est assez gênant quand, comme moi, on navigue avec un playlist. Sur le fond, on peut également reprocher un manque de grosses biographies des personnages importants comme Ismay, Andrews ou les officiers. La page consacrée au commandant Smith montre pourtant que l’auteur est capable de rédiger des biographies de très haute tenue. Pour cet aspect, qui est le seul gros manque du site, on conseillera la visite d’Encyclopedia Titanica (malgré une ergonomie douteuse et un traitement de l’information inégal) ou, pour être chauvin, du portail du Titanic sur Wikipédia. Pour tous les autres aspects, le Site du Titanic peut-être consulté sans crainte : la réponse à vos questions s’y trouve certainement.
Le Site du Titanic est consultable à cette adresse : http://titanic.pagesperso-orange.fr/

Points forts

 

  • Très agréable à lire, bien écrit, aéré et illustré
  • De nombreux aspects, notamment techniques et sur la vie à bord, sont traités de façon très rigoureuse de façon thématique, détaillée et exhaustive
  • Le site a l’avantage d’être en français, ce qui est rare sur ce sujet

Points faibles

 

  • Peu d’articles biographiques détaillés
  • L’ergonomie pourtant très bonne est en partie gâchée par les problèmes de compatibilité avec Firefox est par la musique : pour une bonne visite, il vaut mieux revenir sous IE (et se flageller 100 fois pour la peine)

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Le Titanic ne répond plus

Posté par Antoine le 29 mai 2011

Parmi les livres sur le Titanic, il en est un seul que je pouvais décemment choisir en premier : Le Titanic ne répond plus. L’honnêteté m’oblige à dire que je suis ami avec son auteur, Gérard Piouffre, mais cela n’entachera pas mon objectivité : j’avais apprécié le livre avant de le connaître.

Couverture

Le Titanic ne répond plus s’inscrit dans la collection des éditions Larousse « L’Histoire comme un roman » et prend le parti de raconter la naissance, la (courte) carrière et le naufrage du Titanic sous forme de roman. Le style est ainsi particulièrement agréable et le livre se lit facilement. Les amateurs d’ouvrages historiques pourront cependant craindre que cette facilité d’accès se fasse aux dépends de la rigueur et des apports du livre. Il n’en est heureusement rien.

Le récit commence par une ellipse à bord du Californian, le navire par la suite accusé d’être resté sur les lieux sans porter secours au Titanic. On y voit justement l’équipage assister au drame qui se joue sans vraiment le comprendre : dès le début, le ton de l’ouvrage est posé puisque les dialogues ne nuisent pas à la précision, et le travail de recherche sur les législations maritimes et règles concernant les signaux de détresse apparaît très clairement.

Après cette parenthèse, le livre reprend chronologiquement la vie du Titanic, du projet au mythe perpétué sur internet. C’est là qu’arrive la deuxième surprise. Là où beaucoup d’ouvrages (pour ne pas dire tous) se concentrent sur le naufrage et à moindre mesure la traversée, Gérard Piouffre prend les choses à contre-courant et se concentre sur la construction (allant jusqu’à décrire les conditions de vie des ouvriers des chantiers), la réaction de la presse recevant la nouvelle du naufrage, les enjeux et le déroulement des commissions d’enquête, et finalement l’héritage du navire, sur papier, à l’écran et sur le web.

Finalement, la partie la moins densément traitée est paradoxalement le naufrage, mais ce n’est pas un problème, dans la mesure où les moindres anecdotes sur le sujet ont déjà été publiées et republiées. Les faits sont par ailleurs présentés de façon assez objective, ce qui ne gâche rien. Le Titanic ne répond plus est devenu un des ouvrages francophones de référence sur le sujet. C’est pour moi un précieux outil de travail lorsque je rédige mes articles wikipédiens, mais son accessibilité fait également que je le conseillerais à quiconque veut découvrir le sujet.

Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus, 2009, Larousse, ISBN 978-2-03-584196-4

Les plus

  • La forme « roman » rend la lecture particulièrement fluide et facile.
  • Tout en restant facilement abordable, le livre n’hésite pas à être précis.
  • Des points rarement développés le sont ici, comme la construction et l’après naufrage.
  • Un travail de recherche rigoureux pour contextualiser le naufrage.

Les moins

  • Le lecteur qui s’attend à une description précise du naufrage et des anecdotes qui l’entourent restera sur sa faim, le chapitre sur le sujet étant des plus concis. À ce sujet, un ouvrage comme La Nuit du Titanic de Walter Lord sera plus utile.
  • On regrette presque que l’ouvrage soit destiné au grand public, tant les aspects « inédits » (en français) auraient pu être beaucoup plus longuement évoqués.

 

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